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Enfants associés aux forces et groupes armés Avril 2006

Toutes les parties au conflit recrutent et utilisent des enfants. Selon des estimations, 30 000 enfants sont associés aux forces et groupes armés en RDC. Les enfants peuvent constituer jusqu’à 40% de certains groupes armés non gouvernementaux (Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats, 2004)

Neuf parties au conflit ont été désignées par le Secrétaire général de l’ONU comme étant des recruteurs et des utilisateurs d’enfants. (S/2005/72)

Population

54 400 000 habitants (ACDI, 2005)

Revenu national brut (RNB) par habitant

100 $US (UNICEF, 2003)

Dans certaines régions, jusqu’à 80% de la population vivrait avec moins de 0,20 $US par jour. (Banque mondiale, 2005)

Réfugiés et personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP)2

Nombre de PDIP estimé à 1,6 million (BCAH, octobre 2005)

Nombre de réfugiés congolais estimé à 319 600 (UNHCR, mars 2005)

La RDC accueillerait 177 558 réfugiés. (UNHCR, 2005)

Mortalité infantile

129 ‰ (UNICEF, 2003)

VIH/SIDA

Les chiffres officiels sont vraisemblablement bas en raison de l’absence de dépistage.

Estimations à la fin de 2003:

– taux de prévalence chez les adultes: 4,2%

– 2 600 000 personnes atteintes du VIH/SIDA

(estimation élevée)

– 280 000 enfants (de moins de 15 ans) atteints du VIH/SIDA (estimation élevée)

– 1 100 000 orphelins du SIDA

(UNICEF/ONUSIDA/OMS, 2003)

Éducation

Taux brut de scolarisation dans l’enseignement primaire:

52% chez les garçons et

47% chez les filles (UNICEF, 1998-2002)

Taux général d’illettrisme: 63,5% (UNESCO, 2004)

Violence entre les sexes

Les viols et d’autres formes de violence sexuelle d’une grande cruauté sont toujours pratiqués à grande échelle et utilisés comme arme de guerre contre les femmes et les filles, y compris les petites filles, dans un climat d’impunité totale.

On estime que les victimes de viols et d’autres formes de violence sexuelle en RDC se chiffrent par centaines de milliers.

Les hommes et les garçons sont également victimes de viols et de violence sexuelle de la part des groupes armés.

Du personnel de l’ONU a été impliqué dans des actes d’exploitation et de sévices sexuels contre des jeunes filles.

Mines terrestres et munitions non explosées (UXO)

Il est toujours difficile de recueillir des informations. La base de données du MACC a recensé 1770 victimes de mines/UXO, de 1964 à la fin de 2005, dont au moins 207 étaient des enfants de moins de 15 ans. (MACC, 2006)

1 170 zones affectées par les mines et les UXO ont été identifiées. La province de Katanga, en particulier le district de Tanganyika, est la plus touchée. (BCAH, 2004)

Armes légères

La prolifération des armes dans toute la RDC provoque l’insécurité, la violence et des violations des droits de l’homme à grande échelle.

Des enfants et d’autres civils ont été armés par les autorités locales et n’ont reçu aucune formation ou une instruction insuffisante. (HRW, 2005)

Des bandes errantes d’hommes armés, d’anciens rebelles et de miliciens, y compris des enfants, utilisant des armes légères pour violer et piller, sont toujours fréquentes à l’Est de la RDC. (AI, 2005)

En 2003, le Conseil de sécurité des Nations Unies a imposé un embargo sur les armes dans certaines régions de la RDC. Deux rapports du Groupe d’experts de l’ONU au Conseil ont fait état de violations extrêmes et persistantes de cet embargo. En 2004, le Conseil de sécurité a étendu l’embargo à tout bénéficiaire se trouvant sur le territoire de la RDC, avec certaines exceptions.

Bas Congo: des violations massives de droits de l’homme – des violences sexuelles par des militaires et policiers - Les conditions inhumaines d’incarcération des détenus - la répression violente des libertés publiques - les tracasseries dont sont victimes les non originaires - 22/04/2006

La province du Bas Congo est le théâtre de nombreuses violations des droits de l’homme. Le constat a été fait par les activistes des droits de l’homme de la place au cours d’un atelier de formation sur les principes de conception, exécution, suivi et évaluation des projets de promotion, tenu vendredi à Matadi, rapporte la radio okapi.

L’impression que le Bas Congo présente comme un havre de paix ne serait qu’apparence trompeuse, selon ces activistes. En effet, des violences sexuelles y sont perpétrées, notamment à Boma, oeuvre des hommes en uniforme. Les conditions inhumaines d’incarcération des détenus, la répression violente des libertés publiques et les tracasseries dont sont victimes les non originaires, sont aussi comptées parmi les violations des droits de l’homme dans cette province.

Pire, à Weka et Yana, deux villages frontaliers avec la province angolaise de Cabinda, des mines antipersonnelles sont disséminées, ont signalé les mêmes sources.

En rapport avec l’atelier lui-même, le secrétaire exécutif du réseau provincial des droits de l’homme Bas Congo, Bwangi, a indiqué que de nombreux projets y ont été élaborés dans le cadre de la promotion de défense des droits de l’homme. Ces projets ont trait au processus électoral, aux droits économiques, sociaux et culturels, à la promotion des personnes vulnérables, à l’administration de la justice ainsi qu’au genre et parité.

Cependant, M. Bwangi regrette le refus de plusieurs activistes des droits de l’homme du Bas Congo de travailler en synergie avec les autres autour de ces différents projets.

Echanges de tirs en Ituri (RDC): 4 miliciens tués, 4 soldats blessés (armée), AFP, 06 avr. 06 - 13h36

KINSHASA, 6 avr 2006 (AFP) - Quatre miliciens ont été tués et quatre soldats congolais blessés mardi dernier au cours d'une opération "de ratissage" en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris jeudi auprès d'un officier congolais.

"Nous avons quatre soldats blessés, mais pas grièvement, et quatre miliciens ont été tués pendant l'opération de ratissage de mardi à Loga", un village à moins de 30 km au nord de Bunia (chef-lieu d'Ituri), a déclaré à l'AFP le capitaine Charles Boeka, officier de liaison de l'armée congolaise en Ituri.

"Le combat a duré moins d'une heure et demi. Les miliciens qui s'étaient réfugiés là ont pris la fuite vers le nord", a-t-il ajouté, rappelant que toutes les bases des anciennes milices d'Ituri dans cette zone avaient été détruites en 2005.

"Ces miliciens se déplacent par petits groupes, ils cherchent à revenir dans les endroits où ils avaient des camps et menacent les civils, ce qui rend difficile notre travail car les populations acceptent difficilement de nous fournir des informations sur ces gens", a-t-il expliqué.

L'armée congolaise, appuyée par des Casques bleus, a repris fin 2005 le contrôle des principaux sites miniers et des frontières lacustres avec l'Ouganda voisin. Plus de 15.000 miliciens ont désarmé dans le cadre d'un programme de démobilisation.

Mais des combattants réfractaires, issus de différentes anciennes milices d'Ituri, se sont regroupés au sein du Mouvement révolutionnaire congolais (MRC), créé en juin 2005 à Kampala.

"Nous estimons qu'ils sont entre 2.000 et 3.000 dans tout le district d'Ituri. Ils ont commencé à recruter à nouveau des démobilisés, soit par la force soit en les convainquant", a précisé le capitaine Boeka.

"Mais ils sont désorganisés, a-t-il ajouté. Nous les traquons et d'ici les élections, nous les aurons maté".

La RDC doit organiser en 2006 des élections générales qui doivent mettre un terme à une fragile transition politique initiée en 2003 après une guerre régionale de près de cinq ans.

Depuis 1999, les violences interethniques et les affrontements entre milices dans district d'Ituri, riche en or, ont fait plus de 60.000 morts selon les estimations d'organisations humanitaires.

 

La sécurisation des élections au coeur d'un entretien Kabila-Guéhenno (Onu), AFP

07 mar. 06 - 17h10

KINSHASA, 7 mars 2006 (AFP) - Le chef du département de maintien de la paix  de l'Onu, Jean-Marie Guéhenno, s'est entretenu mardi avec le président de République démocratique du Congo, Joseph Kabila, avec lequel il a abordé la question de la sécurisation des élections prévues en 2006.

Les discussions ont notamment porté sur "le renforcement de la sécurité dans l'est du pays en prévision des élections", a déclaré à la presse M. Guéhenno à l'issue d'un tête à tête d'une demi-heure avec M. Kabila, dans sa résidence de Kinshasa.

Interrogé sur l'envoi d'une force de l'Union européenne (UE) en renforcement des quelque 17.000 Casques bleus de l'Onu présents en RDC, M. Guéhenno a renouvelé son souhait d'un appui européen, indiquant simplement que les discussions se poursuivaient entre les 25 pays membres de l'UE.

Mardi, les ministres de la Défense de l'UE n'avaient toujours pas réussi à s'entendre sur les modalités de cette force et jugé nécessaire que le Haut représentant Javier Solana se rende à Kinshasa.

L'Onu avait demandé fin décembre à l'UE d'examiner ce qu'elle pourrait faire pour renforcer sa mission en RDC (Monuc), dans la perspective des premières élections libres et démocratiques en plus de 45 ans dans l'ex-Zaïre.

M. Guéhenno s'est par ailleurs prononcé pour "une inclusivité de tous les acteurs politiques congolais" au sein du processus électoral, mettant en garde contre les risques de "troubles" et de "contestation" des résultats des scrutins si l'ensemble des grandes formations politiques du pays ne participaient aux élections.

Cette déclaration intervient alors que le principal parti d'opposition congolais, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a appelé à une marche pacifique vendredi à Kinshasa pour "réclamer aux gestionnaires de la transition son implication dans le processus électoral et l'assainissement de l'environnement politique actuel".

Par ailleurs, le Rassemblement congolais pour la démocratie (ex-rébellion soutenue par le Rwanda) menace de "se désengager" du processus de transition si des entités administratives qu'il a créées pendant la rébellion (1998-2003) ne sont pas reconnues par le gouvernement.

Enfin, la RDC est depuis une semaine au bord d'une crise politique du fait de la tentative du Mouvement de libération du Congo (ex-rébellion soutenue par l'Ouganda) de s'emparer de force du poste de président de l'Assemblée nationale, s'appuyant sur une décision de justice.

M. Guéhenno, qui a souligné les avancées de la transition congolaise, avec notamment l'adoption d'une nouvelle Constitution, a "assuré la population congolaise du soutien de la communauté internationale pour le processus électoral".

Cependant, la loi électorale adoptée le 21 février par le Parlement n'avait toujours pas été promulguée par le chef de l'Etat mardi après-midi.

Ce retard, alors que les délais de recours sont écoulés, repousse la publication d'un calendrier électoral et l'organisation des futurs scrutins.

Principaux points de la nouvelle Constitution de RDC    fév. 06 - 15h52

KINSHASA, 17 fév 2006 (AFP) - La future Constitution de la République démocratique du Congo (RDC), qui doit être promulguée samedi par le chef de l'Etat Joseph Kabila, opte pour un régime semi-présidentiel dans un Etat unitaire fortement décentralisé. 

Ce texte fondateur plébiscité à 84,31% par référendum en décembre se propose d'établir les bases d'un régime démocratique avec des représentants librement élus pour la première fois depuis 40 ans dans l'ex-ZaïreCe texte fondateur plébiscité à 84,31% par référendum en décembre se propose d'établir les bases d'un régime démocratique avec des représentants librement élus pour la première fois depuis 40 ans dans l'ex-Zaïre.Il remplacera la Constitution de transition de la RDC, entrée en vigueur en 2003 après une guerre de près de cinq ans. Sa promulgation devrait permettre le vote de la loi électorale et l'organisation d'élections générales avant le 30 juin 2006, selon les délais constitutionnels.

PRESIDENCE/GOUVERNEMENT:
- Le président est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois.
- Il nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire et met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement.
- Il proclame l'état d'urgence ou de siège après concertation avec le Premier ministre et les présidents des deux chambres du Parlement. Il déclare la guerre par ordonnance délibérée en Conseil des ministres après autorisation des deux chambres.
- Le Premier ministre dirige le gouvernement, qui conduit la politique de la Nation décidée en concertation avec le président de la République.

EQUILIBRE LEGISTATIF/EXECUTIF:
- L'Assemblée nationale peut voter une motion de censure contre le gouvernement. Si cette motion est adoptée à la majorité absolue, le Premier ministre doit remettre dans les 24 heures la démission de son gouvernement.
- En cas de crise persistante entre le gouvernement et l'Assemblée, le président peut prononcer la dissolution de l'Assembée.

JUSTICE:
- Le pouvoir judiciaire est indépendant de l'exécutif et du législatif.
- Il ne peut être créé aucun tribunal d'exception.
- Les magistrats du siège sont inamovibles.

ETAT ET SOUVERAINETE:
- La RDC sera composée de la ville de
Kinshasa et de 25 provinces (contre
11 actuellement), dans un délai de 36 mois.
- Les provinces ont une large autonomie et perçoivent directement à la source 40% des recettes qui leur sont allouées.
- La nationalité congolaise est une et exclusive.

SOCIETE:
- Instauration du principe de la parité homme/femme dans les institutions.
- Les violences sexuelles sont érigées en crime contre l'humanité.

 

RDC: Jean Pierre Bemba : un ex-rebelle désigné candidat à l'élection présidentielle - 30 jan. 06 - 09h11

KINSHASA, 29 jan (AFP) - L'ex-rébellion du Mouvement de libération du Congo (MLC, soutenue par l'Ouganda) a désigné dimanche Jean-Pierre Bemba, son leader, comme candidat à l'élection présidentielle prévue d'ici juin 2006 en République démocratique du Congo (RDC), a constaté l'AFP. 

"Je m'investis dès à présent, avec l'aide de Dieu, de vous tous et de tous les nationalistes congolais, dans une grande transformation politique, sociale et économique de notre cher et beau pays, le Congo", a déclaré M. Bemba, après sa nomination. 

Le leader du MLC a demandé pardon à tous ceux qui ont été victimes du mauvais comportement de ses hommes et appelé à la réconciliation. 

"Je demande pardon à tous ceux qui ont été victimes des écarts de conduite de la part de nos éléments (...)", a-t-il dit, indiquant vouloir "sceller la vraie réconciliation du Congolais avec lui-même et avec son histoire". 

Le MLC, mué en parti politique en 2003, a organisé du 27 au 29 janvier à Kinshasa son premier congrès qui a réélu à sa tête pour cinq ans, M. Bemba, qui est également l'un des quatre vice-présidents du gouvernement de transition en cours jusqu'en juin prochain en RDC. 

Le congrès de cet ancien mouvement rebelle, en proie à des dissensions internes, a également entériné, sans le citer, la "démission tacite" du secrétaire général du MLC, Olivier Kamitatu. 

L'Assemblée nationale doit reprendre à partir de lundi l'examen du projet de loi électorale qui déterminera le mode des différents scrutins prévus avant la fin de la transition. 

M. Bemba est le premier des principaux belligérants de la dernière guerre en RDC (1998-2003) à se déclarer officiellement candidat au poste de président de la République.

 
Qui sera la prochaine victime ?
 
Le mot precis me manque pour qualifier les scènes horribles qui se déroulent 
dans la parcelle no. 9 de la rue Kenya au quartier 1 dans la zone de Masina.
L'histoire commence au mois de Février 2002 lorsque que des militaires 
rentrent dans cette parcelle à la recherche d'un certain Clauvis, époux de 
Madame Bibi.
Puisqu'il s'agit ici d'un quartier très bouillant un attroupement se forme et 
les militaires tirent pour dispercer la foule, une balle atteint le jeune garcon 
de madame Bibi et le petit Benjamin meurt sur place.
En Juin 2004 un autre attroupement dans la meme parcelle et cette fois ce 
sont les jeunes du quartier qui prennent le dessus sur les militaires et ils 
assoment l'un d'eux.
Quelques jours après une troupe de militaires arrivent dans la même 
parcelle et cette fois ils prennent avec Madame Ngala Irène qu'ils 
croient ètre le commanditaire de l'assassinat du militaire. 
Après vérifications, elle sera rélachée car c'est Madame Bibi qu'ils recherchent...

Madame Irène Ngala avait été libérée car, elle aurait été erronement prise en lieu et place de sa soeur Bibi que l'on accuse avoir insitée les jeunes du quartier à venger la mort de son fils Benjamin. De source digne de foi nous avions appris que Bibi serait partie réjoindre son mari qui est en exile sous d'autres cieux.

Le 21 Octobre 2005, des militaires non autrement indentifiés se sont introduits la nuit dans cette maudite parcelle et ont assassiné lâchement madame Irène Ngala. Et le comble de la vulgarité est qu'un battaillon de militaires aurait été envoyé aux funérailles pour soit disant faire...la sécurité...

Nous sommes dans une espèce de jungle ou le plus fort gagne, qui assure la sécurité des citoyens ?

Aux dernières nouvelles la famille aurait quitter sans autres formes de procès cette parcelle que personne ne veut plus occuper tant il est vrai que les scènes qui s'y déroulent sont horribles.

Adsad Team

Après la mort de 8 casques bleus en RDC, le commandant de la MONUC répond aux journalistes - 25 jan. 06 - 14h19

Le commandant adjoint de la Force des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) a répondu hier aux journalistes sur les circonstances de l'attaque, lancée par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) contre un détachement de troupes onusiennes, dans le parc national de la Garamba, qui a coûté la vie à huit casques bleus guatémaltèques.

À la question posée par un journaliste sur les circonstances dans lesquelles se sont déroulés les affrontements, le commandant adjoint de la Force, le général Cammaert, a répondu, lors d'une conférence de presse donnée aujourd'hui au siège de l'ONU à New York, que la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) menait encore des enquêtes.

Le commandant a aussi indiqué que le contingent de casques bleus menait « une opération spéciale de reconnaissance », après que la MONUC eut été avertie de la présence présumée de combattants rebelles dans la zone du parc de la Garamba.

Voulant savoir ce qui justifiait ce type d'opérations, menées par des forces spéciales, des correspondants ont demandé si la MONUC avait décidé de sortir du « mode opératoire traditionnel de maintien de la paix » pour mener des opérations commando sur le mode « search and destroy » (opérations militaires de repérage et de destruction de l'adversaire).

« Le maintien de la paix de type traditionnel ne signifie pas que nous devons nous poser nous-mêmes des contraintes opérationnelles qui, en fin de compte, seraient un obstacle à l'accomplissement du mandat de la MONUC », a répondu le général Cammaert.

Quand des bandes meurtrières mettent en péril la stabilité d'une région et la sécurité des populations civiles, le mandat donné par le Conseil de sécurité nous permet de réagir de façon pertinente, a-t-il ajouté.

Rappelant à la presse les difficultés de terrain qui existent dans la zone d'opérations des alentours du parc national de la Garamba et qui permettent aux combattants rebelles de facilement s'y dissimuler, le commandant a dit que ces contraintes géographiques justifiaient l'usage d'hélicoptères de combat.

À la question d'un journaliste qui voulait savoir si la MONUC avait décidé d'utiliser des forces spéciales parce qu'elle voulait capturer des hauts cadres et des commandants de la LRA infiltrés sur le territoire de la RDC, le général Cammaert a répondu que ce n'était pas un objectif spécifique.

« S'il nous arrive cependant de tomber sur des individus très recherchés, nous les arrêterons », a-t-il précisé.

Au vu des nombreux trafics d'armes qui s'opèrent dans la région des Grands Lacs depuis de longues années, le ca indiqué que l'ONU n'avait aucune précision sur les types d'armement dont disposent les combattants de la LRA et d'autres groupes rebelles.

« C'est pour parer à toute éventualité que les unités spéciales de la MONUC se servent d'hélicoptères de combat, en l'occurrence des MI-17 opérés par des pilotes indiens, qui leur donnent de la mobilité, et qui disposent d'une bonne puissance de feu et peuvent transporter des forces spéciales », a-t-il expliqué.

Huit casques bleus guatémaltèques servant au sein de la MONUC ont trouvé la mort hier, suite à l'attaque lancée par des éléments présumés de la LRA, dans le parc national de la Garamba, situé dans l'est de la RDC, à environ 70 kilomètres de la frontière avec le Soudan (voir le communiqué de la MONUC, le message du Secrétaire général qui condamne ce meurtre et notre dépêche d'hier).

La LRA est un groupe armé connu pour ses activités particulièrement sanguinaires dans le nord de l'Ouganda, qui poursuit des incursions non seulement en RDC mais aussi au sud du Soudan.

Est de RDC: deux localités du Nord-Kivu occupées par des hommes armés - 20/01/2006

 
GOMA (RDCongo), 20 jan (AFP) - Deux localités du Nord-Kivu, province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), sont tombées jeudi à
minuit entre les mains d'un groupe d'hommes armés lors des affrontements avec l'armée congolaise, a-t-on appris vendredi des sources militaires dans la
région. 

"La localité de Tongo et de Bunagana - à environ 140 km au nord-est de Goma - sont sous contrôle des assaillants depuis jeudi à minuit", a affirmé à l'AFP
un officier de la 5è brigade des Forces armées de la RDC (FARDC) basée dans le territoire de Rutshuru où se trouvent les deux localités. 

Mercredi, un groupe de militaires rwandophones, réfractaires au programme d'intégration de l'armée et venus du territoire voisin de Masisi, avaient
attaqué les positions de la 5è brigade des FARDC à Runyonyi, à plus de 85 km au nord de Goma. 

Selon un officier de l'armée congolaise, les affrontements ont fait sept morts côté assaillants, deux disparus et cinq blessés dans le camp des FARDC,
et ont repris jeudi vers 23H00 locales (21H00 GMT).

Remaniement: Une Assemblée Nationale Bidon ou Ignoree!

Une autre lecture du réaménagement technique du gouvernement l’Assemblée nationale est ridiculisée. Aucun ministre mis en cause n’a été écarté

Kinshasa , 21.11.2005 | Politics
La moisson a été très maigre pour l’Assemblée nationale dont les recommandations ont été carrément ignorées dans le réaménagement du gouvernement opéré vendredi dernier. La réplique des membres de l’Espace présidentiel a été cinglante.

Aucun ministre interpellé et pour lequel les députés ont exigé le départ n’a quitté l’Exécutif de transition. Et cela, malgré les preuves de mégestion brandies devant la Communauté tant nationale qu’internationale qui a suivi, en direct, les péripéties des séances d’interpellation.

Foudres

Plutôt, l’ancien ministre de l’Epsp, le Mlc Ndom Nda Ombel, sur qui toutes les foudres se sont abattues suite à la gestion de la grève des enseignants, s’est vu gratifié du poste important de ministre de l’Agriculture. Il quitte un ministère à problème pour l’Agriculture où il pourra souffler avec les dossiers de la coopération.

Pendant ce temps, a l’Opposition politique, aucun ministre n’a bougé, même pas permuté. Venant Tshipasa des Affaires foncières et son collègue Kisimba Ngoy de la Justice et Garde des Sceaux gardent leurs postes après de chaudes empoignades avec les Députés. Dans cette Composante plurielle, en effet, les observateurs ne voient pas comment le changement prôné par les députés pouvait se faire aussi allégrement.

De deux, les observateurs n’entrevoient pas comment le Coordonnateur de cette Composante, le Vice-président Z’Ahidr Arthur Ngoma pouvait donner une suite favorable aux recommandations de cette interpellation au cours de laquelle l’interpellateur Lisanga Bonganga avait demandé, du haut de la tribune de l’hémicycle du Palais du peuple, sa tête sur un plateau d’or. Mais, par quels mécanismes ce changement allait-il s’opérer? Là, l’interpellateur est resté muet.

Indifférence

D’où, l’on peut comprendre le peu de cas accordé à l’interpellation par les membres de l’Opposition politique qui ne se sont même pas réunis pour donner de la suite à la démarche des membres de l’Assemblée nationale. Une véritable réponse du berger à la bergère, disent les Français.

De son côté, le Vice-président a renouvelé sa confiance au ministre Adolphe Onusumba qui gère l’épineux dossier du brassage des anciennes forces armées. Mêmement pour le Pprd où Théophile Mbemba reste à l’Intérieur. Au Rcd/Kml, Tibasima conserve son poste bien défendu devant les Députés.

Permutations

En lieu et place des interpellés, les Composantes ont procédé aux permutations et au départ des ministres qui n’étaient pas concernés par l’interpellation. C’est le cas de Jean Mbuyu de l’Industrie, Petites et Moyennes entreprises et Artisanat, de Christophe Muzungu de la Culture et Arts. de Lola Kisanga de l’Enseignement supérieur et Universitaire, de Roger Nimy des Sports, et de Philippe Futa des Finances dont la tête était réclamée par certains ténors du Pprd pour son appartenance au Panu alors qu’il gérait un poste stratégique au nom du parti présidentiel.

Par conséquent, on pourrait donc conclure à un non lieu pour les différents ministres incriminés. Mais, en réalité, c’est une manière pour les membres de l’Espace présidentiel de démontrer qu’il à la main mise sur les institutions du pays, à commencer par le Parlement qui ne devrait jamais servir à creuser la tombe du « Schéma 1+4 » auquel les Députés comme les Sénateurs ont librement souscrit. Car, en évoquant dans sa conclusion, l’exigence d’organiser de nouvelles concertations politiques, l’interpellateur a ouvert la voie à tous ceux qui tiennent à barrer la route à la mission assignée aux dirigeants actuels qui par solidarité, ne peuvent, en aucun cas céder à la pression de ceux qui creusent leurs tombes.

Les jeux étaient faits à l’avance. Il fallait, pour les Députés, connaître leurs limites et ne pas tenter d’aller au-delà de leurs prérogatives qui ne leur permettent pas, sous la transition, de sanctionner le Gouvernement dans son ensemble. Le Parlement garde donc son rôle d’enregistrement et de « contrôlé» sous la transition, la sanction n’étant pas de son ressort conformément aux textes qui régissent la transition.

(Th)Fda | Forum des As

 

Qui a tué le Journalist Franck Ngyke du Journal Reference Plus la nuit du 2 au 3/11/2005 ? Et serait derriere ce cout?

Deux des présumés assassins de Franck Ngyke aux arrêts

Un heureux hasard a conduit à l’arrestation de ces assassins. Deux des six assassins ne s’étant pas mis d’accord sur le partage du butin du crime se sont mis à se chamailler au point d’alerter un officier de la police. Les enfants de la victime ont reconnu que les personnes arrêtées faisaient partie de la bande
 
Les présumés assassins du journaliste Franck Ngyke et de son épouse ont été arrêtés ce dimanche 06 novembre 2005 au quartier Terminus au niveau de la poste de police située à quelques mètres de l’arrêt Ntumba dans la commune de Lemba. C’était aux environs de 14 heures lorsque le Commandant Moussa, responsable du bureau de poste de la Détection militaire des actions anti-patrie (Demiap) a mis la main sur les assassins du journaliste Franck Ngyke et de son épouse, abattus dans la nuit du 02 au 03 novembre à leur domicile situé au quartier Mombele dans la commune de Limeté.

C’est par un pur hasard que ces deux assassins répondant au nom de Muanda Badila et Mayala ont été surpris par le Commandant Moussa. Après avoir commis son forfait, dans la nuit du 2 au 3 novembre, la bande attendait recevoir de ses commanditaires la prime promise. Malheureusement, les choses ne seront pas réglées comme convenues. Le partage de l’argent n’ayant pas été équitable, une querelle autour a mis par hasard la puce à l’oreille de la Police.

Mayala et Muanda sous l’effet de l’alcool, ne mesuraient pas le risque de se quereller sur une faire qui avait mis toute la ville en émoi. Ils n’ont pas compris qu’ils étaient devant un poste de police. Ils se sont mis à se quereller sur le butin du crime. A quelques mètres seulement du bureau de ce poste de police, les deux assassins se disputaient paisiblement du partage sans faire la moindre attention sur le bureau de la police à côté. Ils ont pris tout leur temps pour dire qui avait droit de quoi et qui avait fait quoi et qui devrait gagner quoi.

Les deux criminels ne sont pas arrivés à s’entendre. Ils discuteront longtemps sans savoir qu’un officier de police les suivait. Après un mouvement vers l’arrêt Tumba, pour échapper à la vigilance des passagers, Mayala et Muanda Badila reviendront vers le bureau pour continuer leur discussion. Mais cette fois là, leur discussion sera interrompue par le commandant Moussa qui, a la première vue et à son approche, les attendait discuter sur l’assassinat d’un certain journaliste. Le fait que le commandant était en tenue civile a permis aux criminels de se douter de tout. Les revoyant à quelque mètre de son bureau, le Commandant va discrètement s’intéresser à leur discussion.

Celui qui n’avait pas trouvé satisfaction dans le partage inéquitable de l’argent, se fâchera contre son collègue et se dira prêt à dénoncer au cas où ses revendications n’étaient pas prises en compte par les commanditaires du crime. Mayala habitant Kisenso, est la personne qui avait tiré sur le confrère. Il l’a déclaré en disant que c’est à lui que revenait la grande partie du butin parce qu’en fait, c’est lui qui avait fait le gros du boulot.

Vite le commandant Moussa qui passait inaperçu aux yeux des bourreaux de Franck Ngyke et de son épouse a compris que ces jeunes garçons la trentaine révolue étaient dans le complot sur l’assassinat du journaliste. Le commandant pointera alors son arme sur les criminels et les maîtrisera. Dans une peur sans nom, Mayala et Muanda vont se dénoncer. Selon leurs propres déclarations, ils ne sont que des simples exécutants. « Des ordres viennent d’ailleurs », ont-ils déclaré. Ils seront aussitôt incarcérés au niveau de ce poste de police en attendant que les éléments de la Pir arrivent. Dans le poste de la police où ils ont été momentanément gardés, les deux assassins sont facilement reconnaissables par les proches des victimes. L’un des assassins portait le ketch de Franck Ngyke et avait en main la baïonnette qu’il avait utilisée pour poignarder le pauvre journaliste.

Aux environs de 15 heures 20, les éléments de la Police d’intervention rapide (Pir) arrivent et décident d’amener les deux criminels à la maison communale de Lemba pour des raisons de sécurité. Car, les jeunes gens du quartier voulaient venger le crime du journaliste par le sang. Ils menaçaient de lapider les deux criminels.

Pour le moment, les deux assassins se trouvent encore à la maison communale de Lemba en attendant d’être transférés en justice seule capable de déterminer la culpabilité des uns et des autres. Ces présumés assassins, à en croire le commandant Moussa, sont prêts à dénoncer les vrais commanditaires de ce crime. Ils ont parlé des autorités politiques qui sont à la base de ce crime. Ce coup, ont-ils ajouté, n’est pas le premier acte perpétré par certains dirigeants de la transition.

La corporation journalistique descend pacifiquement dans la rue ce lundi

La presse kinoise est en deuil. Elle pleure Franck Ngyke, journaliste au quotidien « La Référence Plus », abattu froidement le jeudi 3 novembre 2005 à 1 heure du matin par trois hommes en civil qui ont fait irruption à son domicile situé au quartier Mombele, dans la commune de Limete.

Selon les témoignages recueillis sur place, le chef de la rubrique « Politique » du quotidien revenait de sa rédaction sur l’avenue Victoire n° 14 à Kinshasa/Kasa-Vubu où l’avait rejoint son épouse. C’est au moment où il s’apprêtait à refermer le portail de sa résidence, après avoir garé la voiture, que les assaillants ont surgi de l’obscurité et ont forcé l’entrée en tirant à deux reprises sur la grille. Une fois à l’intérieur de la parcelle, ils vont, sans autre forme de procès, tirer sur l’épouse du journaliste qui tentait de s’enfuir.

Franck Ngyke leur a proposé de prendre de l’argent et même la voiture pour lui laisser la vie sauve, mais sans succès. Les assassins n’avaient qu’une seule idée en tête : abattre le journaliste. Le « Grand » Franck est tombé d’une balle dans la poitrine tirée à bout portant. Une fois leur compte réglé, les assaillants vont résoudre d’emporter les téléphones portables du couple dont les corps gisaient désormais sur le sol. Un des fils du journaliste, Djoudjou Kangundu, 23 ans, qui a tenté de voler au secours de son père a été aussi atteint par une balle à l’Epaule. Il est présentement interné à l’hôpital. Les associations oeuvrant au sein de la corporation journalistique organisent une marche pacifique lundi prochain. Ils exigent la mise sur pied urgente d’une Commission indépendante et mixte d’enquête dont ils s’engagent à suivre personnellement l’évolution. Adieux Franck ! On saura la vérité, coûte que coûte !

Communiqué des organisations professionnelles des médias

Nous, Membres des organisations professionnelles des médias, réunis en séance extraordinaire ce jeudi 03 novembre 2005 au siège de l’Observatoire des Médias Congolais (OMEC), - condamnons avec fermeté, l’assassinat o dieux de notre confrère, Franck Ngyke du Quotidien « La Référence Plus » et de son épouse, Hélène Mpaka, perpétré dans la nuit de jeudi, 03 novembre 2005 à une heure ;

- exigeons la mise sur pied urgente d’une Commission d’enquête indépendante et mixte comprenant notamment les enquêteurs du gouvernement, de la Monuc, des organisations de défense des Droits de l’homme et des représentants de la profession ;

- nous engageons à suivre personnellement l’évolution de ladite enquête jusqu’à son issue ;

- annonçons l’organisation, ce lundi 07 novembre 2005 à 10 heures, une marche pacifique et silencieuse pour souligner le caractère sacré de la vie et l’obligation qui incombe à l’Etat de sécuriser les journalistes, particulièrement en cette période préélectorale ;

Fait à Kinshasa, le 03 novembre 2005.

La Monuc dénonce des viols perpétrés par des policiers et militaires en RDC
AFP
Jeudi, 20 Octobre 2005
 
KINSHASA, 19 oct (AFP) - La Mission de l'Onu en République démocratique du Congo (Monuc) a dénoncé mercredi de nombreux cas de viols perpétrés ces dernières semaines par des policiers et des militaires congolais dans différentes régions du pays.

"La Monuc est très préoccupée par des cas de viols commis régulièrement par des éléments des forces", a déclaré Kemal Saïki, porte-parole de la Monuc, au cours d'un point de presse à Kinshasa.

M. Saïki a rapporté cinq cas de viols, survenus entre la fin septembre et la mi-octobre et sur lesquels la Division des droits de l'Homme de la Monuc a récemment enquêté.

Plusieurs témoignages font état de viols commis sur des adolescentes ou des femmes pendant une détention provisoire.

A Kananga (centre de la RDC), une adolescente de 14 ans qui avait été arrêtée le 11 octobre pour vol "a rapporté avoir été violée par trois policiers à tour de rôle pendant sa détention", a indiqué M. Saïki, précisant que ces policiers avaient été arrêtés et que la victime étaient actuellement hospitalisée.

A Mbuji-Mayi (centre), deux femmes ont été victimes d'un viol collectif le 12 octobre. Selon leur récit, cinq militaires sont "entrés de force dans les habitations, volé les biens de valeurs, attaché le mari puis violé l'épouse à tour de rôle", a indiqué le porte-parole de la Monuc.

D'autres cas de viols ont été recensés à Goma (est), près de Mbandaka (nord) et à Bukavu (est). Dans la plupart des cas, les violeurs présumés n'ont pas été interpellés.

 

De nouveaux combats en Ituri font des milliers de déplacés

UN Integrated Regional Information Networks 29 Juin 2005, Bunia

De récents combats dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) entre les forces de l'Onu et des milices locales auraient fait des milliers de déplacés, a déclaré Mohammad Abdoul Wahab, agent d'information publique pour la mission de l'ONU en RDC (MONUC).

« Nous avons tous fui dans la brousse. Ceux qui sont restés sont les civils qui participaient aux affrontements », affirme Jean Mbafele, un résident de Medu qui est arrivé à Bunia lundi.

Les combats, qui ont duré huit heures, ont eu lieu dans le village de Medu, à 25 km au sud de Bunia, dans le district de l'Ituri (province Orientale). Quelque 4 000 personnes habitent à Medu.

Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de la région n'a pas encore pu évaluer la situation, selon son porte-parole pour la région, Idrissa Conteh. D'après ce dernier, la communauté humanitaire avait cessé ses activités dans la région depuis le 20 juin et les a seulement repris ce dimanche.

Lors des combats de lundi, les casques bleus bangladais et indiens ont affronté plus de 1 000 miliciens du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) armés de mortiers, de roquettes et de grenades, a indiqué Wahab. Les forces de l'Onu ont dépêché deux hélicoptères de combat MI-25 et ont renforcé leurs effectifs en déployant des troupes pakistanaises.

Les casques bleus ont repoussé une nouvelle attaque dans l'après-midi, a déclaré Wahab. La MONUC continue de patrouiller dans la région alors que le calme est revenu, selon Wahab.    « Tous les miliciens ont fui et abandonné le village », a-t-il dit.

 

 Des centaines de civils déplacés et des soldats tués au Nord Kivu / RDC

GOMA, le 8 juin (IRIN) - Trois soldats congolais ont été tués et quatre autres blessés lors de combats qui ont opposé dimanche dernier les forces gouvernementales à des miliciens hutus rwandais dans la province orientale de Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC). Les combats ont entraîné le déplacement de centaines de civils.

Le Général Gabriel Amisi, commandant de la 8e région militaire, a révélé à IRIN lundi que les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ont attaqué une position de l'armée dans le village de Miriki, à environ 180 km au nord de la capitale provinciale, Goma.

«Ils ont attaqué la nuit et délogé notre compagnie à Miriki», a déclaré Amisi. «Par la suite, nous avons repris le village grâce au renfort venu de Kanyabyonga [une ville située à 32 kilomètres]».

Selon lui, les soldats blessés ont été admis à l'hôpital militaire de Goma, mais il n'a pas indiqué le nombre de pertes du côté des rebelles.

Cependant, les FDLR ont nié la responsabilité de l'attaque. «Ce sont mes troupes qui ont été attaquées par l'armée, et ce n'est pas la première fois», a dit à IRIN Ignace Murwanashyaka, le chef des FDLR.

« Je discuterai de cette affaire avec les membres du gouvernement afin que ces exactions ne se répètent pas », a-t-il dit.

Des centaines de civils déplacés ont fui Miriki pour Kanyabayonga, selon le chef de village, Joël Luhonu.

«Pour le moment, ils demeurent auprès de leurs proches là-bas», a-t-il dit.

Selon Amisi, le calme était revenu à Miriki, et a demandé aux civils déplacés de regagner leur village.

Les rebelles hutus du Rwanda basés dans l'est de la RDC ont été accusés de nombreuses attaques menées contre des civils, particulièrement sur le territoire de Walungu et de la Plaine de la Ruzizi au Sud-Kivu.

Murwanashyaka a signé un accord le 31 mars au nom des FDLR, annonçant que les miliciens rebelles sous son autorité déposeront les armes et retourneront au Rwanda.

 

 

Qui a tué Hermas Mupolo?

Né en République Démocratique du Congo, Hermas Mupolo travaillé avec un projet des Nations Unies en partenariat avec le Gouvernement. Le Projet s'occupait du ddésarmement et démobilisation des enfants soldats en RDC. Il travaillé comme responsable de la logistique.

Après sa licence en Sociologie, Hermas a travaillé avec les Humanitaires dans World Vision.

Après une Maîtrise en Urbanisme et Aménagement du territoire à l’Université de Genève, Hermas est  rentré en RDC pour servir son pays.

Hermas a été tué ce vendredi 8 avril 2005 aux environs des 19h30 dans la Station d’essence de Binza Delvaux assassiné par deux femmes et trois hommes armés sous l’œil de la police.

Nous demandons qu’une enquête soit  faite pour arrêter les responsables de cet acte incivique et barbare. Nous signalons que plusieurs autres personnes ont été victimes de cette barbarie.

Adsad Team

Le parlement adopte la future Constitution par une large majorité (Xinhuanet 14/05/2005)

Le processus de transition lancé en 2003 en République démocratique du Congo (RDC) a connu une brusque accélération vendredi, avec l'adoption par le Parlement de la future Constitution du pays.

Ce texte adopté en première lecture au Sénat le 17 mars, a été voté par l'Assemblée nationale à une large majorité, à 348 voix pour, 5 contre et 8 abstentions.

La Constitution, adoptée vendredi une semaine seulement après le début de son examen en plénière, doit être entérinée par référendum.

Ce texte fondateur, qui se propose d'établir les bases d'un régime démocratique avec des représentants librement élus pour la première fois depuis 40 ans dans l'ex-Zaïre, opte pour un régime semi-présidentiel dans un Etat unitaire fortement décentralisé.

Son adoption était un préalable au vote des lois référendaire et électorale, qui permettront de fixer une date pour les élections générales devant sanctionner une transition politique initiée en 2003.

Ce texte remplacera la Constitution de transition de la RDC, issue de "l'Accord global et inclusif" signé par l'ensemble de la classe politique congolaise en décembre 2002 à Pretoria.

Cet accord avait initié une période de transition politique en RDC, après une guerre de près de cinq ans (1998-2003), qui avait impliqué une demi-douzaine de pays et fait plus de trois millions de morts (directs ou indirects) sur le sol congolais.

Selon la Constitution adoptée vendredi au Parlement, le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois.

L'âge minimum requis du président a été fixé à 30 ans, ce qui permettra notamment à l'actuel chef de l'Etat, Joseph Kabila, âgé de 33 ans, de se présenter.

Le président nomme le Premier ministre, issu de la majorité parlementaire, et peut le démettre. Il peut également dissoudre l'Assemblée nationale en cas de crise de gouvernement.

Le "gouvernement définit la politique de la Nation, de concert avec le président de la République".

Le pays, actuellement découpé en onze provinces, en aura 26, ce qui peut apparaître comme une concession aux tenants du fédéralisme après de longs débats.

Les députés ont largement amendé le texte adopté en première lecture au Sénat, limitant les pouvoirs du président et supprimant la peine de mort du texte constitutionnel.

Avant l'examen de ce texte à l'Assemblée, la communauté internationale avait mis en garde contre les dérives liberticides d'une des dernières versions du texte accordant trop de pouvoir au président et organisant son irresponsabilité devant le Parlement.

Le texte adopté vendredi devrait notamment tranquilliser l'Union européenne, principal bailleur de la transition en RDC, qui voyait d'un mauvais oeil ses appuis financiers et de conseil servir un texte déséquilibré.

Dans la foulée de l'adoption de la Constitution, les parlementaires des deux chambres doivent examiner et se prononcer sur une requête de la Commission électorale indépendante (CEI), qui a demandé le 28 avril une prolongation de la transition au regard du retard du processus électoral.

La transition, prévue pour durer 24 mois à compter de l'installation du gouvernement provisoire le 30 juin 2003, devrait être prolongée de six mois.

La Constitution de transition prévoit en effet la possibilité d'une prolongation de six mois, renouvelable une fois.

Le Parlement devrait se prononcer d'ici la fin mai sur cette requête, a-t-on indiqué de source parlementaire.

Le président de l'Assemblée, Olivier Kamitatu, a annoncé vendredi soir la tenue lundi d'une cérémonie solennelle au Parlement après l'adoption de la Constitution, en présence du président Kabila et de son homologue sud-africain Thabo Mbeki, parrain des accords de transition en RDC.

Qui a tué Hermas Mupolo?

Né en République Démocratique du Congo, Hermas Mupolo travaillé avec un projet des Nations Unies en partenariat avec le Gouvernement. Le Projet s'occupait du ddésarmement et démobilisation des enfants soldats en RDC. Il travaillé comme responsable de la logistique.

Après sa licence en Sociologie, Hermas a travaillé avec les Humanitaires dans World Vision.

Après une Maîtrise en Urbanisme et Aménagement du territoire à l’Université de Genève, Hermas est  rentré en RDC pour servir son pays.

Hermas a été tué ce vendredi 8 avril 2005 aux environs des 19h30 dans la Station d’essence de Binza Delvaux assassiné par deux femmes et trois hommes armés sous l’œil de la police.

Nous demandons qu’une enquête soit  faite pour arrêter les responsables de cet acte incivique et barbare. Nous signalons que plusieurs autres personnes ont été victimes de cette barbarie.

Adsad Team

 

Selon www.digitalcongo.net voit L'avenir

Le gouvernement acculé par l’insécurité

Pas plus tard qu’en fin de semaine, il y a eu mort d’hommes à Binza/Delvaux à la suite de l’attaque d’une station-service par des hommes armés. Pendant qu’il y a des patrouillles nocturnes, le vol à mains armées refait surface à Kinshasa. La population ne sait à quel saint se vouer

Au fur et à mesure que le jours passent, la population nage entre espoir et désespoir dans la perspective des élections libres, démocratiques et transparentes. Et pour cause ? Il y a des avancées notables tout comme il y a des sujets qui fâchent. Au nombre des zones d’ombres figure la recrudescence de l’insécurité sous diverses formes, notamment le banditisme urbain. Et cela met le gouvernement au pied du mur.

Tenez ! Vendredi dernier, alors que le monde orphelin venait d’accompagner le pape Jean-Paul à sa dernière demeure, il y a des malfrats qui mijotaient leur coup à Kinshasa. En effet, vers 19h00 se produira un drame à Binza/Delvaux. En fait, un de cinq personnes armées a surgi à la station-service Elf. Des cinq assaillants, deux femmes étaient en tenue civile tandis trois hommes avaient des pantalons militaires dissimulés sous la tenue civile.

Sur les lieux du crime, deux des assaillants avancent et ouvrent le feu. Ces coups de feu créent la débandade. Un client venu s’approvisionner succombe sur-le-champ. C’est par un communiqué de la Vsv que nous apprenons que l’infortuné, c’est le frère Hermas Mupolo Sony de l’église de la restauration qui est le petit frère du Docteur Sony Mukuenzi, Pasteur de l’église de la Restauration. Dans la foulée, un agent de gardiennage en poste à la station du nom de Simon Nzimbula s’en sortira avec une balle à l’abdomen.

Il se fait que le nombre de victimes va s’accroître puisque trois assaillants ont pu s’engouffrer dans la jeep qui les amenés tandis qu’un homme et une femme n’ont pu embarquer avec les autres. Pour se frayer un chemin et disparaître dans la nature, ces deux malfrats ont continué la sale besogne en tuant ou blessant les personnes qui avaient le malheur de se trouver sur leur trajectoire. Les témoins ont fait état de cinq morts au total.

C’est ainsi que l’on compte parmi les victimes tuées dans les parages de la station, Mlle Hornela Nzumba. Il nous revient que d’autres victimes ont été acheminées à l’Hôpital général ou à l’hôpital de Kintambo. Il s’agit notamment de MM. Simon Nzimbula et Paguy Kakenda pour la seconde formation médicale et Mme Vera Nsimba et M. Stanis Basekisa pour la première formation médicale. C’est ce qu’indique le communiqué précité.

Les témoins n’ont pas compris que pareil évènement se passe en présence quasiment des forces de l’ordre puisqu’ils ont leur bureau à deux pas de là. Dans ces interrogations, les gens remontent l’histoire pourque des cas de vol ou d’attaque à mains armées ont eu lieu le 12 février dernier à la station Fina de Lemba/ Salongo. On a connu deux morts et plusieurs blessés. Il y a aussi le cas des stations de Masina/quartier 3 et de la cité verte, toujours en février. Un vol à mains armées a eu lieu dans une boutique sur l’avenue Sabilière au quartier 3/Masina avec mort d’homme.

On ne saurait oublier un autre événement qui a eu lieu à la station-service située sur la route des Poids lourds, à proximité de la base logistique de la Mission des nations unies au Congo. Il y a eu des blessés... Les cas sont nombreux malheureusement.

Tout cela fait que la population ne sait plus à quel saint se vouer. Elle a la nette impression que le gouvernement ne fait rien ou pas grand-chose pour la sécuriser. Pourtant, la même population apprécie à juste titre les patrouilles nocturnes des unités de la Police nationale congolaise. Elle aurait souhaité que les stratégies soient revues pour une couverture optimale de la ville de Kinshasa, par exemple. C’est notamment par la façon de prendre en main cette question récurrente de l’insécurité que le gouvernement et les autorités compétentes pourront gagner le cœur de la population congolaise. Il le faut absolument.

L'avenir.

Mission de la dernière chance à KinshasaLe Soir, 22/01/2005

Le président sud-africain Thabo Mbeki se rendra mardi prochain en République démocratique du Congo, avant de rejoindre le Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le lendemain, puis le sommet de l'Union africaine (UA) à Abuja, a rapporté vendredi la presse kinoise.

A Kinshasa, M. Mbeki s'entretiendra mardi avec le président Joseph Kabila et avec d'autres responsables congolais afin de tenter de faire progresser le processus de paix en RDC, dévastée par cinq ans de guerre civile et régionale qui a fait plus de trois millions de morts. Ce retour annoncé s'inscrit, selon le journal 'Le Potentiel' paru vendredi à Kinshasa, "dans le cadre des démarches visant la décrispation politique en RDC avec cette énième crise au sommet de l'Etat". Il s'agit, souligne le journal, "de la rencontre de la dernière chance", alors que la RDC connaît la deuxième crise grave de la transition, qui est censée mener le pays d'ici juin à des élections libres et démocratiques, les premières depuis son indépendance, en juin 1960.

L'un des quatre vice-présidents du gouvernement de transition congolais, Jean-Pierre Bemba, a menacé de retirer son parti, le Mouvement de libération du Congo (MLC, ex-rébellion désormais associée au pouvoir) de la transition faute d'accord d'ici le 31 janvier sur le partage des responsabilités entre anciens belligérants au sein des institutions, comme le prévoient les accords signés. M. Bemba, qui boycotte de facto les activités de l'exécutif congolais depuis le 14 janvier en raison du report de plus en plus probable des scrutins pour des raisons logistiques, s'est à nouveau dit déterminé à ce que les élections aient lieu avant le 30 juin.

L'Afrique du Sud fait pour sa part pression afin que des élections soient organisées en RDC au mois de juin, comme prévu dans l'accord de paix et de partage du pouvoir signé en décembre 2002 à Prétoria, qui a mis fin à cinq ans de guerre civile (1998-2002).

M. Mbeki a déjà reçu M. Bemba lundi à Pretoria. Le président Mbeki ira en RDC en se rendant au WEF. Il sera en Suisse mercredi, a déclaré jeudi un porte-parole présidentiel, David Hlabane, cité par l'agence de presse indépendante congolaise APA, reçue vendredi à Bruxelles.

De Suisse, M. Mbeki se rendra à Abuja (Nigeria) pour le sommet, prévu les 30 et 31 janvier, de l'Union africaine (UA) qui devrait se prononcer sur les crises en RDC, en Côte d'ivoire et au Soudan.

 

 

La mort de Rév. Pasteur LUKUSA le 26 Décembre 2004 après près de 6 mois d'emprisonnement par le Gouvernement de Kinshasa prouve l'insécurité des leaders Chrétiens. L'Adsad réagit et condamne cette façon d'agir du Gouvernement Kabila. D'après les nouvelles en provenance de Lubumbashi, 2ème ville de la RDC, le Rev. Lukusa est  mort après une semaine de sa sortie de la prison, très malade après un empoisonnement. La vérité est toujours têtue. Après la chasse de Rev. KUTINO maintenant nous enregistrons une mort d'un Leader Charismatique  comme Rev. Lukusa. L'Adsad demande qu'une enquete soit initiée par une organisation indépendante.

 

Combats entre armée de RDC et rebelles rwandais: huit morts et cinq prisonniers 28/12/2004

Huit rebelles hutus rwandais ont été tués et cinq autres capturés lors de combats avec l'armée congolaise près de Walungu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé à l'AFP une source militaire au Sud-Kivu.

Selon cette source, des combats opposent depuis quelques jours dans le territoire de Walungu, à 80 km au sud de Bukavu, les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) aux soldats de l'armée régulière congolaise.

"Ces combats se poursuivent encore à Nzibira" près de Walungu, a précisé la même source sous couvert de l'anonymat.

Le porte-parole de la 10ème région militaire de l'armée congolaise, le lieutenant Kasanda Wa Kasanda, contacté par l'AFP, n'a pu confirmer le bilan de ces affrontements.

Début novembre, la 10ème région militaire - basée au Sud-Kivu - avait lancé, conjointement avec la Mission de l'Onu en RDC (Monuc), une opération de sensibilisation des combattants FDLR en vue de leur désarmement et leur rapatriement volontaire au Rwanda.

"Les FDLR ont saboté la phase de sensibilisation que nous menons avec la Monuc. Deux mois après l'opération, ils continuent de refuser à se rendre. Ils multiplient d'ailleurs des attaques contre nos positions", a par ailleurs déclaré à l'AFP le lieutenant Kasanda.

Il a affirmé que des dispositions ont été prises au niveau du commandement militaire de la province du Sud-Kivu pour "renforcer la présence de l'armée" dans le territoire de Walungu.

Par ailleurs, dix autres Rwandais, dont trois combattants des FDLR, se sont rendus à l'armée congolaise dans la localité de Nzibira et ont été remis le 19 décembre à la Monuc, selon la porte-parole de l'Onu à Bukavu, Sylvie Van Den Wildenberg.

De nombreux membres des FDLR ont participé au génocide de 1994 au Rwanda.

 

Les rwandophones du Nord-Kivu contre l'envoi de 10.000 militaires congolais. 6/12/2004

KIGALI, 6 déc (AFP) - Une association représentant la communauté rwandophone du Nord-Kivu, province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a dénoncé lundi la décision du gouvernement congolais d'envoyer 10.000 soldats en renfort dans cette province.

"Nous fustigeons cette décision prise par le président (congolais, Joseph Kabila) d'envoyer 10.000 hommes dans le Nord-Kivu", a déclaré à l'AFP le président de cette association, François Gachaba, rassemblant des personnes parlant le kinyarwanda, la langue officielle du Rwanda.

Il était interrogé par téléphone depuis Kigali et affirmait se trouver à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.

Cette annonce gouvernementale intervenait après les menaces du Rwanda d'envoyer des soldats en RDC pour y poursuivre les rebelles hutus rwandais qui s'y trouvent depuis dix ans.

"C'est une décision unilatérale, prise sans concertation, ni au sein de l'espace présidentiel, ni du haut conseil supérieur de la défense, ni du parlement", a-t-il ajouté.

Le porte-parole de M. Kabila avait annoncé le 30 novembre l'envoi de 10.000 soldats supplémentaires pour renforcer les effectifs de la région militaire qui englobe le Nord-Kivu.

"Quand on a envoyé des militaires avec cette même logique au Sud-Kivu, les rwandophones ont dû fuir. Nous craignons que la même chose se produise dans le Nord-Kivu", a estimé M. Gachaba.

En mai-juin derniers, une dissidence armée de l'armée congolaise, composée d'officiers rwandophones et accusée par l'Onu d'être soutenue par Kigali, s'était emparée une semaine durant de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu.

Après leur retrait, la province du Sud-Kivu, auparavant contrôlée par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, ex-rébellion alliée du Rwanda), avait été reprise en main par des hommes proches du président Kabila.

Jusqu'à présent, le Nord-Kivu, l'autre province congolaise frontalière du Rwanda, est contrôlée au niveau militaire et administratifs, par des membres du RCD, devenu depuis parti politique au sein des institutions de transition congolaises

 

Un conflit Rwanda-RDCongo serait de la "responsabilité" de Kinshasa (Kigali) 3/12/2004

KIGALI, 3 déc (AFP) - Le gouvernement de la République démocratique du Congo serait "responsable" d'une éventuelle confrontation directe entre les armées rwandaise et congolaise, a affirmé vendredi à l'AFP le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande.

"Ce (un conflit direct entre les deux pays) serait de la responsabilité des protecteurs des FDLR", a déclaré M. Murigande, en faisant allusion au gouvernement de Kinshasa.

Les FDLR sont les Forces démocratiques de libération du Rwanda, un groupe de rebelles hutus composé notamment de membres des ex-Forces armées rwandaises (FAR) et de miliciens Interahamwe, impliqués dans le génocide de 1994 au Rwanda.

La Mission de l'Onu en RDC (Monuc) a affirmé jeudi disposer d'indices sur la présence de troupes rwandaises en RDC, ce que le Rwanda a démenti. Kigali fait savoir depuis la semaine dernière que son armée pourrait intervenir dans l'est de la RDC, mais qu'une telle opération ne viserait que le désarmement des FDLR.

Le président congolais, Joseph Kabila, a assuré jeudi soir que son armée entendait "bouter dehors" l'armée rwandaise si elle entre en RDC.

"On leur dit qu'une opération ne viserait que les ex-FAR et Interahamwe, et il (le président Kabila) nous dit qu'en nous en prenant aux ex-FAR et Interahamwe on s'en prend à l'armée congolaise. Ca veut dire que cette armée protège les FDLR", a estimé M. Murigande.

Prié de dire si les soldats rwandais, une fois en RDC, riposteraient à d'éventuelles attaques des Forces armées de la RDC (FARDC), il a répondu: "Personne ne peut offrir sa tête à couper". Il a néanmoins jugé qu'il n'y avait "pas de risques" de conflit direct.

La Monuc à Goma, chef-lieu de la province congolaise du Nord-Kivu (est), frontalier du Rwanda, a par ailleurs affirmé vendredi disposer "de nombreuses sources qui disent avoir vu plusieurs petits groupes de soldats rwandais par-ci par-là".

"Mais ce sont des groupes très mobiles, on essaye de vérifier mais c'est très difficile, car quand nous arrivons sur place ils sont déjà partis", a déclaré la porte-parole de la Monuc à Goma, Jacqueline Chenard, interrogée par téléphone par l'AFP depuis Kigali.

"Une mission de vérification devait partir ce (vendredi) matin pour Kanyabayonga et revenir dans la matinée de samedi", a-t-elle ajouté.

Une agence de l'Onu à Goma a fait état jeudi de la fuite de "quelques milliers de civils congolais" vers la zone de Kayabayonga, à 150 km au nord du chef-lieu du Nord-Kivu, à la suite de combats entre des rebelles hutus rwandais et des hommes armés non identifiés.

"Selon nos informations, il s'agirait plutôt de quelques centaines de déplacés qui fuient de manière préventive par crainte d'éventuels combats", a expliqué Mme Chenard.

 

 

La honte, car celui qui doit sécourir le Congo devient le Meurtrier - Kofi Annan s'indigne des exactions des casques bleus en mission de paix 23/11/2004

Exploitation sexuelle, abus de pouvoir sur des populations qu'ils sont censés protéger : le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, s'est déclaré "outragé" par le rapport qui lui a été fait, vendredi 19 novembre, sur l'attitude des casques bleus en mission de maintien de la paix en République démocratique du Congo, et principalement à Bunia, dans l'est du pays.

M. Annan, qui se trouve en Tanzanie, a entendu le compte rendu de son représentant à Kinshasa, William Swing, sur l'enquête ouverte en mai à la suite des premiers témoignages. Il a estimé que "des actes graves se sont produits", indique un communiqué publié à New York. "C'est quelque chose de honteux que les Nations unies doivent reconnaître", a-t-il ajouté.

Quelque soixante-dix cas font l'objet d'une enquête des services d'investigation internes de l'ONU (OIOS) et concerneraient aussi bien des militaires que des civils. M. Annan a indiqué qu'il était "vital que les enquêtes soient accélérées" et qu'elles visent non seulement la Monuc (Mission d'observation des Nations unies au Congo) mais l'ensemble des missions de maintien de la paix de l'ONU. Plus de 60 000 casques bleus sont déployés dans dix-sept pays. Des scandales sexuels ont déjà été enregistrés dans les Balkans et en Afrique de l'Ouest.

Dans le cas du Congo, la presse britannique avait mis en cause, dès le mois de mai, des personnels uruguayens et marocains. En juillet, la presse d'Afrique du Sud a cité des cas de violences sur enfants, dont celui d'un colonel sud-africain, à Goma, qui ne s'entourait que de très jeunes interprètes. Selon l'ONU, deux casques bleus tunisiens ont été renvoyés dans leur pays en octobre. Et, le 1er novembre, un Français, accusé de pédophilie, a été remis à la justice française à Kinshasa, selon un communiqué publié par l'ONU et l'ambassade de France.

Par coïncidence, le secrétaire général a annoncé l'intensification de l'offensive contre les abus sexuels à l'ONU le jour même où le conseil du personnel, l'équivalent du syndicat maison, décidait d'une motion contre la direction de l'organisation, exigeant plus de transparence dans les enquêtes. Le Staff Union proteste contre le fait que plusieurs responsables mis en cause ont été "exonérés" de leurs responsabilités. Le syndicat s'est toutefois gardé de critiquer Kofi Annan.

Deux affaires ont notamment troublé les personnels. Le chef du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Néerlandais Rudd Lubbers, accusé de harcèlement sexuel par une collaboratrice américaine, a été blanchi en octobre par M. Annan, alors même qu'une enquête de l'OIOS avait jugé les accusations crédibles. Mardi 16 novembre, c'est le chef du service des enquêtes lui-même, le Singapourien Dileep Nair, qui a été exonéré d'accusations de harcèlement et de favoritisme, sans que le syndicat puisse avoir accès au rapport. Ces critiques viennent s'ajouter à un climat d'"érosion de la confiance", note Rosemarie Waters, la responsable du syndicat.

 

Arrivée à Kinshasa d'une délégation du Conseil de sécurité de l'Onu  22/11/2004

KINSHASA, 21 nov (AFP) - Une délégation du Conseil de sécurité de l'Onu en visite de travail dans la région des Grands lacs est arrivée dimanche soir dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), en provenance de Kigali, a constaté l'AFP à l'aéroport international de Kinshasa.

Conduite par l'ambassadeur de France à l'Onu, Jean-Marc de la Sablière, cette délégation, qui comprend des représentants des 15 pays membres du Conseil de sécurité, a été accueillie à Kinshasa par le ministre congolais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Raymond Ramazani Baya.

"L'étape de Kinshasa est la plus importante compte tenu des élections" qui doivent avoir lieu dans cet immense pays en juin 2005, a déclaré l'ambassadeur français à sa descente d'avion.

"Nous sommes en visite annuelle en République démocratique du Congo. C'est l'étape la plus importante de notre tournée que nous avons commencée ce matin à Kigali", a-t-il poursuivi.

A Kinshasa, la délégation du Conseil de sécurité doit rencontrer le président Joseph Kabila et les quatre vice-présidents du gouvernement de transition de la RDC. Elle s'entretiendra également avec les responsables du Parlement.

"Nous allons discuter avec eux de l'évolution de la transition", a encore affirmé le diplomate français, soutenant que le Conseil, "la formation et l'intégration de l'armée ainsi que le vote des lois" restaient les priorités.

Il a encouragé par ailleurs les dirigeants des pays des Grands lacs à "travailler la main dans la main" pour restaurer la paix, la stabilité et promouvoir le développement dans cette région en proie depuis dix ans à des violences.

"Le conseil de sécurité attache une très grande importance à la question de la stabilité en Afrique centrale", avait déclaré plus tôt Jean-Marc de la Sablière à Kigali, où la délégation s'est entretenue avec les autorités rwandaises.

La délégation se rendra mardi à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu (est de la RDC), avant de s'envoler pour Bujumbura, puis Kampala

 

Début triomphal de la tournée historique de Kabila dans l'est de la RDCongo Samedi 16 octobre 2004, 19h49

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KISANGANI (RDCongo) (AFP) - Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a entamé samedi à Kisangani une tournée historique et risquée dans l'est du pays, région toujours instable plus d'un an après la fin de la guerre mais qui lui a réservé un accueil triomphal.

Dans son discours, devant des milliers de personnes enthousiastes, le chef de l'Etat a prévenu qu'il "n'accepterait plus aucune agression" de la RDC, qui a été occupée par une demi-douzaine de pays pendant la guerre de 1998 à 2003.

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"Même si nous disons qu'il y a la paix aujourd'hui, il y a encore des pays qui pensent qu'ils peuvent revenir au Congo", a déclaré M. Kabila, sans citer de noms.

Il a lancé cette mise en garde à Kisangani, troisième ville du pays, où se sont affrontées les armées rwandaise et ougandaise pendant la guerre.

La RDC, plus grand pays d'Afrique centrale et dotée d'énormes richesses minières, sort de cinq années (1998-2003) de guerre qui ont fait 3 millions de morts, directement ou non, et d'une quarantaine d'années de gestion catastrophique.

Le processus de paix, en cours depuis 2003, reste très fragile, essentiellement dans l'est, région frontalière du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda, et toujours en proie à des violences.

M. Kabila est arrivé samedi matin à Kisangani, première étape d'une tournée dans l'est qu'il avait annoncée la semaine dernière.

Cette visite est hautement symbolique pour au moins deux raisons: c'est la première fois que le président se rend dans l'est depuis son accession au pouvoir en janvier 2001 et cette région reste la plus volatile de la RDC.

Pour cette tournée à très hauts risques, des centaines de militaires de la garde présidentielle, fortement armés, étaient déployés samedi dans la ville, où plusieurs dizaines de milliers de personnes ont salué le président, selon la Mission de l'Onu en RDC (Monuc).

La visite du président est "un signe remarquable que la paix est là", s'est réjoui un habitant de Kisangani, Biamasu Mamufuakage, un enseignant de 46 ans.

Avec cette tournée, M. Kabila compte "rétablir son autorité" sur l'ensemble du territoire, à huit mois de la tenue théorique d'élections générales, selon une source diplomatique qui a requis l'anonymat.

"Aujourd'hui, je suis venu avec un message de paix et de réunification", a lancé M. Kabila. "Le processus de pacification est en cours et il va continuer jusqu'à ce que tout le pays soit sûr et pacifié", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que "les élections auront bien lieu", sans avancer de date. Ces scrutins devraient être les premières élections libres et démocratiques dans le pays depuis quarante ans, mais rien n'est prêt à ce jour pour cette échéance.

Il a par ailleurs reconnu que "la situation sociale et économique" du pays et de Kisangani en particulier n'était "pas bonne".

"Les salaires des fonctionnaires ne sont pas payés", a-t-il admis, sous des applaudissements nourris. Il a aussi cité les problèmes d'électricité, d'approvisionnement en eau et de communications, Kisangani étant complètement enclavée.

"Ma venue est un début pour trouver des solutions à ces problèmes", a-t-il assuré, devant une dizaine d'ambassadeurs dont les pays participent au financement de projets de développement à Kisangani.

M. Kabila doit rester "quelques jours à Kisangani", selon son porte-parole Kudura Kasongo, qui a refusé de préciser la suite du programme du chef de l'Etat, dont les détails sont gardés secrets jusqu'au dernier moment pour des raisons de sécurité.

Il n'était pas clair samedi si le président se rendrait dans la foulée, comme prévu initialement, à Kindu, capitale de la province du Maniema. "On va voir ce que va donner Kisangani", a déclaré, prudent, Kudura Kasongo.

 

L'ONU renforce de 5.900 hommes sa force de maintien de la paix en RDC Vendredi 1 octobre 2004, 22h55

NATIONS UNIES (AP) - Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé vendredi à l'unanimité de ses membres une résolution prévoyant un renfort de 5.900 hommes pour la force de maintien de la paix en République démocratique du Congo.

Le texte élargit en outre le champ du mandat de cette force, dont les membres peuvent désormais se déployer dans les zones à risques afin de prévenir toute flambée de violence, protéger les populations civiles sous la menace de violences physiques et saisir les armes illégales.

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a cependant regretté que le Conseil n'ait pas accepté le principe d'un doublement des effectifs de la force. Le mois dernier, il avait demandé que le total des troupes onusiennes en RDC atteigne 23.900 hommes, contre 10.800 actuellement, pour soutenir le fragile processus de paix et permettre l'organisation d'élections libres en 2005.

 

Dimanche 26 septembre 2004, 5h30

RDC: 20.000 personnes migrent vers le Nord par crainte de violences

NGUNGU, République démocratique du Congo (AP) - Devant la crainte d'une recrudescence des violences dans la région, 20.000 personnes ont fui leurs villages dans l'Est du Congo Kinshasa (République démocratique du Congo, RDC) et campent sur une étendue de collines boueuses située à deux jours de marche plus au Nord, selon des agences non gouvernementales.

La panique a apparemment été déclenchée par des mouvements de troupes gouvernementales dans la région, toujours volatiles depuis la fin de la guerre civile en 2002, après cinq années de conflit qui ont embrasé six pays de la région.

Le gouvernement de la RDC a récemment déployé des forces supplémentaires dans les provinces de l'Est du pays dans le cadre d'une opération que les autorités présentent comme entrant dans le cadre de la lutte contre des groupes rebelles soutenus par le Rwanda.

A Ngungu, à 60 kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Goma, environ 20.000 personnes venant du district de Kalehe ont ainsi établi leur nouveau domicile au cours des deux dernières semaines et cherchent à se mettre à l'abri, a expliqué Gemma Swart, chargée des relations presse pour Oxfam.

Il n'y pas eu de rapports d'attaques dans Kalehe, selon Swart, mais les déplacés ont eu peur d'être attaqués par les militaires ou par des groupes armés.

Près de 11.000 soldats de la paix de l'ONU sont déployés dans l'ensemble du pays afin de sécuriser la situation, mais leur action n'a pas permis d'arrêter complètement les combats.

 

Massacre de Gatumba: un rapport de l'ONU met en cause les FNL du Burundi et des groupes armés étrangers samedi 4 septembre 2004, 5h26

NEW YORK (AP) - Un rapport préliminaire de l'ONU sur le massacre commis dans un camp de réfugiés congolais d'origine tutsie, à Gatumba, à la mi-aouût, met en cause un groupe de rebelles Hutus burundais, mais aussi des groupes armés du Rwanda et du Congo.

L'attaque du camp de réfugiés, situé dans l'ouest du Burundi, à quelques kilomètres seulement de la frontière congolaise, avait fait 163 morts parmi les réfugiés.

Vendredi, le sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix Hedi Annabi a présenté aux membres du Conseil de sécurité réunis à huis clos un rapport préliminaire établi par les missions de l'ONU au Burundi et au Congo, ainsi que par le Haut-commissariat pour les droits de l'homme.

Après cette réunion, le président du Conseil de sécurité, l'Espagnol Juan-Antonio Yanez-Barnuevo, a expliqué que l'enquête continue, mais qu'il "semble que plusieurs groupes impliquant des ressortissants de plusieurs pays de la région aient pris part" au massacre.

Les forces nationales de libération du Burundi, un groupe rebelle d'ethnie hutu, avait revendiqué le massacre. mais le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a récemment affirmé, sur la base d'autres rapports, que les FNL opèrent avec l'appui des milices maï-maï -des groupes tribaux congolais- ainsi qu'avec des Hutus rwandais souvent membres des anciennes forces armées rwandaises ou encore des milices interahamwe, principales responsables du génocide de 1994, et qui se sont ensuite enfuies au Congo-Kinshasa.

"Toutes les indications vont dans ce sens", a confirmé l'ambassadeur espagnol.

Selon des diplomates, le rapport montre que l'attaque a été menée par environ 90 d'agresseurs - et non 600, comme l'avait affirmé le gouvernement burundais- dont une trentaine de membres des FNL. Des survivants ont en outre affirmé que les attaquants parlaient différentes langues, indication supplémentaire d'une participation extérieure.

L'ambassadeur du Burundi auprès de l'ONU s'est dit convaincu que "les auteurs des massacres constituent une coalition de forces négatives... qui ont travaillé en étroite colaboration avec les FNL. Il a cité les mêmes groupes et affirmé que les attaquants étaient venus du Congo et y étaient retournés.

 

17 Aout 2004 10:13
 
Funérailles hier lundi des 164 congolais, victimes du massacre de Gatumba à Bujumbura
Cent soixante-quatre réfugiés congolais massacrés dans le camp de Gatumba au Burundi ont été inhumés hier lundi, à proximité du lieu du drame. C’était en présence des officiels congolais, burundais, rwandais ainsi que d’une foule nombreuse. La cérémonie funèbre était pleine d’émotion.

Une foule immense est venue assister à la cérémonie d’inhumation sous un soleil ardent. Les obsèques de 164 victimes se sont passées dans le calme et la tristesse, a indiqué notre reporter. On n’entendait que des sanglots discrets. Une chorale a entonné des chants pour apaiser cette douleur. Dans les caveaux, sur les bâches, reposent des cercueils en bois.

Une esplanade a été faite pour recevoir les délégations de trois pays, à savoir le Rwanda, le Burundi et la République Démocratique du Congo. Des membres des Nations Unies et des ONG ont assisté à cette cérémonie. La représentante du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Burundi était de la partie. Tout en bas de l’esplanade, des jeunes rescapés banyamulenge fasaient circuler des papiers. Sur ceux-ci, on pouvait lire : « Pourquoi le génocide des Tutsi ? Qu’avons-nous fait ? »

Des calicots sont brandits par d’autres jeunes qui prennent à témoin la communauté internationale. Sur un autre calicot plus grand, on peut lire : «Qui peut arrêter la coalition génocidaire rwando-congolo-burundaise dans les Grands Lacs ? »

Les cercueils ont été couverts de bâches et de terre. D’autres chants ont suivi ce moment douloureux jusqu’à ce que la terre couvre tous les caveaux. Ces derniers sont situés près de Kasumba, à plus ou moins deux kilomètres de la frontière avec la RDC.

 

mardi 10 aout 2004, 10h34

Ituri: tous les acteurs, Etats et milices ont commmis des crimes de guerre, selon un rapport de l'ONU

NATIONS UNIES (AP) - Tous les groupes armés qui sévissent dans la province de l'Ituri, mais aussi le Rwanda, l'Ouganda et l'ancien gouvernement congolais, ont commis des atrocités dans cette région du nord-est du Congo-Kinshasa, affirment les experts de droits de l'homme de l'ONU dans un rapport remis lundi au Conseil de sécurité.

Au moins 8.000 civils ont été tués délibérément en 2002 et 2003 en Ituri, et plus de 600.000 ont été contraints de fuir leurs villages, selon le rapport de 65 pages dus à des spécialistes des droits de l'homme et de l'enfant de la Mission des Nations unies au Congo, qui ont conduit plus de 1.600 entretiens, y compris avec des victimes et des témoins.

L'Ituri, qui est limitrophe de l'Ouganda, compte entre 3,5 et 5,5 millions d'habitants de 18 groupes ethniques différents. Cette région du Congo est déchirée depuis 1999 par un conflit qui est lui-même une partie du conflit beaucoup plus vaste qui, entre 1998 et 2003, a fait plus de trois millions de morts et impliqué six Etats de la région.

L'essentiel des conflits en Ituri est du aux milices de deux ethnies rivales, les Lendu et les Hema, mais le rapport de l'ONU recense au moins sept groupes armés et trois groupes politiques régionaux.

Il constate surtout que "tous les groupes armés ont commis des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des violations massives des droits de l'homme en Ituri".

Le rapport mentionne des "attaques de villages accompagnées du massacre de plusieurs milliers de civils, de pillages à grande échelle, de destructions de maison et des structures sociales, d'enlèvements de civils, y compris de femmes à des fins d'esclavage sexuel, de viols et de torture".

Les experts font état d'attaques répétées des Lendu et Hema contre les villages de l'autre ethnie, et ajoutent que "les combattants lendu ont commis des actes inhumains tels que des mutilations et du cannibalisme, souvent sous l'empire de drogue préparées par leurs guérisseurs traditionnels".

Mais les milices ne sont pas seules en cause. "L'ancien gouvernement de Kinshasa et les gouvernements du Rwanda et de l'Ouganda ont tous contribué à ces abus massifs en armant, conseillant et entraînant les groupes armés locaux à un moment ou un autre", ajoute le rapport.

L'an dernier, l'Union européenne a envoyé une force militaire d'urgence en Ituri, qui a ensuite été relevée par une force de maintien de la paix des Nations unies. Le rapport reconnaît que ces deux forces ont "contribué à réduire l'intensité du conflit et la capacité des groupes locaux". Mais il ajoute que la communauté internationale doit assister le nouveau gouvernement congolais transitoire afin qu'il puisse mettre fin aux violences et aux abus, renouer des liens entre les différents groupes ethniques, mettre fin aux atteintes aux droits de l'homme et "réduire l'impunité totale" dont jouissent les coupables.

La cour pénale internationale créée en 2001, a ouvert sa première enquête sur les atrocités commises au Congo et a déclaré que l'Ituri est l'un de ses principaux centres d'intérêt.

 

 

 

L'Onu tire la sonnette d'alarme dans l'est du Congo démocratique lundi 14 juin 2004, 8h48
 

Par Evelyn Leopold

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NATIONS UNIES (Reuters) - L'est du Congo démocratique devient rapidement le théâtre de l'un des pires désastres humanitaires de la planète, avec quelque 3,3 millions de personnes hors d'atteinte des organisations humanitaires, a déclaré lundi Jan Egeland, coordinateur de l'aide d'urgence aux Nations unies.

 

En préparation d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée aux populations civiles en zones de guerre, Jan Egeland a précisé que dix millions de personnes vivaient à travers le monde dans des régions en conflit.

 

"En termes d'accès, (la situation en RDC) est même pire que le Darfour, dans l'ouest du Soudan, où des organisations humanitaires ont été récemment autorisées à se rendre", a-t-il dit dans un entretien.

 

Les récents combats entre troupes gouvernementales congolaises et forces insurgées pour le contrôle de la ville de Bukavu, à 1.500 kilomètres à l'est de Kinshasa, ont aggravé la situation des populations réfugiées dans cette partie de l'Afrique des Grands Lacs.

 

Quelque 130 expatriés travaillant dans le secteur humanitaire dans les régions du Nord- et du Sud-Kivu se sont regroupés dans la ville de Goma, abandonnant à leur sort plusieurs centaines de milliers de personnes.

 

Et les casques bleus de la Mission d'observation des Nations unies au Congo (Monuc) déployés dans l'est du Congo sont trop peu nombreux pour assurer leur sécurité, poursuit-il.

 

"Nous témoignerons de la façon dont nous avons été forcés de laisser derrière nous plus de trois millions de personnes privées d'aide humanitaire et des milliers d'enfants privés d'approvisionnement", a souligné Jan Egeland, dénonçant "une macabre technique de création de la terreur visant à s'édifier une base de pouvoir".

 

TENSIONS AUX FRONTIÈRES

 

Fuyant les affrontements, les meurtres de civils et les viols, plusieurs centaines d'habitants de la ville de Bukavu se sont réfugiés au Burundi. Cinq mille autres se trouvent dans un camp de transit au Rwanda, dont les frontières ont depuis lors été fermées.

 

"La population civile est de nouveau la cible d'abus massifs", accuse Jan Egeland. "Il y a eu une dégradation marquée depuis la chute de Bukavu et elle se répand. Le monde n'a pas compris l'ampleur de la crise ni ce qui est en jeu."

 

Jan Egeland a refusé de désigner les responsables des atrocités commises dans l'est du Congo démocratique, où des affrontements ont opposé les troupes loyales au gouvernement de transition du président Joseph Kabila à des factions militaires irrégulières.

 

Il a souligné cependant que les armes circulaient en masse dans cette région. "Une poignée d'hommes armés de fusils automatiques peuvent déplacer en un rien de temps des foules de populations civiles sans défense", indique-t-il, qualifiant les Kalachnikov, parmi les armes automatiques les plus répandues, d'"arme atomique de notre temps".

 

Selon d'autres responsables de l'Onu, d'anciens activistes hutus qui ont fui le Rwanda après le génocide antitutsi de 1994 ont pris part aux violences, de même que des groupes rebelles liés au Rwanda.

 

Les tensions sont également de plus en plus vives aux frontières du Congo, du Rwanda et du Burundi

 

RDCongo: un général dissident menace de déclarer la guerre à Kinshasa dimanche 13 juin 2004, 14h51

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KIGALI (AFP) - Le général congolais Laurent Nkunda, l’un des chefs des soldats dissidents qui ont occupé pendant une semaine Bukavu (est de la RDCongo), a menacé dimanche de déclarer la guerre au gouvernement de Kinshasa dès lundi si une commission d’enquête sur des crimes présumés à l’encontre de sa communauté n’est pas créée.

"Si on ne crée pas de commission d’enquête, on va revenir à Bukavu et on sera en guerre contre le gouvernement", a-t-il déclaré, interrogé par téléphone depuis Kigali (Rwanda).

 

"Nous attendons jusqu’à demain (lundi). J’attends qu’(Azarias) Ruberwa (un des quatre vice-présidents du gouvernement de transition de la RDC, ndlr) me donne son dernier mot, sinon je recommence la mobilisation et on va en découdre avec Kinshasa", a ajouté le général Nkunda.

 

Le général Nkunda est un ancien officier de l’armée rwandaise, tutsi congolais natif de République démocratique du Congo, qui a affirmé se trouver à Minova, à une cinquantaine de km au sud de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu frontalière du Rwanda.

 

Le général Nkunda, avec un autre officier dissident, le colonel Jules Mutebusi, avait pris le 2 juin le contrôle de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, en chassant l’armée gouvernementale.

 

Cette dernière a repris la ville le 9 juin, sans combat et sous les acclamations des habitants, après le retrait des hommes du général Nkunda et la fuite des soldats du colonel Mutebusi.

 

A l’origine, le général dissident avait affirmé que son intervention n’était motivée que par la protection des Banyamulenge de Bukavu qui sont, comme lui, des Tutsis congolais et qui auraient été, selon lui, victimes d’exactions systématiques.

 

"Malheureusement on continue à brûler les maisons des Banyamulenge à Bukavu", a dénoncé dimanche le général Nkunda.

 

Cette fois, son discours était toutefois plus politique par rapport à la semaine dernière, quand il assurait être loyal au gouvernement de Kinshasa et ne pas vouloir étendre son intervention à d’autres localités.

 

"Puisqu’on nous considère unilatéralement comme des dissidents, on va maintenant chercher une solution durable", a-t-il expliqué.

 

"Je pense que prochainement nous allons libérer l’est du Congo", a-t-il poursuivi, assurant néanmoins ne pas vouloir la partition de la RDC, mais prôner "le fédéralisme".

 

Interrogé sur ses relations avec le Rwanda, accusé par Kinshasa, jusqu’à présent sans preuves concrètes, d’avoir envoyé des hommes et des armes aux soldats dissidents, le général Nkunda a répondu: "Je ne sais pas si Kigali sera notre allié".

 

Malgré le retour à une certaine normalité à Bukavu depuis cinq jours, les hommes du colonel Mutebusi, qui s’étaient repliés vers le Sud, affrontaient samedi l’armée régulière congolaise près de Kamanyola, à une quarantaine de kilomètres au sud du chef-lieu du Sud-Kivu.

 

"Je suis toujours prêt à soutenir le colonel Mutebusi, nous sommes toujours en collaboration", a affirmé le général Nkunda

 

Echec d'un putsch à Kinshasa

vendredi 11 juin 2004, 19h17

KINSHASA, Congo (AP) - Kinshasa s'est réveillée vendredi au son des fusils et des obus, échos d'une tentative manquée de coup d'Etat contre le gouvernement de transition congolais déjà très éprouvé ces derniers temps. Le président Joseph Kabila a exhorté la population à conserver son sang-froid.

"Restez calmes, préparez-vous à résister car je n'autoriserai personne à tenter un coup d'Etat ou de faire dérailler notre processus de paix", a-t-il lancé à la télévision publique. "En ce qui me concerne, je vais bien", a ajouté le chef de l'Etat, en uniforme militaire kaki.

Il a affirmé que les forces de sécurité avaient arrêté 12 des putschistes, apparemment menés par le major Eric Lenge de la garde présidentielle. Les forces gouvernementales appuyées par un hélicoptère le poursuivaient vendredi dans sa fuite vers le Bas-Congo avec 21 hommes. Il ne s'agirait que d'un "mouvement isolé" auquel ont participé des officiers de la garde de Kabila. Les mutins demandaient le paiement d'arriérés de salaire sur plusieurs mois, d'après des sources diplomatiques occidentales.

Le coup d'Etat a commencé après minuit lorsque le major Lenge a annoncé à la radio publique que ses forces avaient "neutralisé" le gouvernement de transition. L'électricité a été coupée dans Kinshasa. Les dissidents se sont ensuite retranchés dans une base militaire de la capitale, selon plusieurs ministres.

La majorité des cinq millions de Kinnois ont été réveillés par des tirs nourris dans le centre-ville. Habitants et diplomates signalaient des rafales d'armes automatiques et tirs d'obus de char sur la base militaire ainsi que des fusillades autour de la résidence privée de Kabila.

Le gouvernement congolais affirme que Lenge et ses hommes ont réussi à sortir pour se diriger vers l'aéroport international de Kinshasa puis au sud.

Selon des responsables diplomatiques occidentaux, Lenge a appelé les ambassades américaine et britannique ainsi que la mission des Nations unies dans la nuit pour tenter de se rendre après l'échec de son appel au renversement du gouvernement par les forces de sécurité. Le porte-parole de l'ONU Hamadoun Touré a démenti.

Joseph Kabila, qui a succédé à son père Laurent-Désiré Kabila assassiné en 2001 par l'un de ses gardes du corps, a assuré qu'il contrôlait la situation mais l'ex-Zaïre reste fragile.

En mars, une première tentative de coup d'Etat ou une mutinerie des forces de sécurité avait échoué, tandis que mercredi la ville de Bukavu, dans l'Est, est repassée sous contrôle gouvernemental après sept jours aux mains d'ex-rebelles ayant abandonné l'armée régulière.

La chute de la ville avait entraîné des émeutes à Kinshasa, soumettant à rude épreuve le gouvernement de transition formé en 2003 à l'issue de la guerre civile de 1998-2002. Le nouvel exécutif fait cohabiter des loyalistes, ex-rebelles et opposants.

 

02 Juin 2004 17:38
Manifestation d’étudiants au quartier général de la Monuc

Une centaine d’étudiants de différents établissements d’enseignement supérieur et universitaire de la ville de Kinshasa originaires du Sud-Kivu ont manifesté cet après-midi devant le quartier généralde la Monuc.

Ils manifestaient leur indignation face au contrôle de la ville de Bukavu par des insurgés. Les étudiants ont déploré aussi le silence de la Monuc face aux événements de Bukavu et ont exigé l’application immédiate du chapitre 7 de la charte des Nations Unies autorisant l’usage de la force pour quiconque ne respecterait pas les accords signés lors du dialogue intercongolais.


02 Juin 2004 16:21
La Monuc condamne la violation du cessez-le-feu à Bukavu

Dans un communiqué publié ce mercredi, la Monuc condamne avec la dernière énergie la violation du cessez-le-feu par les éléments de Mutebusi ainsi que les pillages qui ont suivi.

Elle lance un appel pressant pour la cessation des hostilités, la protection des populations civiles et le retour au calme pour permettre le rétablissement de la légalité dans la province du Sud Kivu.

La Monuc dénonce toute tentative de prise de la ville de Bukavu par force et réaffirme solonnellement que les institutions de la transition ont été mises en place pour permettre la résolution des différends qu'ils soient politiques ou militaires.

Elle réaffirme son soutien au gouvernement de transition dans ses efforts de résolution de cette crise et condamne tous ceux qui tenteraient de l'affaiblir et de s'opposer à la restauration de son autorité sur l'ensemble du territoire.

A Bukavu sur le terrain, on signale que des militaires accompagnés de la population civile se livrent à des pillages. Des ONG comme IRC, le HCR et la paroisse de Kabare sont victimes de cette situation. Les troupes du général Mbuza Mabe se seraient retirés dans les montagnes qui surplombent la ville de Bukavu.

A Kisangani, dans la Province Orientale, ce sont des étudiants qui manifestent pour exprimer leur colère face aux événements de Bukavu. Un militaire de la Monuc a été pris à partie par certains étudiants. Son véhicule a été incendié, mais lui-même est sain et sauf.

 

jeudi 3 juin 2004, 12h50
 

RDCongo: le Rwanda dément être impliqué dans la prise de Bukavu

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KIGALI (AFP) - Le gouvernement rwandais a affirmé jeudi n'être "impliqué ni de près ni de loin" dans la prise de Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), par des soldats congolais dissidents, contrairement aux affirmations des autorités congolaises.

"Nous avons été choqués par la déclaration du président Joseph Kabila (mettant en cause le Rwanda dans la prise de Bukavu), qui est une déclaration sans fondement", a déclaré le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande.

 

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Le Rwanda "n'a pas été impliqué, ni de près ni de loin" dans la prise de Bukavu, a-t-il poursuivi. Dans une déclaration à la télévision officielle, le président Kabila a accusé mercredi soir le Rwanda "d'agression" contre son pays après la prise de Bukavu mercredi par des soldats dissidents congolais.

Le président de RDCongo Joseph Kabila a accusé mercredi soir le Rwanda "d'agression" contre son pays, dans une déclaration à la télévision officielle, après la prise de Bukavu. "Il s'agit clairement d'une agression de notre pays par les troupes rwandaises", a affirmé avec force le général-major Joseph Kabila, qui a décrété "une mobilisation générale" de tous les moyens humains, financiers et matériels pour "défendre la Nation".

 

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Le chef de l'Etat congolais a assuré que les Forces armées de RDC (FARDC) devaient "reprendre le contrôle de la ville de Bukavu" tombée aux mains de troupes dissidentes mercredi matin. Des soldats dissidents de l'armée de la République démocratique du Congo (RDC) ont pris mercredi la ville de Bukavu, dans l'est du pays, après une semaine d'affrontements dans cette région qui ont fait une soixantaine de morts. La chute de Bukavu constitue la plus grave atteinte au processus de paix engagé en 2003 en RDC, après une guerre de cinq ans qui a fait plus de 2,5 millions de morts. Mais les dissidents ont affirmé "reconnaître" le gouvernement de Kinshasa et ne pas vouloir entrer en rébellion.

La ville est tombée malgré la présence de plusieurs centaines de casques bleus de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), soulignant les limites de l'engagement de la Mission, forte de 10.800 hommes, dans ce vaste pays grand comme presque cinq fois la France. "Les troupes dissidentes de Laurent Nkunda et de Jules Mutebusi (les deux chefs des soldats dissidents) contrôlent la ville" de Bukavu, qui est tombée sans grande résistance, a déclaré une source de la Monuc qui a requis l'anonymat.

 

Cette ville et ses environs étaient le théâtre d'affrontements depuis une semaine entre l'armée régulière et deux groupes de soldats dissidents, dirigés par le général Nkunda et le colonel Mutebesi.Frontalière du Rwanda, la riche région agricole du Kivu, où se trouve la ville de Bukavu, a été le point de départ des rébellions contre les autorités de Kinshasa en 1996 et 1998, toutes deux soutenues activement par Kigali.

 

Les deux chefs rebelles Nkunda et Mutebesi, issus de la communauté banyamulenge (Tutsis congolais), sont d'anciens hauts gradés de l'ex-rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), qui était soutenue par le Rwanda. Ils affirment intervenir pour protéger la communauté banyamulenge, qui serait victime d'exactions dans la zone de Bukavu.

 

De leur côté, les militaires de l'armée régulière, dirigés dans la région par le général Félix Budja Mabe, se sont repliés mercredi sur les hauteurs qui surplombent Bukavu. Après l'annonce de la chute de Bukavu, plusieurs dizaines de manifestants ont protesté à Kinshasa contre contre "la complicité" de l'Onu. Les manifestants ont incendié deux véhicules de la Monuc à proximité du siège de la mission. Déployée depuis 1999 en RDC, la Monuc a un rôle de maintien de la paix dans cet immense pays.

 

Son nouveau mandat, qui date de juillet 2003, lui permet de recourir à la force en cas de légitime défense et pour protéger les civils et les personnels humanitaires

 

 

jeudi 3 juin 2004, 12h27
 

Coups de feu près du quartier général des Nations unies à Kinshasa

KINSHASA (AP) - Des coups de feu ont été entendus jeudi à l'extérieur du quartier général des Nations unies dans la capitale congolaise, Kinshasa, alors que les forces de sécurité tentaient de maîtriser une foule en colère mécontente de la chute de Bukavu.

Des dizaines de milliers de personnes dont certaines étaient armés de gourdins et de bâtons ont convergé vers le centre de Kinshasa où elles brulé des pneus avant de se diriger vers le siège de l'ONU.

Les employés de l'ONU retranchés dans le complexe ont entendu des coups de feu répétés, a dit l'un de ces employés s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

On ignore encore si ces coups de feu étaient tirés pour disperser la foule. Les forces congolaises tentent de maintenir la foule à plusieurs centaines de mètres des barrières du complexe abritant les locaux des Nations unies.

Les manifestants accusent les 10.800 casques bleus de l'ONU présents au Congo de n'avoir pas pu empêcher la prise de Bukavu, dans l'est du pays, par les forces rebelles.

A Bukavu, une ville stratégique tombée mercredi et située à 1.500km au nord-est de Kinshasa, le général rebelle Laurent Nkunda s'est engagé à retirer ses troupes pour permettre aux soldats de la paix d'en reprendre le contrôle.

 

 

jeudi 3 juin 2004, 3h34
 

Congo: d'anciens chefs rebelles prennent le contrôle de Bukavu

BUKAVU, Congo-Kinshasa (AP) - Des chefs rebelles ont annoncé mercredi avoir pris la ville de Bukavu dans l'est du Congo-Kinshasa et chassé les forces gouvernementales, déclenchant une crise qui pourraient menacer le gouvernement transitoire et le processus de paix dans le paix.

Le président de la République démocratique du Congo (RDC, Congo-Kinshasa) Joseph Kabila a accusé le Rwanda d'être impliqué dans l'opération. Lors d'une allocation télévisée, il a affirmé qu'il allait déclencher l'état d'urgence dans le pays.

Le Rwanda a nié toute implication.

La perte de Bukavu, une ville commerciale située à la frontière avec le Rwanda, serait le coup le plus dur porté jusqu'ici au gouvernement transitoire installé par les Nations unies après le fin de la guerre qui a fait 3,5 millions de morts entre 1998 et 2002.

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a condamné la prise de Bukavu et a appelé les différentes parties à a se plier au cessez-le-feu signé précédemment.

Le colonel Jules Mutebutsi, le chef d'une ancienne faction rebelle, a déclaré à l'Associated Press que de nombreux éléments des forces gouvernementales ont fait défection pour rejoindre son groupe après plusieurs heures de combat dans le centre de Bukavu.

"Nous contrôlons la totalité de Bukavu et le général (loyaliste) Mbuza Mabe a fui la ville", a dit le colonel Mutebutsi par téléphone. "Nombre de ses soldats nous ont rejoints, d'autres ont jeté leur uniforme et restent chez eux et quelques-uns sont partis avec Mabe".

Les combats ont fait une dizaine de blessés, selon coordinateur humanitaire de l'ONU à Bukavu, Lucia Alberghini. Dans le chaos, des civils ont pillé deux péniches transportant 300 tonnes d'assistance humanitaire, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

Les affrontements entre les troupes du colonel Jules Mutebutsi et les soldats du gouvernement à Bukavu ont débuté il y a une semaine et se sont poursuivis pendant trois jours, faisant au moins 39 morts, selon Lucia Alberghini.

Selon des responsables onusiens, Mutebutsi dispose de plusieurs centaines d'hommes, et un autre ancien chef rebelle impliqué dans l'opération de mercredi, le général Laurent Nkunda commanderait entre 2.000 et 4.000 hommes.

 

 

samedi 8 mai 2004, 13h17
 

L'insécurité persiste à la frontière entre le Rwanda et la RDCongo

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KINGI (AFP) - L'insécurité persiste sur la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), où la population civile est victime d'attaques à répétition perpétrées par des rebelles rwandais qui ont par ailleurs tués trois militaires congolais dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les militaires congolais ont été tués à Kingi, un village à 42 km au nord-est de Goma (capitale de la province du nord-Kivu), dans les contreforts des volcans Virungas.

 

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Ces rebelles font partie des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), un mouvement qui compte dans ses rangs des membres de l'ancienne armée rwandaise et des miliciens impliqués dans le génocide rwandais de 1994.

"C'était jeudi soir vers 22h00 (20h00 GMT). J'étais dans mon lit. Ils sont venus en disant: +Donne-nous de l'argent. S'il n'y a pas d'argent, tu vas mourir+. Ils ont tout pris, l'argent, des haricots et une radio," affirme Musafiri Byuma, un pasteur de Kingi.

 

Selon le pasteur, la dernière attaque sur le village date de novembre dernier et l'attaque de jeudi était la septième depuis 2000.

 

"Il n'y a pas de sécurité ici," affirme pour sa part un notable du village Kihengu Kyabi, regardant les collines escarpées plantées de bananiers et d'eucalyptus.

 

Les camions qui partent vers Goma surchargés de charbon de bois et de passagers perchés dessus, se font accompagner par deux militaires. A défaut de gardes armés ils roulent en convoi.

 

Les rebelles des FDLR ont longtemps été des alliés officiels du régime de Kinshasa. Lors de la dernière guerre en RDC (1998-2003), ils ont combattu du côté de l'armée gouvernementale contre les troupes du Rwanda et de l'Ouganda.

 

Maintenant, privés de tout soutien officiel de Kinshasa, les rebelles FDLR qui n'osent pas rentrer au Rwanda, n'ont d'autre choix que d'essayer de survivre le plus longtemps possible dans les forêts de l'est.

 

Les militaires et la population civile s'accordent à dire que plus de 350 hommes en tout, repartis en trois groupes, ont attaqué jeudi, les uns pillant le commerce du village et les autres emportant tout ce qu'ils ont pu trouver - de l'argent et des médicaments - au dispensaire.

 

Des officiers de l'armée congolaise étaient en patrouille à Kingi lors des pillages et sont tombés dans une embuscade qui a fait trois morts dans leurs rangs.

 

"Pendant qu'on se battait, on s'injuriait. Les FDLR nous accusaient de les empêcher de rentrer se battre chez eux (au Rwanda)," a déclaré l'un d'entre eux, le major David Rugayi, commandant de la 11ème brigade de l'armée de la RDC, lui-même blessé lors de l'embuscade.

 

Dans la ville de Goma, qui fut, jusqu'à la mise en place l'année dernière des institutions de transition, le siège de la plus importante rébellion congolaise, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), la vie bat pourtant son plein.

 

Des centaines de maisons en bois poussent comme des champignons sur la coulée de lave qui a dévasté la ville il y a deux ans.

 

Une poussière fine et noire enveloppe toute la marchandise étalée pour la vente: des canapés, des pneus, des paniers débordant d'avocats. Des femmes se déhanchent en entendant de la musique d'un véhicule qui passe.

 

La population de la ville a doublé ces dernières années, en grande partie à cause d'un exode rural provoqué par l'insécurité.

 

> Quelques kilomètres plus loin, au poste frontière rwandais, le sentiment d'insécurité est très présent. "Quand les gens entendent ces histoires d'embuscade et de FDLR, même ici on a peur," affirme un agent de l'immigration.

 

 

 

 

lundi 26 avril 2004, 21h26
 

Raid de rebelles hutus rwandais contre un village congolais

BUJUMBURA (Reuters) - Des rebelles hutus rwandais ont attaqué un village de l'est de la RDC où ils ont tué 19 personnes et pillé des habitations, a déclaré lundi un responsable congolais, dans un contexte de tension renouvelé dans la région des Grands Lacs.

 

Ce raid, a déclaré l'administrateur du district d'Uvira Médard Majaribu Mufumbe, montre que les miliciens Interahamwe opèrent en grand nombre dans les régions d'Uvira et du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo.

 

Les Interahamwe ont fui le Rwanda après leur implication dans le génocide de 1994, et 10.000 d'entre eux vivent encore dans les forêts de la RDC, d'où ils lancent de temps à autre des raids au Rwanda voisin.

 

Le raid contre le village de Kihinga a été mené par des Interahamwe fuyant, la semaine dernière, face à l'avancée de l'armée de RDC, après être entrés en territoire congolais à partir du nord-ouest du Burundi.

 

L'armée congolaise a annoncé avoir mené une offensive contre les Interahamwe au cours de la semaine écoulée, près de la frontière avec le Burundi.

 

"Ce massacre s'est produit dimanche vers 03h00 du matin", a indiqué Majaribu par téléphone.

 

Dans un communiqué adressé au corps diplomatique, le ministre congolais des Affaires étrangères, Antoine Ghonda, a par ailleurs réclamé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité pour réclamer le retrait immédiat des troupes rwandaises de son territoire.

 

Samedi, la Monuc (Mission des Nations unies au Congo) a déclaré que des troupes rwandaises pourchassant les miliciens hutus avaient pénétré en territoire congolais. Le Rwanda a démenti. Mais il a indiqué que ses soldats avaient brièvement traversé le Burundi jeudi pour traquer des rebelles hutus qu'il a accusés de préparer des incursions au Rwanda.

 

Selon l'Onu, des milliers de soldats rwandais ont été massés près de la frontière congolaise depuis le début du mois d'avril.

 

Les rebelles hutus rwandais ont diffusé lundi leur premier communiqué concernant les violences. "Les attaques de ces derniers jours prouvent que l'anéantissement des réfugiés rwandais au Congo par le gouvernement rwandais est toujours à l'ordre du jour", déclarent les Forces démocratiques de libération du Rwanda, auxquelles appartiennent les Interahamwe, dans un communiqué reçu lundi à Nairobi.

 

Elles préviennent qu'elles utiliseront "leur droit à l'auto-défense pour défendre les réfugiés".

 

 

vendredi 30 avril 2004, 4h48
 

Plusieurs soldats et un vice-gouverneur enlevés dans le nord-est du Congo-Kinshasa

GOMA, Congo-Kinshasa (AP) - Les Nations unies tentaient vendredi de sauvegarder le plan de paix en République démocratique du Congo (RDC, Congo-Kinshasa) après la capture dans le nord-est du pays d'un gouverneur assistant, d'officiers et de soldats accusés par leurs ravisseurs d'être des soldats rwandais, selon un haut responsable de l'ONU.

Le commandant de l'armée dans la province a menacé d'attaquer le quartier général à Beni (240km au nord de Goma) de l'ancienne faction rebelle responsable de ces enlèvements si les captifs n'étaient pas libérés immédiatement, selon ce responsable ayant requis l'anonymat.

Ces enlèvements interviennent cinq jours après que la MONUC (Mission d'observation des Nations unies au Congo) eut affirmé que des troupes rwandaises avaient franchi la frontière, brisant ainsi le processus de paix qui a mis fin à cinq ans de guerre civile en RDC.

Au moins 12 officiers et soldats de l'ancien Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, soutenu par le Rwanda) ont été désarmé et arrêté jeudi par des soldats d'une faction rebelle plus petite qui les accusent d'être rwandais, selon des officiers de l'armée congolaise. Les captifs, membres de la nouvelle armée nationale, étaient détenus à Beni, selon Eugène Serufull, gouverneur de la province de Nord Kivu.

Le vice-gouverneur et un responsable de sécurité de la partie de la province de Nord Kivu contrôlée par les rebelles ravisseurs étaient détenus par des collègues, tout comme un colonel et deux majors du rassemblement congolais pour la démocratie-Mouvement de libération (RCD-ML), une ancienne faction rebelle qui s'est alliée au gouvernement congolais. AP

 

 

Des "assaillants" non-identifiés attaquent quatre bases militaires de Kinshasa

Redéploiement de 4.000 soldats de l'ONU dans le nord-est du Congo-Kinshasa jeudi 19 février 2004, 2h02

Des navires de l'ONU attaqués par des combattants tribaux dans le nord-est du Congo-Kinshasa jeudi 5 février 2004, 13h02

La société civile veut le respect du calendrier - les Elections en 2005

La transition en RDC au coeur des discussions Chirac-Kabila mardi 3 février 2004, 17h16

Message du Comité Permanent des Evêques sur la gestion de la RDC

Grève de la Fonction publique : Le gouvernement de la RDC -Kinshasa propose 665 Francs Congolais soit 2,09 dollars us par mois au fonctionnaire de la RDC

Des "assaillants" non-identifiés attaquent quatre bases militaires de Kinshasa

L'ADSAD condamne ces actes qui visent :

1. à perturber la bonne marche de la transition

2. à décourager les investisseurs étrangers

3. à détériorer les conditions de vie des congolais, qui sont déjà insupportables

28/03/2004

Des "assaillants" non-identifiés attaquent quatre bases militaires de Kinshasa

AFP

 

KINSHASA, 28 mars (AFP) - Un militaire congolais a été tué et deux blessés à Kinshasa dans la nuit de samedi à dimanche au cours de l'attaque de quatre casernes par des "assaillants" dont les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) se refusent pour l'instant à identifier.

Les "assaillants" ont attaqué dès 03H00 locales (02H00 GMT) ces bases militaires de la capitale congolaise, donnant lieu à de nombreux tirs d'armes lourdes et automatiques qui se sont poursuivis en début d'après-midi dimanche.

Selon le ministre de l'Information, Vital Kamerhe, les affrontements ont fait un mort et deux blessés au sein des forces loyalistes congolaises.

Une porte-parole des Nations unies à Kinshasa, Mme Patricia Tomé a affirmé sur les ondes de radio Okapi (subventionnée par les Nations unies) que le bilan "pourrait s'alourdir, selon nos informations, du côté des assaillants".


Concernant ces assaillants, le gouvernement n'a pas donné d'autre information que celles portant sur "quelques arrestations" et la saisie d'armes de guerre.

Les officiels congolais interrogés par l'AFP se refusaient pour l'instant à spéculer sur une éventuelle "tentative de coup d'Etat".

Le ministre a appelé les populations au calme.

Selon le ministre de l'Information, les assaillants s'en sont pris au camp Kokolo et au camp Tshatshi ainsi, à la base navale (sur le fleuve Congo) ainsi qu'à la base aérienne de Ndolo, tous quatre situés dans le nord de Kinshasa).

Ces attaques auraient duré principalement de 03H00 locales (02H00 GMT) jusqu'à 05H50 locales selon le ministre.


Selon une source interrogée par l'AFP, les assaillants se seraient emparés d'armes stockées dans la base logistique située dans l'enceinte du camp Kokolo.

Ils ont "ensuite commencé à tirer dans tous les sens" a ajouté cette source.

La situation est "maintenant sous contrôle" a ajouté le ministre dont le discours a été diffusé vers 09H30 locales (08H30 GMT).

Les coups de feu se poursuivaient cependant plus de trois heures après ces déclarations, du côté de la gare et de la base navale, au nord-est de Kinshasa.

Certaines rumeurs circulant à Kinshasa font état de ce que ces assaillants auraient pu venir de Brazzaville, au Congo voisin. Des habitants de cette ville ont d'ailleurs déclaré que des obus, tirés depuis la République démocratique du Congo (RDC) dans la nuit, sont tombés sur des quartiers de la périphérie sud de Brazzaville.

Les deux villes sont séparées par le fleuve Congo.

Des civils, armés, arborant un bandeau rouge autour du front, ont été vus dans la matinée s'affrontant aux forces de police et à la garde présidentielle.

Des patrouilles de police sillonnaient le centre ville pour tenter de prévenir d'éventuels pillages, a également constaté l'AFP.

Le personnel des Nations unies de Kinshasa a officiellement été appelé à rester à domicile.

Les Nations unies comptent environ 12.500 Personnes en RDC, dans le cadre de la MONUC, dont 10.900 militaires.

Les différentes sources interrogées par l'AFP semblaient exclure un conflit "entre composantes" du gouvernement de transition, le président Kabila étant maintenant assisté de 4 vice-présidents, issus des mouvements armés, et qu'il n'a pas choisis.

Des rumeurs ont fait état dimanche matin de ce que certains officiers supérieurs sont allés chercher refuge auprès d'ambassades étrangères à Kinshasa, ce qui n'a pu être vérifié.

La République démocratique du Congo, présidée par Joseph Kabila depuis l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila, vit sous un régime de "transition" et des élections doivent être organisées au mois de juin 2005.

Source: Monuc

jeudi 19 février 2004, 2h02
 

Redéploiement de 4.000 soldats de l'ONU dans le nord-est du Congo-Kinshasa

KINSHASA, République démocratique du Congo (AP) - L'ONU a annoncé mercredi le redéploiement de 4.000 de ses hommes dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), où les forces de maintien de la paix sont la cible d'attaques de bandes armées rivales luttant pour le contrôle des richesses minérales de cette région.

Ces renforts rejoindront les 5.300 soldats de la mission des Nations unies au Congo (MONUC) basés dans le nord-est de la RDC, la plupart dans la province de l'Ituri, près de la frontière avec l'Ouganda.

Les combats entre tribus rivales dans la région ont déjà fait au moins 50.000 morts et 500.000 déplacés depuis 1997.

Selon le représentant spécial des Nations unies William Swing, ce redéploiement est possible grâce au retour au calme dans d'autres régions de la RDC, où cinq années de guerre ont fait environ trois millions de morts, principalement victimes de famines et de maladies.

Au total, 10.800 soldats de l'ONU sont déployés au Congo-Kinshasa,dans le but d'aider le gouvernement transitoire à reprendre le contrôle du territoire en vue d'élections. AP

jp/v758

 

jeudi 5 février 2004, 13h02
 

Des navires de l'ONU attaqués par des combattants tribaux dans le nord-est du Congo-Kinshasa

BUNIA, République démocratique du Congo (AP) - Des combattants tribaux, dissimulés sur les berges du Lac Albert dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) ont attaqué un convoi de navires de membres de la mission des Nations unies au Congo (MONUC) qui partaient enquêter sur un possible massacre signalé dans la province d'Ituri, a annoncé jeudi un porte-parole de la MONUC.

Il n'y a pas de blessés dans les rangs de la MONUC, selon Leocadio Salmeron, un porte-parole de la MONUC.

Les quatre vedettes de la MONUC se dirigeaient vers le village de Gobu mercredi dans le cadre d'une enquête sur des violations des droits de l'Homme dans le secteur, où selon certaines informations des combattants tribaux auraient tué il y a trois semaines près d'une centaine de passagers de bateaux qui circulaient sur le lac, a-t-il précisé

Les enquêteurs de l'ONU ont essuyé des tirs provenant d'agresseurs inconnus qui ont ouvert le feu sur les bateaux avec des fusils d'assaut à gros calibre à quelque sept kilomètres du lieu du massacre présumé. Les casques bleus uruguayens qui se trouvaient dans le convoi ont "répondu avec des tirs soutenus" pendant au moins un quart d'heure avant d'annuler la mission car "les vedettes n'étaient pas renforcées pour protéger le personnel des Nations unies".

La MONUC procède actuellement à un examen de la situation, selon M. Salmeron.

Les hommes de la MONUC espéraient recueillir des informations sur le massacre présumé qui se serait déroulé le 15 janvier, au lendemain de l'abordage par une dizaine de combattants de la tribu Lendu de cinq embarcations sur le lac Albert. Les combattants auraient déclaré qu'ils allaient protéger les quelque 180 passagers qui voyageaient au sud de Mokambo, à environ 100km de Bunia, la capitale de la province d'Ituri.

Des rescapés ont raconté que les combattants avaient ordonné aux bateaux de s'arrêter à Gobu, à 40km au sud de Mokambo. Ils auraient tué la plupart des passagers mâles, violé certaines des femmes et ordonné à plusieurs d'entre elles ainsi qu'aux enfants de transporter la cargaison des bateaux qu'ils ont pillés.

La province d'Ituri reste extrêmement instable, avec la poursuite d'affrontements entre les tribus rivales Lendu et Hema et d'accrochages avec les troupes de l'ONU qui tentent de mettre fin aux mois de violences après les accords de paix qui ont fait cesser les principaux combats après cinq ans de guerre civile dans le troisième plus grand pays d'Afrique. AP

source : Yahoo.fr

 

les élections en 2005
Les pressions s’accentuent sur les dirigeants congolais. La société civile dénonce les manoeuvres dilatoires des animateurs des institutions de la transition
Kinshasa , 18.02.2004 | Politics
 
 

Dans une déclaration faite à la presse le 11 février 2004, le président du Conseil de sécurité des Nations Unies, M. Wang Guangya (Chine), s’est déclaré préoccupé de la situation qui prévaut en République démocratique du Congo (Rdc).

Faisant le compte rendu de la réunion du Conseil qu’il venait de présider et qui était consacrée à notre pays, M. Wang Guangya a relevé que ses collègues du Conseil partageaient les préoccupations exprimées quelques jours plus tôt à Kinshasa par les ambassadeurs membres du Comité international d’accompagnement de la transition (Ciat) par rapport à l’ampleur du travail qui reste à accomplir dans la perspective des élections nationales prévues en 2005.

A ce sujet, le Conseil de sécurité a souligné la nécessité de mettre rapidement en oeuvre le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants congolais et il a insisté sur l’importance pour le gouvernement de Kinshasa de designer un coordinateur national chargé de ce programme Ddr. Les membres du Conseil de sécurité ont également rappelé l’urgence qu’ils attachaient à l’adoption par le parlement de toutes les lois devant régir la transition.

Dans la perspective des elections prévues en 2005, le Conseil de sécurité a réaffirmé l’importance qu’il attachait à l’extension de l’autorité de l’Etat, à la réforme du secteur de la sécurité, à la consolidation de l’Etat de droit, à la reconstruction économique ainsi qu’à l’élimination de l’impunité et du pillage des richesses naturelles du pays.

Les animateurs des institutions de la transition ont ainsi été appelés, une nouvelle fois, à respecter le timing et les objectifs de la période transitoire dont le plus important est l’organisation dans les délais des elections libres et transparentes pour l’avènement de la Troisième République.

Le Ciat avait déjà eu, à trois reprises, à exprimer des inquiétudes à la suite de la lenteur observée dans l’adoption de plusieurs lois importantes. Notamment des lois portant organisation et fonctionnement des institutions d’appui à la démocratie. Des institutions qui ont un rôle important à jouer dans l’organisation des élections crédibles. Et au-delà, dans la mise en place des institutions républicaines fiables.

Source:digitalcongo

 

mardi 3 février 2004, 17h16
 

La transition en RDC au coeur des discussions Chirac-Kabila

PARIS (Reuters) - Joseph Kabila a été reçu mardi par Jacques Chirac à l'Elysée pour un entretien et un déjeuner consacrés aux moyens de consolider le processus de transition en cours en République démocratique du Congo.

 

"Le président de la République a réitéré le soutien de la France à l'action menée par le gouvernement de transition, sous l'égide du président Kabila. Il s'est félicité des récents progrès du processus qui ont remis le pays sur les rails", a déclaré la porte-parole de la présidence française, Catherine Colonna.

 

Des rebelles ont rejoint le président Kabila au sein du gouvernement de transition, aux termes de l'accord de paix conclu en avril pour mettre fin à quatre ans de conflit dans lequel étaient impliqués plusieurs pays de la région.

 

"Nous avons confiance dans la volonté, dans la capacité du gouvernement de transition à conduire le pays vers la souveraineté, le développement, la démocratie," a déclaré Jacques Chirac durant l'entretien à l'Elysée.

 

Toujours selon Catherine Colonna, Jacques Chirac a assuré que la France resterait présente aux côtés de la RDC.

 

Paris a déjà apporté son soutien au processus, dans le cadre de l'opération Artémis dépêchée en juin 2003 pour rétablir le calme et protéger les civils à Bunia, dans l'est de la RDC.

 

Jacques Chirac a promis à son hôte de soutenir la RDC auprès des institutions financières internationales et de l'Union européenne.

 

"Nous sommes décidés à développer notre coopération qui repart. Le retour de l'AFD (Aide française au développement) se précise", a déclaré Jacques Chirac.

 

Evoquant la question de la dette, le chef de l'Etat a fait savoir que la France, qui a déjà annulé un milliard d'euros de dette lors du dernier passage de la RDC au Club de Paris, poursuivrait ses efforts en ce sens.

 

Jacques Chirac a également indiqué que la France était disposée à étudier la possibilité de débloquer une subvention d'ajustement structurel après la prochaine révision par le FMI, en mars ou en avril.

 

Les deux hommes, qui se s'étaient pas vus depuis septembre, en marge de l'Assemblée générale de l'Onu à New York, ont aussi évoqué la préparation de la conférence des Grands Lacs, prévue en juin en Tanzanie. La France souhaite que de nouveaux pays, notamment l'Angola et le Congo-Brazzaville, y soient conviés.

 

JUGER LES "COMMANDITAIRES" DE LA GUERRE

 

C'est un Joseph Kabila satisfait qui est reparti de l'Elysée.

 

"J'ai remercié le président pour l'appui de la France, l'appui politique et diplomatique", a-t-il dit. "J'ai obtenu tout ce que j'ai demandé."

 

A la question de savoir si on pouvait parler d'échec de la réunification en RDC, le président Kabila a vivement répondu.

 

"C'est faux, archi-faux. La réunification, c'est une réalité. Le gouvernement, les institutions sont en place depuis sept mois. Il n'y a pas eu de crise majeure. Il n'y aura pas de crise", a-t-il assuré.

 

Dans un entretien publié mardi dans le Monde, le président congolais réclame la création d'un tribunal international pour juger les "commanditaires" de la guerre dans son pays.

 

"La justice concernant les 'génocidaires' doit s'exercer des deux côtés. Depuis des années, nous ne cessons de réclamer qu'un tribunal international juge les commanditaires de la guerre qui a ravagé mon pays", déclare-t-il.

 

Joseph Kabila souligne que les responsables du génocide au Rwanda sont connus et doivent être jugés par le Tribunal pénal international d'Arusha, en Tanzanie.

 

"Mais où sont les coupables des massacres, des viols et des pillages dans mon pays ?", demande-t-il.

 

Joseph Kabila souligne que l'Assemblée nationale de RDC va être saisie d'un projet de loi consacrant l'amnistie "mais uniquement pour faits de guerre".

 

"Les génocides et autres crimes contre l'humanité ne seront pas couverts. Leurs responsables seront traduits en justice tôt ou tard, quelle que soit leur position dans le gouvernement", affirme-t-il.

 

Certains ministres du gouvernement de transition de RDC ont été mis en accusation par des tribunaux internationaux et d'autres sont accusés d'avoir collaboré avec l'étranger.

 

Joseph Kabila doit quitter la France mercredi pour Londres, Berlin puis Bruxelles, où il rencontrera notamment le président de la Commission européenne Romano Prodi et Javier Solana, le chef de la diplomatie de l'Union

source : Yahoo.fr

 

POUR L’AMOUR DU CONGO, JE NE ME TAIRAI POINT
(Cf. Is 62, 1)

Message du Comité Permanent des Evêques de la République Démocratique du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté
 


Les évêques de la RDC
1.    Réunis à Kinshasa en session ordinaire du Comité Permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) du 9 au 14 février 2004, nous, Archevêques et Evêques, forts de notre responsabilité face au destin du peuple congolais, saisissons cette occasion de communion ecclésiale pour saluer les avancées
de la Transition dans notre pays et les espoirs qu’elles suscitent, mais aussi pour alerter l’opinion sur les zones d’ombre. Autant nous nous réjouissons de la cessation des hostilités qui ont dévasté notre pays et ont sacrifié, malheureusement, d’innombrables vies humaines, autant nous nous inquiétons des lenteurs et des calculs politiques qui minent cette Transition.

Sur le chemin de la réunification du pays

2.    Six mois après le début de la Transition, des signes de bon augure sont notables. En dépit de quelques foyers de tension qui continuent à semer la terreur et la mort des populations civiles, le processus de pacification marque des avancées réelles.

3.    Bien qu’hésitante, la réunification du pays tend à devenir une réalité. Les liaisons commerciales ont été rétablies. Timide, certes, le trafic aérien, routier, ferroviaire et fluvial relie désormais les différents coins du pays, autrefois séparés du fait de la guerre, facilitant de la sorte la circulation des biens et des personnes ainsi que les échanges commerciaux. La circulation de la monnaie unique, tout comme la diffusion des émissions radiotélévisées et les liaisons téléphoniques à l’échelle nationale sont autant de signes encourageants de la réunification du pays dont le peuple se réjouit.

4.    Le discours politique officiel est apparemment marqué par la logique de la réconciliation. Cela montre que la classe politique prend de plus en plus conscience que la voie de la violence ne peut conduire ni à la prospérité de notre peuple, ni à une vraie démocratie. Longtemps perdue, la paix est d’autant plus ressentie comme un bien dont on ne peut se passer.

5.    Le pouvoir judiciaire se réorganise en tentant de reconquérir son autonomie. De leur côté, le Gouvernement de Transition et le Parlement bicaméral sont, malgré tout, à pied d’œuvre.

6.    Aussi nous réjouissons-nous de constater que le Congo reprend progressivement sa place sur la scène internationale. La reprise annoncée ou déjà effective de certains secteurs de la coopération bilatérale est l’expression de la reconnaissance, au plan national et international,  de la renaissance de notre nation.

 

  Zones d’ombre

7.    Ces réalisations sont hélas ! accompagnées d’autres signes qui inquiètent et ne peuvent nous laisser indifférents. En tout état de cause, ces signes démontrent que des efforts doivent encore être fournis.

       Pendant cette période d’après-guerre, des forces centrifuges et centripètes s’entrechoquent sur fond d’une sérénité politique illusoire. Tout en ayant réalisé certaines actions bénéfiques pour notre peuple, le nouvel ordre politique enregistre des ratés inquiétants englués dans un faisceau de réalités aux dimensions nationales et internationales. En attendant d’en dévoiler la teneur dans un document à venir, conscients de notre mission, nous, membres du Comité Permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, nous faisons le devoir prophétique d’exprimer nos préoccupations sur le cours de la Transition. Nous ne pouvons nous taire (Cf. Jr 4, 19) !  

 8.   Après tant d’années de guerre et de longues négociations politiques, le peuple espérait que le nouvel ordre politique, dont nous avions souligné dès le départ la lourdeur et le caractère pléthorique[1], allait poser les jalons d’une démocratie réelle pouvant enfin le conduire à la prospérité et au développement. Six mois après l’inauguration de la Transition, ce peuple déchante. Il constate que ses préoccupations sont aux antipodes des intérêts de ses dirigeants qui lui imposent des sacrifices qu’il ne mérite pas. Son avenir risque d’être hypothéqué. Relégué à la traîne des luttes de positionnement de la classe politique, ce peuple paie le prix de la compétition des familles politiques qui se partagent le gâteau du pouvoir.

        Dangereux déséquilibre social

9.    La situation dramatique de notre peuple n’a plus besoin d’être décrite dans les détails. Nous sommes affligés de constater qu’au lieu d’œuvrer pour la promotion du social, les dirigeants de notre pays s’octroient des avantages sociaux qui manifestent ouvertement leur désintérêt général pour le bien-être de la majorité de la population.

10.   Outre qu’ils multiplient des missions aux avantages juteux, ils s’offrent un train de vie qui n’a rien à voir avec la précarité de nos finances nationales. N’ayant rien entrepris contre la corruption qui infecte tous les services dans notre société, ils sont les seuls à bénéficier de l’accalmie de l’après-guerre. Ce déséquilibre crée un malaise social ressenti dans toutes les couches de la population et dont les gouvernants ne semblent pas mesurer suffisamment la gravité.

11.   Dans le domaine du social, nous souffrons de constater que les réformes annoncées avec pompe sont insignifiantes et demeurent non réalisées. Par contre, elles sont manifestement des promesses politiques exploitées pour des fins électorales.

        Amateurisme et compétences limitées

12.   Dès le départ, la Transition a révélé d’énormes lacunes dans certaines personnes ayant accédé au pouvoir à la faveur de la logique du consensus. Dans certaines institutions, l’on constate trop de tâtonnements et d’incertitudes, risquant de conduire l’Etat à la dérive.

13.   Préjudiciables à la bonne marche du pays, ces limites révèlent un certain amateurisme dans la gestion du pouvoir qui risque de coûter cher à la République. Bien souvent, l’exercice des fonctions est confondu avec la campagne politique.

        Lenteur et volonté délibérée de prolonger  la Transition

14.   Alors que la Transition a démarré depuis six mois, nous constatons une nette lenteur tendant à la prolonger de manière indue. En effet, nous regrettons que les lois organiques devant autoriser et régir le fonctionnement des Institutions d’appui à la Transition[2] tardent à être présentées au vote. D’aucuns n’hésitent pas à croire qu’il s’agit de la volonté délibérée des responsables politiques à tirer la Transition en longueur pour retarder la tenue des élections.

15.   Nous dénonçons cette attitude et réaffirmons notre souhait de voir les élections s’organiser dans le strict respect du délai fixé par l’Accord global et inclusif. Est-il besoin de rappeler que notre peuple est fatigué de passer de Transition en Transition ? Il est, dès lors, inadmissible de multiplier des manœuvres pour bloquer le processus entamé.

Banalisation de la vie et négligence criminelle

16.   Conscients du caractère sacré et inviolable de la vie[3], nous nous indignons de nombreux accidents ferroviaires, aériens, fluviaux et routiers qui, comme en 1996[4], ont endeuillé récemment la nation congolaise. Signes de temps, ces accidents devraient nous conduire à un examen de conscience. Ils révèlent la négligence criminelle et l’irresponsabilité qui ont élu domicile dans la conscience de certains de nos compatriotes.

17.   Nous dénonçons aussi la légèreté avec laquelle les dirigeants ont annoncé et géré ces accidents. La vie humaine a une valeur inestimable. « Ecoute, dit le Seigneur, le sang de ton frère crier vers moi du sol » (Gn 4,10). La mort d’hommes n’est pas à considérer comme un fait divers. Il est étonnant que la disparition de tant de personnes n’ait suscité que si peu d’indignation. On se serait attendu à ce que soit décrété un deuil national.

18.   Cette indifférence témoigne d’une crise du sens du sacré et de l’inviolabilité de la vie humaine. Elle se manifeste aussi dans l’indexation du problème de la sécurité qu’on tend à reléguer au rang des activités facultatives de l’Etat, alors que la population est livrée à la merci de bandits de grand chemin comme on a pu le constater sur la nationale numéro un, à Kinshasa et ailleurs.

Conflits au sommet de l’Etat et fragilité de la Transition

19.   Les conflits entre institutions ou personnalités politiques au sommet de l’Etat sont un signe inquiétant qui fragilise inutilement la Transition. Nous constatons, en effet, que les protagonistes de la Transition n’ont pas encore perdu totalement les réflexes de belligérants. Malgré le langage de la réconciliation dans leurs discours publics, ils provoquent des conflits qui détournent l’attention des citoyens des problèmes capitaux du pays pendant cette période. Ils se rejettent la responsabilité et semblent se complaire à gaspiller les énergies dans des querelles qui n’ont aucun rapport avec les objectifs de la Transition.

Ces antagonismes engendrent des prétextes pour torpiller la Transition, ou tout au moins la prolonger, en multipliant tergiversations et chantages n’ayant rien à voir avec le bien commun. «Qui aime les querelles aime le péché » (Pr 17, 19).

       Des ratés de la réunification

20.   Alors que la réunification du pays a soulevé une vague d’enthousiasme au sein de notre peuple, certaines personnes ne semblent pas encore réaliser qu’elle doit être effective. Certains chefs militaires lui opposent une résistance indue en affichant un comportement belliqueux qui compromet gravement le processus de la réconciliation nationale. De même, de hauts fonctionnaires de la territoriale, en provinces anciennement occupées, brillant par leur désobéissance à la hiérarchie, confisquent les recettes du trésor public au profit de leur ex-composante, paralysant ainsi anarchiquement le fonctionnement de l’Etat. Ailleurs, des détournements de deniers publics se multiplient en toute impunité, pour renflouer les caisses de certaines ex-composantes politiques.

21.   Ce comportement ambigu et contraire à l’esprit de la réconciliation nationale retarde le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du pays et démontre le manque de loyauté de certains protagonistes du nouvel ordre politique. En outre, ce comportement favorise la poursuite du pillage des richesses de notre pays et porte à croire en l’existence d’agendas cachés.

        L’Eglise au service de la nation congolaise pendant la Transition

23.   Les ratés de la Transition en République Démocratique du Congo ne nous détournent pas de notre volonté de nous mettre au service de la nation congolaise. Tant s’en faut ! Tout en invitant la classe politique et notre peuple à un effort supplémentaire pour sauver la nation[5], en tenant bon dans la foi (Cf. 1 P 5, 9), nous indiquons deux priorités qui nous semblent devoir absolument s’imposer pendant cette période de Transition.

        L’éducation civique du peuple pour la préparation aux élections

24.   Solidaires des aspirations du peuple, nous, Pasteurs de l’Eglise catholique, réaffirmons avec force notre engagement à contribuer à la préparation aux élections qui doivent sanctionner la fin de cette Transition que nous espérons être la dernière dans l’histoire de notre pays. Pour cela, fidèles à notre mission évangélisatrice (Cf. Mt 28,19), nous préconisons d’aider la nation en préparant le peuple aux élections, à travers une éducation civique responsable et engageante dans nos diocèses, selon un programme pastoral conçu à cet effet. Pour nous, les élections doivent se tenir dans le délai défini par l’Accord global et inclusif. Toutes les dispositions doivent être prises à cet effet. Il en va de la vie de toute la nation.

       Le respect des droits est un signal fort de la volonté démocratique

25.   La démocratie en République Démocratique du Congo passe par le respect des droits et la réconciliation. Dans cette perspective, en ce cinquantième anniversaire de l’ouverture de la première année préparatoire à l’Université Lovanium, nous réaffirmons notre volonté de la rétrocession à l’Eglise catholique de cette institution ainsi que d’autres instituts supérieurs étatisés en 1971. Nous estimons que cette rétrocession n’est pas une faveur spéciale, mais une question de droit. Longtemps négociée avec les gouvernements précédents, cette rétrocession doit être finalisée pendant la Transition afin de nous permettre d’être davantage au service de la jeunesse congolaise, selon une convention qui engage l’Etat à assumer sa part de responsabilités. De même, l’Eglise réclame que lui soient restituées d’autres propriétés confisquées dans les mêmes conditions, notamment la chaîne catholique de télévision « Téléstar ».

        Exhortation spéciale aux frères et sœurs politiciens

26.   La Transition est un enjeu , une occasion en or qui ne saurait souffrir d’un quelconque gâchis. Le consensus issu du dialogue intercongolais est un acquis de taille qui prouve votre capacité à vous dépasser. L’après-guerre est une épreuve qui doit conduire la République Démocratique du Congo à la démocratie.

27.  Eveilleurs des consciences, nous vous rappelons que l’amour de la nation doit être au-dessus de tout. N’abusez pas de la patience du peuple et dépassez-vous en évitant tout comportement susceptible de compromettre les acquis gagnés au prix de longues négociations. La paix est une valeur du royaume des cieux (Cf. Mt 5, 9). Il faut la protéger et l’accroître.

28.   Mettez les préoccupations du peuple au centre de vos intérêts et entrez dans l’histoire en posant des actes responsables. Réconciliez-vous et montrez-vous dignes de la confiance que le peuple a placée en vous.

Aussi, nous vous exhortons à ne pas vous offrir des avantages qui contrastent avec la précarité de notre pays. D’une part, nous vous invitons à lutter efficacement contre la corruption qui prive notre Etat de tant de moyens dont il a besoin pour assumer ses responsabilités dans la société. D’autre part, il est utile d’engager un dialogue social sincère et franc pour apaiser le malaise qui accroît le mécontentement du peuple, en veillant à ce que chaque citoyen jouisse de ses droits et s’acquitte de ses obligations.

       Conclusion

 

       Frères et Sœurs,

29.   Le destin du Congo n’est pas condamné à rester une tragédie. A ce propos, la Transition doit susciter de l’espoir. Il faut une réelle volonté politique pour en accélérer la vitesse. Nous, vos Pasteurs, vous exhortons, une fois de plus, à prendre notre destin en mains pour conduire le Congo à la démocratie. Ne baissons pas les bras et soyons toujours vigilants (Cf.1P 5, 8-9). Hâtons l’avènement du règne de paix et de justice, de vérité et d’amour dans notre pays. Rien n’est impossible avec le Seigneur (Cf. Lc 1,37).

30.   Nous implorons l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Notre-Dame du Congo, pour la réussite de la Transition dans notre pays.

 

                                              Fait à Kinshasa, le 14 février 2004.


 

[1]  Cf. CENCO, « J’ai vu la misère de mon peuple » (Ex 3,7). Trop, c’est trop ! Message du Comité Permanent des Evêques de la RDC aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté, Editions du Secrétariat Général, 2003, n. 8.

[2] Il s’agit de : Commission électorale indépendante, Observatoire national des droits de l’Homme, Haute autorité des médias, Commission Vérité et Réconciliation et Commission de l’éthique et de la lutte contre la corruption.

[3]  Cf. JEAN-PAUL II, L’Evangile de la vie. Lettre encyclique sur la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine, 1995, n.2.

[4]  Cf. CEZ, Respectons la vie et la personne humaine. Message des Evêques du Zaïre aux catholiques et aux hommes de bonne volonté, Editions du Secrétariat Général de la CEZ, 1996, n.2.

[5]  Cf. CEZ, Sauvons la nation. Déclaration et Message de la Conférence Episcopale du Zaïre à la Conférence Nationale Souveraine et en d’autres occasions pour soutenir le processus de démocratisation ainsi que la justice, la paix et l’unité nationale, Editions du Secrétariat Général de la CEZ, 1997

 

 
Grève de la Fonction publique : Barème salarial : la confusion est totale
Les fonctionnaires invités à un nouveau round de négociations avec le gouvernement. Des contraintes budgétaires bloquent l’ajustement des salaires des agents de l’Etat
Kinshasa , 20.02.2004 | Politics
 
 

Le mercredi 18 février 2004, dans l’après-midi, une importante délégation de syndicalistes membres du Comité permanent des syndicats de la Fonction publique, accompagnée de leur ministre de tutelle, M. Gustave Tabezi, a été reçue en audience par M. Jean-Pierre Bemba, vice-président de la République et responsable de la Commission économique et financière du gouvernement.

Abordé jar la presse à l’issue de la séance de travail, M. Mutuza, président du syndicat Synafet, a déclaré que « le vice-président Jean-Pierre Bemba avait ordonné au ministre de la Fonction publique de convoquer sans délai, et par voie d’arrêté ministériel, la Commission paritaire gouvernement-syndicats pour un nouveau round de discussions sur la paie des fonctionnaires ». Il s’agira, cette fois, a-t-il précisé « de négocier sur une base légale, en tenant compte des possibilités financières prévues dans le budget 2004 sous examen au Parlement ».

A en croire le porte-parole de cette délégation syndicale, les résultats obtenus la semaine dernière au centre catholique Mbudi, lors des négociations engagées sous la présidence du vice-président Arthur Z’Ahidi Ngoma n’avaient pas vraiment réussi à mettre d’accord les deux parties. Ce qui explique, par ailleurs, la poursuite du mouvement de grève déclenchée depuis plus d’une semaine à la Fonction publique. Les nouvelles négociations attendues dans le cadre de la Commission paritaire auront l’avantage de mettre autour d’une même table toutes les tendances syndicales afin de discuter avec le gouvernement sur une base représentative. Les délégués syndicaux out, en outre, indiqué que le vice-président Jean-Pierre Bemba a accédé à une autre de leur requête, celle d’arriver, au cours des assises, à harmoniser les avantages spécifiques dus au personnel de la Fonction publi4ue. A ce propos, un cahier de charges a été transmis par le ministre Gustave Tabezi à ses collègues de l’Ecofin.

Pour les membres du Comité permanent des syndicats de la Fonction publique qui ont été reçus par le vice-président Bemba « tout ce qui a été fait à Mbudi ne compte plus d’autant plus qu’aucune des parties ne se sent liée par les conclusions des travaux, en l’absence d’un document juridique et légal », ils ont, par conséquent, invite les fonctionnaires à la patience et les ont exhortés à regagner leurs lieux de travail habituel.

De l’avis de nombreux observateurs, la confusion est totale sur la question du réajustement des salaires des agents et fonctionnaires de l’administration publique. D’un côté, l’on note cette division qui mine le monde syndical du secteur public. De l’autre, on remarque les désaccords au sein du gouvernement qui n’arrive pas à adopter une position commune quant aux moyens à mettre en oeuvre pour faire face aux revendications salariales des fonctionnaires.

Dans un premier temps, lors de la rencontre de Mbudi, le gouvernement a proposé par la voix du vice-président Arthur Zaïdhi Ngoma, aux délégués syndicaux un calendrier d’augmentations de rémunérations en trois étapes, et dans un premier temps une augmentation de 10 pour cent. Avec l’objectif de parvenir, au mois d’octobre, prochain à 208 dollars de salaire mensuel pour le fonctionnaire le moins payé c-à-d. l’huissier.

Mais voici que dans un deuxième temps, le même gouvernement par le vice-président Jean-Pierre Bemba, revient à la charge et demande aux syndicalistes de revenir à la table des négociations et de prendre en compte la réalité des chiffres du budget.

AUGMENTATION DE 20% DE L’ENVELOPPE SALARIALE

De toute évidence, le gouvernement ne pourra trouver de solution aux revendications salariales des fonctionnaires en dehors du projet de budget actuellement sons examen au Parlement. Il nous revient, à ce sujet, que dans le cadre des ressources budgétaires à mobiliser pour l’exercice 2004, il est prévu une augmentation de 20% de l’enveloppe salariale globale des agents et fonctionnaires de l’Etat. Un effort spécial sera fait pour le personnel de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel (Epsp) qui pourra bénéficier d’une rallonge de l’Ordre de 30%.

Le malaise et cacophonie qu’on observe actuellement dans le monde syndical est le résultat des négociations qui se sont tenues au centre catholique Mbudi dans la banlieue Sud de Kinshasa, il y a une semaine.

L’appel à la suspension de la grève lancée samedi 14 février dernier par les responsables syndicaux qui avaient participé aux négociations de Mbudi sur les antennes de la radio et de la télévision publiques, a été rejeté par la majorité des agents et ont fonctionnaires de l’Etat.

Réunis à la « Place Golgotha » (siège du ministère de la Fonction publique, à l’invitation de l’Union des syndicats du secteur public (Ussp), les fonctionnaires ont durci leur position et décidé de poursuivre leur mouvement de grève sans désemparer.

Pour la majorité de fonctionnaires, la rencontre organisée àMbudi n’aurait accouché que d’une souris. Car en réalité, l’Etat-employeur n’a pas accédé à la principale revendication des grévistes qui était d’obtenir pour le fonctionnaire au plus bas de l’échelle de la fonction publique, c-à-d. l’huissier, un salaire mensuel équivalent, en franc congolais, à 208 dollars Usd, et pour le secrétaire général de l’administration publique, un salaire équivalent à 2.080 dollars américains. Des niveaux de rémunération ceux qui avaient été en fait convenus avec le gouvernement précédent lors des travaux de la commission paritaire tenus en 1999 au centre d’accueil kimbanguiste de Kinshasa. Des salaires qui correspondent au barème payé à l’époque où le pays était dirigé par l’ancien Président Joseph Kasa-Vubu, c-à-d. avant le coup d’Etat du 24 novembre 1965.

Mais au cours des négociations de Mbudi, en annonçant la fameuse augmentation de 10 pour cent, le gouvernement n’aura présenté aux délégués syndicaux qu’une piètre contre-proposition de l’ordre de 139 francs congolais par mois. Ce qui aurait fait passer le salaire de base du huissier actuellement de 665 francs congolais à 804 Fc. Ainsi calculé, le nouveau salaire n’équivaudrait qu’à environ 2,09 dollars Usd (deux dollars et neuf cents) par mois. Raison pour laquelle, lors de la restitution des travaux de Mbudi qu’ils ont faite à leurs militants le samedi dernier, les délégués syndicaux n’ont pas osé dévoiler les résultats réels auxquels ils étaient parvenus avec le gouvernement-employeur.

En plus de ce modique salaire de base, le gouvernement aurait également proposé une indemnité de transport de 9.196 fc, sans distinction de grade, payable fin avril 2004. Cependant, aucun chiffre n’aurait été arrêté pour la deuxième et troisième augmentation en vue de l’objectif de l’équivalent de 208 dollars pour le huissier congolais.

A ce sujet, dans le document intitulé « contrat social de l’innovation entre le gouvernement et les syndicats de l’Administration publique et interprofessionnels », signé à Mbudi, les parties aux négociations mentionnent simplement qu’elles ont convenu de créer un comité de suivi de l’exécution de deux autres paliers d’augmentation ultérieure de salaires. Notamment à l’occasion des revues du budget en juin et en octobre 2004.

Les fonctionnaires surchauffés et manifestement désemparés ont alors immédiatement exigé que leur soient présentés les documents par lesquels l’Etat-employeur s’était réellement engagé à octroyer les augmentations promises.

Les négociateurs de Mbudi ont été incapables de produire les engagements précis exigés par la base. De son côté, gouvernement garde un mutisme qui cache mal son embarras face à la grogne des grévistes. Interrogé au téléphone par notre confrère Radio Okapi, le secrétaire national de l’Intersyndicale de l’Administration publique déclare à ce propos que « lorsqu’on n’a pas obtenu ce que l’on réclame, on se contente de ce qu’on a en vue: reprendre la lutte syndicale ».

MBUDI A ACCOUCHE D’UNE SOURIS

Pour la majorité de fonctionnaires congolais, il est bien clair que les négociations de Mbudi ont accouché d’une souris. Aussi, reprochent-ils à leurs délégués de leur avoir caché la vérité. Et ensuite, d’avoir appelé à la reprise du travail sans en avoir au préalablement référé à la base. C’est pourquoi pour eux, il y a lieu de poursuivre la grève sans limitation de durée. Mais toutefois, dans un soucis de conciliation les fonctionnaires en grève ont néanmoins convenu le lundi 16 février 2004 dernier, de lancer un appel an chef de l’Etat, le président Joseph Kabila.

Mais sera-t-il possible au numéro un congolais d’aller au delà de l’augmentation de 20% de la masse salariale globale que propose le gouvernement, sans remettre en cause les engagements pris vis à vis des institutions de Bretton Woods? Cela paraît peu vraisemblable car dans le projet de budget 2004, les rémunérations représentent déjà le 1/3 des ressources budgétaires propres de l’Etat congolais. Affaire à suivre.


| Le Potentiel

 

 

 

 

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