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Congo-Kinshasa: un scrutin entre désir d'unité et crainte de violences. Etienne Tshisekedi est l’un des candidats. Par Saleh Mwanamilongo.16/08/2011

KINSHASA (AP) — La campagne pour les élections générales du 28 novembre au Congo-Kinshasa entre dans le vif du sujet cette semaine avec le début du dépôt des candidatures. Si le président Joseph Kabila part favori, tout reste encore à faire au sein de l'opposition où les appels à l'unité sont pour l'heure peu suivis d'effets.

Au pouvoir depuis l'assassinat de son père Laurent-Désiré en janvier 2001, Joseph Kabila a remporté la présidentielle de 2006. Cinq ans après, la donne électorale est différente puisque le scrutin, tant présidentiel que législatif, se déroule désormais sur un seul tour et non plus deux. L'opposition se voit donc contrainte d'unir ses forces pour éviter de disparaître.

Les craintes sont également élevées en cas de victoire d'un opposant, certains observateurs redoutant un scénario à l'ivoirienne. En République démocratique du Congo (RDC), notamment dans sa partie orientale, théâtre de violences récurrentes perpétrées par des soldats, des milices locales ou des mouvements rebelles étrangers, tout peu très vite dégénérer. La capitale elle-même avait connu des affrontements entre les forces gouvernementales à l'issue du second tour en octobre 2006 quand le vice-président Jean-Pierre Bemba avait refusé de reconnaître sa défaite.

Encore faudrait-il qu'un opposant puisse se détacher et cela, au prix d'une alliance avec les autres compétiteurs. Mais il sera dur de mettre son ego de côté. "Il y a tellement d'égocentrisme", se désole le politologue Banza Mukalay Nsungu. "Chacun d'eux est orgueilleux, persuadé que sans lui rien ne peut se faire."

Alors que Kabila reste encore muet sur sa candidature, l'opposition est représentée par trois principaux hommes: l'opposant historique Etienne Tshisekedi, Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), actuellement détenu et jugé à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, et Vital Kamerhe, l'ex-président de l'Assemblée nationale parti fonder l'Union pour la nation congolaise (UNC).

Lors d'une grande réunion politique le 9 août devant plus de 80.000 personnes au stade des Martyrs à Kinshasa, M. Tshisekedi a assuré être prêt à négocier avec les autres partis d'opposition pour mener le combat contre Kabila fils. Toutefois, le "Sphinx de Limete", opposant historique à Mobutu, s'est toutefois dit partisan d'un "programme commun" de l'opposition mais pas d'un candidat commun.

A 78 ans, celui qui a fondé en 1982 l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le premier parti d'opposition de l'histoire du pays, ne cache pas qu'il entend bien se présenter à la magistrature suprême, d'autant plus qu'il n'aura guère plus d'autres chances.

M. Tshisekedi est rentré au Congo le 8 décembre dernier après avoir été soigné trois ans durant en Afrique du Sud et en Belgique pour une affection non précisée. Afin de dissiper les inquiétudes sur son état de santé, il n'a pas hésité à parcourir à pied les 25km séparant l'aéroport international de N'Djili de sa maison de Limete, dans les faubourgs de Kinshasa.

Autre candidat, Vital Kamerhe a martelé le même message unitaire. "Je voudrais (...) dire tout haut à Jean-Pierre Bemba et Etienne Tshisekedi que je suis prêt à discuter, en toute humilité, avec chacun d'eux et avec les autres forces du changement de la formule qui va rencontrer les espoirs de notre peuple", avait-il lancé le 8 août. "Nous sommes convaincus qu'il n'y a aucune force politique, sociale, personne qui va gagner les élections seul en 2011."

Agé de 52 ans, M. Kamerhe est un ancien proche du président Kabila, dont il a dirigé la campagne électorale en 2006 avant de présider l'Assemblée nationale jusqu'en 2009. Chassé du "perchoir" par Kabila, il a fondé son propre parti, l'Union pour la nation congolaise (UNC). Qualifié parfois de très ambitieux, l'homme a aussi essuyé des accusations d'être une "taupe" de Kabila dans ce processus électoral. Ce qu'il a toujours nié.

Le troisième larron est le turbulent Jean-Pierre Bemba, 48 ans, derrière les barreaux à la CPI depuis trois ans où on le juge pour des meurtres et des viols commis en Centrafrique voisine en 2002 et 2003, lorsque sa milice était venue défendre le président Ange-Félix Patassé d'un putsch. S'il s'est déclaré candidat depuis sa cellule, on voit toutefois mal comment il pourra se présenter légalement. Sa candidature, qui a provoqué la démission du N 2 du MLC François Muamba, apparaît surtout aux yeux des observateurs comme un moyen de monnayer son soutien à Tshisekedi ou Kamerhe.

L'ancien Zaïre a sombré dans la guerre civile en 1997 quand les rebelles de Laurent-Désiré Kabila soutenus par le Rwanda ont attaqué le régime du maréchal-président Mobutu Sese Seko, au pouvoir depuis 1960. Le renversement du "Léopard de Kinshasa" ouvrira la boîte de Pandore, chacun voulant sa part du gâteau dans un pays regorgeant de richesses minières. On comptera jusqu'à huit armées africaines et 25 milices se faisant la guerre.

Des millions de civils périront avant qu'un accord de paix ne soit conclu en 2003. Mais la situation reste fragile, comme en témoignent la poursuite de violences dans le Kivu (est) et les assassinats de journalistes ou de défenseurs des droits de l'Homme.

kabila attacque

RDC: attaque de la résidence du président Kabila à Kinshasa, 6 assaillants tués; Kinshasa (RDCongo) (AFP) - 27.02.2011 19:52

Des hommes armés "non identifiés" ont attaqué dimanche à Kinshasa la résidence où se trouvait le président congolais Joseph Kabila mais ont été repoussés avant d'atteindre la demeure par la garde républicaine qui a tué six assaillants.

Des hommes armés "non identifiés" ont attaqué dimanche à Kinshasa la résidence où se trouvait le président congolais Joseph Kabila mais ont été repoussés avant d'atteindre la demeure par la garde républicaine qui a tué six assaillants.

Il s'agit de la première menace sérieuse contre le président Kabila, 40 ans en juin prochain, depuis son accession à la tête de la République démocratique du Congo (RDC) en janvier 2001, après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, dans une autre résidence présidentielle de Kinshasa.

L'attaque de dimanche a été menée vers 13H30 (12H30 GMT) "par un groupe d'hommes lourdement armés et non identifiés" qui ont été repoussés par la garde républicaine (GR, ex-garde présidentielle), a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende.

"Six assaillants ont été tués, d'autres blessés et quelques uns ont été faits prisonniers", a-t-il ajouté, précisant que des membres de la GR ont également été blessés.

M. Mende a déclaré à l'AFP qu'il s'agissait d'un "acte de terrorisme. On a voulu faire peur".

"Cette opération ressemble assez à une tentative de s'en prendre à la personne du chef de l'Etat (...) Les institutions sont aux commandes, le pays tourne normalement", a-t-il déclaré la Radio télévision nationale (RTNC).

Vers 13H30, des tirs sporadiques d'armes automatiques, par rafales et au coup par coup, ont été entendus par un journaliste de l'AFP pendant une vingtaine de minutes.

Le président Joseph Kabila "était dans sa résidence" à ce moment là, mais "les assaillants n'ont pas franchi la deuxième barrière" d'accès au bâtiment. "Il n'y a eu aucun dommage à la résidence", a affirmé M. Mende, ajoutant qu'il s'agissait de la résidence principale de M. Kabila.

La demeure est située au bord du fleuve Congo, dans le quartier chic de la Gombe, au nord de Kinshasa, à proximité notamment d'ambassades et de résidences d'ambassades, ainsi que du Grand hôtel de Kinshasa.

Quand les tirs ont cessé, des hommes de la GR se sont déployés par petits groupes pour mener des patrouilles autour de la zone de la résidence, a constaté un journaliste de l'AFP. Ils étaient toujours postés à des carrefours et filtraient la circulation en début de soirée dans la zone proche de la résidence.

Un blindé léger ainsi qu'un char d'assaut a circulé également dans le quartier, où le calme est rapidement revenu en milieu d'après-midi.

Des vendeurs de cigarettes, habituellement installés sur un trottoir devant le Grand hôtel, ont fui lors des échanges de coups de feu, laissant leurs chaises sur place, a-t-on constaté.

Selon M. Mende, des hommes ayant participé à l'attaque de la résidence et qui avaient pris la fuite à moto et en véhicules, ont tiré en passant sur l'entrée d'un camp militaire dans le quartier Lingwala, au sud de la Gombe.

Il n'a pas préciser s'il y avait eu des victimes lors de cet incident, alors que certaines sources ont évoqué plusieurs morts.

"Les forces se sécurité sont déployées (...) pour sécuriser la ville et le pays de sorte que nous poursuivions normalement notre cheminement vers les échéances électorales", a assuré M. Mende à la RTNC.

L'élection présidentielle est programmée pour novembre prochain, et le président Kabila, élu en 2006, devrait se représenter.

Les services de sécurité et la justice vont "interroger les conjurés qui ont été mis aux arrêts (...) et feront savoir à l'opinion les tenants et les aboutissants de cette action criminelle", a ajouté le porte-parole du gouvernement à la RTNC.

L'est du pays est toujours en proie à l'instabilité en raison de la présence de plusieurs groupes armés et milices locales, régulièrement accusés de commettre des violences contre les populations.

Qui est derrière ce coup?

Kabila a beaucoup des dossiers :

1.      L’amendement de la constitution lui donnant le pouvoir de gagner les Elections même avec moins de 50%.

2.      Le dossier chinois qui met les intérêts des occidentaux en danger. Kabila préfère traité avec des pays non démocratiques pour signer des contrats bidons dans un environnement corrompus

3.      Les violations massives de droits de l’homme par les tueries des innocents, par exemple la mort de Floribert Chibeya risque de lui couter beaucoup.

4.      La corruption et la malaise dans le camp Kabila avec plusieurs défections.  

Beaucoup encore ….

Suspension temporaire du procès des meurtriers présumés du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya: Règne de l'impunité. Par RFI - 13/11/2010

Le procès tant attendu des assassins présumés de Floribert Chebeya s'est ouvert ce vendredi matin 12 novembre 2010 à Kinshasa devant un tribunal militaire. Le procès a été suspendu jusqu’au 3 décembre prochain. En effet le public est venu nombreux, trop nombreux pour les capacités du tribunal. A tel point qu’il va falloir trouver une autre salle d’audience d’ici la reprise des audiences.

Cinq policiers sont entendus après la mort de ce défenseur des droits de l'homme. Floribert Chebeya, 47 ans, le leader de « La Voix des Sans Voix », avait été retrouvé mort le 2 juin dernier dans sa voiture, dans la capitale congolaise. Quant à son chauffeur, Fidèle Bazana, il a disparu et on ne l'a jamais retrouvé.

L’audience s’est terminée en début d’après-midi au tribunal militaire de Gombe et la prochaine audience a été renvoyée au 3 décembre, car les conditions d’exercice de la justice dans ce petit tribunal sont quasiment impossibles. En tout cas, ce vendredi matin, avec deux heures et demie de retard, cette audience a commencé par la présentation des différents inculpés : cinq policiers. Et, ensuite, l’appel des témoins.

Et, à la surprise générale, est arrivé le général John Numbi qui est cité comme témoin dans ce procès. Il ne pouvait pas être entendu comme accusé, puisqu’il est général et que ce tribunal ne peut juger au dessus du grade de colonel. Mais le général John Numbi, le chef de la police congolaise, considéré par les associations de défense des droits de l’homme comme le suspect numéro un, est venu en tout cas se présenter comme témoin. Il est venu spécialement de Lubumbashi, ce mercredi matin.

Le procès s'est ouvert dans des conditions difficiles

La salle d'audience était trop petite. Elle fait 40 m² et ne dispose que de 40 places assises. Les deux heures et demie de retard ont été consacrées à faire entrer 100 personnes, dans une salle de 40 places assises. Les conditions de travail sont véritablement épouvantables pour tous. Des parties civiles, des avocats, des observateurs, des journalistes se sont pressés dans la salle. Et de nombreuses autres personnes, directement intéressées dans le déroulement de ce procès, ont dû rester à l’extérieur, sans sonorisation.

Il a donc été décidé de renvoyer le procès au 3 décembre 2010, le temps de trouver une autre salle pouvant accueillir suffisamment de personnes. Le choix se portera, soit sur la prison de Makala, où les accusés sont détenus, soit, peut-être, à la cour d’appel de Kinshasa, si elle est libre ce jour-là.

Les ONG sollicitent l'arrestation de l'inspecteur général de la police nationale
(Xinhuanet 18/09/2010)

KINSHASA -- Les ONG des droits humains de la République démocratique du Congo (RDC) sollicitent l'arrestation de l'inspecteur général de la Police National Congolaise (PNC), le général John Numbi, l'accusant d'être " suspect numéro un" dans l'assassinat du défenseur des droits de l'homme, Floribert Chebeya Bahizire.

Les ONG des droits humains ont lancé cet appel dans un mémorandum adressé vendredi au ministre congolais de la Justice et droits humains, Luzolo Bambi, en rapport avec "le Livre Blanc Tome I" du ministère de la Justice et droits humains publié en guise d'hommage à Floribert Chebeya.

Pour clarifier les circonstances de la mort de Floribert Chebeya, les ONG ont exigé la mise en place d'une commission d'enquête indépendante comprenant un expert des Nations Unies, un expert de l'Union africaine, un membre d'une organisation de la société civile, un magistrat militaire et un professeur de droit ou de criminologie.

Il faudra aussi, selon ces ONG, que cette commission soit créée notamment par un décret sous l'autorité du ministre de la Justice et droits humains.

Floribert Chebeya, fondateur et président de "La Voix des Sans Voix" (VSV), a été assassiné le 2 juin 2010. Son épouse avait indiqué que son mari avait été convoqué la veille de son assassinat, pour rencontrer le général John Numbi.

L’enterrement du Responsable de l’organisation des droits de l’homme Voix des Sans Voix Floribert montre comment Kabila veut en finir avec les activistes et l’opposition. 27 Juin 2010.

Sous une haute sécurité, le corps de Floribert Chebeya a été enterré samedi 26 Juin dans la soirée comme un héros.  

Plusieurs corps diplomatiques et membres du gouvernement de Kabila étaient présents à la cérémonie. Nous citons la présence d’Alan Doss qui est le Représentant des Nations Unies et le ministre de la Justice et du Budget. Comme vous le savez, son décès a attiré plusieurs critiques à l’endroit du gouvernement de Kabila parce que Floribert était invité à une réunion avec le Responsable de la Police John Numbi avant son assassinat. Le corps de son chauffeur Fidèle Bazana n’a jamais était retrouvé.

La cérémonie a eu lieu au Stade accompagné des chants traditionnels, et  après la culte à la cathédrale Notre Dame de Kinshasa, son corps a été enterré dans la soirée du samedi 26 Juin.

L’opposant Etienne Tshisekedi qui est en Europe a écrit une lettre qui a était lue lors de la cérémonie, déclarant que le décès de Floribert est un terrible crime et cela mérite le respect de toute la nation. L’organisation Voix des Sans Voix sera dirigé par le coordinateur Peter Ntumba, qui a déclaré qu’il est engagé à défendre la démocratie, les droits de l’homme comme il l’a toujours fait depuis 27 ans. Il a ajouté que le sang de Floribert est un sang martyr et produira d’autres Floribert.

Monseigneur Laurent Monsengwo a déclaré que Floribert a une place dans l’histoire du Congo à cause de son engagement pour la justice, la paix et la dignité humaine.

Durant le déplacement du stade à la cathédrale Notre Dame, les activistes ont brandit des banderoles accusant le Président Kabila d’être impliqué dans cet assassinat et ont demandé Kabila de démissionner.

Toutes les organisations internationales des droits de l’homme, comme Amnesty International, Human Rights Watch et Adsad ont condamné cet assassinat et nous nous demandons  si l’enquête va aboutir.  

Que Justice soit faite.

Adsad Team

KABILA NE PEUT PAS IMPOSER LE LIEU DE L’ENTEREMENT DU RESPONSABLE DE L’ORGANISATION DES DROITS DE L’HOMME – FLORIBERT – 12 JUIN 2010
 

C’est ce qui ressort de l’entrevue qui a eu lieu vendredi 11 juin entre un groupe d’activistes des droits de l’Homme et le ministre congolais de la Justice, Luzolo Bambi Lessa. Selon le programme provisoire publié par les organisations de défense des droits humains, la date des funérailles de Floribert Chebeya Bahizire a été fixée au 30 juin prochain au cimetière de la Gombe. C’est ce même jour que Joseph Kabila doit recevoir avec faste ses invités à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de la proclamation de l’indépendance. Des sources à Kinshasa font état de pression exercée par le pouvoir kabiliste tant sur la famille du disparu que des organisations des droits de l’Homme afin de décaler la date et le lieu des funérailles. Il semble que la dépouille de Chebeya pourrait quitter la morgue de l’hôpital Mama Yemo, dès lundi 14 juin. Destination : Bukavu.
Source: www.congoindependant.com

Journée Internationale des droits de l’Homme: l’ONU appelle a lutter contre la discrimination


Kinshasa, 11 décembre 2009-
La communauté internationale a célébré ce 10 décembre 2009 le 61ème anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. La Journée internationale a été placée cette année sous le thème de «La Non-discrimination». A Kinshasa, le Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits de l’Homme, en collaboration avec le Centre Carter et le Ministère des Droits de l’Homme ont organisé une manifestation pour rappeler à chacun son devoir de contribuer à la lutte pour le respect, la promotion, la défense et l’application des droits de l’Homme en RDC, en mettant fin à la discrimination.

 

La manifestation qui s’est déroulée dans l’enceinte de la « Maison des Droits de l’Homme », un lieu symbolique pour cette commémoration, a commencé par une représentation théâtrale jouée par des jeunes kinois. Ces jeunes acteurs ont, à travers leur art, dénoncé les pratiques discriminatoires fréquentes et quotidiennes qui minent la société congolaise dans divers milieux, notamment familial, scolaire et professionnel.

Le clou de la manifestation a été ensuite la lecture des messages.

La Représentante Adjointe du Secrétaire général des Nations unies en RDC, Leila Zerrougui, qui a rehaussé de sa présence cette cérémonie, a reconnu la lutte importante que mène les ONG congolaises et les progrès accomplis dans ce domaine tant de leur part que de la communauté internationale, notamment au niveau des principes. C’est une étape importante en RDC a-t-elle dit, même si «beaucoup reste encore à faire».

Les Nations unies sont et seront là pour appuyer et légitimer le combat, a rappelé Mme Zerrougui, soulignant qu’il faut lutter pour que « a loi se rapproche de la réalité» et pour la consécration des normes internationales (auxquelles la RDC a adhéré) par rapport aux normes nationales.

Dans celui de la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Navi Pillay, lu par le Directeur adjoint du Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits de l’Homme, Louis Marie Bouaka, il ressort que « le concept de non-discrimination se trouve au cœur des droits de l’Homme ». C’est pour cette raison, comme pour beaucoup d’autres, qu’il devrait être selon elle, un thème «officieux  célébré chaque jour, chaque année, pour chacun de nous.

Navi Pillay rappelle également que vingt-six des trente articles de la Déclaration universelle commencent par des mots tels que «Toute personne… Tout individu… Chacun… ou Nul… ». C’est pourquoi chacun peut se prévaloir de tous les droits. Nul ne doit en être exclu, parce que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination.

Selon elle, la discrimination «engendre la méfiance, le ressentiment, la violence, le crime et l’insécurité et constitue un non-sens économique, puisqu’elle réduit la productivité. Elle n’a aucun aspect bénéfique, de quelque nature qu’il soit, pour la société. Pourtant, nous continuons presque tous de la pratiquer, souvent comme un réflexe occasionnel, sans même réaliser ce que nous faisons», souligne-t-elle.

Elle encourage «les politiciens, pouvoirs publics, dirigeants d’entreprise, société civile, institutions nationales de défense des droits de l’Homme, médias, chefs religieux, enseignants, étudiants, et chaque individu sans exception», à honorer cette Journée en optant pour «la diversité et en décidant de prendre des mesures concrètes et durables pour aider à mettre fin à la discrimination».

Pour sa part, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a dans son message, lu par le Directeur du Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits de l’Homme, Todd Howland, invité tout le monde à «la réflexion et à l’évaluation» des contributions de chacun ; un défi à relever pour apporter le changement dans ce domaine. Présente partout dans le monde, la discrimination se manifeste, a t-il dit «sous des formes anciennes ou nouvelles, de façon masquée ou éhontée, dans la sphère publique ou privée. Elle peut prendre la forme d'un racisme institutionnalisé, de querelles ethniques, de flambées d'intolérance et de rejet, ou d'une version officielle de l'histoire nationale qui nie l'identité d'autrui». Ban Ki-moon a toutefois rassuré les victimes de la discrimination en soulignant que l’'ONU restera dans leur camp et s'engage à défendre les droits de chacun, surtout ceux des plus vulnérables. «C'est ce qui définit notre identité. C'est notre mission», a-t-il souligné.

Il a invité chacun, partout dans le monde, quelque soit son statut, « à s'associer à l'ONU et aux défenseurs des droits de l'Homme dans le monde entier pour lutter contre la discrimination ».

Les représentants des réseaux des ONG des droits de l’Homme présents, ont tous dénoncé la discrimination et les violations des droits de l’Homme dont sont victimes certaines catégories de populations en RDC. Notamment les femmes, les enfants, les populations des zones de conflits à l’Est du pays. Tous ont unanimement appelé les autorités congolaises à fournir davantage d’efforts pour faire respecter et appliquer les droits de l’Homme.

MONUC press conference about the Situation in DRCongo


Kinshasa, 19 August 2009 -
At the weekly MONUC press conference today, MONUC outlined the activities of its blue helmets in the provinces of North and South Kivu, where they are working to protect the population and support the DRC Armed Forces (FARDC), within the context of Kimia II military operations against the “Democratic Forces for the Liberation of Rwanda” (FDLR) rebels.


MONUC military Spokeman Lieutenant Colonel Jean Paul Dietrich explained that although the FDLR have been dislodged from 70% of their original strongholds, isolated pockets of resistance still remain.

In this context, three new MONUC Mobile Operating Bases have been installed in Hombo-North, Otobora and in Ntoto in North Kivu, zones where the FDLR remain active.

Last week, the MONUC troops of the North Kivu Brigade escorted more than 1,000 civilians from the locality of Ishunga and neighboring villages towards Kibua in the territory of Walikale, and vice-versa, in order to allow civilians to attend the weekly market and return home in security.

On market days, civilians are especially vulnerable to attacks from armed groups, in particular the FDLR. Escort and market domination patrols are undertaken by MONUC forces on market days in numerous sensitive zones such as Pinga, Nyanzale, Bambu, Bukamba, Kirundu, Kalengera, Walikale-Centre and Masisi-Centre.

These escort patrols have been put in place in coordination with MONUC Joint Protection teams. In some cases, these patrols and escorts are undertaken in cooperation with the FARDC.

Regular joint MONUC-FARDC patrols, whether by vehicle or on foot, were expanded to Kiwanja, Nyamilima, Tongo and Rugari to dominate these remote zones and the main roads.

Meanwhile, training was organised by MONUC forces on the use of communications equipment and light weapons, notably the AK 47, for the benefit of local FARDC soldiers in MONUC’s Mobile Operational Basis in Kibua.

MONUC logistical support to the FARDC in the context of operation Kimia II

With regard to MONUC’s logistical support to operation Kimia II in the two Kivu provinces, MONUC has already provided 1,038 tons of food rations to 16,000 FARDC troops based in the two provinces. In addition, MONUC has provided 247,000 litres of fuel to the FARDC for their operations.

Présentation de la stratégie générale sur la lutte contre la violence sexuelle en RDC - Eoin Young / MONUC

Mercredi le 1er avril 2009, Nicola Dahrendorf, Conseiller Spécial des Nations Unies en matière de violence sexuelle en RDC, a présenté le document de stratégie générale sur la lutte contre la violence sexuelle en RDC, au Gouvernement Congolais et aux partenaires internationaux. Dans un entretien, elle nous explique les objectifs et les principaux axes de cette stratégie. ENTRETIEN


Entretien


Voulez-vous nous donner les détails de cette stratégie sur la violence sexuelle en RDC?

Il y avait une nécessité d’élaborer une stratégie détaillée pour combattre la violence sexuelle en RDC ; et après des longues concertations de 10 mois avec les différentes catégories des acteurs, y compris les agences des Nations Unies, la MONUC, le Gouvernement, les Organisations Non Gouvernementales nationales et internationales (ONG), les Forces Armées de la RDC, la Police Congolaise et la Force de la MONUC, nous avons pu élaborer le document de stratégie de lutte contre la violence sexuelle en RDC.

L’objectif étant de réunir toutes les initiatives existantes sur la violence sexuelle et de mettre en place une plateforme pour des actions communes beaucoup plus organisées et résolues, aux niveaux local, provincial et national. Ceci s’applique également aux bailleurs pour mieux canaliser leurs fonds. La stratégie se repose sur quatre axes et un plan d’action.


Quels sont les quatre axes de la stratégie?

Le premier axe porte sur l’impunité, qui n’était pas à l’ordre du jour en RDC. A cet effet, nous avons mis au point un plan d’action étroitement lié aux mécanismes de reforme judiciaire du Gouvernement et des Agences des Nations Unies, qui permet à tout le monde d’apporter sa pierre à l’édifice.

Concrètement, nous envisageons de recruter plus de juges femmes, plus de magistrats et avocats femmes et de surtout veiller à ce que la loi actuelle sur la violence sexuelle soit appliquée. Il y a une bonne loi ici en RDC mais c’est la politique qui fait défaut et qui fait que la loi n’est pas appliquée.

Le deuxième axe a trait aux forces de sécurité, à la reforme du secteur de sécurité et à la violence sexuelle. La plupart des actes de violence sexuelle contre les femmes et les enfants sont perpétrés par des hommes en uniformes, y compris les forces de sécurité gouvernementales et des groupes armés. Il y a donc nécessité d’assurer une bonne formation pour les forces de sécurité et les rendre redevables vis-à-vis de leurs actes.

En outre, il faudra accorder beaucoup d’attention aux ex-combattantes. Ici, il faudra surtout introduire un mécanisme de vérification et/où contrôle lors du recrutement des forces de sécurité et nous nous y employons en étroite collaboration avec l’Union Européenne et nos collègues des Droits de l’Homme.

Le troisième axe porte sur la protection et la prévention. La violence sexuelle est au cœur du mandat de la MONUC car il consiste surtout en la protection des civils. Nous avons élaboré un plan d’action qui a trait au travail actuel de la protection des civils, et qui inclut les agences humanitaires aux groupes de protection nationale.

Le quatrième axe est celui de l’assistance multi sectorielle. Ceci implique l’accès des victimes à l’assistance sanitaire et psychosociale et la réintégration des victimes dans leurs communautés, car ils sont souvent stigmatisés.


Qui prendra la tête de chaque axe de la stratégie?

La composante impunité par rapport aux violations des droits de l’homme sera gérée par le Haut Commissaire des Droits de l’Homme, qui, en RDC est le Bureau Conjoint des Droits de l’Homme abrité par la MONUC. Le secteur de la réforme de la sécurité sera géré par la division Reforme du Secteur de Sécurité de la MONUC; cependant, il existe au départ un groupe de travail inter-gouvernemental avec lequel les discussions n’ont pas encore abouti.

Le Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés se chargera de la question relative à la protection et la prévention; le Fond des Nations Unies pour l’Enfance s’occupera de la question relative à l’assistance multi sectorielle en collaboration avec le Fond des Nations Unies pour la Population (UNFPA), bien que les discussions n’aient pas encore abouti. L’UNICEF ayant à sa charge un vaste programme, l’idéal serait de construire sur ce qui existe déjà, mais non pas de réinventer la roue.


Comment en pratique ces composantes peuvent-elles être mises en oeuvre et avec quels moyens?

Nous avons élaboré un plan d’action pour chaque composante, et défini les activités clés et les actions à entreprendre, ainsi que les indicateurs et les acteurs clés qui y seront impliqués.

Chaque entité doit travailler de concert avec le gouvernement. Cette collaboration existe déjà mais nous l’avons maintenant placée dans un cadre établi pour la mise en œuvre, avec le gouvernement, du plan d’action, selon des calendriers et indicateurs de résultats définis. L’idée est que les donateurs canaliseront aussi leurs fonds à travers ce processus.


Pensez-vous que cette stratégie amènera un réel changement au problème des violences sexuelles en RDC alors que plusieurs initiatives antérieures ont échoué ? 

C’est la toute première fois où l’on a, dans un pays en situation de post-conflit, un cadre et un plan d’action pour répondre à ce problème et pour souligner que ce n’est pas seulement une question de genre, mais aussi une question de droits humains, un question politique et sécuritaire. La résolution 1820 du Conseil de Sécurité des Nations Unies a été une avancée historique marquant la première fois où le problème des violences sexuelles a été reconnu comme une menace à la paix et à la sécurité.

Cette stratégie n’est pas la Bible, mais un document vivant avec lequel les gens sont sensés travailler, et qu’ils peuvent modifier et adapter en fonction des priorités et de la situation sur le terrain. Il y a là désormais une base pour aller de l’avant et s’attaquer au problème. Je représente 12 entités de l’ONU rassemblées au sein de l’Initiative des Nations Unies contre la violence sexuelle lors des conflits. Ceci est important parce qu’aucune action ni aucune agence ne peut seule s’attaquer à ce problème.


Quelle sera la contribution des ONG humanitaires dans la promotion de cette stratégie?

Je me suis très vite rendu compte que le travail réel sur le terrain est fait par les ONG nationales et internationales et que ces partenaires d’exécution sont en train de faire vraiment la différence. Nous espérons pouvoir nous appuyer sur leurs efforts en leur permettant de continuer. Les agences des Nations Unies sont là pour apporter la stratégie et fournir des conseils, le soutien stratégique et le financement. Les ONG, pour leur part, se chargent d’exécuter cette stratégie sur le terrain.


Vous arrivez à la fin de votre mission, et en tant que Conseiller spécial de l’ONU en matière de violences sexuelles en RDC, quels sont les éléments positifs que vous avez noté sur le terrain de la lutte ?

C’est la toute première fois que le gouvernement est résolument engagé et qu’il veut faire quelque chose. Je pense qu’il y a davantage de prise de conscience de la question et plus de dialogue. Ceci signifie que quelques-uns des tabous sont tombés. Ils n’ont pas complètement disparu, mais la porte s’est ouverte.

Il y a une plus grande prise de conscience et une meilleure connaissance du sujet parmi les femmes; elles savent qu’elles ont un droit, que l’Etat a une obligation envers elles et qu’elles doivent rappeler à l’Etat sa responsabilité de protéger les femmes.

Je pense que nous devons aller au-delà des discours pour obtenir des actions. Il faut qu’il y ait une volonté politique du gouvernement à tous les niveaux. 

Cette volonté doit s’exercer jusqu’au niveau des chefs de communautés et des chefs coutumiers pour permettre aux populations de se prendre en charge ; pour mettre fin à la stigmatisation et l’exclusion sociales des victimes ; pour garantir que les enfants victimes de viol aient un traitement approprié et qu’elles bénéficient d’une réinsertion et d’une formation professionnelle appropriées ; et pour garantir que les victimes qui souhaitent porter leur affaire devant les tribunaux aient le soutien nécessaire et bénéficient d’une assistance juridique et judiciaire gratuite ; et qu’il y ait des réparations pour les victimes.

Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon plaide pour une collaboration renforcée entre la RDC et la MONUC - MONUC PIO - 02 mar. 09 - 16h14

Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a conclu le 1 mars 2009 sa visite en République Démocratique du Congo, au cours de laquelle il s’est prononcé sur le nécessaire renforcement de la collaboration entre le Gouvernement congolais et la Mission des Nations unies en République Démocratique du Congo (MONUC) pour mettre fin aux tragédies et difficultés vécues par les populations de l’est du pays y compris le fléau des violences sexuelles ainsi que les souffrances des populations déplacées.

Arrivé en RDC le 28 février 2009, le Secrétaire général de l’ONU qui venait de Dar es Salaam en Tanzanie, a atterri directement à Kisangani, dans la province Orientale, où il a eu une rencontre avec le Président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila.

Le Secrétaire général s’est félicité de l’opportunité de discuter avec le Président Kabila de la nécessite d’une étroite collaboration entre le Gouvernement et le peuple de la RDC et les Nations Unies, qualifiant cette coopération d’ « essentielle pour saisir les nouvelles opportunités à renforcer les gains acquis par la RDC et pour faire face aux défis futurs ».

Le Secrétaire général a aussi souligné que la collaboration entre le gouvernement congolais et la MONUC est d’autant plus importante pour la stabilisation de l’est et la protection de la population. « Les peuples des Kivus ont souffert aux mains des groupes armés pendant trop longtemps, y compris les FDLR et la LRA », a-t-il dit.

M. Ban a également souligné que le mandat de la MONUC est d’appuyer—et non à se substituer—aux actions et aux institutions congolaises.

« La MONUC est déterminée à aider l’État dans la restauration de son autorité ainsi que dans la mise en place d’un état de droit, les deux piliers pour garantir la paix et la stabilité dans la région ».

Ban Ki moon estime par ailleurs qu’il est bien temps de commencer à progresser vers un engagement entre les Nations unies et la RDC qui est plutôt orienté sur le développement, surtout dans les parties occidentales du pays.

Le Secrétaire général s’est déclaré « particulièrement encouragé » par le nouvel esprit de coopération entre la RDC et les autres Etats de la région, et les avantages qu’une telle coopération peut apporter au peuple congolais, aussi bien qu’à la région entière.

En outre, Ban Ki-moon a déclaré être profondément affecté par la violence qui règne dans le pays et notamment par les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants.

« J’ai discuté avec le président Kabila de la question portant sur les populations civiles et la violence sexuelle. Cette dernière est très répandue en RDC et cela doit cesser. Il est abominable de constater que dans les zones de conflit près de huit cas de viol sur dix sont commis par des hommes en uniforme, qu’ils soient membres de groupes armés ou de forces de sécurité ».

Après Kisangani, le Secrétaire général des Nations unies et sa délégation se sont envolés pour Goma, au Nord-Kivu.

A son arrivée à Goma, samedi en milieu d’après midi, le Secrétaire général et sa délégation, accompagnés depuis Kisangani par le Ministre des Affaires étrangères de la RDC, Alexis Tambwe Mwamba, ont été accueilli par le Gouverneur du Nord Kivu, Julien Paluku et une forte représentation des autorités provinciales, civiles et militaires et de dignitaires locaux.

Le Secrétaire général et sa délégation, son Représentant spécial en RDC, Alan Doss, accompagnés du Ministre des Affaires étrangères de la RDC et du Gouverneur du Nord Kivu se sont ensuite rendus à Heal Africa, centre médical spécialisé dans le traitement des victimes des violences sexuelles, soutenu par l’UNICEF, UNFPA, parmi d’autres.

Heal
Africa, lequel avec l’hôpital de Panzi au Sud Kivu, offrent des programmes pilotes en matière de soins médicaux, de soutien psychologique et d’appui à la réinsertion aux victimes des violences sexuelles en RDC.

A Heal Africa, la délégation restreinte du Secrétaire général, accueillie par le Docteur Lukofata, Coordonateur technique des programmes de Heal Africa, et par les Représentants de l’UNICEF et de l’UNFPA a reçu un exposé détaillé des activités du centre, et de l’approche pilote holistique de ce dernier s’agissant de la prise en charge des victimes des violences sexuelles.

Les différents sous projets du programme « Heal my people » grâce auquel plus de 10 000 victimes de violences sexuelles, femmes et filles, ont pu bénéficier d’un traitement depuis 2003, année du lancement dudit programme. Il a pu rencontrer plusieurs patientes de l’hôpital, et s’entretenir, dans l’intimité, avec l’une d ‘entre elles.

Au terme de cette rencontre, le Secrétaire général a tenu un point de presse au cours duquel il a notamment dit : « Je suis profondément attristé, choqué, et en colère par ce que je viens de voir. J’ai pu rencontrer plusieurs victimes de violences sexuelles qui sont en cours de traitement. J’ai appris que sur la seule journée de lundi dernier, dix cas de viols ont été enregistrés ici. Le principal problème, qui est aussi le défi le plus important à relever est celui de la culture de l’impunité, laquelle est tout simplement inacceptable ».

Pour lui, cette problématique exige un engagement politique au plus haut niveau, afin de faire en sorte que les auteurs de ces crimes soient portés devant la justice et punis.

« Le Gouvernement et les autorités militaires doivent prendre les mesures nécessaires pour faire en sorte que les commandants des éléments des forces de sécurité nationale auteurs de tels crimes soient sanctionnés au cas où ils ne prennent pas les mesures nécessaires pour prévenir et punir ces exactions commises par leur personnel », a-t-il déclaré, ajoutant que « les auteurs présumés de tels crimes appartenant aux divers groupes armés ne devraient pas être intégrés dans les forces armées congolaises ou la police nationale, quant à ceux qui en sont déjà membres, ils ne devraient pas bénéficier de promotion ».

Au terme de sa visite à Heal Africa, le Secrétaire général, a eu un entretien, au quartier général de la MONUC, avec les autorités provinciales, civiles et militaires du Nord Kivu, ainsi qu’avec le Chef de la police nationale congolaise, le Général John Numbi, Commandant des récentes opérations conjointes de l’armée congolaise et de l’armée rwandaise contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

En compagnie de M. Edmond Mulet, Sous- Secrétaire général des Nations unies pour les Opérations de maintien de la paix, de son Représentant spécial, et du Commandant de la Force de la MONUC, il a discuté de l’évolution de la situation sécuritaire, humanitaire et politique à l’Est de la RDC.

En début de soirée, avant de rejoindre ces derniers et d’autres dignitaires locaux pour un diner officiel offert par le ministre des Affaires étrangères à la base du contingent indien de la MONUC à Goma, M. Ban Ki-moon a rencontré une délégation du personnel des Nations Unies basée au Nord Kivu.

Dimanche, tôt dans la matinée, Ban Ki-moon a rendu visite aux déplacés internes du camp de Kibati, à une dizaine de kilomètres au Nord de Goma. Kibati relève d’une symbolique toute particulière dans la mesure où cette localité était située à la limite de la ligne de front lors des violents combats qui ont opposés l’armée congolaise et les rebelles lors des affrontements des derniers mois de 2008.

Dans le camp de Kibati I, accompagné par le représentant du Haut Commissariat pour les réfugiés au Nord Kivu, Ban Ki-moon a pu s’entretenir dans l’intimité avec un groupe de déplacés, qui lui ont fait part de leurs principales préoccupations.

Le Secrétaire général a fait par de sa ferme volonté et de l’engagement des Nations unies à tout mettre en oeuvre pour continuer d’apporter toute l’assistance nécessaire aux populations déplacées.

« Nous ferons tout ce qui est possible pour mobiliser les ressources nécessaires pour assister ces populations. Nous avons besoin du soutien de toute la communauté des bailleurs de fonds, du Gouvernement, de la société civile et de la communauté des organisations non gouvernementales ».

De retour à Goma, le Secrétaire général s’est ensuite envolé pour Kigali, dernière étape de sa tournée dans la Région des Grands Lacs, après la Tanzanie et la RDC, pour y rencontrer le Président Paul Kagame.

Après son entretien avec le Chef de l’Etat Rwandais, lors d’un point presse, Ban Ki moon a indiqué qu’il avait eu une discussion franche et constructive avec le Président rwandais s’agissant des questions relatives aux régions frontalières entre le Rwanda et la RDC.

« J’ai fait part au Président Kagame de ma satisfaction quant aux pas qu’il a franchi afin d’ouvrir un nouveau chapitre de l’Histoire des relations bilatérales entre le Rwanda et la RDC. Je suis encouragé par son intention d’établir des relations diplomatiques complètes avec la RDC, et de revitaliser la Communauté économique des pays de la région des Grands Lacs », a déclaré Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général de l’ONU dit avoir fait part au Président Kagamé de sa ferme conviction que la paix et le développement ne peuvent être atteints et maintenus que par un processus interne piloté par les acteurs locaux.

« Le rôle des Nations unies est d’encourager et de soutenir de tels efforts », a-t-il conclu.

RD Congo : Le Président Joseph Kabila réprime brutalement l’opposition

Deux ans après les élections, 500 morts, 1 000 détenus et de nombreuses personnes torturées

(Kinshasa, le 25 novembre 2008) – Les forces de sécurité congolaises gouvernementales ont tué environ 500 personnes et en ont détenu environ 1 000 autres, dont beaucoup ont été torturées, au cours des deux années qui se sont écoulées depuis les élections censées apporter la démocratie, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. La répression brutale contre les opposants présumés a commencé pendant les élections de 2006 qui ont porté au pouvoir le Président Joseph Kabila, et elle s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui.

Le rapport de 96 pages, « ‘On va vous écraser’: La restriction de l’espace politique en République démocratique du Congo », documente l’utilisation par le gouvernement de Kabila de la violence et de l’intimidation pour éliminer les opposants politiques. Human Rights Watch a constaté que Kabila lui-même donnait le ton et la direction en donnant des ordres pour « écraser » ou « neutraliser » les « ennemis de la démocratie », impliquant qu’il était acceptable d’utiliser une force illégale contre eux.

« Tandis que tout le monde se concentre sur les violences dans l’est du Congo, les exactions du gouvernement contre les opposants politiques attirent peu d’attention », a observé Anneke Van Woudenberg, chercheuse senior à la division Afrique de Human Rights Watch. « Les efforts pour construire un Congo démocratique sont étouffés non seulement par la rébellion mais aussi par la répression menée par le gouvernement de Kabila. »

Au deuxième anniversaire de la victoire électorale de Kabila, le 28 novembre 2006, le Congo demeure appauvri et dominé par les conflits. Les personnes qui dans l’ouest du Congo contestent les politiques gouvernementales font l’objet d’une répression brutale, tandis que dans l’est le conflit armé avec les forces du général rebelle Laurent Nkunda ont abouti à de terribles atrocités commises par toutes les parties.

Le rapport s’appuie sur des mois de recherche intensive sur le terrain et comprend des entretiens avec plus de 250 victimes, témoins et fonctionnaires. Human Rights Watch a documenté la façon dont les subordonnés de Kabila ont agi par le biais de plusieurs forces de sécurité gouvernementales – notamment la Garde Républicaine paramilitaire, une « commission secrète », le bataillon spécial Simba de la police et les services de renseignement – pour réprimer les opposants présumés à Kinshasa, la capitale, et dans la province du Bas Congo.

A la suite des élections de 2006, qui ont été largement financées par des bailleurs de fonds internationaux, les gouvernements étrangers se sont employés à gagner les faveurs du nouveau gouvernement de Kabila et ont gardé le silence sur les atteintes aux droits humains et sur l’autorité de plus en plus répressive du gouvernement. Les rapports des Nations Unies  décrivant l’implication du gouvernement dans des crimes à motifs politiques ont été délibérément enterrés ou publiés trop tardivement pour avoir un impact significatif sur les événements, selon ce qu’a constaté Human Rights Watch.

Le rapport établit que des agents de l’Etat ont particulièrement pris pour cible les personnes originaires de la province de l’Equateur ainsi que d’autres soupçonnées de soutenir le candidat présidentiel vaincu, Jean-Pierre Bemba, et aussi des adhérents du Bundu Dia Kongo (BDK), un groupe politico-religieux basé au Bas Congo qui encourage une plus grande autonomie provinciale et a recueilli un appui considérable aux élections législatives.

Au moins 500 opposants présumés du gouvernement ont été tués délibérément ou exécutés sommairement. Dans certains des épisodes les plus violents, des agents de l’Etat ont tenté de dissimuler les crimes en jetant des corps dans le fleuve Congo ou en les enterrant en secret dans des fosses communes. Des fonctionnaires ont bloqué les tentatives d’enquêtes de la part des membres de l’ONU chargés des droits humains, de défenseurs congolais et internationaux des droits humains, et de membres de la famille des victimes.

Les détentions se sont produites par vagues d’arrestations au cours des deux dernières années. Des détenus et d’anciens détenus ont décrit les actes de torture, notamment des passages à tabac, des coups de fouet et des simulacres d’exécutions, ainsi que l’utilisation de matraques électriques sur leurs parties génitales et d’autres parties du corps. Certains détenus sont restés enchaînés pendant des jours ou des semaines et nombre d’entre eux ont été forcés à signer des aveux disant qu’ils avaient été impliqués dans des tentatives de coups d’Etat contre Kabila.

A mi octobre 2008, des agents de l’Etat ont arrêté arbitrairement 20 personnes au moins à Kinshasa, originaires pour la plupart de la province de l’Equateur, dont une femme et son bébé de 3 mois. Human Rights Watch a estimé que 200 personnes au moins détenues pour des raisons politiques sont toujours incarcérées sans jugement dans des prisons au Bas Congo et à Kinshasa.

Des groupes armés associés à Bemba et des membres du BDK se sont également rendus coupables du meurtre d’agents de l’Etat et de citoyens ordinaires, notamment au cours d’incidents qui ont eu lieu au Bas Congo en février 2007 et à Kinshasa en mars 2007. Dans ces cas, la police et l’armée avait le devoir de rétablir l’ordre, mais elles l’ont fait en recourant à une force excessive.

Les autorités congolaises ont refusé de reconnaître les exactions commises par des agents de l’Etat en dépit des demandes de l’Assemblée Nationale, des médias et d’autres citoyens ou groupes. Les fonctionnaires ont prétendu que les victimes préparaient des coups d’Etat ou menaçaient d’une autre façon l’autorité de l’Etat, mais ils n’ont produit aucune preuve convaincante à l’appui de ces accusations, et une poignée d’affaires seulement ont été présentées en justice.

Les journalistes qui étaient liés à l’opposition politique ou qui protestaient contre les exactions ont été menacés, arrêtés arbitrairement, et dans certains cas torturés par des agents du gouvernement. Le gouvernement a fermé des stations de radio et des chaînes de télévision qui étaient liées à l’opposition ou qui diffusaient ses opinions. Plusieurs de ces stations ont été autorisées plus tard à reprendre leurs émissions.

L’Assemblée Nationale a tenté d’examiner la conduite du gouvernement. Les membres de l’opposition ont parfois boycotté des sessions en signe de protestation contre les exactions, avec un impact limité. Toutefois, ces efforts n’ont pas été suffisants pour stopper les meurtres ou les arrestations arbitraires massives.

Human Rights Watch a appelé le gouvernement à mettre en place un groupe de travail de haut niveau sous l’autorité du ministère de la Justice et comprenant des experts en matière de droits humains, afin de  documenter les exactions commises par des agents de l’Etat et de libérer les personnes détenues illégalement. L’organisation a aussi appelé l’Assemblée Nationale congolaise à ouvrir une enquête publique sur les exactions commises par les agents de la sécurité de l’Etat et à engager des poursuites contre les responsables.

« Le peuple congolais mérite un gouvernement qui soutienne ses droits démocratiques, et non un gouvernement qui réprime les opposants », a ajouté Anneke Van Woudenberg. « Un premier pas important consisterait à traduire en justice les fonctionnaires responsables des meurtres et des actes de torture. »

Récits tirés du rapport :

« Alors qu’ils me battaient avec des bâtons et des fouets, les soldats n’arrêtaient pas de crier : ‘On va vous écraser ! On va vous écraser !’ Puis ils ont menacé de me tuer, moi et les autres opposants à Kabila. »

– Un militant politique détenu et torturé à Kinshasa en mars 2007 par des soldats de la Garde Républicaine du Président Kabila.

« A 3 heures du matin, sept Gardes Républicains sont entrés dans la prison. Ils ont pris 10 des prisonniers, leur ont lié les mains, leur ont bandé les yeux et leur ont scotché des morceaux de carton sur la bouche pour qu’ils ne puissent pas crier. Le capitaine qui a fait ça a dit qu’il avait reçu des ordres. Il a dit qu’il boirait le sang des Equatoriens ce soir-là. Ils les ont emmenés..... Je connaissais un des gardes et j’ai demandé ce qui s’était passé. Il a dit que les autres avaient été amenés au fleuve [Congo] près de Kinsuka et tués.»

– Un officier de l’armée congolaise appartenant au groupe ethnique des Ngwakas, arrêté par la Garde Républicaine le 23 mars 2007 et détenu au Camp Tshatshi.

« Ils ont commencé à me frapper. Ils m’ont arraché mes vêtements. Ils ont pris quatre paires de menottes et ils m’ont attaché les mains derrière puis à mes pieds. J’ai été jeté par terre dans cette position... Ils m’ont envoyé des décharges électriques partout sur le corps. Ils m’ont mis la matraque électrique dans l’anus et sur mes parties génitales... J’ai tellement pleuré que je ne voyais presque plus rien. Je hurlais que je signerais tout ce qu’ils voudraient. »

– Un ancien détenu à la prison Kin-Mazière sur les ordres de la « commission secrète ».

« Kabila a pris la décision de tabasser Bemba et de lui donner une leçon. »

– Un membre du cercle des proches de Kabila juste avant les violences à Kinshasa en août 2006 à la suite du premier tour peu concluant des élections.

« Nous avons tous vu ça venir, mais à nouveau nous n’avons pas fait assez pour empêcher la crise. »

– Un conseiller militaire européen ayant des liens étroits avec l’armée congolaise à propos des violences de mars 2007 à Kinshasa qui ont fait des centaines de morts.

« Vous JED pour qui vous vous prenez ? Si vous n’êtes pas d’accord avec le régime, allez en exil et attendez que votre champion prenne le pouvoir. Si vous ne partez pas, on va vous aider à vous taire définitivement. On ne vous ratera pas. Trop c’est trop. Vous voilà averti.»

– Une menace reçue par l’organisation locale Journalistes en danger (JED) en juin 2007 après qu’ils aient exprimé leurs préoccupations au sujet de la répression contre des membres des médias.

Chaos, massacres, viols sont de retour dans l'est du pays
(Courrier International 05/11/2008)

Soutenue par le Rwanda, la rébellion de Laurent Nkunda prend le contrôle de la région de Goma. Elle se livre à des exactions – tout comme l'armée régulière – sans que l'ONU intervienne

Le Congo, gigantesque clé de voûte au cœur verdoyant de l'Afrique, d'une superficie de plus de 2 millions de kilomètres carrés, est limitrophe de neuf autres pays. Et quand ce géant fléchit, il ne tombe jamais seul. Quand l'Etat congolais a commencé à se désagréger, en 1996, sa chute a déclenché une guerre régionale. Quand il a de nouveau implosé, en 1998, il a entraîné les armées d'une demi-douzaine d'autres Etats africains. Ces deux guerres et le désordre qu'elles ont engendré auraient fait 5 millions de morts.

Le Congo semble aujourd'hui de nouveau au bord du gouffre. Ses voisins sont apparemment disposés à intervenir, d'où l'inquiétude suscitée par les affrontements relativement mineurs qui ont eu lieu la semaine dernière dans la brousse. Le pays fait donc l'objet d'une activité diplomatique intense, comme il n'en avait plus connu depuis des années. Le ministre des Affaires étrangères français, son homologue britannique, des diplomates de haut rang des Nations unies et les ténors du département d'Etat pour les questions africaines ont tous débarqué sur les rives du lac Kivu, dans la ville décrépie de Goma, d'une grande importance stratégique.

Les collines aux alentours sont solidement tenues par les rebelles, qui ont mis en déroute l'armée congolaise à la fin octobre. Et, s'ils n'avaient pas proclamé un cessez-le-feu à la dernière minute, ils occuperaient aussi Goma. "Sur le plan politique, les dégâts sont considérables", explique Koen Vassenroot, professeur de l'université de Gand, spécialiste du Congo.

Deux ans après les élections les plus chères de l'histoire de l'Afrique (financées par l'étranger), la victoire des rebelles a révélé au grand jour l'incompétence du gouvernement. Et ce en dépit de la présence imposante de la mission de maintien de la paix la plus ambitieuse de l'ONU, qui a déployé 17 000 hommes dans le pays. D'ailleurs, les résultats obtenus par cette mission sont peut-être plus inquiétants encore. Non seulement les casques bleus se sont montrés incapables de bloquer l'avance rebelle, mais ils ne sont pas parvenus non plus à protéger les populations civiles, ce qui est pourtant leur mandat.

Dans la soirée du 29 octobre, alors que les rebelles encerclaient Goma, des soldats gouvernementaux en déroute ont pillé, violé et tué avant de quitter la ville. Dans les années 1990, quand le Congo avait sombré dans une anarchie comparable, les troupes avaient adopté le même comportement. Le 30 octobre, une famille de Goma veille dans une petite pièce dénudée, entourant le cadavre de Merci, un jeune homme de 17 ans. Sous la menace de leurs armes, des soldats l'ont obligé à charger dans leur camion tous leurs biens, racontent des voisins et des parents. Puis, en guise d'adieu, avant de fuir la ville, les soldats gouvernementaux ont abattu Merci d'une balle dans le dos. Les casques bleus n'étaient pas là, bien qu'une grande base des Nations unies soit installée à deux ou trois kilomètres de la maison de Merci. "On nous a abandonnés", se lamente Safi Dayoo, mère de six enfants, qui, le soir même, a décidé de partir. Des centaines de milliers de gens comme elle sont aujourd'hui des réfugiés et manquent désespérément de vivres.

John Prendergast, l'un des fondateurs du Projet Enough, organisation de Washington qui fait campagne contre le génocide, déclare : "Ce qui est remarquable, c'est que, quatorze ans après le génocide au Rwanda, les forces de maintien de la paix des Nations unies sont toujours aussi inefficaces lorsqu'il s'agit de protéger des civils. Tout cela malgré la rhétorique sur la responsabilité, le besoin de les protéger et autres plus jamais ça. Des slogans vides de sens pour les populations d'Afrique centrale." Alan Doss, chef de la mission de l'ONU, estime qu'il était très difficile à la fois de défendre le périmètre de Goma et d'assurer la sécurité dans les rues avec une force relativement modeste de 900 casques bleus déployés sur place. "Nous sommes clairement à court de moyens. Nous ne pouvons pas faire plus."

L'Union européenne envisage d'envoyer des forces supplémentaires. Mais, pour l'heure, on semble mettre l'accent sur la nécessité de parvenir à un accord politique durable avec les rebelles. L'ennui, c'est que l'Est a toujours été ingouvernable. Et les rebelles occupant les forêts impénétrables qui surmontent les collines environnantes sont apparemment plus forts que jamais. Ils sont commandés par Laurent Nkunda, chef charismatique et fauteur de troubles qui dirige une armée de guérilla bien entraînée et bien équipée. D'ethnie tutsie, Nkunda est dépeint par les responsables congolais comme le pion du Rwanda voisin, gouverné par les Tutsis.

On ne sait pas dans quelle mesure Kigali soutient Nkunda, mais une implication rwandaise dans la région n'aurait certes rien de nouveau. Tout au long de son histoire, le Congo a été victime de l'exploitation, dès l'époque coloniale, quand le pays était contrôlé par la Belgique. Des groupes rebelles et des forces étrangères ont annexé de vastes régions du pays pour en extraire de l'or, des diamants et de l'étain, et pour en exploiter les forêts. Parfois, le gouvernement congolais a appelé certains de ses voisins à la rescousse, en quête de défenseurs dans les moments difficiles. Il y a quelques jours à peine, par exemple, Kinshasa a supplié son vieil ami l'Angola d'envoyer des troupes, comme Luanda l'avait fait en 1998, pour endiguer la rébellion de Nkunda et ce qui est perçu comme la menace du Rwanda. Près de Goma, la semaine dernière, des paysans ont dit avoir vu des soldats en uniformes rwandais se battre aux côtés des hommes de Nkunda, et rapportent que les Rwandais ont incendié des maisons et assassiné des enfants. "Je les ai vus franchir la frontière de mes propres yeux", assure Jackson Busisi, un agriculteur.


Jeffrey Gettleman
The New York Times

Le rebel Laurent Ntunda veut la logique de guerre en justifiant son action.
RDC: le gouvernement "lance la guerre" en refusant de négocier (rébellion)
AFP - 03 nov. 08 - 20h06

 

KINSHASA, 3 nov 2008 - La rébellion de Laurent Nkunda en République démocratique du Congo (RDC) a accusé lundi le gouvernement de "lancer la guerre" en refusant de négocier directement avec son chef, dont les hommes sont aux portes de la ville de Goma (est).

"En rejetant l'offre de dialogue direct avec le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), comme recommandé par le Parlement, le gouvernement vient de confirmer sa position militariste", a déclaré à l'AFP Bertrand Bisimwa, porte-parole du mouvement rebelle, interrogé par téléphone depuis Kinshasa.

"C'est un acte de sabotage (...). Le gouvernement vient de lancer la guerre contre son peuple", a-t-il estimé.

Le chef rebelle Laurent Nkunda, dont les hommes ont infligé la semaine dernière une défaite cuisante à l'armée dans l'est de la RDC, avait menacé dimanche de chasser le gouvernement si ce dernier refusait d'entamer des négociations directes. Lundi, les autorités de Kinshasa ont rejeté cette demande.

"Le peuple va se prendre en charge, c'est-à-dire se défendre face à ce gouvernement qui s'est rebellé contre le Parlement", qui avait demandé jeudi au gouvernement de dialoguer avec la rébellion, a prévenu M. Bisimwa.

"Nous pensons que la population est en droit de chasser ce gouvernement du pouvoir", a-t-il encore dit, estimant que "la prise de Goma n'(était) pas une condition pour la prise du pouvoir à Kinshasa".

Les troupes de Laurent Nkunda, qui s'étaient déjà emparées brièvement en 2004 de la ville de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu (est), sont positionnées depuis mercredi à une quinzaine de kilomètres de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu.

L'ONU a affirmé lundi que les Casques bleus déployés en RDC avaient mandat de protéger cette ville.

Le gouvernement refuse le tête-à-tête avec le CNDP, mais affirme vouloir négocier avec tous les groupes armés opérant dans les Kivu.

"Il n'y a pas de petits et de grands groupes armés. Le fait de créer un désastre humanitaire ne donne pas de droits spéciaux", selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Plusieurs mouvements armés opèrent dans l'est de la RDC, frontalier du Rwanda et très riche en minerais, depuis le génocide 1994 au Rwanda. Le CNDP représente cependant aujourd'hui la principale source d'insécurité dans la région.

La rébellion avait signé en janvier à Goma, avec d'autres groupes congolais, un accord de cessez-le-feu, mais les combats ont repris fin août entre les hommes de Laurent Nkunda et l'armée.

C'est seulement dans le cadre de ce processus baptisé Amani, né de l'accord de janvier et aujourd'hui au point mort, que le gouvernement se dit prêt à discuter.

Laurent Nkunda veut encore le sang humain : nouveaux combats dans l'est de la RDC: 20.000 civils ont fui lundi AFP - 27 oct. 08 - 16h55

GOMA (RDCongo), 27 oct 2008 - Près de 20.000 civils ont fui lundi les combats entre la rébellion congolaise de Laurent Nkunda et l'armée dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), en direction de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, selon une estimation d'un journaliste de l'AFP.

Ces déplacés, dont de nombreuses femmes avec leurs enfants, ont quitté la localité de Kibumba, située à 35 km au nord de Goma, pour fuir à pied.

Cette localité a été attaquée lundi matin par des membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda qui s'en est emparée, selon le journaliste de l'AFP.

La rébellion avait repris dimanche à l'armée congolaise (FARDC) un important camp militaire situé à Rumangabo, à environ 50 km au nord de Goma.

Depuis la reprise des combats, le 28 août, en violation d'un accord de paix signé à Goma en janvier, les affrontements entre le CNDP et les FARDC dans le Nord-Kivu ont poussé quelque 200.000 personnes de plus à fuir leur maison, avait affirmé vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.

Au total, entre 1,4 et 2 millions de civils ont été déplacés par les vagues successives de violences au Nord-Kivu, soit plus du quart des 5 millions d'habitants que compte cette province frontalière du Rwanda.


Démission du Premier ministre en RDC: un "aveu d'échec et d'incurie" (opposition) – AFP - 26 sep. 08 - 10h58

 

KINSHASA, 26 sept 2008 - Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, premier parti d'opposition en République démocratique du Congo (RDC), a qualifié d'"aveu d'échec et d'incurie" la démission jeudi du Premier ministre Antoine Gizenga, dans un communiqué reçu vendredi à l'AFP.

M. Gizenga, 83 ans, expédie désormais les affaires courantes de l'Etat en attendant la suite à sa lettre de démission présentée au président Joseph Kabila. Il avait été nommé à la tête du gouvernement fin décembre 2006.

"Cette démission constitue un aveu d'échec et d'incurie d'un gouvernement qui, après presque 2 ans de gestion, laisse le pays dans une crise générale", affirme le secrétaire général du MLC, François Muamba.

"Des grèves sont observées dans tous les secteurs, (...) l'insécurité est généralisée dans tout le pays et la guerre a repris dans l'est (...). Au plan économique, un contrat mal négocié avec des Chinois compromet les intérêts de la RDC pour plusieurs décennies", souligne le parti de M. Bemba.

"Les finances publiques n'ont jamais été aussi mal gérées au point de différer davantage les possibilités pour notre pays de voir sa dette extérieure (environ 11 milliards USD) être effacée", soutient le MLC.

Ce parti "constate et déplore cette démission tardive en dépit de nombreuses sonnettes d'alarme que l'opposition n'avait cessé de tirer".

Le MLC regrette aussi que le Premier ministre se retire "sans avoir déposé dans les délais le projet de budget pour l'exercice 2009" alors que la session budgétaire du parlement s'est ouverte depuis le 15 septembre.

L'ex-rébellion du MLC est actuellement dirigée par M. Muamba, qui assure l'intérim du sénateur Bemba, absent de RDC depuis avril 2007 et en détention depuis le 24 mai.

Arrêté à Bruxelles, il a été transféré le 3 juillet à La Haye, siège de la Cour pénale internationale qui le poursuit pour des crimes de guerre et contre l'humanité commis par ses hommes en Centrafrique en 2002-2003.

Grève des médecins en RDC: service minimum avant la levée du mot d'ordre AFP - 25 aoû. 08 - 09h48

KINSHASA, 22 août 2008 (AFP) - Les médecins du secteur public en République démocratique du Congo (RDC) ont assuré vendredi un service minimum dans les hôpitaux avant de decider quand lever le mot d'ordre de grève générale lancé lundi, selon leur principal syndicat.

"Tenant compte des avancées significatives contenues dans le protocole d'accord (conclu avec le gouvernement), et soucieux d'alléger la souffrance de la population" ont décidé d'assurer un service minimum "jusqu'à la concrétisation des engagements pris" par les autorités, annonce un communiqué du Syndicat national des médecins (Synamed) diffusé vendredi.

Vendredi, le service minimum était effectif dans les établissements sanitaires de Kinshasa, selon des sources médicales contactées par l'AFP.

Cette décision avait été prise jeudi soir au cours d'une réunion entre le Synamed et sa base qui "tient à la matérialisation des engagements pris par le gouvernement" notamment la perception effective, "dans le plus bref délai", d'avantages pécuniaires négociés.

Mercredi, un accord avait été signé entre le gouvernement et le Synamed, prévoyant un crédit supplémentaire de 2 milliards de francs congolais (3,6 millions USD) pour augmenter les salaires des médecins. Ce montant ne couvre pas l'ensemble de leurs revendications.

Selon cet accord, une première tranche devrait être libérée dès la fin août. Le Synamed a aussi obtenu la régularisation du statut de 3.500 médecins vacataires.

Les médecins espèrent que le gouvernement "fera diligence dans la matérialisation des accords en vue de relancer les dossiers pendants".

Cette grève, qui intervient huit mois après celle de 2007, était bien suivie dans les hôpitaux publics de Kinshasa et la plupart des établissements en province. Des patients ont été obligés de quitter les hôpitaux pour des centres privés et les nouveaux malades n'étaient plus admis en consultations.

Après la "grève sèche" de 2007 (sans service minimum), le gouvernement s'était engagé à répondre, à partir de juillet 2008, aux revendications salariales des médecins. Mais il n'avait pas tenu ses engagements.

Les médecins congolais exigent un "salaire décent" de l'ordre de 320.000 francs (580 USD), le paiement d'une prime "de risque" et l'apurement d'arriérés.

Actuellement, un médecin touche un salaire mensuel de 119.000 francs congolais (216 USD), prime de risque comprise.

Lutte contre la corruption en RDC: plus d'un milliard de dollars détournés par l’ex gouvernement dirigé par Joseph Kabila AFP - 23 juil. 08 - 08h35

KINSHASA, 22 juil 2008 (AFP) - Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a dénoncé mardi le "détournement de plus d'1,3 milliard USD" au terme d'un audit mené auprès de régies financières et d'entreprises publiques, a annoncé le cabinet du Premier ministre.

Deux commissions avaient été mises en place début 2008 par le gouvernement congolais pour "combattre la corruption, le détournement des deniers publics, la mauvaise gouvernance et la spoliation des immeubles et terrains de l'Etat", a rappellé mardi au cours d'un point de presse Godefroid Mayobo, ministre près le Premier ministre.

Selon lui, des actions disciplinaires ont été ouvertes à l'endroit de 53 personnes concernées par ce détournement. Les dossiers de 27 personnes physiques et morales ont été transmis au parquet général de la République par le ministre congolais de la Justice "pour instruction ou inculpation, le cas échéant".

L'enquête a porté sur trois régies financières (impots, domaines et douanes) et six entreprises publiques (eau, électricité, transports fluviaux et lacustres, import/export, assurances et voies aériennes).

Par ailleurs, 153 dossiers concernant la spoliation d'immeubles et terrains de l'Etat ont été ouverts par les enquêteurs dans les provinces de Kinshasa, Katanga et Sud-Kivu, a indiqué M.Mayobo.

Les enquêteurs doivent poursuivre leurs investigations dans d'autres régions du pays.

En avril, une ONG congolaise de lutte contre la corruption avait dénoncé d'importants détournements de fonds publics entre 2006 et 2007 et exigé des poursuites contre leurs auteurs.

La Ligue congolaise de lutte contre la corruption (Licoco) s'était dit "très préoccupée par la façon dont sont gérées les finances de l'Etat", se référant à un rapport de la Cour des comptes sur l'audit des dépenses publiques exécutées par le Trésor du 1er décembre 2006 au 28 février 2007.

Dans son rapport transmis au gouvernement en février, la Cour des comptes avait aussi constaté dans plusieurs ministères, entreprises publiques et régies financières, des dépenses "non enregistrées" ainsi que des paiements opérés en "procédure d'urgence" pour lesquels elle n'a reçu aucune justification.

Le ministre près le Premier ministre a rappelé que, dans son discours d'investiture le 6 décembre 2006, le président Joseph Kabila "avait annoncé la
fin de la récréation en ce qui concerne le comportement des dirigeants et des gestionnaires de l'Etat".

Les bailleurs de fonds, notamment la Belgique, ancienne puissance coloniale, mais aussi le Fonds monétaire international et la Banque mondiale pressent depuis des années Kinshasa de lutter contre la corruption généralisée
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RDCongo: la justice belge ouvre la voie au transfèrement de Bemba à La Haye – AFP - 02 juil. 08 - 08h34

 

BRUXELLES, 1 juil 2008 - La justice belge a ouvert mardi la voie au transfèrement de l'opposant congolais Jean-Pierre Bemba devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui entend le juger pour des crimes commis par ses forces en Centrafrique il y a six ans.

La cour de cassation belge a rejeté en fin d'après-midi un recours des avocats de M. Bemba, qui estimaient irrégulière la procédure suivie depuis l'arrestation fin mai à Bruxelles du principal opposant au président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila.

Ce recours devant la plus haute juridiction belge, qui suspendait la procédure, ayant été rejeté, plus rien ne s'oppose à son transfèrement à La Haye. Celui-ci devrait se dérouler dans les prochains jours.

Une ultime procédure est bien encore ouverte devant la cour de cassation, mais, contrairement à celle tranchée mardi, elle n'est pas suspensive.

En outre, M. Bemba, qui pourtant à réclamé sa remise en liberté devant plusieurs juridictions belges, estime à présent qu'il ne "servirait à rien de mener un combat de procédure qui pourrait prolonger inutilement la détention préventive en Belgique", a indiqué à l'AFP un de ses avocats, Me Aimé Kilolo Musamba.

Plus tôt dans la journée, l'avocat avait indiqué que la défense de M. Bemba envisageait de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU, afin que celui-ci demande au procureur de la CPI de "suspendre" la procédure envers un homme "qui a beaucoup oeuvré pour la pacification" de la RDC.

"On attendra d'abord de voir un peu comment les choses se profilent", a-t-il toutefois nuancé en soirée.

Ex-chef rebelle et vice-président de la RDC durant la transition politique dans ce pays d'Afrique centrale, M. Bemba est poursuivi par la CPI pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, dont des viols et des meurtres, commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003.

"Jean-Pierre Bemba ne craint rien de la CPI, il est totalement sûr de son innocence", a également assuré Me Kilolo, selon qui le "lien de subordination" entre M. Bemba et les troupes responsables de ces crimes n'est pas établi, ces miliciens répondant à l'époque aux autorités centrafricaines.

Quant l’union européenne ferme ses portes aux demandeurs d’asile et immigrants, le Secrétaire général de l'ONU marque la  Journée mondiale des réfugiés par un message fort. 20 juin. 08 - 14h58

 

20 juin 2008 - L’intolérance, la débâcle politique et la guerre ont une longue et funeste histoire. Toutefois, la fragilité des régimes politiques et la plongée des sociétés dans la violence catastrophique ont également provoqué un élan d’humanité conduisant à la protection de ceux qui sont obligés de fuir leur pays face aux persécutions. L’octroi d’un asile remonte à des millénaires et est l’une des premières marques de civilisation.

Aujourd’hui, le principe est fermement entériné à l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont c’est le soixantième anniversaire cette année: «Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays».

La Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés de 1951 a défini le terme «réfugié» comme s’appliquant à toute personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle.

Depuis 1951, les déplacements de population sont devenus un problème beaucoup plus complexe. Il est souvent très difficile de faire la distinction entre un réfugié et quelqu’un que la faim pousse hors d’une frontière. Les courants migratoires sont maintenant impulsés par divers facteurs interdépendants et, en raison de l’élimination des obstacles à la mobilité des êtres humains, la protection des personnes déplacées est devenue plus problématique.

Les conflits et la pauvreté, qui sont les raisons les plus communes pour lesquelles les populations sont obligées de quitter leurs foyers, sont maintenant amplifiés par les effets des changements climatiques, la pénurie croissante de ressources et le manque de produits alimentaires – facteurs qui risquent à l’avenir de renforcer l’insécurité.

Toutes ces difficultés s’intensifient du fait que c’est actuellement sur les pays en développement que retombe de manière disproportionnée la responsabilité de l’asile. Contrairement à ce que croit le public dans de nombreux pays industrialisés, ce sont en fait les pays en développement qui, malgré leurs ressources limitées, doivent supporter le poids de l’accueil d’un nombre multiplié de réfugiés.

L’année passée, le nombre de réfugiés a dépassé 16 millions dans l’ensemble du monde. J’engage instamment la communauté internationale à redoubler d’efforts pour s’attaquer aussi bien aux causes qu’aux effets des déplacements forcés de population. Il est impératif de renforcer la solidarité internationale pour que le fardeau de la protection soit partagé de manière plus équitable.

Je remercie le Haut-Commissariat pour les réfugiés et les organismes des Nations Unies qui ont œuvré de concert pour protéger et aider à rapatrier les personnes déplacées. Nous ne saurions en aucun cas oublier les personnes qui fuient les persécutions, ni ce qu’elles ont à endurer chaque jour pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Notre objectif doit pour le moins consister à faire en sorte que les réfugiés soient un jour libres de retourner chez eux en toute sécurité et dans la dignité. Cependant, en cette journée mondiale des réfugiés, il importe avant tout de réaffirmer que tous les réfugiés ont le droit de trouver asile, et n’épargner aucun effort pour leur assurer toute la protection qui leur est due.

Violences au Bas-Congo (RDC): 100 morts, graves dérapages policiers (ONU) – AFP - 13 juin. 08 - 19h11

KINSHASA, 13 juin 2008  - Au moins cent personnes, dont de nombreux adeptes du mouvement Bundu dia Kongo (BDK), ont été tuées lors d'une opération de police en février-mars au Bas-Congo, en République démocratique du Congo (RDC), selon l'ONU, qui a dénoncé vendredi un "usage excessif de la force".

C'est la première fois depuis ces violences que l'ONU communique officiellement un bilan et liste une série de violations des droits de l'Homme perpétrées par la police nationale congolaise (PNC), mais aussi des violences attribuées au BDK, dans un rapport de 36 pages rédigé par une équipe multidisciplinaire du Bureau de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) pour les droits de l'Homme.

"Le bilan officiel des incidents était de 27 morts, y compris trois policiers. L'enquête a conclu qu'au moins 100 personnes, principalement des partisans du BDK, ont été tuées pendant les opérations de la PNC lancées le 28 février 2008 dans la province du Bas-Congo (ouest)", affirme le rapport.

"Ce lourd bilan (...) a été principalement causé par l'usage excessif ou illégitime de la force par la PNC, et, dans quelques cas, par des exécutions arbitraires", poursuit le texte, citant des "cas d'exécutions de détenus" et le fait que des témoins affirment avoir vu la PNC jeter des cadavres dans une rivière "pour chercher à dissimuler des preuves".

Le rapport liste aussi des actes de "torture", des "traitements dégradants", des pillages et des incendies d'habitations ou d'églises du BDK, dans différents localités de la province.

Les enquêteurs rappellent que l'opération de police, destinée à "restaurer l'autorité de l'Etat", avait été lancée après des mois de tension au Bas-Congo, où, en février, deux hommes avaient été "brûlés vifs par le BDK" qui les accusait de sorcellerie.

Cette secte politico-religieuse affirme lutter pour la défense des intérêts du peuple Kongo et certains de ses leaders prônent la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui s'étendait au XVe siècle sur l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon.

Le rapport de l'ONU rappelle que dans certains villages, le BDK s'était "arrogé les pouvoirs de l'Etat" et était qualifié d'"organisation terroriste" par certaines autorités locales.

Toutefois, les enquêteurs soulignent que l'emploi de mitrailleuses légères, la "destruction systématique des églises et maisons du BDK" et l'arrestation de plus de 150 adeptes pourraient indiquer que les autorités avaient "comme objectif de réduire considérablement la capacité opérationnelle du BDK", interdit fin mars par le gouvernement.

L'équipe de l'ONU a aussi visité plusieurs localités où se trouvaient des fosses communes. Elle a constaté dans certains cas, comme à Manterne (sud de la province), que "bien qu'aucun corps n'y ait été retrouvé, des preuves matérielles et physiques, ainsi que des témoignages, peuvent indiquer que des corps y ont été enterrés et ont ensuite été déplacés".

La Monuc recommande l'ouverture d'une enquête par la justice congolaise, appelle le gouvernement à "prendre des mesures" afin de mieux former et équiper sa police, et le BDK à "reconnaître la légitimité" des autorités congolaises

Kabila et sa bande des incompetents - Grève des enseignants – tendant vers une nouvelle année blanche, des étudiants manifestent sur le campus de Kinshasa – AFP - 09 mai. 08 - 14h14

KINSHASA, 9 mai 2008 - Des centaines d'étudiants ont manifesté leur colère vendredi sur le campus de Kinshasa, où ils ont caillassé des véhicules et des locaux pour protester contre la grève des enseignants, entraînant une intervention musclée de la police, a-t-on appris de sources universitaires.

Des policiers ont immédiatement été dépêchés sur le campus et ont "tiré en l'air" pour disperser les étudiants, ont rapporté à l'AFP des étudiants et des membres du rectorat de l'université de Kinshasa (Unikin).

"Les policiers sont entrés dans le campus. C'est la première fois qu'ils viennent jusqu'au Home (dortoirs). C'est calme maintenant, mais ils sont restés près des locaux administratifs", a déclaré à l'AFP Angy, un étudiant de 27 ans, joint sur le campus.

Tôt dans la matinée, des étudiants ont incendié un chapiteau publicitaire récemment installé par un opérateur de téléphonie mobile et ont empêché tout véhicule de pénétrer sur le campus, jetant des pierres contre les voitures de plusieurs enseignants, selon des sources policières et universitaires.

"C'est vrai, il y a eu des jets de pierre et l'incendie du chapiteau. C'est parce que nous sommes en colère. Nous n'avons pas eu de cours depuis la fin janvier. On va vers une nouvelle année blanche. Les enseignants disent qu'ils attendent toujours des réponses du gouvernement" concernant la revalorisation de leurs salaires, a expliqué Angy.

Procès Maheshe en RDC: avocats et observateurs "menacés de mort" (ONG) – AFP - 23 avr. 08 - 14h45

 

KINSHASA, 23 avr 2008 - Quatre ONG de défense des droits de l'homme dénoncent des "menaces de mort" à l'encontre des observateurs et avocats dans le procès en appel des assassins présumés d'un journaliste congolais abattu en juin 2007 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans un communiqué reçu mercredi, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat/France), Protection international et la Commission internationale des juristes (CIJ) "condamnent les menaces de mort reçues depuis le 17 avril par trois ONG congolaises, par l'ONG Protection international et par les avocats de la défense" du procès de Serge Maheshe.

Ces organisations, qui rappellent "l'absolue légitimité de l'observation des procès au regard du droit international ainsi que le droit d'exprimer publiquement des critiques sur un procès en cours", affirment que plusieurs observateurs (nationaux et internationaux) et avocats de la défense ont reçu, par téléphone, des messages anonymes les menaçant de mort.

"Ces menaces constituent de graves atteintes au droit de défendre les droits humains", soulignent ces organisations qui demandent à l'Etat congolais "d'assurer la sécurité des défenseurs" en vue de la tenue d'un procès juste.

"La présence d'observateurs indépendants ne peut que contribuer à aider la justice congolaise à corriger les dysfonctionnements enregistrés" en première instance pour "rendre enfin justice à la famille de Serge Maheshe", indiquent-elles encore.

Journaliste de la radio Okapi (parrainée par l'ONU), Serge Maheshe (31 ans), avait été tué le 13 juin 2007 à Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu (est de la RDC).

Le 28 août 2007, le tribunal militaire de garnison de Bukavu a condamné à mort pour assassinat Freddy Bisimwa et Masasile Rwezangabo, deux civils qui avaient reconnu avoir tué le journaliste.

Sur la base des dénonciations des tueurs présumés, le tribunal avait aussi condamné à la peine capitale Serge Mohima et Alain Mulumbi Shamavu, deux amis de la victime, accusés d'en être les commanditaires.

Mais en septembre, les tueurs présumés étaient revenus sur leurs déclarations, et avaient innocenté les deux amis de Maheshe et témoins oculaires du crime, affirmant avoir subi des pressions de magistrats militaires.

En mars, l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) avait déploré le refus des magistrats du tribunal militaire de Bukavu d'examiner certaines pistes et de prendre en compte "les aveux spontanés des tireurs présumés", qui ont innocenté les deux amis du journaliste, condamnés à mort en première instance.

Plusieurs observateurs congolais au procès ont affirmé à Protection international "avoir reçu de fortes pressions à la suite de la publication de leurs communiqués au terme des audiences successives".

Elles demandent aux autorités congolaises de "réagir fermement pour condamner" ces menaces et de "veiller à ce que toutes les garanties d'un procès juste et équitable soient respectées".

Parlementaire britannique Eric Joyce: je pense que beaucoup reste encore à faire - E. Young & N. Yacoubian / MONUC - 18 avr. 08 - 17h19

 

Le député britannique Eric Joyce, Président du groupe parlementaire multipartite du Parlement britannique pour la Région des Grands Lacs, visite la RD Congo avec deux de ses collègues du 14 au 19 avril 2008. Dans un entretien, il a donné ses impressions sur l’évolution du processus de paix pour les provinces de Kivu, expliquant le contenu des entretiens que sa délégation a eus avec ses confrères du Parlement de la RDC à Kinshasa.

ENTRETIEN


Quelles sont vos impressions sur l’avancement du processus de paix au Kivu?

La dimension démocratique est nouvelle, et je pense que nous pouvons peut-être aider dans une certaine mesure


Nous avons rencontré les représentants du CNDP, des PARECO et des Mai Mai. Ils ont très clairement et intelligemment expliqué leurs causes. Quoique l’on pense des différentes disputes qui ont marqué l’histoire du processus, le fait est qu’il semble que les choses vont maintenant dans la bonne direction, et nous commençons à voir des résultats, bien qu'il y ait beaucoup plus à faire dans l’avenir.

Alors, vous êtes satisfaits des résultats de l'exécution du processus?

Oui, mais on ne devrait jamais être satisfait; on devrait toujours demander plus, et je pense que beaucoup reste encore à faire. Il est évident que les choses sont toujours fragiles dans une certaine mesure, mais après avoir parlé à certains des principaux participants, je suis très encouragé.

Quels étaient les résultats de vos entretiens avec les parlementaires congolais?

Nous avons rencontré les présidents de l'Assemblée et du Sénat. Nous avons rencontré des comités et des commissions tels que ceux chargés des ressources naturelles et des questions sociales, et je pense que nous pouvons beaucoup faire pour apprendre les uns des autres. Il y a une grande capacité politique au Congo, mais la dimension démocratique est nouvelle, et je pense que nous pouvons peut-être aider dans une certaine mesure.

Vous avez dit que les parlementaires congolais doivent développer leurs propres capacités. Comment les parlementaires britanniques vont-ils les aider?

Nous avons remarqué qu'il est très difficile au Congo de communiquer avec ses électeurs


Nous avons remarqué qu’il est très difficile au Congo de communiquer avec ses électeurs. En Grande-Bretagne, les députés communiquent à la télévision ou par lettres ou courriers électroniques, mais ceci devient plus difficile au Congo.

Nous pensons qu'il pourrait y avoir beaucoup plus de possibilité de communiquer avec les électeurs par les messages SMS grâce au téléphone portable, et par une utilisation créative de la radio. Et cela donnera aux gens une idée de ce qu’est leur représentant au parlement, et les parlementaires à leur tour auront une idée de ce que leurs électeurs veulent qu'ils fassent à Kinshasa.

Dans quel domaine les parlementaires congolais doivent-ils améliorer leur expertise?

Les parlementaires au Congo ont autant d’expertise que ceux du Royaume Uni. Ce qui est difficile pour le Congo, c’est l'élément démocratique. Ils sont très doués en politique, mais il y a des domaines pratiques où nous avons travaillé à travers les années pour être réélus comme députés, je pense que ce sont ces secteurs que nous pourrions utilement explorer avec les Congolais.

Mais nous avons également des choses à apprendre sur le Congo, par exemple comment le système politique fonctionne ici. Toutes ces choses sont importantes.

Quels sont les plus grands défis pour le Groupe parlementaire multipartite sur les Grands Lacs?

Je préside ce groupe, qui est le plus grand groupe du parlement à Londres, et cela montre l’intérêt britannique pour la région des Grands Lacs. Le premier défi pour nous est de comprendre le Congo, et de communiquer cela à nos électeurs, afin qu’ils voient combien il est important d’améliorer la qualité de vie de tous les Congolais.

Nous formons un seul monde, et plus nous rendons visite aux hommes et femmes politiques congolais et qu’ils nous rendent visite, meilleure sera la vie pour nous tous. C'est pour cela que nous annonçons ce soir la création d'une amitié parlementaire Congo-Royaume Uni.

Pourquoi le Groupe a-t-il été créé?

Le premier défi est de comprendre le Congo et de communiquer cela à nos électeurs


Il a été créé en 1998 après que l’un de mes collègues ait visité la région des Grands Lacs dans les années 90. Là, il a vu les grandes difficultés en terme de sécurité, et la pauvreté qui en résulte.

Nous pensons que si on peut commencer à renforcer la sécurité, alors la santé, l’éducation et les infrastructures dont le peuple congolais a tant besoin pourront être mis en place.

Mais on doit commencer sur plusieurs plans par renforcer la capacité sécuritaire pour sécuriser la population. En toute franchise, la MONUC fait un travail vraiment bon autant qu’elle peut, mais elle ne peut pas tout faire.

Tirs nourris devant le siège de l'ONU à Bunia (RDC) après un accidentUne maison habitée par un personnel de la Monuc à Bunia a été incendiée -  AFP - 01 avr. 08 - 08h51

 

KINSHASA, 31 mars 2008 - Des tirs nourris ont éclaté lundi devant le siège de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) à Bunia (nord-est), où la police a dispersé des manifestants en colère après un accident impliquant un véhicule onusien, a-t-on appris auprès de l'ONU.

Le calme est revenu dans la soirée à Bunia, chef-lieu du district troublé d'Ituri, après l'intervention de la police congolaise qui a abondamment tiré en l'air pour disperser les manifestants, a-t-on appris de sources sécuritaires internationales.

La Monuc a "profondément regretté" l'accident de circulation impliquant un de ses véhicules et qui a coûté la vie à la passagère d'un taxi-moto dans l'après-midi, selon son porte-parole à Kinshasa Michel Bonnardeaux, qui n'a fait aucun commentaire quant aux violences de la journée.

Selon la radio Okapi, parrainée par l'ONU, et des sources sécuritaires jointes par l'AFP, plusieurs manifestants ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du quartier général de la Monuc, protégé par des sacs de sable et des barbelés.

Plusieurs véhicules de l'ONU ont été endommagés par des jets de pierre et une maison habitée par un personnel de la Monuc à Bunia a été incendiée.

La police nationale congolaise est parvenue à disperser les manifestants, essentiellement des étudiants, et le calme était revenu dans la ville vers 17H00 GMT.

Signalons en passant que certains members du personnel de la Monuc ont été impliqué dans des graves violations des droits de l’homme comme viols and abus sexuels. Cela pourra expliquer la colére de la population.

Aucun bilan officiel de ces violences n'était disponible en fin de journée.

 

Kabila rentre à Kinshasa après un séjour dans la région troublée du Bas-Congo - le gouvernement interdit une secte politico-religieuse AFP - 25 mar. 08 - 16h54

KINSHASA, 25 mars 2008 - Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, est revenu mardi à Kinshasa, après une visite de cinq jours au Bas-Congo, province de l'ouest marquée par des violences meurtrières, a-t-on appris de source officielle.

"Le président est rentré ce matin (mardi) à Kinshasa, où il a inauguré des travaux de réfection d'une route" dans un quartier du centre de la capitale, a-t-on appris auprès d'un conseiller du chef de l'Etat.

A Matadi, capitale du Bas-Congo, M. Kabila a présidé vendredi un conseil des ministres qui a décidé de l'interdiction du mouvement politico-religieux local Bundu dia Kongo (BDK), impliqué dans des violences meurtrières avec les forces de l'ordre.

Le conseil, qui a été presque entièrement consacré à la situation sécuritaire dans la province, a annoncé "le retrait de l'agrément accordé par le ministère des Affaires sociales à l'ASBL (Association sans but lucratif) BDK", notamment accusée par le pouvoir de réclamer "l'auto-détermination du peuple Kongo" et d'encourager les troubles.

Depuis fin février, les affrontements et la répression brutale de la police, qui a systématiquement détruit des lieux de réunion et de culte du BDK, ont fait une trentaine de morts dans la province, selon des sources officielles, mais plus d'une centaine selon des sources de l'ONU et de la société civile.

Groupe d'opposition religieux sécessionniste très implanté dans le Bas-Congo, le BDK prône la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui s'étendait au XVe siècle sur l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon.

La décision gouvernementale a été vivement critiquée par le député de l'opposition Ne Kongo (originaire du Bas-Congo) Jean-Claude Vuemba, qui a affirmé que "la manière forte" n'avait "jamais résolu" les problèmes et estimé qu'une "religion n'est jamais aussi forte que quand elle est dans la clandestinité".

De leur côté, des défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé une décision illégale du gouvernement. L'Asadho, une ONG locale basée au Katanga (sud-est), a notamment estimé qu'il revenait à la justice et non à l'exécutif de retirer l'agrément d'une ASBL, "même s'il s'agit du rétablissement de l'ordre public".

A Matadi, M. Kabila a notamment reçu les représentants de la société civile, des confessions religieuses et des opérateurs économiques, avant de se rendre à Boma, ville portuaire située à environ 40 km de Matadi.

Selon son entourage, le président voulait se rendre compte de l'état des routes, des besoins des populations. "Toutes les provinces ont des revendications urgentes, car toutes ont les mêmes problèmes d'accès à l'eau, à l'électricité, aux richesses. Nous travaillons, mais cela prend du temps dans un pays qu'il faut reconstruire", a souligné un proche du chef de l'Etat.

Rattrapé par la Cour pénale internationale,  Mathieu Ngudjolo est accusé de crimes de guerre AFP - 08 fév. 08 - 08h45

 

KINSHASA, 7 fév 2008 - Caporal, déserteur puis infirmier: Mathieu Ngudjolo avait trouvé sa voie comme chef de guerre au sein des milices d'Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), avant d'être rattrapé par la Cour pénale internationale (CPI) en dépit d'une brève réhabilitation dans l'armée.

Arrêté mercredi à Kinshasa, le colonel Ngudjolo, 37 ans, a été transféré dans la nuit à la CPI dont le procureur l'accuse de crimes de guerre et contre l'humanité commis en 2003 dans le district aurifère de l'Ituri (nord-est).

Il était à l'époque un des chefs du Front nationaliste et intégrationniste (FNI), une milice créée fin 2002 avec un soutien ougandais, dont de nombreux membres, de la communauté lendu, sont soupçonnés d'avoir participé à des massacres à caractère ethnique dirigés contre les Hema.

Cet homme au visage rond piqué d'un bouc travaillé, à la charpente alourdie par des années de bonne chère venues compenser le temps des maquis, a rejoint jeudi dans les geôles de La Haye son ancien allié Germain Katanga des Forces de résistance patriotiques en Ituri (FRPI, groupe lendu) et son ennemi hema Thomas Lubanga, chef de l'Union des patriotes congolais (UPC).

Né le 8 octobre 1970 à Bunia, chef-lieu d'Ituri, Mathieu Ngudjolo Chui est issu d'une modeste famille lendu. Il embrasse rapidement la carrière militaire et devient caporal dans les Forces armées zaïroises (FAZ) de l'ex-dictateur Mobutu Sese Seko.

Quand la guerre éclate en 1996, il déserte des FAZ, qui sont balayées en huit mois par une rébellion congolaise soutenue par le Rwanda.

Pendant quatre ans, il se fait oublier et suit avec succès une formation d'infirmier à Bunia. En 1998 éclate une deuxième guerre en RDC. Il continue à soigner ses congénères.
Mais le conflit le rattrape en 2002. Il échappe de justesse à un assassinat dirigé par des membres de l'UPC, qui prenait alors le contrôle de Bunia. Il rejoint des combattants lendu.

Sa formation militaire et son charisme en font rapidement un des principaux commandants du FNI, alors allié des FRPI, selon des témoignages recueillis par une ONG locale de défense des droits de l'Homme.

En 2003, Ngudjolo "a lui-même pris part et dirigé les combattants du FNI lors de plusieurs massacres, notamment à Bogoro, Tchomia, Mandro et Bunia", selon des informations collectées par l'ONG internationale Human Rights Watch.

Le procureur de la CPI le poursuit notamment pour l'attaque de Bogoro, le 24 février 2003, qui a provoqué le "meurtre d'environ 200 civils", des "arrestations", l'"enfermement de civils dans une pièce remplie de cadavres", des "pillages" et la "réduction en esclavage sexuel de plusieurs femmes et filles".

Fin 2003, il est arrêté par l'ONU pour le meurtre d'un chauffeur de taxi-moto à Bunia, fait appel et est transféré à la prison de Kinshasa. Libéré en 2004 faute de preuve, il disparaît pendant des mois avant de ressurgir en Ouganda, où il fédère des miliciens issus de plusieurs groupes.

Il co-fonde et prend la tête du Mouvement révolutionnaire congolais (MRC), créé à Kampala en juin 2005, une milice qui continuera à semer la terreur en Ituri.

En juillet 2006, alors que près de 20.000 miliciens ont rendu les armes en Ituri, il signe un accord de paix avec Kinshasa, promettant de faire démobiliser ses hommes contre la promesse d'une amnistie générale.

Il obtient pour lui-même un grade de colonel et quitte l'Ituri en novembre 2007 pour un centre de formation militaire pour officiers dans la capitale, où il est arrêté moins de trois mois plus tard.

Le chef de la diplomatie belge dénonce un "génocide sexuel" – AFP - 18 jan. 08 - 10h56

 

BRUXELLES, (AFP) - Le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht a qualifié jeudi de "génocide sexuel" les pratiques systématiques de viols commis par les belligérants dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC).

"La situation est comparable au Darfour" - où le conflit opposant les forces soudanaises et des milices arabes à différents mouvements rebelles a fait 200.000 morts selon des organisations internationales - mais en RDC "c'est un génocide sexuel", a déclaré M. De Gucht lors de ses voeux à la presse.

Dénoncée par les ONG, la situation dans l'Est de la RDC, une ancienne colonie belge, fait l'objet d'une prise de conscience croissante de la part de la communauté internationale.

Selon la branche belge d'Amnesty International, le viol de femmes et d'enfants est devenu une "arme de guerre" destinée notamment à terroriser les combattants adverses. La pratique serait le fait des forces insurgées, mais aussi de l'armée régulière congolaise, selon l'ONG.

M. De Gucht a annoncé jeudi l'intention de la Belgique d'intensifier son action humanitaire en RDC, sans fournir davantage de précisions.

L'est de la RDC, et plus spécifiquement le Nord-Kivu, est depuis plusieurs mois le théâtre de violents affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et des soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi Laurent Nkunda.

 

De quoi Joseph Kabila est-il capable? Un malaise règne au sein des Forces armées congolaises, à la suite de l’humiliante défaite subie à Mushake: UN LOURD BILAN, humain et matériel. Que va apporter la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les Kivu.

Le soir, Colette Braeckman, jeudi 27 décembre 2007

 

Sur les six mille éléments des FARDC engagés dans la bataille de Mushake, la moitié a été mise hors de combat : 2.600 militaires ont été tués dont 2.000 policiers en tenue militaire et 600 éléments de la garde républicaine. S’y ajoutent 600 blessés pour lesquels une compagnie médicale a été dépêchée d’urgence à Goma. En plus des pertes en vies humaines, un important matériel militaire a été saisi par les hommes de Nkunda, qui leur permettra de guerroyer pendant des années encore : 6 tonnes de munitions, y compris des munitions d’hélicoptères, 45 blindés, 20 lance-roquettes, 15.000 caisses de grenades, 6000 caisses d’armes type Fall et semble-t-il meme de 15 missiles sol air.

 

Les travaux préparatoires de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les Kivu ont été officiellement ouverts, ce jeudi 27 décembre 2007, à Goma, au cours d’une cérémonie inaugurale présidée par l’Abbé Malu Malu, Président de la Commission électorale indépendante (CEI), également coordonnateur des travaux préparatoires de la Conférence. Ces travaux marque le début d’une campagne de sensibilisation à la base sur les objectifs et les résultats attendus de cette conférence prévue du 6 au 14 janvier 2008

 

Rappelons que depuis début septembre, le président Joseph Kabila avait choisi l’option militaire pour réduire la rébellion du général Laurent Nkunda, qui avait pris les armes pour défendre les Tutsis congolais qu’il assurait être menacés. Désireux de rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et de mettre en œuvre ses prérogatives constitutionnelles, le président Kabila était alors l à argement soutenu par son opinion publique, en particulier au Kivu, où il avait été élu à plus de 90 % sur sa promesse de rétablir la paix.

Cette initiative militaire était cependant désavouée par les Occidentaux : prônant une solution politique qui aurait répondu en partie aux exigences de Nkunda, ils avançaient les risques sur le plan humanitaire et mettaient en doute la probabilité d’une victoire. En septembre, afin de conjurer le président de stopper une offensive qui avait enregistré de premiers succès, les ambassadeurs occidentaux et le représentant de l’ONU, William Swing, se déplacèrent même à Goma. En novembre, les mises en garde se succédèrent et la reprise des hostilités – dont le déclenchement fut attribué à Nkunda lui-même – fut marquée par un impressionnant déploiement militaire congolais : plus de 20.000 hommes, payés et dotés de matériel neuf, encerclèrent alors les quelque 4000 rebelles de Nkunda.

 

Cependant, comme pour donner raison aux objurgations diplomatiques, les premiers succès furent rapidement enrayés : d’après des observateurs militaires, l’armée congolaise s’avéra en effet incapable de consolider des positions conquises trop rapidement, elle n’obtint pas le soutien de la Monuc – la Mission de l’ONU sur place – sur lequel elle comptait pour assurer ses arrières – les hélicoptères indiens refusèrent de prendre l’air et de fournir des compléments de munitions. Les Casques bleus se contentèrent finalement d’empêcher la chute de Sake et de Goma.

Mais surtout, il se confirme aujourd’hui que les Fardc furent victimes de trahison au plus haut niveau : à Mushake, où avait été dépêché le commandant en chef des forces terrestres, le général Gabriel Amisi dit « Tango Fort », des ordres contradictoires furent donnés, qui entraînèrent le repli des meilleurs éléments. On devait comprendre plus tard que les commandants de la plupart des brigades censées assiéger Nkunda étaient des officiers qui, comme Amisi, avaient naguère combattu à ses côtés dans les rangs de la rébellion et avaient été brassés ensuite, mais sans réellement rompre avec leur ancien compagnon d’armes !

Une Cour militaire qui vient d’être instituée au Nord-Kivu devrait pouvoir circonscrire ces trahisons mais déjà le général Amisi a regagné Kinshasa en état d’arrestation et a été placé en résidence surveillée en attendant le résultat des enquêtes.

Un autre officier de haut rang, le général katangais John Numbi, actuellement en charge de la police de Kinshasa, serait « en disgrâce ». Ces mesures suffiront-elles toutefois à apaiser la grogne au sein de l’armée ? Le bilan des pertes, qui commence à être connu, est en effet catastrophique. Sur les six mille éléments des FARDC engagés dans la bataille de Mushake, la moitié a été mise hors de combat : 2.600 militaires ont été tués dont 2.000 policiers en tenue militaire et 600 éléments de la garde républicaine. S’y ajoutent 600 blessés pour lesquels une compagnie médicale a été dépêchée d’urgence à Goma.

 

En plus des pertes en vies humaines, un important matériel militaire a été saisi par les hommes de Nkunda, qui leur permettra de guerroyer pendant des années encore : 6 tonnes de munitions, y compris des munitions d’hélicoptères, 45 blindés, 20 lance-roquettes, 15.000 caisses de grenades, 6000 caisses d’armes type Fall. Le bilan fait même état de 15 missiles sol air, mais on se demande pourquoi de telles armes auraient été envoyées au Kivu contre un adversaire qui pratique la guérilla et ne dispose ni d’armement lourd ni de moyens aériens…

L’ampleur de la débâcle et la saisie par l’adversaire d’un lot important de matériel neuf fait penser à une autre catastrophe militaire qui, en son temps, avait marqué le début de la fin pour Laurent Désiré Kabila, assassiné quelques semaines plus tard : la bataille de Pweto au Katanga, en novembre 2000. Joseph Kabila et le général Numbi avaient alors dû fuir en hélicoptère…

Le poison du soupçon ronge actuellement la très fragile armée congolaise dont bon nombre d’officiers sont issus des anciens groupes rebelles, les Katangais et les anciens militaires mobutistes déplorent avoir subi le gros des pertes et sur le front, les désertions sont massives tandis que des remous agitent les camps militaires de Kinshasa…

 

La conférence de paix de Goma va-t-elle apporté à cette population meurtrie le minimum vital?; parce que la moindre concession accordée à Nkunda et aux siens alimenterait le soupçon de trahison au plus haut niveau et provoquerait des remous au sein d’une population humiliée par la défaite son armée et privée des dividendes de la démocratie.

Trop c’est Trop! La persistance de violations des droits de l’homme en RDC

La MONUC préoccupée face aux conséquences humanitaires au Nord-Kivu –

MONUC - 26 déc. 07 - 17h07

 

Lors de la conférence de presse hebdomadaire du 26 décembre 2007, la MONUC a exprimé sa profonde préoccupation face aux conséquences humanitaires des récents combats entre forces dissidentes et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au Nord-Kivu. Elle a aussi déploré la persistance de violations des droits de l’homme en RDC, et a demandé au Gouvernement congolais de «impérativement» mettre fin à ces violences et traduire en justice les auteurs de ces crimes.

«La MONUC continue de déplorer la persistance de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire en RDC, en particulier celles commises par les FDLR et les dissidents de Laurent Nkunda ainsi que d’autres milices et groupes armés et des éléments des FARDC, de la Police nationale congolaise (PNC) et d’autres services de sécurité et de renseignement», a dit le Porte-parole de la mission, Kemal Saïki.

La MONUC a, également, rappelé qu`elle condamne fermement les violences sexuelles commises par ces groupes de même qu’elle condamne le recrutement d`enfants au sein de tout groupe armé.

Bien que les tensions soient progressivement contenues au Nord Kivu, et que les FARDC poursuivent leurs efforts de réorganisation ainsi que leurs actions d’endiguement des forces dissidentes de Nkunda, «des actions sporadiques opposent régulièrement les patrouilles des belligérants aux environs de Kalengera et de Rugari, dans le district de Rutshuru», a fait savoir la MONUC. «Parallèlement, dans le Masisi, des accrochages violents ont été notés entre des groupes Mayi-Mayi et les rebelles de Laurent Nkunda au nord-ouest de Mushake, à l’ouest de Kitchanga et aux alentours de Mweso».

La MONUC continue à apporter son assistance aux populations déplacées. Il s’agit de déplacements de populations de faible amplitude que les ONG et les agences humanitaires des Nations unies soutiennent au mieux au niveau des postes de secours et de regroupement que constituent les nouvelles bases opérationnelles de la MONUC, déployées cette semaine dans le nord et l’est ainsi que dans la partie septentrionale du Sud-Kivu.

La MONUC a encore une fois rappelé que le recrutement d’enfants dans les troupes armées est un crime de guerre et un crime contre l’humanité. Elle continue à relever le recrutement forcé d'enfants par les troupes du CNDP (Congrès national de la défense du peuple), mouvement politico-militaire de Nkunda.

«Les dernières informations font état de 200 élèves de l'école secondaire de Tongo, dans le Territoire de Rutshuru, qui auraient été recrutés de force, le 17 décembre 2007, après que leurs matériels scolaires et leur carte d'identité aient été brûlés », a indiqué la MONUC.

En ce qui concerne l’organisation prochaine de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement des Kivu qui aura lieu du 6 au 14 janvier 2008 à Goma, la MONUC a intensifié ses patrouilles aériennes et terrestres, de jour comme de nuit.

Nord-Kivu (RDC): tirs au nord de Goma (armée) – AFP - 19 nov. 07 - 17h27

 

GOMA (RDCongo), 19 nov 2007  - La tension restait vive lundi au Nord-Kivu, province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où la situation était "globalement calme" en dépit de tirs sporadiques signalés au nord de la capitale provinciale Goma, a-t-on appris de source militaire.

"Il y a eu des tirs sporadiques du côté de Rugari (environ 30 km au nord de Goma), mais la situation est calme maintenant", a déclaré à l'AFP le colonel Joseph Tokolonga, chef d'état-major de la 9e brigade des Forces armées congolaises (FARDC), déployée dans cette zone.

"Les insurgés (ralliés à l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda) ont tiré pour forcer les FARDC à réagir. Nous n'avons pas ouvert le feu", a-t-il ajouté, expliquant que les soldats dissidents avaient tenté d'identifier les positions de ses hommes dans le secteur de Rugari, en essayant vainement de les inciter à réagir aux tirs insurgés.

Fin octobre, des combats avaient opposé les FARDC et des troupes insurgées à Rugari et dans les collines de ce secteur, en territoire de Rutshuru. Les soldats ralliés à Nkunda sont positionnés non loin de Rugari et plus au nord-est, vers les localités de Runyoni et Bunagana, frontalières du Rwanda et de l'Ouganda.

Depuis la fin août, les FARDC, qui ont massé environ 20.000 hommes au Nord-Kivu, combattent quelque 4.000 soldats insurgés ralliés à Nkunda sur plusieurs fronts, dans les territoires de Rutshuru et de Masisi (nord-ouest de Goma), où l'ex-général a établi ses bastions.

R. Mountain: Grande déception dans la poursuite des auteurs des violences sexuelles - Nina Yacoubian / MONUC - 07 nov. 07 - 09h15

Avec la continuelle situation tendue à l’Est du pays et qui suscite davantage de violences sexuelles contre les femmes, nous avons évoqué la question avec le Représentant Spécial Adjoint du Secrétaire Général de l’ONU, Ross Mountain, ainsi que les efforts que la communauté internationale et le gouvernement de la RDC déploient pour résoudre ce problème.


ENTRETIEN

La violence sexuelle est-elle un vieux problème de la société congolaise ou juste une conséquence de la guerre?

La dimension tragique de ce problème est que, pendant que le conflit est quasi fini, cette pratique continue.


La tradition, d'après ce que je sais, veut que l'on s'occupe des femmes et qu'on les protège dans la société. Par conséquent, c'est en grande le résultat d'un long conflit dans ce pays.

Cependant, la dimension tragique de ce problème est que, pendant que le conflit est quasi fini, cette pratique continue, et franchement, étant donné le nombre élevé de cas, elle continue à toucher les femmes partout dans le pays.

Avez-vous des statistiques sur le nombre de victimes de violences sexuelles?

Obtenir des statistiques précises, c’est assez difficile. En général, je regrette de dire que nous avons affaire à des centaines de milliers de victimes ces deux dernières années. Par exemple, une étude menée l’année passée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sur environ la moitié des centres de santé, a fait état de 50.000 cas signalés. Si un nombre si élevé de cas ont été signalés, on peut se demander combien il y en a en réalité.

Au Sud-Kivu seul, en 2006, nous avions près de 25.000 cas. C'est un problème incroyablement grand. Ce n'est pas seulement un problème anecdotique mais un problème massif qui nécessite que, tous ensemble, nous essayions et nous nous assurions que non seulement les femmes victimes de viol et d’abus soient traitées, mais aussi que cette violence sexuelle s’arrête.

Qui sont les auteurs des la violences sexuelles?

Dans le temps, c’était des hommes en uniforme et, effectivement, ils demeurent les plus grands auteurs. Aujourd'hui, cela inclut visiblement les milices et les forces armées nationales ainsi que—là, je suis désolé de le dire—la police. Cela reste le principal groupe d'auteurs.

Cependant, la proportion des cas actuellement commis par les civils, qui ne sont pas des militaires et des hommes en uniforme, augmente en même temps. C'est un signe très inquiétant.

Le gouvernement a-t-il un programme spécial pour remédier à la situation?

La proportion des cas actuellement commis par les civils augmente. C'est un signe très inquiétant.


Le gouvernement s’est impliqué avec la communauté internationale dans ce qui est appelé l’«initiative conjointe», laquelle réunit plusieurs agences de l’ONU, la société civile tant nationale et qu’internationale ainsi que plusieurs ministres.

Ils traitent premièrement la question du traitement des victimes, tels leurs soins médicaux et la prise en charge psychosociale, et ensuite leur réinsertion dans leur propre communauté ou dans une autre à cause de la stigmatisation qui, malheureusement, persiste.

Le gouvernement est également préoccupé par la question de traduire les auteurs des violences sexuelles en justice. Je suis désolé de dire que c’est la partie la plus faible du processus. Quoique des progrès ont été réalisés du côté du traitement, et nous en avons des exemples remarquables tels que l’Hôpital Panzi et l’Hôpital MSF à Bunia, du côté de la traduction de ces auteurs en justice, les efforts ont eu des résultats très décevants.

Il y a eu des cas, dans l’Equateur par exemple, où environ soixante-dix-huit éléments du bataillon militaire ont été accusés du viol de près de 120 femmes. Avec l’appui de la communauté internationale et de la section des Droits de l'Homme de la MONUC, nous avons réussi à faire comparaître devant les tribunaux militaires près de 12 d’entre eux, dont six ont été condamnés.

Malheureusement, avec l'état actuel des prisons dans ce pays, après un ou deux mois personne n'est plus en cellule. Je donne cela comme exemple du défi auquel on doit faire face et c'est pourquoi nous travaillons avec nos partenaires du gouvernement pour voir dans quelle mesure nous concentrer spécialement sur le problème de la justice et de l’impunité. Sans cela, nous craignons que la dissuasion qui est nécessaire pour ceux qui continuent à répéter de telles pratiques n'ait pas d’effet.

Que fait la MONUC exactement?

La MONUC est très impliquée, avec la communauté humanitaire, dans la protection des civils. Nos forces militaires sont déployées autour des camps et des regroupements des déplacés internes pour assurer la protection et décourager la violence contre les civils.

Malheureusement, avec l'état actuel des prisons dans ce pays, après un ou deux mois personne n'est plus en cellule.


La MONUC s’est associée avec l’équipe des Nations Unies ici au pays, qui, dans ce domaine, est dirigée principalement par le Fonds des Nations Unies pour la Population, (UNFPA) afin d'établir un programme intégré qui traite de tous les aspects de ce problème.

Nous travaillons activement avec nos partenaires du gouvernement pour s'assurer que cela soit dénoncé à tous les niveaux et que de telles violations soient signalées. Nous faisons ce que nous pouvons, ensemble, pour nous assurer que ceux qui sont identifiés puissent être amenés devant la justice. C'est un long chemin, mais un chemin sur lequel nous nous sommes certainement engagés et nous sommes déterminés à faire des progrès.

Que font les agences humanitaires pour les victimes des violences sexuelles?

En ma qualité de coordinateur humanitaire, je dispose des fonds pour l’œuvre humanitaire. C'est l’un des domaines auxquels nous avons donné priorité pour assurer, d’abord la protection des civils et pour éviter davantage de violence, et ensuite que les victimes des violences sexuelles reçoivent le genre de réconfort et de soutien qui sont évidemment très importants.

Actuellement, nous nous occupons du conflit au Nord-Kivu où, depuis septembre, il y a à peu près 150.000 déplacés internes, y compris les femmes et les enfants. En effet, il y avait près de 350.000 déplacés depuis décembre dernier. Cela veut dire, qu'au total, nous avons près de 800.000 personnes déplacées actuellement dans cette province.

Malheureusement, nous avons vu en même temps encore une augmentation des cas de violences sexuelles dans la province, des actes perpétrés par des hommes en uniforme. C'est quelque chose à propos de laquelle les agences de l’ONU, nos partenaires des ONG, aussi bien que les forces de la MONUC, sont nettement sensibles et si inquiets qu’ils font tout ce qui est possible pour, d’une part, arrêter la violence et protéger la population, et, d’autre part, essayer d'apporter soulagement, réconfort et soins aux victimes.

 

MONUC: Notre principal souci est de trouver une solution rapide au conflit - Eoin Young / MONUC - 11 oct. 07 - 17h01

 

La situation sécuritaire dans le Nord Kivu a été marquée, ces derniers jours, par des affrontements entre les FARDC et les troupes de l'ex Général Laurent Nkunda. Général Babacar Gaye, commandant des forces de la MONUC nous explique la situation actuelle sur le terrain, et les mesures prise par la MONUC pour protéger les populations civiles.

Entretien
Quelle est la situation actuelle à Nord Kivu?
C’est une situation caractérisée par un drame humanitaire, dont on ne parlera jamais assez, bientôt 700.000 déplacés dans cette province. Une situation caractérisée par des affrontements, qui c’est vrai, à certains endroits sont des simples escarmouches, mais plus particulièrement dans la zone de Karuba et Mushake ce sont des affrontements sérieux.

On annonce une centaine de morts, et ces affrontements se sont traduits par quelques gains territoriaux par les FARDC, donc par une légère restauration de l’autorité de l’état. Et enfin c’est une situation caractérise par l’appel que Laurent Nkunda a fait hier à un cessez-le-feu, un appel que nous espérons sera suivi par l’envoi au brassage de ses éléments.

Quest ce que la MONUC fait pour protéger les populations et pour maintenir la paix?
La MONUC est très consciente dans cette situation de ce qu’elle représente pour la population. C’est ainsi que nous nous organisons avec les humanitaires, nous apportons notre soutien pour toutes les escorts ainsi que pour la sécurité des zones des personnes déplacés, mais nous sommes également très attentif a ceux que les FARDC font sur le terrain.

Nous avons pu leur apporter un certain soutien notamment en terme d’évacuation sanitaire de leurs blessés, de transport de renforts et de transport des munitions. Mais notre souci numéro un, reste vraiment qu’une solution rapide soit trouvé à une situation qui devient un drame au niveau mondiale.

Est-ce que les FARDC a fait un appel à la MONUC d’engager dans une opération conjointe?
Il est clair que les FARDC sont dans l’attente d’un soutien très importante de la MONUC. J’ai déjà dit lors de la précédente crise que ce soutien était conditionné à une planification conjointe. Une planification conjointe signifie dans notre esprit que toute les voies non agressif de régler cette crise doivent être initialement explorer avant d’en arriver à une situation extrême.

Cette planification conjointe signifie que nous apportons un soutien aux FARDC, parce que c’est notre mandat de soutenir également le processus qui est en cours. Mais je peux vous assurer nous restons une force de maintien la paix, très attentive au souffrance de la population et à la recherche permanente d’une solution pacifique aux problèmes.

Si le dissident Laurent Nkunda est prêt à faire brasser une partie de ses hommes, est ce que la MONUC est prêt?
Nous avons déployé un Base Operationelle Mobile à Mushake pour cela. Dé que l’appel été fait pour l’envoi au brassage de 500 militaires loyaux à Laurent Nkunda, malheureusement cela n’a pas pu se réaliser sur le terrain. Nous sommes prêts à nous engager pleinement dans cet envoi au brassage.

Nous sommes prêts à nous engager dans la surveillance de toutes les troupes déployées, par rapport a la sécurité des minorités dans tous ces domaines là nous sommes tout a fait disposer à appliquer notre mandat.

 

Nord-Kivu: L’existence de fosses communes - au moins neuf cadavres ont été trouvés à Rubare - Nina Yacoubian / MONUC - 19 sep. 07 - 17h28

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire du 19 septembre 2007, la MONUC a confirmé la présence d’au moins neuf cadavres visibles à Rubare, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. C’était suite aux allégations relatives à l’existence de fosses communes, qu’une équipe mixte composée de la Division des Droits de l’Homme de la MONUC et de l’Auditorat Militaire a vérifié sur place dans le cadre d’une enquête préliminaire.

L’équipe d’enquête de la MONUC a pu vérifier, le 10 septembre 2007, l’existence de trois fosses communes à Rubare, dans le camp de l’ancien état-major du 2ème Bataillon de la Brigade Bravo que les troupes ralliés à l’ex-général Laurent Nkunda ont quitté le 2 septembre 2007, a indiqué Michel Bonnardeaux, Porte-parole ad interim de la Mission.

Selon des sources locales, a-t-il ajouté, «une semaine avant le retrait du 2ème Bataillon, trente civils auraient été détenus dans ce camp, dont trois auraient réussi à s’enfuir».

La Division des Droits de l’Homme a ainsi informé, le 11 septembre 2007, l’Auditeur Militaire Supérieur et l’Auditeur Militaire de Garnison de l’existence de ces trois fosses communes. Elle leur a également remis des photos prises sur place, ainsi que des informations détaillées sur leur localisation et dimension, a déclaré le Porte-parole.

Ce n’est pas la première fois que le 2ème Bataillon de la Brigade Bravo est pointé du doigt. Selon les résultats de l’enquête conjointe de la MONUC et de l’Auditorat militaire Général sur le massacre de Buramba, toujours dans le territoire du Rutshuru, commis les 9 et 10 mars 2007, et où au moins 15 civils avaient été trouvés morts, les militaires de ce bataillon seraient les responsables de ce massacre.

Par ailleurs, la Division des Droits de l’Homme poursuit la vérification des allégations selon lesquelles ces militaires auraient, à plusieurs reprises, procédé à des exécutions arbitraires de prisonniers avant de se retirer de leurs positions militaires, a conclu M. Bonnardeaux.

Pour rappel, la province du Nord-Kivu a été le théâtre d’affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les soldats d’ex-général Nkunda, du 27 août jusqu’au 6 septembre dernier, date à laquelle une cessation des hostilités a été impose.

Nord-Kivu: plus d'une centaine de morts en une semaine, selon l'armée AFP - 03 sep. 07 - 14h38

 

GOMA (RDC), 2 sept 2007  - Les combats entre soldats loyalistes et insurgés ralliés au général déchu Laurent Nkunda ont fait plus d'une centaine de morts depuis une semaine au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un bilan communiqué dimanche par l'armée.

A Katale, localité située à plus de 50 km au nord-ouest de Goma (capitale du Nord-Kivu), "les insurgés ont perdu 97 hommes" jeudi, tandis que "trois morts et 33 blessés", dont trois "très gravement touchés", ont été enregistrés du côté des loyalistes, a déclaré à l'AFP le colonel Delphin Kahimbi, commandant en second des Forces armées congolaises (FARDC) au Nord-Kivu.

Des combats à l'arme lourde avaient duré plus de quatre heures dans cette localité du territoire de Masisi où quelque 1.500 insurgés avaient tenté en vain de s'emparer du quartier général d'une brigade gardé par moins d'un millier de loyalistes.

Des Casques bleus envoyés en patrouille dans le secteur après les hostilités, notamment pour évacuer les blessés, ont fait état de "pertes importantes" du côté des insurgés, sans pouvoir établir un bilan précis, a indiqué à l'AFP Sylvie van den Wildenberg, porte-parole de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) à Goma.

Les combats les plus intenses ont eu lieu à Katale, mais d'autres accrochages ont fait au moins une dizaine de morts, dont des civils, depuis le 27 août dans différentes localités du Masisi, selon des sources militaires congolaises et des témoignages d'habitants.

Une trêve fragile s'est installée jeudi après-midi et était respectée dimanche, en dépit d'accrochages en fin de semaine à Ngungu (sud du Masisi), d'où des combattants "nkundistes" ont été chassés par des éléments de la 14e brigade "intégrée" venus du Sud-Kivu voisin, selon le colonel Kahimbi.

"Il y a encore eu de petits affrontements ce matin (dimanche) entre Ngungu et Karuba, mais ils (les insurgés) se sont retirés rapidement, après quelques échanges de tirs", a-t-il ajouté.

Le colonel Kahimbi a par ailleurs confirmé l'arrivée progressive de renforts de l'armée au Nord-Kivu, annoncés jeudi par le ministre de la Défense, Diemu Chikez.

Ces troupes doivent prendre "la relève" de toutes les troupes non encore passées par le "brassage", processus national de réforme de l'armée visant la formation et l'intégration de tous les combattants de la dernière guerre en RDC (1998-2003) au sein de brigades dites "intégrées".

Avec sa majorité, Joseph Kabila est toujours incapable d’apporter la paix: la Situation toujours tendue dans l'Est du pays déclare la MONUC - 25 juil. 07 - 18h26

 

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire de ce mercredi 25 juillet 2007, la MONUC a souligné la préoccupation des Nations Unies sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, particulièrement dans les Kivu, où il y a des graves conséquences humanitaires à cause du conflit, dont le déplacement interne de quelques 700.000 personnes dans la région.

Dans une déclaration faite à New York, le vendredi 20 juillet 2007, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, s`est dit profondément préoccupé par la détérioration de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord et du Sud Kivu. C’est ce qu’a rapporté le Porte-parole de la MONUC, Kemal Saïki.

Ban Ki-Moon a également exhorté le Gouvernement de la République démocratique du Congo et toutes les parties concernées à poursuivre un dialogue inclusif dans les Kivu. Il a appelé les partenaires régionaux et internationaux à soutenir les efforts visant à atténuer ces tensions dans la région, a indiqué M. Saïki.

Par ailleurs, au cours d'une patrouille effectuée dans la matinée de ce mardi 24 juillet, sur l'axe Rutshuru-Nyamilima, plus précisément dans la localité de Katweguru, les Casques bleus de la brigade du Nord Kivu ont découvert cinq corps sans vie dans une bananeraie, a dit le Porte-parole.

«Toutes les victimes étaient des hommes adultes, en vêtements civils, dont les mains avaient été ligotées. La mort de ces personnes remonterait à quelques jours. Pour l'instant, ni l'identité des victimes ni celle des auteurs de ces meurtres ne sont connues. La MONUC fera tout ce qui est en son pouvoir, en collaboration avec la justice congolaise, pour faire la lumière sur l'assassinat de ces cinq personnes», a expliqué Kemal Saïki.

En outre, le 21 juillet dernier, un médecin et un conducteur de motocyclette ont été assassinés à Muranga dans le territoire de Masisi, par des hommes armés non identifiés. Les assaillants ont emporté argent et téléphones après leur forfait.

Au Sud Kivu, l’actualité a été marquée, selon le Porte-parole militaire, le major Gabriel de Brosses, par des opérations contre les dissidents banyamulenge menées par les FARDC. Le bataillon spécial des FARDC s’est emparé, le 21 juillet, de la ville de Moramvia qui était le poste de contrôle des dissidents Banyamulenge du Major Rukumba.

Le bilan des combats est de quatre morts au sein des FARDC et d’une dizaine de blessés. Les pertes des dissidents Banyamulenge ne sont pas connues, et les miliciens se sont enfuis dans la direction de la forêt d’Itumbwe et de Rubanga.

La MONUC condamne fermement tous ces meurtres, demande à ce que cessent les actes de violence qui continuent d’affecter les provinces du Sud et Nord Kivu et exige qu’il soit surtout mis fin à l’impunité qui rend de tels actes possibles.

Selon des informations compilées par la section des Affaires civiles de la MONUC (CAS), le nombre des expulsés congolais d’Angola dépasserait désormais les 26.500, soit une très nette augmentation par rapport aux dernières données diffusées la semaine passée.

Ces retours ont lieu dans des conditions très difficiles. De nombreux cas de viols, de tortures et de racket, commis aussi bien par les forces de sécurité angolaises que congolaises, notamment aux postes frontières.

A Kananga, la CAS a facilité ce mardi 24 juillet, une réunion sur les conséquences humanitaires de cette crise avec les autorités locales, les agences de l’ONU et les acteurs humanitaires. Il a été notamment recommandé aux forces de sécurité de respecter et d’appliquer les principes du droit humanitaire et de faciliter l’accès des denrées alimentaires à la zone et des réfugiés aux terres environnantes.

Dans la même province, des distributions de médicaments et de biens non alimentaires sont en cours et une mission d’évaluation d’experts de l’Organisation internationale pour la migration (OIM) doit avoir lieu prochainement.

A la fin de la conférence, il a été aussi annoncé que le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, William Swing, recevra ce samedi 28 juillet 2007, à l`Université de Lubumbashi, un diplôme de Docteur Honoris Causa en Science Politiques
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Nord-Kivu (RDC): l'ONU dénonce l'"insécurité grandissante" et l'impunitéAFP - 11 juil. 07 - 17h49

 

KINSHASA, 11 juil 2007 (AFP) - La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) a dénoncé mercredi l'"insécurité grandissante" dans la province du Nord-Kivu (est), où se sont récemment multipliés les enlèvements, meurtres ciblés et attaques contre les populations civiles.

"Les populations du Nord-Kivu ont le légitime sentiment d'une insécurité grandissante", a déclaré Kemal Saïki, porte-parole de la Monuc au cours d'un point presse à Kinshasa.

Les cas de "harcèlements, pillages et autres exactions telles que des déplacements forcés de civils" commis "dans leur grande majorité par les FDLR (rebelles hutus rwandais), les forces de sécurité congolaises (...) et des groupes armés irréguliers" sont "en augmentation ces dernières semaines", a-t-il indiqué.

"Il faut que cessent les actes de violence, aveugle ou ciblée, qui affectent depuis trop longtemps cette partie du pays et qu'il soit mis fin à l'impunité qui rend de tels actes possibles", a déclaré M. Saïki, réitérant la ferme condamnation de la Monuc des derniers assassinats de notables dans la région.

La Monuc a à nouveau exigé qu'une enquête sérieuse soit menée pour arrêter et condamner les assassins du chef de l'ex-rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) au Nord-Kivu, visiblement "battu à mort" et dont le corps a été retrouvé lundi à Goma, la capitale de la province.

La Mission s'est par ailleurs déclarée "fortement préoccupée du sort du président du Parti national Maï-Maï (Panam), Célestin Kambale Milonga, arrêté à sa résidence de Goma le 24 juin dernier par des militaires (...) et dont on est sans nouvelle à ce jour".

Elle a lancé "un appel urgent aux autorités militaires pour qu'elle respectent les procédures judiciaires existantes s'agissant de la détention des personnes".

Peu avant son arrestation, M. Kambale avait vivement critiqué des nominations - par le président Joseph Kabila - au sein de la hiérarchie militaire, estimant que les officiers Maï-Maï avaient été injustement écartés des postes importants.

Selon ses proches contactés par l'AFP, M. Kambale aurait été transféré dans un cachot de l'agence de renseignements militaires à Kinshasa, ce qu'aucune autorité militaire n'a confirmé.

Le porte-parole militaire de la Monuc, le major Gabriel de Brosse, a par ailleurs indiqué que des combats étaient régulièrement signalés dans la province entre rebelles hutus des FDLR et militaires congolais des brigades "mixées" - constituées pour moitié d'ex-insurgés fidèles au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda et déployées depuis fin janvier.

Des affrontements sporadiques opposent toujours des factions Maï-Maï rivales dans le nord de la province, a-t-il ajouté.

La Monuc a renforcé sa présence dans la région, où elle a déployé "six bases opérationnelles mobiles" dans des localités situées dans des zones de conflit, et effectue "600 patrouilles par semaine", a-t-il précisé.

Toutefois, M. Saïki a souligné "le paradoxe de la Monuc", qui est à la fois la plus importante opération de maintien de la paix de l'ONU avec 17.600 hommes, et la plus petite au regard de l'immensité du territoire de la RDC, avec "un Casque bleu pour 130 km2".

Bukavu : 10è personne tuée par les hommes armés depuis début juin - 28 Juin 2007 à 12:19:05

Une personne a été tuée la nuit de mercredi à jeudi par balle à son domicile à Bukavu dans un quartier populaire de la commune de kadutu. Tôt ce matin, la population en colère a mis la main sur un présumé assassin et l’a par la suite lynché L’autorité urbaine invite les habitants à éviter de se rendre justice.
Rapporte radiookapi.net

Ce sont des hommes en armes qui ont attaqué tard dans la nuit une habitation dans la commune de Kadutu.
Selon Enoch Katando, bourgmestre de cette commune, les assaillants ont ensuite tiré à bout portant sur le propriétaire de la maison. La même source précise qu’ils ont également emporté une somme importante d’argent ainsi que plusieurs effets de la maison.
Peu après le crépitement des balles autour de l’habitation de la victime, les jeunes du quartier ont suivi les traces des assaillants. Ces derniers se seraient cachés dans une boite de nuit de la place.
Le bar a été quadrillé tôt ce matin par la population et une personne supposée avoir participé à l’attaque a été retrouvée dans le plafond. La population s’est ensuite saisi d’elle et l’a tabassé à mort. C’est le 2e cas de justice populaire est enregistré à Bukavu en l’espace d’un mois.
La police a, par la suite arrêté une femme supposée propriétaire du bar pour raison d’enquête.
Depuis le début de ce mois de juin près de 10 personnes ont été tuées par balles et à chaque fois les hommes en armes et en tenue militaire ou civile ont été indexés par la population.
Noter aussi qu’un conseil de sécurité au sujet des cas d’assassinat à répétition a été vite convoqué ce matin à la mairie de bukavu.

Par Radio Okapi

Un retour prochain de Bemba à Kinshasa paraît de plus en plus improbable - AFP - 09 juin. 07 - 11h50

 

Un retour prochain à Kinshasa du chef de l'opposition de la République démocratique du Congo Jean-Pierre Bemba, en exil sanitaire au Portugal depuis la mi-avril, paraît de plus en plus improbable à trois jours de l'expiration de son autorisation de sortie de RDC.

En quittant Kinshasa, sous escorte de blindés de l'ONU dans la nuit du 10 au 11 avril, trois semaines après des combats sanglants entre sa garde rapprochée et l'armée régulière, l'ancien vice-président Bemba avait assuré qu'il ne partait que "quelques semaines" pour faire soigner une vieille fracture à une jambe dans une clinique de Lisbonne.


Mais alors que son autorisation officielle de sortie du territoire expire dans trois jours, le sénateur Bemba, adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle d'octobre 2006, ne semble pas prêt de regagner son pays.

"La situation est bloquée. Il n'y a aucun dialogue entre les parties. Bemba veut des garanties de sécurité et le camp Kabila n'est pas pas prêt à la moindre concession", affirme un observateur occidental ayant requis l'anonymat.

Le président de l'ex-rébellion du Mouvement de libération du Congo (MLC) s'était réfugié le 22 mars dans une résidence de l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa, au premier jour des affrontements entre sa garde rapprochée et l'armée.

Elu sénateur en janvier, M. Bemba avait refusé de voir les soldats affectés à sa garde du temps où il était vice-président d'un gouvernement de transition (2003-2006) intégrer les rangs de l'armée régulière, estimant que sa sécurité n'était pas garantie.

Les combats à l'arme lourde au coeur de la capitale avaient fait entre 200 et 500 morts, selon des sources diplomatiques, et les troupes fidèles à l'ex-chef rebelle avaient été totalement défaites.

M. Bemba avait pu quitter la RDC après avoir obtenu du Sénat une autorisation de sortie du territoire "pour raisons médicales" de 60 jours, qui expire le 11 juin.

A partir de cette date, ses absences à la Chambre haute seront comptées et, selon le règlement intérieur du Sénat, il perdra automatiquement son mandat en cas d'absence non justifiée à plus d'un quart des séances d'une session plénière.

Mais, selon son entourage, "il n'a toujours pas de garantie de protection alors que selon l'accord du 29 octobre (passé entre les deux présidentiables le jour même du vote) prévoyait que le gagnant s'engageait à assurer une +sécurité rapprochée+ au perdant".

Le MLC devrait s'exprimer officiellement dans "quelques jours". M. Bemba se refuse pour le moment à toute déclaration.

Dans le camp Kabila, le ton est clair: "Qu'il rentre si il veut. Il aura droit aux 12 policiers prévus par le décret présidentiel (de novembre 2006) pour chacun des anciens vice-présidents", affirme un conseiller.

Pour un autre observateur, "le retour de Bemba n'arrange personne. Il est difficile de savoir s'il veut réellement lui-même rentrer, alors que la justice a demandé (en avril) la levée de son immunité parlementaire".

Contacté par l'AFP, le procureur général Tshimanga Mukeba réaffirme que "si les immunités de M. Bemba, accusé notamment d'atteinte à la sûreté de l'Etat, sont levées comme nous l'avons demandé, il sera poursuivi devant la Cour suprême de justice".

Si son exil sanitaire devenait officiellement politique, se poserait la question de l'avenir d'une opposition parlementaire décapitée et déjà très divisée, estime un analyste politique.

Au delà, c'est le devenir de la transition démocratique en RDC qui sera en question, selon cette source qui s'interroge sur la position que prendra la communauté internationale qui "a investi plus de 500 millions de dollars dans les élections" de 2006 et s'est engagée à "accompagner la reconstruction du pays" ravagé par près de cinq ans de guerre (1998-2003).

RDC: le procureur général demande la levée de l'immunité du sénateur Bemba – encore des affrontements en vue si le Senat leve l’immunité de Bemba!  AFP - 13 avr. 07 - 11h01

 

KINSHASA, 12 avr 2007 (AFP) - Le procureur général de la République démocratique du Congo, Tshimanga Mukeba, a demandé mardi au Sénat la levée de l'immunité de l'ex-vice-président congolais et sénateur Jean-Pierre Bemba, une démarche immédiatement dénoncée par le parti de l'ex-chef rebelle.

Cette demande fait suite à l'ouverture d'une information judiciaire par le parquet général le 23 mars sur les affrontements sanglants entre l'armée régulière et la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba en plein coeur de
Kinshasa les 22 et 23 mars derniers.

"J'ai le pouvoir de demander la levée de l'immunité du sénateur Bemba. J'ai envoyé un courrier au Sénat en ce sens", a déclaré à l'AFP M. Mukeba.

M. Bemba a quitté mercredi la RDC pour des soins médicaux au Portugal, avec l'autorisation du Sénat. Il était depuis le 22 mars "hébergé" dans une résidence de l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa.

Dans ce courrier adressé au président provisoire du Sénat et reproduit jeudi par le quotidien L'Observateur, M. Mukeba demande d'"autoriser les poursuites à charge du sénateur Jean-Pierre Bemba pour permettre (...) d'appronfondir les investigations et à l'intéressé de présenter ses moyens de défense".
M. Mukeba, qui présente dans son courrier un résumé succinct des violences des 22 et 23 mars, conclut que "certains des faits exposés (...) peuvent être mis à charge du sénateur Bemba en tant qu'auteur intellectuel des infractions commises par des militaires chargés de sa sécurité".

La garde rapprochée de M. Bemba, qui a combattu le régime de Kinshasa pendant la dernière guerre en RDC (1998-2003), a été totalement défaite par l'armée régulière lors de ces combats.
Interrogé par l'AFP sur les charges pouvant être retenues contre M. Bemba, M. Mukeba a énuméré les qualifications de "meurtres, vols à main armée et destructions méchantes", le meurtre étant passible de la peine de mort en RDC.
La peine capitale, encore prononcée régulièrement, n'a plus été appliquée depuis 2003 dans le pays.

Le parti de M. Bemba, le Mouvement de libération du Congo (MLC), a qualifié jeudi de "manoeuvre politique" cette demande de levée d'immunité.
"Nous sommes désagréablement surpris de voir que l'esprit d'apaisement qui a animé les tractations pour le départ (au Portugal), pour soins médicaux, de Jean-Pierre Bemba est remis en cause par ce courrier du procureur général", a déclaré à l'AFP le secrétaire exécutif national du MLC Thomas Luhaka.
"Cette précipitation nous pousse à penser qu'il s'agit d'une manoeuvre politique. Cette lettre est de nature, dans l'intention de ses auteurs directs ou indirects, à créer un obstacle à un retour rapide de Jean-Pierre Bemba" en RDC, a ajouté M. Luhaka, joint au téléphone par l'AFP.
La demande de levée d'immunité du sénateur Bemba doit être étudiée par le bureau provisoire du Sénat. Cependant, selon plusieurs sénateurs interrogés jeudi, cette demande ne pourrait être soumise au vote des sénateurs qu'une fois le règlement intérieur du Sénat validé par la Cour suprême de justice (CSJ). Ce règlement intérieur a été transmis le 5 avril par le sénat à la CSJ qui disposait à compter de cette date de 15 jours pour rendre son avis. "Je m'étonne que le procureur général saisisse le bureau provisoire, dont les pouvoirs sont limités, d'une institution (le Sénat) qui n'a pas encore son règlement intérieur", a estimé sur ce point M. Luhaka.
Selon ce règlement, adopté également par les élus du parti d'opposition de M. Bemba, l'immunité ne peut être levée que par un vote des deux tiers des sénateurs.

RDC : le MLC de Bemba dénonce une volonté d'"anéantissement de l'opposition" - Le Président Joseph Kabila risque de sombrer le pays et de payer cher dans sa politique de violence – AFP - 09 avr. 07 - 09h17

 

KINSHASA, 8 avr 2007 (AFP) - Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de l'ex-vice président Jean-Pierre Bemba a dénoncé dimanche dans un communiqué l'installation en République démocratique du Congo (RDC) d'"un climat de terreur" visant à "l'anéantissement de l'opposition politique".

Le premier parti d'opposition de RDC "condamne fermement" des "arrestations arbitraires" et "actes d'intimidation" contre ses cadres et militants, ainsi que l'occupation de son siège par la garde présidentielle depuis les affrontements meurtriers des 22 et 23 mars à Kinshasa.

Ces combats entre l'armée régulière du président Joseph Kabila et la garde rapprochée du sénateur Bemba - qui a été totalement défaite - ont fait plus de 200 morts, selon des sources diplomatiques.

Depuis le 22 mars, Jean-Pierre Bemba est "hébergé" dans une résidence de l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa, dans l'attente d'une évacuation sanitaire vers le Portugal, officiellement pour soigner une ancienne fracture.

Le MLC dénonce "le pillage des résidences" à Kinshasa de son secrétaire général François Muamba et du gouverneur MLC de l'Equateur (nord-ouest) José Makila, ainsi que de nombreuses "perquisitions domiciliaires par des hommes en armes sans aucun mandat des autorités judiciaires".

Il demande "au gouvernement et au chef de l'Etat de s'investir activement pour faire cesser cette dérive qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur la paix et la stabilité institutionnelle de notre pays".

A la communauté internationale, le MLC demande "de poursuivre ses efforts dans le but de recadrer le processus de démocratisation" en RDC, après les élections de 2006 qui ont mis un terme à une difficile transition politique entamée en 2003 après une guerre de près de cinq ans.

Le parti de M. Bemba réitère quant à lui "son engagement à lutter pacifiquement (...) pour l'avènement de la démocratie, d'un Etat de droit et de la bonne gouvernance, préalables indispensables au développement de notre Nation".

Il appelle enfin ses militants à "ne pas céder à la peur ni au découragement".

Ex-rébellion muée en parti politique à la fin de la dernière guerre, le MLC est le second parti de l'Assemblée nationale, avec 64 élus. Son président Jean-Pierre Bemba a obtenu en octobre 2006 près de 42% des voix contre le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila, au second tour de l'élection présidentielle.

600 morts : Kabila ignore qu’il fait face à JP Bemba qui a 42 % de la population derrière lui. L' UE (Union Européenne) est indignée par le recours à la force à Kinshasa - Biliaminou Alao / Monuc - 27 mar. 07 - 15h58

 

Les chefs de Mission des Etats membres de l’Union Européenne en RD Congo ont lu à la presse, le 27 mars 2007, une déclaration dans laquelle ils expriment leur « indignation » suite aux graves affrontements armés qui ont eu lieu à Kinshasa du 22 au 25 mars 2007. Selon l’ambassadeur de l’Allemagne, le nombre des morts pourrait atteindre 600.

Les représentants de l’UE « déplorent le recours prématuré à la force alors même que toutes les voies de négociation n’étaient pas encore épuisées ». Comme l’a précisé l’Ambassadeur d’Allemagne, Karl-albrecht Wokalek «l’Union européenne négociait depuis 10 jours avec les deux parties, on était sur la voie du dialogue pour trouver une solution au désarmement de la garde de l’ex vice-président».

Unanimement, les Chefs de Mission des Etats membres de l’Union Européenne en RD Congo ont exprimé leur « indignation » suite aux affrontements armés qui ont opposé les FARDC, la Garde Républicaine et la Police nationale congolaise, d’un coté, et les éléments assurant la protection du Sénateur Jean Pierre Bemba de l’autre.

Aussi, ils déplorent les moyens militaires déployés qui se sont «avérés inadaptés » car ils ont causé « la perte de nombreuses vies humaines parmi lesquelles des civils».

Par ailleurs, ils condamnent les pillages et les viols commis par « les militaires des deux camps » et demandent aux autorités congolaises d’appeler les forces de l’ordre « à la retenue et à la discipline ».

Garantir la libre expression

De même, ils demandent aux autorités congolaises «de tout mettre en œuvre pour garantir la libre expression de toutes les opinions politiques», notamment celle de l’opposition. C’est pourquoi l’Ambassadeur du Royaume Uni, Andy Sparkes, a attiré l’attention sur le fait que «M. Bemba a gagné 42% du vote du peuple congolais et quoi que l’on pense des événements des derniers jours, cela lui donne une certaine importance sur le plan politique. Et la stabilité de ce pays est attachée à ce qui arrivera à M. Bemba». L’Ambassadeur d’Allemagne a ajouté qu’il «doit y avoir un cadre pour l’opposition politique pour manœuvrer dans un système démocratique républicain de type parlementaire».

«Le processus a été gravement blessé et il faut absolument le guérir », a renchéri l’ambassadeur du Royaume Uni. Aussi, « il faut un nouvel esprit de réconciliation et nous voulons voir un vrai engagement de la part des autorités d’accepter le rôle légitime et important d’une opposition démocratique, et de réaffirmer l’importance de la liberté d’expression dans ce pays ».

Respect des Droits de l’Homme et de la Convention de Vienne

L’Union Européenne « exige » par ailleurs le respect des Droits de l’Homme et du Droit international humanitaire et demande que les auteurs des crimes et pillages soient jugés. Aussi, les Chefs de Missions des Etats Membres ont « prix acte des excuses des autorités congolaises » en ce qui concerne la violation de la protection des missions diplomatiques ainsi que de leurs agents.

Cependant, l’Ambassadeur du Royaume Uni a tenu a affirmer qu’il y « a toujours dans le pays, un esprit de guerre; et c’est un esprit de guerre comme la malaria. Nous avons pensé que nous l’avions guéri avec une grande dose de quinine avec des élections libres et transparentes. Il faut finalement pour le bien être du peuple l’éradiquer». Il propose de « remplacer cet esprit de guerre par un esprit de réconciliation et d’inclusivité » car « c’est la seule voie pour la stabilité dans ce pays ».

L'ambassadeur de l'Union Européenne au Congo, Carlo de Filippi, a pour sa part estimé que « nous devons continuer à travailler pour faire en sorte que ce dialogue, cette inclusivité aient le dessus sur la violence. Pour que la démocratie soit effective, il faut créer les conditions pour qu’elle s’exprime ». Et il y faut « un cadre politique et législatif ». « Et nous comptons travailler sur ce cadre pour que l’investissement et l’aide au développement puisse être encore plus effectif ». Dans ce cadre, « il y a un pilier important, c’est la réforme du secteur de sécurité… qui nécessite une réforme en profondeur ».

C’est cette nécessité qui amène l’Ambassadeur d’Allemagne a déclaré que « les Ambassades d’Italie, de Grèce et d’Espagne ont essuyé des attaques directes de leurs bâtiments qui sont protégés par la convention de Vienne ». Et l’Ambassadeur d’Italie, Léonardo Baroncelli, de préciser qu’en particulier l’Article 22 de cette convention « prescrit l’inviolabilité d’une mission diplomatique, de la résidence du chef de la mission et l’obligation spéciale de l’Etat créditaire de prendre toutes les mesures appropriées pour garantir que les locaux des missions diplomatiques ne soient pas envahis ou endommagés, que leur paix ne soit pas troublée et que leur dignité ne soit pas amoindrie».

L’Ambassadeur de la Grèce, Ioannis Christofilis, a souligné avoir obtenu la promesse des autorités congolaises qu’il y aura une enquête officielle pour « trouver qui et avec quelle responsabilité, sous quelles conditions, ou pour quelle raison on a visé concrètement le drapeau grec et l’ambassade » ainsi que « l’ambassade d’Espagne avec des tirs d’armes lourdes tout comme les bâtiments de l’UNICEF et de la BIAC qui travaille pour le développement de ce pays ».

Néanmoins, ils ont tous estimé que ces violations ne doivent pas constituer un chantage par rapport à l’aide qui bénéficie au peuple congolais pour contribuer à le sortir de la pauvreté. C’est pourquoi l’Ambassadeur d’Allemagne a précisé que « l’aide est pour le peuple congolais et non pour le gouvernement. On n’utilise pas l’aide comme une arme contre le peuple congolais ».
Enfin, l’Ambassadeur de la Grande Bretagne a conclut en disant : «nous sommes ici devant vous pour exprimer notre solidarité avec peuple congolais qui a beaucoup souffert ».

150 morts après deux jours d'affrontements dans la Capitale - Eoin Young / MONUC - 24 mar. 07 - 17h47

 

Le calme est revenu à Kinshasa ce samedi 24 mars 2007, après deux jours d'affrontements dans le district de la Gombe, au centre de la capitale, entre la garde de l’ex-vice-président Jean-Pierre Bemba et les Forces armées congolaises (FARDC) qui ont fait au moins 150 morts et un nombre indéterminé des blessés.

Parmi les morts et les blessés figurent des membres de la garde de J. P. Bemba et de la Police nationale congolaise ainsi que des soldats des FARDC et des civils.

Le calme retourne lentement à Kinshasa où l’activité reprend dans le centre administratif, bien que la majorité de magasins restent fermés à la Gombe suite aux pillages dont plusieurs commerces ont été victimes durant les deux jours de conflit.

Pour sa part, «la MONUC vient d'installer un point de regroupement qui restera ouvert jour et nuit à l'usine de mousse au sud de l'aéroport de N'Dolo à Lumumba. Sécurisé par des casques bleus sénégalais, ce point permettra d'accueillir les hommes de la garde de JP Bemba qui souhaitent se présenter ou s'y rendre et de leur apporter des soins s'ils sont blessés», a dit le Lieutenant-colonel Didier Rancher.

Les casques bleus de la MONUC continuent à effectuer des patrouilles à la Gombe et dans les autres districts de la capitale.

Le gouvernement congolais a exigé aux gardes de J. P. Bemba "de se présenter dans les camps militaires où ils seront enregistrés pour pouvoir servir la Nation sous son drapeau».

Hier, dans une déclaration officielle, le gouvernement a fait savoir que, conformément à la Constitution, Jean-Pierre Bemba avait «trahi la République», et qu’il sera «déféré devant la Justice, ainsi que tous ses complices».

Le sénateur Bemba, a pris refuge à l’ambassade d’Afrique de Sud.

Dans un communiqué du 23 mars 2007, la MONUC a salué «le rétablissement de l'ordre par les forces gouvernementales et déplore le fait que la force ait été utilisée pour résoudre la situation».

La MONUC a aussi déploré «les pertes de vies, la destruction des propriétés et les pillages dans la capitale». Elle a aussi ajouté que le gouvernement de la RDC a assumé sa responsabilité pour résoudre cette situation. A cet égard, la MONUC a demandé au gouvernement à agir «d’une manière responsable»

«Le gouvernement doit restaurer la confiance en ses actions par la manière dont seront traitées les troupes de J.P. Bemba qui ont déjà déposé leurs armes. La MONUC espère que le gouvernement agira en concordance avec les normes internationales stipulées dans la Convention de Genève», indique le communiqué.

KINSHASA : les combats se sont déplacés de la Gombe vers le beach et aussi vers Ndolo et Matonge  23 March 2007 à 13:54:51

Des tirs ont diminué d’intensité au centre-ville de Kinshasa passé presque totalement sous contrôle des éléments des Forces armées de la RDC. Cependant, vers la mi-journée, les affrontements se sont concentrés à Ndolo et Bon marché dans la commune de Barumbu avant de se localiser actuellement à Matonge, un quartier populaire de la municipalité de Kalamu, rapporte radiookapi.net

Mais des témoins ont fait état de pillages par des militaires du côté de l’avenue colonel Ebeya et dans le périmètre de l’hôtel Memling dans cette partie contrôlée par les forces loyalistes. Vers 6h30, heure locale, un obus est tombé dans une parcelle de l’avenue Konzo, dans la commune de Bandalungwa, tuant deux personnes. Les victimes, étaient une femme et son enfant. Des sources hospitalières ont fait état de 3 morts et de 22 blessés dont 3 civils à la Clinique Ngaliema, de 2 morts et plusieurs blessés à l’Hôpital général de référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo), ainsi que de 8 blessés enregistrés jeudi à la CMK (Centre médical de Kinshasa). L’un de ses blessés, grièvement atteint, souffrait encore d’un traumatisme crânien. Par ailleurs, au Centre médical de la Mongala situé aussi au centre-ville, des malades sont bloqués et manquent même jusqu’à l’eau. Plus loin, à l’hôpital Saint Joseph de Limete, deux blessés, un soldat par balle et un civil qui tentait de se sauver par la fenêtre, ont été accueillis. Les parents des élèves bloqués au collège Boboto ont commencé à s’inquiéter. Exaspérés, certains enfants ont préféré sortir ce matin pour tenter de regagner leurs domiciles par eux-mêmes.

Kinshasa: les tirs à l'arme lourde ont repris tôt vendredi – La Monuc évacue des gens et Jean Pierre Bemba fuit à l’Ambassade de l’Afrique du Sud. AFP. 23 mar. 07 - 08h38

KINSHASA, 23 mars 2007  - Des tirs d'obus de mortier et d'arme légère ont repris tôt vendredi à Kinshasa, pour la deuxième journée consécutive, opposant les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) et la garde rapprochée de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba.

De fortes détonations de canons ou de mortier étaient entendues depuis 05H00 GMT dans la commune de la Gombe (nord), où se situent les résidences de M. Bemba, qui s'est lui-même réfugié jeudi soir à l'ambassade d'Afrique du Sud.

La Garde républicaine (GR, garde présidentielle) était massivement déployée dans les rues et des journalistes de l'AFP ont vu plusieurs camions avec des canons embarqués et des blindés se déployer depuis l'aube.

Vendredi matin, une cuve contenant environ 2.500 m3 d'essence a été touchée par un obus de mortier et était en flamme, près de la base aérienne de Ndolo, dans l'est de la commune de la Gombe, a-t-on appris de source diplomatique.

Un épais panache de fumée était visible à plus 10 km de ces cuves de stockage d'essence qui servent à alimenter en carburant les stations de la capitale.

Bemba hébergé temporairement à l'ambassade d'Afrique du Sud à KinshasaAFP - 23 mar. 07 - 08h28

KINSHASA, 22 mars 2007 - L'ancien vice-président de République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba est hébergé "de manière temporaire" à l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa, secouée jeudi par des tirs entre sa garde et l'armée régulière, a-t-on appris auprès de l'ambassade.

"M. Bemba est hébergé de manière temporaire. Il n'a fait absolument aucune demande d'asile", a déclaré à l'AFP Kenneth Pedro, numéro 2 de l'ambassade d'Afrique du Sud.

"Il ne se sentait pas en sécurité dans sa résidence", située dans le périmètre des tirs nourris à l'arme lourde et légère qui ont retenti toute la journée dans le quartier administratif de la Gombe (nord), a-t-il précisé.

"Il voulait pouvoir continuer à travailler. Il est notre invité. Cela reste temporaire", a-t-il ajouté. Le ministère des affaires étrangères sud-africain a confirmé que M. Bemba se trouvait jeudi soir dans son ambassade à Kinshasa.

Ex-rebelle et adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006, Jean-Pierre Bemba refuse jusqu'à présent de voir les soldats affectés à sa sécurité à l'époque où il était vice-président du gouvernement de transition (2003-2006) intégrer l'armée régulière, estimant que sa sécurité n'est pas garantie.

A 17H00 GMT, Jean-Pierre Bemba a appelé à un "cessez-le-feu" au micro de la radio Okapi, parrainée par l'ONU et appelé "chacun" à "rentrer dans son campement d'origine".

De son côté, le porte-parole du gouvernement, Toussaint Tshilombo Send, a affirmé que ce dernier allait "faire régner la loi" et qualifié de "milice" la garde rapprochée de M. Bemba.

Les violences de jeudi ont fait au moins deux morts et une quinzaine de blessés, selon des sources diplomatiques.

Peu après minuit, des tirs sporadiques étaient encore entendus à la Gombe.

IMPUNITE en RDC: L’ONU REAGIT

L'ONU est «consternée» par l'impunuté à l'est du pays pour les coupables du recruitement des enfants - Sylvie van den Wildenberg / MONUC - 12 mar. 07 - 12h38

 

Sa visite, mandatée par le Secrétaire général des Nations Unies et le Conseil de sécurité, était attendue avec impatience par les acteurs de la Protection de l’Enfance oeuvrant à l’Est du Congo. Au cours de son séjour au Sud Kivu, à Bukavu, les 6 et 7 mars 2007, avec tact, mais la plus grande fermeté, Mme Radhika Coomaraswamy, Représentante Spéciale de l’ONU pour les enfants dans les conflits armés, a rappelé aux autorités locales, civiles et militaires de la province les obligations qui leur incombent en vertu de la Constitution Congolaise et des Instruments internationaux relatifs aux Droits de l’Enfant, et en particulier, à leur protection dans les conflits armés.


Si, Mme Coomaraswamy a consacré de longues heures à plaider pour qu’une fin soit mise au règne de l’impunité dont continuent de jouir les auteurs des violations graves perpétrées contre les enfants, elle a également pris le temps d’écouter tous ceux qui, dans la province, luttent pour améliorer leur situation, ainsi que les enfants eux-mêmes, en particulier les victimes du recrutement par les groupes armés et ceux qui ont souffert de violences sexuelles. Ces enfants, elle les a rencontrés, nombreux, dans les principaux centres d’encadrement de Bukavu, en particulier au Bureau pour le Volontariat au service de l’Enfance et de la Santé (BVS) et à la Fondation Solidarité des Hommes (FSH), partenaires de l’UNICEF, ainsi qu’au sein de l’Unité pour le traitement des victimes de violences sexuelles de l’Hôpital de Panzi.

Pour chacune de ses rencontres avec les enfants, la Représentante Spéciale était accompagnée d’un célèbre auteur de livres pour enfants et artiste de dessins animés sud africain basé à New York, Trevor Romain, lequel a usé de tout son talent de thérapeute ludique pour faire exprimer aux enfants victimes, par le dessin, leurs espoirs d’un avenir meilleur.

Le passage de la Représentante Spéciale au Sud Kivu n’était pas un hasard. Comme elle l’a expliqué à tous les intervenants qu’elle a rencontrés au cours de sa croisade de plaidoyer dans la province, la triste réalité de l’impunité qui continue de régner dans cette province face aux auteurs des diverses violations perpétrées à l’encontre des enfants est littéralement intolérable. Le recrutement des enfants au sein des groupes armés continue. Les acteurs de la Protection de l’Enfance, en particulier la Section de la Protection de l’Enfance de la MONUC et l’UNICEF continuent d’identifier des mineurs dans les troupes, tant brassées que non brassées, de l’armée congolaise.

Depuis le changement de stratégie opérationnelle de la CONADER, et le remplacement de ses centres d’orientation (CTOs) par la création d’équipes mobiles, chargées de recenser sur le terrain les candidats à la démobilisation au sein de l’armée, il n’y a pratiquement plus de mécanisme qui permette une séparation efficace des enfants des soldats adultes. En outre, les structures de réinsertion demeurent extrêmement faibles et exposent les enfants à de nombreuses pressions et à la possibilité de nouveaux recrutements.

La grande majorité des auteurs identifiés de violations graves perpétrées à l’encontre des enfants, en particulier pour recrutement et utilisation des enfants dans les forces et groupes armés, ainsi que pour violences sexuelles, demeurent quant à eux impunis. Pire encore, certains auteurs de crimes parmi les plus graves, jugés, et condamnés, circulent librement sur le territoire de la RDC.

C’est le cas, notamment, du Major Biyoyo, officier déchu des FARDC, condamné en mars 2006 par un tribunal militaire de Bukavu à une peine de prison à perpétuité pour activité insurrectionnelle et désertion ainsi qu’a cinq ans de servitude pénale pour recrutement et utilisation d’enfants dans les forces armées. Le fait que cet officier déchu, dont le procès avait été applaudi par tous les acteurs de la protection des Droits de l’Homme et qualifié d’exemplaire, ait été vu récemment au sud Kivu au sein d’une délégation militaire officielle – fait bruyamment dénoncé tant par la MONUC que par les acteurs de protection des Droits de l’Homme, a particulièrement consterné la Représentante Spéciale. Dans un communiqué de presse publié à l’issue de sa visite en RDC, depuis Goma, le 9 mars 2007, Mme Coomaraswamy a d’ailleurs instamment demandé l’arrestation immédiate de ce dernier aux autorités congolaises.

Mme Coomaraswamy fera rapport de sa visite au Secrétaire général de l’ONU et au Groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés, en mai 2007. Ce rapport contiendra des recommandations concrètes visant à renforcer la lutte contre les violations graves des Droits de l’Enfant en République démocratique du Congo, une lutte qu’elle considère « essentielle » dans la phase de consolidation de la paix en RDC.

Nouveau gouvernement en RD Congo - 60 membres dont neuf femmes, 34 ministres et 20 Vice-ministres - Eoin Young / MONUC - 06 fév. 07 - 14h50

 

La composition du nouveau gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), a été annoncée lundi soir 5 février 2007 à la télévision nationale, par la lecture à l'antenne d'une ordonnance du président Joseph Kabila, après un délai de plus d’un mois.

Le nouveau gouvernement qui compte 60 membres dont neuf femmes et dirigé par le Premier Ministre Antoine Gizenga, a été annoncé deux mois après l’investiture du chef de l’Etat, le Président Joseph Kabila, le 6 Décembre 2006.

Le nouveau gouvernement, compte six ministres d’Etat, 34 ministres et 20 Vice-ministres.

Le fils de l’ancien dictateur Mobutu Sese Seko, François Joseph Nzakara Mobutu, arrivé en quatrième position au 1er tour de la présidentielle, est nommé ministre d'Etat à l'Agriculture.

L'Alliance de la majorité présidentielle (AMP), la coalition politique de M. Kabila, occupe tous les postes liés à la sécurité et à la reconstruction, et l’AMP domine la totalité des institutions élues en 2006 et début 2007.

Le nouveau gouvernement aura pour tâche de lancer les réformes urgentes de l'Etat, notamment du secteur de la sécurité, et d'entamer la reconstruction d'un pays sortant de conflit et d'une longue et difficile transition, entamée en 2003.

Mais la première tâche qui risque d'incomber au gouvernement est de faire une investigation sur les circonstances qui ont conduit à la mort de près de 87 personnes lors de la répression des émeutes survenues dans le Bas-Congo entre le 31 janvier et le 1er février 2007.

Des violences à Matadi font 90 morts et plusieurs blessés - par Bilamekaso Tchagbele / MONUC - 01 fév. 07 - 17h50

 

Des violentes manifestations ont eu lieu mercredi 31 janvier 2007 en protestation contre l’élection du gouverneur Simon Mbatshi qui fait parti de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) du Président Kabila. Ces manifestations ont impliqué le groupe religieux politique de Bunda Dia Kongo (BDK) et la Police nationale congolaise (PNC) et ont fait 10 morts et plusieurs blessés.

Le BDK a organisé aujourd’hui le 1 février 2007 une manifestation à Matadi pour "dénoncer la corruption lors des élections sénatoriales et celles des gouverneurs".

Dans le même ordre d’idées, la PNC a mené une enquête dans une résidence occupée par le leader du BDK, Ne Muanda Nsemi, dans le quartier Soyo.

«La PNC avait trouvé et confisqué une centaine de machettes qui y étaient entreposées. Face à la résistance des gardiens de la résidence, la PNC a utilisé des gaz lacrymogènes et du matériel anti-émeute», selon l’Officier de l’information publique de la MONUC à Matadi.

Le Maire de la ville de Matadi a déclaré que la PNC avait tiré en l'air pour disperser les gardiens.

Deux véhicules de la MONUC ont été attaqués par des militants du BDK. L’un deux s’est enfui tandis que l’autre a été complètement brûlé.

Des Casques blues du bataillon Ghanéen sont venus sur place et ont tiré en l'air pour disperser les gens qui jetaient des pierres de toute part.

Ce matin, au moins trois personnes ont été tuées dans des conditions similaires, dans la ville côtière de Munda dans la même province du Bas Congo.

La situation générale dans la province du Bas Congo est calme en ce moment. Par contre, à Matadi la situation est tendue car les activités journalières sont suspendues et les gens sont restés dans leurs maisons.

Le Secretaire General des Nations Unies / RDC

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, s'est adressé à la presse le dimanche 28 janvier 2007 après son entretien avec le Président Kabila. Voici le texte intégral de son allocution.
Le contrat de bonne gouvernance


DECLARATION

Mesdames et messieurs de la presse,

Je viens de rencontrer, pendant près d’une heure, le Président de la république, Joseph Kabila, avec qui je me suis aussi entretenu en tête-à-tête. J’ai présenté au Président mes sincères félicitations pour son élection à la magistrature suprême et exprimé mon admiration pour le sens civique et la détermination du peuple congolais à choisir, librement et démocratiquement, ses leaders, pour la première fois depuis près de quarante ans.


Nous avons procédé à un échange de vues sur les problèmes et défis qui se posent à la RDC et à cette région du continent Africain, continent dont j’ai fait, comme vous le savez, l’une de mes priorités.

J’ai indiqué au Président qu’il n’était pas dans les intentions de l’ONU et de la Communauté internationale d’abandonner la RDC à son sort mais, au contraire, que nous voulions accompagner son gouvernement et ses élus dans leur projet de réformer en profondeur l’état et la société congolaise, notamment pour la mise en œuvre d’une politique de décentralisation novatrice, prévue par la nouvelle Constitution et destinée à renforcer la stabilité et offrir un cadre nouveau à la politique de développement économique et social du pays.

Je lui ai dit combien il était important d’instaurer la bonne gouvernance afin de redonner confiance aux Congolais en leur Gouvernement et de les faire profiter des dividendes de la paix retrouvée.

J’ai aussi attiré son attention sur la nécessité de former une armée et une police républicaines et professionnelles qui soient au service du Congo et de son peuple; car une sécurité adéquate est indispensable à un retour total de la paix et de la stabilité en RDC. Le pays est loin d'avoir une armée disciplinée, capable de le protéger ainsi que sa population et ses ressources, et il semble également impératif de poursuivre la remise à niveau en équipements et en formation de la Police Nationale, déjà commencée pendant la phase de sécurisation des élections, afin d’accroître son efficacité opérationnelle et le strict respect par ses personnels des règles de droit.

Enfin, je l’ai informé que les recommandations que j’étais en train de formuler et que je présenterai le mois prochain au Conseil de sécurité sur le rôle et les fonctions de la présence onusienne au Congo, particulièrement de la MONUC, auraient à cœur les intérêts de la RDC.

Je vous remercie.

Méningite en RDC: Bagata dans le Bandundu en danger: 10 décès sur 118 cas signalés depuis décembre (OMS) AFP - 20 jan. 07 - 10h19

 

KINSHASA, 19 jan 2007 (AFP) - Une épidémie de méningite qui s'est déclarée fin décembre dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) a touché 118 personnes et provoqué la mort de dix d'entre elles, a-t-on appris vendredi auprès de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Kinshasa.

L'épidémie de méningite a été déclarée le 24 décembre à Bagata, à environ 100 km au sud-est de Bandundu (sud-ouest), a indiqué à l'AFP le Dr François Ngessan, administrateur chargé des programmes d'urgence à l'OMS à Kinshasa.

"Pour l'instant, la situation est sous contrôle", a-t-il précisé.

Une équipe conjointe de l'OMS et du ministère congolais de la Santé a été dépêchée sur place cette semaine pour mener une enquête épidémiologique et apporter des médicaments, a-t-il ajouté.

"Le cas me paraît atypique dans la mesure où la RDC ne fait pas partie de la ceinture de l'épidémie de méningite qui se situe en Afrique de l'ouest (dans les pays sahéliens).

De plus, cette épidémie sévit souvent pendant la saison sèche alors que nous sommes en pleine période pluvieuse", a commenté le médecin.

Touchant principalement les enfants et les adolescents, la méningite provoque des fièvres, de forts maux de tête, une raideur au niveau de la nuque et des vomissements.

Elle est causée par la bactérie "Neisseria meningitidis" qui provoque une inflammation au niveau du cerveau et s'avère mortelle sans traitement approprié.

RDC: décès du cardinal Frédéric Etsou en Belgique – AFP - 08 jan. 07 - 11h30

 

KINSHASA, 7 jan 2007 (AFP) - Le cardinal Frédéric Etsou, archevêque de Kinshasa, est décédé samedi soir en Belgique où il était soigné depuis quelques mois, a-t-on appris dimanche auprès de l'archevêché de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

"L'archevêché de Kinshasa et la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) annoncent le décès samedi à 20H5O aux cliniques universitaires de Leuven, à Bruxelles, du cardinal Frédéric Etsou, archevêque de Kinshasa", selon un communiqué signé par le vicaire judiciaire, l'abbé Antoine Mantenkadi.

L'archevêque de Kinshasa avait été admis jeudi aux soins intensifs de la clinique.

Toutes les paroisses de Kinshasa ont été invitées à prier pour le repos de l'âme de l'archevêque, mort des suites du diabète dont il souffrait depuis plusieurs années, précise-t-on de source ecclésiastique.

Membre de la congrégation du Coeur immaculé de Marie (CICM), le prélat était archevêque de Kinshasa depuis 1991. Il avait été nommé cardinal par le pape Jean Paul II au cours de la même année.

Né à Mazalonga, une localité de la province de l'Equateur, dans le nord de la RDC, le cardinal Etsou est décédé à l'âge de 77 ans.

Des prières ont été dites dimanche dans les paroisses de la capitale.

L'annonce du décès a plongé la communauté catholique dans une profonde tristesse.

"Sa mort est une délivrance pour lui et pour ses archidiocésains qui lui ont toujours témoigné leur amour par la prière (...)", a souligné Paul Lepa, fidèle catholique de la paroisse de la Résurrection à Lemba (est de la ville), à l'issue de la messe dominicale.

"Nous l'attendions pour la célébration de la messe de Pâques dans notre paroisse comme il avait coutume de le faire, malheureusement il ne sera pas des nôtres cette année", s'est exclamée Bernadette Ebengo, membre de la même paroisse.

Un récent communiqué avait appelé les archidiocésains de Kinshasa à prier pour la santé du prélat. "Le cardinal offre son état de santé à la miséricorde de Dieu pour la paix et la solidarité effective en RDC", avait indiqué ce texte lu par son secrétaire-chancelier, l'abbé Camille Esika Dingo.

photo antoine gizenga - 81 ans premier ministre

RDC: le Premier ministre Antoine Gizenga prend officiellement possession de son bureau - Xinhua - 04 jan. 07 - 16h42

 

KINSHASA, 3 janvier -- Le Premier ministre nommé par le président de la RDC Joseph Kabila, Antoine Gizenga, a pris mercredi officiellement son bureau.

Le Conseiller de la Présidence, Kimbembe Mazanga, a révélé que l'essentiel a été fait pour que le Premier ministre puisse commencer à travailler, précisant que le chef de l'Etat avait instruit son cabinet conjointement avec le secrétariat général du gouvernement, pour mettre à la disposition du chef du gouvernement un cadre approprié pour le travail.

Par ailleurs, le porte-parole du Premier ministre Godefroid Mayobo, a annoncé lors d'un point de presse que le futur gouvernement comprendrait 5 ministres d'Etat, 38 ministres et 20 vice-ministres.

Antoine Gizenga, 81 ans, a été nommé Premier ministre le 30 décembre par le président Joseph Kabila.

Vital Kamerhe élu président de l'Assemblée nationale - Par Nina Yacoubian / MONUC - 30 déc. 06 - 11h43

 

Vital Kamerhe a été élu, le jeudi 28 décembre 2006, président du Bureau définitif de l'Assemblée nationale. L’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) du président Joseph Kabila a raflé tous les sept sièges de ce Bureau exécutif.

M. Kamerhe a obtenu 388 voix sur 465 votants contre 41 à son concurrent Ngoy Mukanku et 36 bulletins nuls.

Le président du Bureau définitif, l’ancien secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti initié par le président Kabila, a insisté, au cours de son allocution de circonstance, que l’assemblée nationale est une institution nationale et n’appartient à aucune plate-forme politique mais elle est pour tous les Congolais.

Les sept membres élus pour occuper les différents postes au Bureau sont désignés pour un mandat de cinq ans, la période de leur législature, pendant lequel ils vont suivre le règlement d’ordre intérieur adopté par le parlement et qui est conforme à la constitution.

L’installation de ce Bureau définitif est prévue pour mardi 2 Janvier 2007.

Dans les prochaines semaines, l’élection des sénateurs, prévue pour le 7 janvier 2007, suivie par celle des gouverneurs et vice-gouverneurs le 16 janvier 2007 vont avoir lieu. Ces derniers seront élus par les députés provinciaux.

Quant aux élections locales et municipales, elles ne pourront être organisée qu’après l’adoption des lois sur la décentralisation par le Parlement.

photos déplacés et victimes

Reprise des hostilités en Ituri entre les FARDC et les milices de FNI - Djugu, Fataki et Bule tombent entre les mains des milicesXinhua - 27 déc. 06 - 12h45

Les hostilités ont repris dans le district de l'Ituri en province Orientale dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) entre les milices des Fronts nationalistes intégrationnionistes (FNI) et les militaires des Forces armées de la RDC (FARDC).

Selon les autorités administratives du territoire de Djugu dont le chef-lieu est tombé entre les mains des milices, plusieurs autres localités dont Fataki et Bule étaient contrôlées par les milices qui n'ont pas rencontré de résistance.

Les mêmes autorités n'ont pas donné de bilan de ces affrontements, signalant toutefois que les responsables des FARDC ont rencontré lundi ceux de la brigade de la Monuc basée à Bunia pour envisager la riposte.

Les hostilités intervenaient une semaine seulement après que le chef de ces milices Peter Karim eut reçu les insignes de colonel des FARDC à Bunia.

Congo Kinshasa: encore la guerre à l’Est du pays ; l'armée annonce la reprise des localités dans l'Ituri après affrontementsBelga - 26 déc. 06

 

L'armée congolaise a repris lundi plusieurs localités du district de l'Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, conquises dimanche par les combattants du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) de l'ex-chef rebelle Peter Karim, a rapporté mardi la radio onusienne Okapi.

Selon le commandant des Forces armées de la RDC (FARDC) dans l'Ituri, le général Vainqueur Mayala, des éléments de la 6e brigade ont lancé lundi une offensive, reprenant les localités de Bule et Djugu. Celle de Fataki, à 60 km au nord-est de Bunia, restait toutefois lundi soir aux mains des hommes de Peter Karim, a précisé Radio Okapi.

Les hostilités avaient repris samedi entre l'armée congolaise et les combattants du FNI, qui s'étaient emparé successivement des localités de Laudju, de Djugu, de Fataki et de Bule, tombées sans résistance de la part des FARDC.
(NLE)

Le retard dans la nomination du premier ministre prouve la fragilité des alliances signées par Joseph Kabila.

Président Nomme un Informateur en vue de la Désignation du 1ER Ministre – Misna - 21 déc. 06 - 10h53

 

Après plusieurs jours d’attente et de spéculations autour de la formation du nouveau gouvernement congolais, le président Joseph Kabila - confirmé à la direction du pays par le ballottage du 30 octobre dernier - a désigné hier soir le secrétaire général et chef du Parti lumumbiste unifié (Palu) Antoine Gizenga en qualité d'informateur.

L’annonce a été donnée par le directeur du cabinet de la présidence, Léonard She Okitundu, puis rapportée aujourd’hui par la presse congolaise. M. Gizenga, 81 ans, a ainsi été chargé par le président "conformément à l’article 78 de la Constitution, d'identifier la coalition des partis et regroupements politiques à même de constituer, au niveau de l'Assemblée nationale, la majorité parlementaire au sein de laquelle M. Kabila nommera le Premier ministre", lit-on sur Le Potentiel.

Dans la matinée, M.Gizenga a fait une brève déclaration à la presse, en disanr: "J'accepte de mener des consultations pour identifier la majorité parlémentaire pour que dans un delai raisonnable,un formateur du Gouvernemeent soit nommé par le Chef de l'État".

Lors de l'investiture tenue le 6 décembre, M. Kabika avait annoncé la mise en place d'un nouveau gouvernement d’ici quelques jours ; le 11 décembre il avait demandé au gouvernement de transition d'expédier les affaires courantes jusqu'à l'investiture de la nouvelle équipe gouvernementale. Mais depuis, "la population, était en suspens" note l’Observateur, en ajoutant que "la désignation de M. Gizenga (surnommé le patriarche en raison de son âge et de son expérience, ndlr) prouve que, contrairement aux rumeurs, il n’y a pas de divergences entre l’Alliance de la majorité présidentielle (Amp) et le Palu, qui ont accordé leurs violons".

Le secrétaire général du Palu a un délai de 30 jours pour identifier la coalition majoritaire, mais malgré sa désignation par Kabila, "une certaine confusion règnerait au sommet de l’État autour du poste de Premier ministre" rapporte le quotidien Référence Plus, en se demandant si "Gizenga est informateur ou Premier ministre".

En effet, le nom du prochain chef de l’exécutif et les enjeux autour de sa désignation sont encore irrésolus ; parmi les noms qui circulent, celui de Gizenga est très accrédité, face aux ambitions de Vital Kamerhe (du Pprd) ou d’Olivier Kamitatu (Crd), tous membres de la coalition de l’Alliance de la majorité présidentielle.

Ce débat crucial de politique intérieure intervient alors que le pays a participé à la deuxième conférence Internationale sur la régions des Grands Lacs de Nairobi (Kenya), tenue du 14 au 15 décembre derniers.

Mardi soir, le coordinateur national pour la République démocratique du Congo à cette rencontre, Baudouin Hamuli Kabarhuza, a tenu un point de presse pour en faire un bilan. Il a insisté sur le rôle de taille que le Congo est appelé à jouer dans la région, d’où l’importance d’une implication de tous, en précisant que la conférence a eu lieu dans un contexte positif : au moment où le Congo vient de renouer avec la légitimité du pouvoir.

Le Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs adopté à Nairobi sera soumis à l’examen du Parlement congolais avant sa ratification par le Chef de l’État.

Espoir et Crainte - Grands Lacs: les leaders se félicitent des progrès démocratiques de la region- AFP - 14 déc. 06 - 15h33

 

NAIROBI (AFP) - jeudi 14 décembre 2006 - 13h07 - Les leaders des Grands Lacs africains, rassérénés par le bon déroulement des élections en République démocratique du Congo (RDC) et au Burundi, se sont félicités jeudi à Nairobi des progrès démocratiques de la région et ont appelé à une consolidation de sa stabilité.

La majorité des chefs d'Etat participant au second sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs africains (CIRGL) a salué à l'ouverture des travaux le bon déroulement des processus électoraux récents dans plusieurs pays de cette région, éprouvée par des conflits dévastateurs.

"Beaucoup de progrès positifs ont été réalisés depuis le début du processus (de stabilisation de la région), dont les élections au Burundi et en RDC", a commenté le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dans un message lu par son conseiller spécial sur l'Afrique, Joseph Legwaila.

Mais "la région des Grands Lacs a connu certaines des guerres les plus sanglantes au monde", a-t-il rappelé, ajoutant: "Nous devons reconnaître que beaucoup de défis nous font encore face".

Le Burundi, qui tente de sortir de 13 ans de guerre civile, est doté d'institutions élues depuis 2005 après une longue transition politique.

En RDC, l'investiture la semaine dernière du président élu, Joseph Kabila, a marqué la fin d'une délicate transition politique initiée en 2003, après une guerre régionale de près de cinq ans durant laquelle les voisins ougandais et rwandais ont envoyé des troupes sur le sol congolais en appui de mouvements rebelles au régime de Kinshasa.

"Depuis notre dernier sommet (en 2004, ndlr), nous avons assisté à des élections démocratiques réussies dans cinq pays de la région (...) avec mention spéciale aux élections au Burundi et en RDC", a souligné le président tanzanien Jakaya Kikwete, avant d'ajouter: "la paix en RDC profitera à chacun de nous".

Pour le président ougandais Yoweri Museveni, "ces (élections en RDC) devraient résoudre 50% des problèmes de la région des Grands Lacs".

"Le résultat de ces élections (au Burundi et en RDC) confirme que la démocratie continue à s'enraciner dans notre sous-région", a renchéri le président kényan Kibaki.

Outre MM. Kabila, Museveni, Kikwete et Kibaki, participaient également à la conférence les présidents burundais Pierre Nkurunziza et zambien Levy Mwanawasa, ainsi que les Premiers ministres rwandais Bernard Makuza et somalien Ali Mohamed Gedi.

La conférence regroupe 11 pays: les Etats de la région des Grands Lacs eux-mêmes et tous les Etats frontaliers de la RDC.

Ce sommet de Nairobi, prévu pour s'achever vendredi, doit être l'occasion de "signer un pacte de sécurité, de stabilité et de développement dans la région des Grands Lacs".

La conférence doit aborder plusieurs thèmes clefs: la paix et la stabilité, la gouvernance et la démocratie, le développement économique et l'intégration régionale, ainsi que les questions humanitaires et sociales.

Le pacte comprendra également la création d'un "Fonds spécial pour la reconstruction et le développement".

Les acteurs de la conférence espèrent recueillir environ 170 millions de dollars (128,2 millions d'euros) pour renforcer la paix et la sécurité dans la région, notamment pour le désarmement des groupes rebelles et la mise en place d'une politique commune des frontières, a précisé à l'AFP le ministre ougandais des Affaires étrangères, Sam Kutesa.

La rencontre intervient après un premier sommet en novembre 2004 à Dar es-Salaam (Tanzanie), au cours duquel les chefs d'Etat de la région avaient signé une "déclaration sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement", au sortir de la guerre dans l'ex-Zaïre.

Après la Prestation de Serment ce 5/12/06, Kabila doit apporter la solution et non les promesses : 75% de ses 60 millions des Congolais vivent avec moins d'un dollar par jour.

 

Kabila prête serment mercredi, la RDC tourne une page de son histoire – AFP - 04 déc. 06 - 09h00


KINSHASA, 4 déc 2006 (AFP) - Le président sortant de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila, désigné à la tête de l'Etat en 2001 et élu avec 58% des voix le 29 octobre 2006, prête serment mercredi à Kinshasa, marquant un tournant dans l'histoire de ce vaste pays ravagé par des années de conflits.


Porté au pouvoir après l'assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila, 35 ans, sera cette fois investi avec une incontestable légitimité électorale, après un scrutin considéré par les observateurs comme libre et démocratique, en dépit de quelques irrégularités.

Des défis colossaux attendent le premier président élu au suffrage universel direct de cette ancienne colonie belge qui n'a connu depuis son indépendance, en 1960, que succession de crises politiques, coups de forces et rébellions.

Fanfare et défilé militaire seront au menu de la cérémonie solennelle d'investiture, dans les jardins du palais présidentiel, où des milliers d'invités sont attendus, dont une trentaine de chefs d'Etat, de gouvernements ou de leurs représentants.

Le délégation belge s'annonce comme la plus imposante, avec au moins quatre ministres, dont le Premier ministre Guy Verhofstadt.

Parmi les chefs d'Etat africains devrait être présent le Sud-africain Thabo Mbeki, parrain de la transition politique congolaise initiée en 2003 après une guerre régionale de près de cinq ans.

Sont également attendus les traditionnels alliés du camp Kabila, l'Angolais Eduardo dos Santos et le Zimbabwéen Robert Mugabe, mais aussi des représentants des ennemis d'hier (Rwanda, Ouganda et Burundi), soutiens de rébellions pendant la guerre.

L'ONU, qui a déployé en RDC sa plus importante mission de maintien de la paix avec 17.600 Casques bleus, sera représentée par le secrétaire général adjoint Jean-Marie Guéhenno, tandis que l'Union européenne, qui a investi plus de 600 millions d'euros dans le pays depuis la fin de la guerre, devrait envoyer son commissaire au développement, Louis Michel.

"C'est un grand moment pour le Congo, qui tourne enfin la page de 45 ans de crise de légitimité politique", commentait un diplomate en poste à Kinshasa.

"On ne sait pas ce que Kabila fera de cette légitimité", s'inquiétait un autre diplomate, redoutant que le jeune président "ne résiste à la tentation du népotisme et de la prédation".

"Il devra gagner la confiance des bailleurs", prévenait-il, alors que la RDC croule sous une dette multilatérale d'environ 10 milliards d'euros.

75% de ses 60 millions d'habitants vivent avec moins d'un dollar par jour.

Pourtant, avec 34% des réserves mondiales connues de cobalt, 10% des réserves de cuivre, mais aussi de l'uranium, de l'or, du bois, du pétrole et un potentiel hydroélectrique de plus de 80.000 MW (le 4e du monde), l'ex-Zaïre pourrait devenir un des moteurs économiques de l'Afrique.

Joseph Kabila a fait de la santé, de l'éducation, de l'accès à l'eau et l'électricité et de la construction des routes ses cinq chantiers prioritaires. Il devra aussi mettre en place un système de gestion des ressources minières plus transparent, s'attaquer en profondeur à la corruption de l'Etat et s'atteler sans tarder à la pacification du pays, encore secoué par des troubles récurrents.

La capitale Kinshasa, meurtrie par trois vagues de violences depuis le mois d'août, est encore sous haute surveillance policière et militaire.

La tension a certes baissé d'un cran après l'annonce par Jean-Pierre Bemba, l'ex-rebelle et vice-président, qu'il acceptait sa défaite, mais une nouvelle brèche s'est ouverte sur le front est, dans la région volatile du Nord-Kivu où l'armée régulière a combattu fin novembre des soldats dissidents réfractaires au processus de réforme de l'armée.

RDC: libération d'un journaliste d'une chaîne de télévision de M. BembaAFP - 01 déc. 06 - 14h59

 

KINSHASA, 1 déc 2006 (AFP) - Un journaliste d'une chaîne de télévision du candidat malheureux à la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba a été libéré mercredi, après neuf jours de détention, a annoncé vendredi l'ONG locale défense de la presse Journaliste en danger (JED).

"Clément Nku, cameraman à Canal Congo Télévision (CCTV), a été libéré mercredi 29 novembre (...) après 9 jours de détention" dans un "cachot de la police" à Kinshasa, indique JED dans un communiqué.

M. Nku, 30 ans, a été arrêté le 21 novembre par quatre hommes armés en civil "alors qu'il revenait d'un reportage à l'Office congolais de contrôle (OCC)", proche des locaux de CCTV, affirme l'organisation.

JED avait précédemment indiqué que M. Nku avait été arrêté aux abords de la Cour suprême de justice, chargée de proclamer les résultats définitifs de la présidentielle, peu après une manifestation violente de partisans de M. Bemba.

"J'ai été arrêté dans le périmètre de l'OCC où j'ai été envoyé en reportage", a précisé M. Nku, joint par l'AFP, indiquant que les policiers l'accusaient de "détenir des armes".

"Je n'ai pas d'arme et je ne comprenais pas ce qu'on me reprochait", a-t-il ajouté, précisant qu'il avait finalement été libéré mercredi, sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre lui.

Par ailleurs, le journaliste Bosange Mbaka de l'hebdomadaire privé Mambenga, arrêté le 21 novembre par la police pour une raison inconnue, était toujours en détention, a déploré JED

joseph kabila 58%

RDCongo : Kabila élu président, Kinshasa sous très haute sécurité - la conscience - 28 novembre 2006

KINSHASA (AFP) - 28/11/2006 13h02 - Joseph Kabila, chef de l'Etat sortant de la République démocratique du Congo (RDC), a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle après des semaines de tensions dans la capitale, où la situation restait volatile mardi au lendemain de l'annonce des résultats définitifs.

 

Parallèlement, sans qu'il soit possible d'établir un lien avec le processus démocratique, des combats entre l'armée régulière, appuyée par l'ONU, et des soldats dissidents se poursuivaient mardi, pour la quatrième journée consécutive, dans l'est du pays, à plus de 1.500 km de Kinshasa.

'EST de la RDC est la région la plus instable de cet immense pays d'Afrique centrale qui sort de cinq années de guerre (1998-2003). C'est aussi là que M. Kabila a obtenu le plus de voix, alors que l'ouest a préféré son adversaire, le vice-président et ancien rebelle Jean-Pierre Bemba.

Au niveau national, M. Kabila a obtenu 58,05% des suffrages exprimés, selon la Cour suprême de justice (CSJ) qui a proclamé lundi soir les résultats définitifs du second tour de la présidentielle du 29 octobre. Il est le premier président élu au suffrage universel direct du pays, pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.

Ni le vainqueur ni le vaincu n'avaient fait de déclaration officielle mardi en début d'après-midi. L'équipe de M. Bemba devait se réunir dans la journée avant de faire connaître sa position officielle.

Les partisans du jeune président Kabila (35 ans) ont fêté jusque tard dans la nuit la victoire de leur candidat, mais aucun incident grave n'a été signalé, y compris dans la capitale, acquise à M. Bemba et placée sous très haute sécurité. Un imposant dispositif militaire et policier était maintenu mardi dans Kinshasa, théâtre de trois flambées de violences en août et novembre qui ont fait une trentaine de morts.

Des Casques bleus montaient de nouvelles positions avec des sacs de sable dans le quartier de la Gombe, où se sont déroulés les incidents de ces dernières semaines. Des militaires de l'armée congolaise restaient positionnés à proximité de la résidence officielle de M. Bemba. Ce dernier dispose dans la capitale d'environ un millier d'hommes, considérés comme la principale source de crispation.

Dans la matinée, un petit groupe de jeunes des rues a mis le feu à des pneus, à proximité du siège du Mouvement de libération du Congo (MLC) de M. Bemba, avant d'être dispersés par la police. Parallèlement, près du palais présidentiel, on s'activait à réparer les nids de poules et à couper l'herbe sur les bas-côtés des rues, en vue de la prestation de serment de M. Kabila prévue le 6 décembre.

Le gouvernement devrait être formé d'ici début 2007, après la nomination par le président élu du Premier ministre au sein de la majorité parlementaire. En vertu d'un accord électoral avec le camp Kabila, le poste de chef de gouvernement doit revenir au Parti lumumbiste unifié (Palu) et très probablement à son chef, Antoine Gizenga, ancien bras droit du premier chef de gouvernement du Congo indépendant Patrice Lumumba.

Le président sud-africain Thabo Mbeki, dont le pays a parrainé depuis son début le processus de transition en RDC, a félicité M. Kabila pour son élection, estimant qu'elle contribuerait à créer "un environnement pacifique".

Pour cela, le chef de l'Etat congolais devra notamment s'atteler à pacifier l'est, qui était mardi toujours en proie à des combats entre armée régulière et soldats dissidents, fidèles au général déchu Laurent Nkunda. L'armée régulière a repris lundi soir le contrôle de la ville de Sake, qui lui avait échappé dimanche.

M. Nkunda n'a fait connaître aucune revendication. Cependant la communauté internationale a demandé aux soldats dissidents de se rallier au processus de réforme de l'armée auquel ils sont réfractaires. L'armée congolaise est en effet en pleine restructuration : les adversaires d'hier doivent être démobilisés, formés puis intégrés dans de nouvelles brigades.

Joseph Kabila élu président de la RDC (résultats définitifs officiels)AFP - 27 nov. 06 - 19h48

 

KINSHASA, 27 nov 2006 (AFP) - Le chef de l'Etat sortant de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a remporté le second tour de l'élection présidentielle du 29 octobre, a annoncé lundi soir la Cour suprême de justice (CSJ) chargée de proclamer les résultats définitifs.

La CSJ "proclame élu à la majorité absolue président de la République démocratique du Congo monsieur Kabila Kabange Joseph", a déclaré à Kinshasa le premier président de la CSJ, Benoît Iwamba.

La Cour a confirmé les résultats provisoires de la Commission électorale indépendante (CEI) qui donnaient M. Kabila vainqueur avec 58,05% des suffrages exprimés contre 41,95% pour son adversaire le vice-président Jean-Pierre Bemba.

Quelques minutes avant, elle avait rejeté le recours déposé par M. Bemba en jugeant non fondés les huit points de sa requête.

M. Kabila, 35 ans, désigné à la tête de l'Etat en 2001 après l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila, est le premier président élu au suffrage universel direct en RDC, pays qui sort de cinq années de guerre (1998-2003).

Il devrait prêter serment le 6 décembre.

L'annonce des résultats du second tour de la présidentielle a eu lieu au ministère des Affaires étrangères, la CSJ y ayant été délocalisée après l'incendie partiel de ses locaux le 21 novembre par des partisans de M. Bemba.

Kinshasa a été le théâtre de trois flambées de violences post-électorales qui ont fait une trentaine de morts depuis le mois d'août.

La capitale était placée lundi sous très haute sécurité, notamment de Casques bleus de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) et de militaires de la force européenne dans le pays (Eufor).

La victoire de M. Kabila est annoncée alors que dans l'est, région volatile de cet immense pays d'Afrique centrale, des combats opposent depuis samedi l'armée régulière, appuyée par la Monuc, et des soldats dissidents, fidèles au général déchu Laurent Nkunda.

elections en RDC court supreme en flame

Violence à Kinshasa, la Cour Suprême de Justice a été incendiée - Eoin Young / MONUC - 21 nov. 06 - 19h07

Le bâtiment de la Cour Suprême de Justice a pris feu ce mardi 21 novembre 2006, suite à une protestation alors que la Cour avait commencé une audition publique des contestations des résultats à l’élection présidentielle introduites par le candidat Jean Pierre Bemba.

Ce mardi matin, une foule d’environ 200 personnes fidèles au candidat J.P.Bemba a commencé à protester aux alentours de la Cour Suprême de Justice qui examinait en audience publique les plaintes déposées par leur candidat. La police est intervenue pour les disperser à l’aide de gaz lacrymogène.

Les manifestants ont été repoussés vers une rue latérale menant à la résidence de M. Bemba sur le boulevard du 30 Juin, non loin du siège de la Cour. Dans la foulée, les troupes loyales à Bemba qui gardent sa résidence ont ouvert le feu en direction de la police entraînant une fusillade qui a durée environ 30 minutes.

Les personnes présentes au cours de l’audition ont été forcées d’abandonner l’endroit après quoi un incendie a éclaté à l’intérieur du bâtiment aux alentours de 11h30 du matin

150 éléments de la Brigade de l'ouest de la MONUC ont été appelés en renfort pour contrôler la situation et ramener le calme. La brigade anti-incendie de la MONUC est aussi intervenue pour contenir les flammes.

En fin d'après-midi le feu était sous contrôle. Aucun bilan des dégâts n’est disponible pour le moment, mais un témoin a rapporté que les dégâts pourraient être considérables.

Une commission d'enquête s'est rendue mardi sur les lieux .Cette commission, constituée de représentants du Parquet général, de différents corps de la police et de la MONUC devrait se prononcer sur les événements dans les jours à venir.

La décision de la Cour Suprême sur le résultat officiel de l’élection présidentielle est attendue pour ce week-end, alors qu’une atmosphère tendue règne dans la capitale.

L'ADSAD REAGIT CONTRE LA DECISION DE L'EUFOR DE QUITTER TOT LA RDC; ET CELA POUR RAISON DE SECURITE, CAR NOUS AVONS VECU DES THEATRES DES VIOLENCES PENDANT QUE LA MONUC EST TOUJOURS PRESENT EN RDC. L'APPUI DE L'EUFOR NE PAS NEGLIGEABLE. UN DEPART MAINTENANT EXPOSERAIT LE PAYS A PLUS VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME QUE NOUS DEPLORONS.

 

L'EUFOR ne pourra pas intervenir en RDC, après le 30 novembre 2006 - Nina Yacoubian / MONUC - 17 nov. 06 - 18h46

 

Le président du Comité militaire de l’Union européen, le générale Henri Bentégeat, a déclaré, le 17 novembre 2006 lors de sa visite aux troupes européennes en RDC, qu’une «capacité d’action importante » sera maintenu à Kinshasa jusqu’au 15 décembre 2006 au moins.

Même si «les conditions juridiques de l’intervention de l’EUFOR pour soutenir la MONUC après le 30 novembre 2006 ne sont pas réunies, il n’y aura pas de vide de sécurité après le 30 novembre», a souligné le générale Bentégeat.

Il a aussi rassuré les congolais que l’EUFOR n’est pas la seule force internationale présente en RDC et que la MONUC y est bien déployée. «La MONUC renforce son dispositif dans les zones les plus sensibles et assure d’une certain manière progressivement la relève des positions tenues aujourd’hui par l’Union Européen», a-t-il dit.

Le départ des troupes va être échelonné, a-t-il ajouté, entre le 1er et le 31 décembre 2006 et «la plus grande partie des capacités d’action restera là jusqu’au 15 décembre, ensuite les capacités diminueront rapidement après cette date».

En cas de problème après l’annonce des résultats par la Cour suprême de justice, «les conditions générales dans lesquels travaille l’EUFOR changeraient et à ce moment là la communauté internationale devrait prendre des décisions».

L’action européenne va se poursuivre auprès du peuple et des forces de sécurité congolaise à travers les missions de l’EUSEC et l’EUPOL qui vont accroître la formation, l’entraînement et l’équipement des forces de police congolaise dans le cadre de «la réforme du secteur des forces de sécurité congolaise».

Javier Solana, le Haut Représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), a félicité le président Kabila lors d’un entretien téléphonique, et l'«a assuré de la disponibilité de l'Union Européenne à continuer à oeuvrer, aux côtés des autorités congolaises, à l'immense tâche de la reconstruction de la RDC, pays continent, clé de voûte de la stabilité de l'Afrique».

RDC/présidentielle: le camp Bemba dépose un recours contre les résultats - Afp - 18 nov. 06 - 13h22

 

KINSHASA, 18 nov 2006 (AFP) - Un mandataire de Jean-Pierre Bemba, candidat malheureux au second tour de la présidentielle en République démocratique du
Congo (RDC), a déposé samedi un recours contre les résultats provisoires donnant le sortant Joseph Kabila vainqueur, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Au nom du vice-président Bemba, c'est le rapporteur de l'Union pour la nation (UN, plate-forme électorale du vice-président) Delly Sessanga qui a déposé ce recours en contestation des résultats provisoires du scrutin annoncés mercredi soir par la Commission électorale indépendante (CEI) et donnant la victoire à M. Kabila avec 58,05% des suffrages exprimés.

Jean-Pierre Bemba avait déclaré jeudi ne pas pouvoir accepter les résultats de la CEI et avait annoncé son intention d'"user de toutes les voies légales" pour les contester.

Une soixantaine de partisans de M. Bemba, brandissant des posters à l'effigie de leur champion, étaient venus soutenir cette démarche et réclamaient la "démission immédiate" du président Kabila.

JP Bemba rejette les résultats de la présidentielle: il promet d’engager des recours AFP - 16 nov. 06 - 17h25

 

KINSHASA, 16 nov 2006 (AFP) - Le vice-président Jean-Pierre Bemba a rejeté jeudi les résultats de la présidentielle en République démocratique du Congo donnant la victoire au sortant Joseph Kabila et annoncé qu'il allait "user de toutes les voies légales" pour les contester.

"Je ne peux pas accepter ces résultats qui sont loin de refléter la vérité des urnes", écrit-il dans un communiqué transmis à l'AFP.

"Je prends l'engagement d'user de toutes les voies légales pour faire respecter la volonté de notre peuple", poursuit-il.

La Commission électorale indépendante (CEI) a annoncé mercredi soir les résultats provisoires du second tour de la présidentielle du 29 octobre, créditant le président sortant Kabila de 58,05%, contre 41,95% à M. Bemba.

Joseph Kabila vainqueur de l'élection présidentielle en RDC - Par Nina Yacoubian / MONUC - 16 nov. 06 - 14h45

 

La Commission Electorale Indépendante a donné, le mercredi 15 novembre 2006, les résultats provisoires du second tour de l’élection présidentielle. Le président sortant Joseph Kabila a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés avec 58,05% contre 41,95% pour son concurrent Jean Pierre Bemba.

Selon la déclaration lue par le président de la CEI, Joseph Kabila a remporté 9.436.779 voix sur les 16.256.601 suffrages exprimés, tandis que son rival Jean-Pierre Bemba a obtenu 6.819.822 voix.

Joseph Kabila CEI a fait ses meilleurs scores dans les cinq provinces de l’est du pays: la Province Orientale, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et le Katanga.

Quant au candidat J.P. Bemba, il a obtenu 6.819.822 voix. Il arrive en tête dans six provinces de l’ouest du pays: Kinshasa, le Bas-Congo, le Bandundu, l’Equateur, le Kasaï Oriental et le Kasaï Occidental.

Les résultats ont été annoncés dans une atmosphère tendue à Kinshasa où, le 14 novembre 2006, le bureau politique de l’Union pour la Nation, plateforme politique qui soutient Jean-Pierre Bemba, avait contesté l’impartialité de la CEI et dénoncé les résultats partiels fournis par celle-ci. Mais aucun incident majeur n’a pas été signalé jusqu’aujourd’hui.

En ce qui concerne le taux de participation à la présidentielle, la CEI a annoncé un taux de participation de 65,36% au deuxième tour contre 70,54 % au premier tour.

Selon la loi électorale, ces résultats provisoires sont envoyés à la Cour suprême de justice qui doit examiner les éventuels contestations. La Cour aura trois jours pour recevoir les contentieux et proclamera les résultats définitifs au plus tard le 30 novembre 2006.

Après avoir connu les résultats, le nouveau président a demandé aux congolais «de rester unis, de vivre dans la fraternité et la tolérance» et les a invités «au calme et à la discipline afin de montrer à la face du monde que la RDC est un Etat de droit engagé d’une manière irréversible dans la voie de la démocratisation des institutions».

Quant à J.P. Bemba, il indique que grande a été sa surprise d’apprendre par la voie des ondes, les résultats que la CEI n’a pas, comme convenu, notifié aux deux candidats afin de leur permettre de réagir dans le délai de 48 heures.

Il tiens « à rappeler, à l’opinion nationale et internationale, que ces élections ont fait l’objet de plusieurs contestations dont les 6 requêtes » qu’il lui-même « adressées à la CEI, notamment celle concernant le nombre de 1 481 291 personnes qui ont voté en dehors de leur circonscriptions électorale et qui constitue environs 10% du vote exprimé. A ce jour, la CEI n’a répondu qu’à deux de ces requêtes et d’ailleurs d’une manière nullement satisfaisante»

Par conséquent, devant cette situation, «je suis au regret de dire à notre peuple et à la Communauté Internationale que ne peux pas accepter ces résultats qui sont loin de refléter la vérité des urnes» a-t-il ajouté.

Et d’ajouter «Je prends l’engagement d’user de toutes les voies légales pour faire respecter la volonté de notre peuple».

Il termine en assurant le peuple congolais de sa «ferme détermination de ne jamais le trahir ».

La MONUC dans un communiqué, a félicité les Congolais «d’avoir voté dans la paix et les invite à demeurer calmes, dans l’attente des résultats définitifs».

Le camp de J.P. Bemba conteste les résultats des élections - Par Oscar Mercado / MONUC - 14 nov. 06 - 18h40

 

Le bureau politique de L’Union pour la Nation (UN), plateforme politique qui soutient Jean-Pierre Bemba, a dénoncé, ce mardi 14 novembre 2006, les résultats partiels donnés par la CEI et affirme que son candidat est en tête de l’élection présidentielle avec 52,5% des voix, sur 11, 954,758 suffrages exprimés.

Selon le document rendu public à la résidence du vice-président et candidat, celui-ci devancerait "largement" Joseph Kabila dans "6 provinces du pays sur 11".

«Nous informons l’opinion nationale et internationale qu’à ce stade, le tableau des résultats, au niveau du Centre de Compilation des Résultats de l’Union Pour la Nation, montre que, sur 11,954,758 suffrages exprimés, Jean-Pierre Bemba se place en tête avec 52,5% des voix».

L’Union pour la Nation conteste l’impartialité de la Commission Electorale Indépendante et invite «toutes les institutions indépendantes, crédibles, qui ont déployé des observateurs sur l’ensemble du territoire national, à publier les résultats du second tour de l’élection présidentielle dont elles disposent, pour rétablir la vérité des urnes». 

L’Union pour la Nation se réserve le droit de contester tous les accords conclus avec l’AMP (camp de Kabila), sous l’égide de la MONUC si « la CEI s’installe de nouveau dans la tricherie, comme au premier tour» .

Par ailleurs, l’Union pour la Nation salue la déclaration du Cardinal Etsou, Archevêque de Kinshasa, qu’avait affirmé hier depuis la France: «alors que nous avons dit que nous voulons des élections libres transparentes et démocratiques, ce n’est pas cela qui se manifeste».

La déclaration de l’Union pour la Nation est signée par plusieurs personnalités politiques et ex-candidats à la présidence tels que Oscar Kashala, Joseph Olenghankoy, Roger Lumbala et Lunda Bululu, ralliés autour de la candidature de Jean-Pierre Bemba au second tour et membres du bureau politique de l'Union pour la Nation.

Deux civils tués dans les tirs samedi à Kinshasa (police) AFP - 11 nov. 06 - 18h41

 

KINSHASA, 11 nov 2006 (AFP) - Deux civils ont été tués par des balles perdues, samedi à Kinshasa, pris dans des tirs près de la résidence du vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, adversaire du président Joseph Kabila au second tour de la présidentielle, a annoncé à l'AFP le porte-parole de la police.

"Il y a deux morts, deux civils tués par des balles perdues", a déclaré à l'AFP le colonel Dominique Mandjenga, précisant que deux autres personnes avaient été grièvement blessées.

Un troisième civil, un étudiant de 18 ans, a été sérieusement touché au cou par une balle perdue et un policier a également été grièvement blessé, dans des circonstances encore non éclaircies, a-t-il poursuivi.

Des tirs d'armes lourdes et d'armes automatiques ont retenti durant près de trois heures samedi en fin de matinée à Kinshasa, aux alentours de la résidence officielle du vice-président de République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba, sans qu'il soit possible de connaître précisément les belligérants.

EUFOR : Patrouilles intensifiées et vols nocturnes sur Kinshasa comme mesures de precaution - Veronika Hilber / MONUC - 09 nov. 06 - 15h44

Lors de son point de presse hebdomadaire à Kinshasa ce jeudi 9 novembre 2006, l’EUFOR a rassuré la population congolaise que les patrouilles intensifiées au cours de la dernière semaine ne sont qu’une mesure de précaution, «les seules qui doivent s’inquiéter sont ceux qui seraient tentés de remettre en cause par la violence le choix de tout un peuple».

La mission a intensifié, comme la MONUC, pendant la semaine passée ses patrouilles dans Kinshasa et ses abords et continue à survoler la ville avec ses hélicoptères et ses drones, jour et nuit.

Le Lt.-Colonel Thierry Fusalba, porte-parole d’EUFOR, a rassuré, de nouveau, la population que ces manœuvres ne doivent pas être interprétées comme une provocation ou menace imminente, mais plutôt comme une mesure de précaution.

Il a affirmé qu’EUFOR est une force militaire impartiale et apolitique venue sécuriser le processus électoral en soutien à la MONUC.

La mission s’est félicitée de ses bonnes relations avec la population congolaise, améliorées depuis le début de son mandat, après son intervention pendant les événements du 20 au 22 août dernier.

«L’EUFOR a démontré de quoi elle est capable. Cette action est notre référence.», a dit Fusalba.

Pour la prorogation de son mandat, l’EUFOR a rappelé qu’il appartient aux autorités politiques européennes de s’y prononcer et que les soldats d’EUFOR se plieront aux décisions prises quelles qu’elles soient.

Le porte-parole a cependant ajouté que «les soldats d’EUFOR, eux aussi, espèrent connaître bientôt leur date de retour au foyer».

A présent, 1 400 soldats d’EUFOR sont stationnés à Kinshasa et une réserve d’un millier de soldats européens est en Gabon.

La fin du mandat d’EUFOR est prévue pour le 30 novembre 2006.

RDCongo: le pays dans l'attente des résultats de la présidentielle 30/10/2006

 

KINSHASA (AFP) - lundi 30 octobre 2006 - 18h45 - L'ONU a appelé lundi la République démocratique du Congo (RDC) à attendre dans le calme les résultats du second tour de la présidentielle entre le sortant Joseph Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba, alors que débutait le long travail de compilation des votes.

Ce scrutin crucial pour la paix dans l'ex-Zaïre, ravagé par des années de guerre et de mauvaise gestion, s'est globalement déroulé dans le calme dimanche.

La Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a appelé les candidats, leurs sympathisants et les médias à éviter une "+guerre des chiffres+ inutile et dangereuse" et à attendre dans le calme les résultats que publiera d'ici le 19 novembre la Commission électorale indépendante (CEI).

Saluant le bon déroulement du vote, la France, la Belgique et l'Union européenne ont aussi appelé les camps des deux candidats à accepter le verdict des urnes et à user de la voie légale pour toute contestation.

Les troupes de MM. Kabila et Bemba s'étaient affrontées à l'arme lourde à Kinshasa mi-août, quelques heures avant l'annonce des résultats du premier tour qui les ont crédités respectivement de 44,8% et 20% des voix.

La participation semble s'être "tassée" par rapport au premier tour où plus de 70% des 25 millions d'électeurs s'étaient rendus aux urnes.

Elle "a globalement baissé, sauf au Kasaï (centre), où les électeurs qui avaient boycotté le premier tour se sont cette fois mobilisés", a indiqué un expert occidental à l'AFP.

"Il est probable que les voix du Kasaï iront plutôt à Bemba et que l'abstention va nuire à Kabila dans l'est. Mais les provinces de l'ouest ont moins voté aussi et les effets pourraient s'annuler. Il est trop tôt pour en tirer des conclusions politiques", a-t-il expliqué.

Certains observateurs estimaient lundi que l'écart entre Kabila et Bemba pourrait se resserrer.

Pour un diplomate, "plus l'écart sera faible, plus les risques de contestation violente seront forts", en dépit d'une déclaration signée dimanche entre les deux camps, où le futur vainqueur s'engage à garantir la protection du vaincu, qui promet de son côté de ne pas recourir à la violence.

Lundi, le camp Bemba a dénoncé la coupure, par le camp adverse, du signal de deux télévisions appartenant au vice-président, après la diffusion d'émissions distinctes rapportant des propos remettant en cause la nationalité du chef de l'Etat et dénonçant des irrégularités du vote. L'une des deux chaînes a repris ses émissions dans l'après-midi.

Malgré la tension ambiante, aucun des deux camps n'a pour le moment remis en cause la validité des scrutins.

La CEI s'est félicitée de la bonne tenue du vote, déplorant toutefois deux incidents meurtriers.

A Bumba (Equateur, nord-ouest), la découverte d'une tentative de fraude en faveur de M. Kabila a dégénéré dimanche en affrontements entre partisans de M. Bemba et forces de l'ordre, faisant un mort et un blessé.

En Ituri (Province orientale, nord-est), deux agents électoraux ont été abattus dans la nuit par un militaire ivre.

Ces meurtres ont suscité la colère de la population qui a "pillé et incendié trois centres de votes, comprenant 8 bureaux" dont les bulletins de vote ont été détruits, a déclaré à l'AFP Léocadio Salmeron, le porte-parole de l'ONU en Ituri.

Aucun autre incident grave n'avait été signalé lundi. Dans la nuit, après la fermeture des derniers bureaux de vote, les procès-verbaux (PV) des résultats de la présidentielle ont commencé à être affichés sur les portes des bureaux.

"La collecte des PV et leur acheminement dans les 62 CLCR (centres de liaison et de compilation des résultats) du pays va prendre plusieurs jours", a expliqué Dieudonné Mirimo, rapporteur de la CEI, rappelant que dans certaines zones reculées, les déplacements se faisaient à pied, à pirogue ou à vélo, selon l'état des routes.

La CEI traitera en priorité les résultats de la présidentielle, puis s'attaquera à ceux des provinciales qui ont eu lieu le même jour.

Elections en RDC: l'Eufor "préparé à toutes les éventualités" – AFP - 24 oct. 06 - 08h18

KINSHASA, 23 oct 2006 (AFP) - L'Eufor est prête à faire face à tout dérapage du processus électoral en République démoratique du Congo (RDC), a assuré lundi à Kinshasa le chef de l'opération européenne, le général Allemand Karlheinz Viereck, se disant "optimiste mais réaliste" avant les scrutins de dimanche.

"L'Eufor est prête à faire face à toutes les situations pouvant survenir", a déclaré le général allemand, basé à Potsdam (Allemagne).

"Je suis optimiste mais réaliste. D'un côté nous devons être préparés à toutes les éventualités, de l'autre côté, nous assistons à une campagne (électorale) relativement calme", a-t-il ajouté.

Il a estimé que le second tour devrait se dérouler dans de meilleures conditions que le premier, grâce à une organisation plus facile, et s'est réjoui des "très bonnes relations" de l'Eufor avec la population kinoise, estimant que la méfiance des débuts s'était transformée en respect.

L'Eufor a récemment porté ses troupes en RDC à environ 1.500 hommes en prévision du 29 octobre, via le renfort de 200 soldats parmi le millier qu'elle a pré-positionnés au Gabon.

La force européenne était intervenue pour la première fois militairement à Kinshasa le 21 août, alors que les troupes des deux candidats du second tour, le président Joseph Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba, s'affrontaient à l'arme lourde dans le centre d'affaires de la capitale. Les violences avaient fait au moins 23 morts entre le 20 et le 22 août.

Atone à Kinshasa, la campagne électorale est émaillée, depuis son lancement le 13 octobre, d'incidents quasi-quotidiens en province entre partisans des deux camps.
Renvoyant une éventuelle prolongation du mandat de l'Eufor - qui prend fin le 30 novembre, soit dix jours avant l'investiture prévue du nouveau président
- à une "décision politique", le général Viereck a indiqué s'en tenir au calendrier initial.

"La prochaine date importante après la période électorale sera le 30 novembre. Soyez sûrs que nous ne quitterons pas le Congo en un jour (...) Nous nous redéploierons lors d'une opération militaire précise et organisée, nous nous redéploierons en Europe d'ici fin décembre", a-t-il expliqué.

"Le mandat de l'Eufor court jusqu'au 30 novembre et notre appréciation est qu'à cette date nous aurons rempli notre mission", a-t-il ajouté.

L'Allemagne s'est dit opposée à la prolongation du mandat de l'Eufor, contre l'avis d'autres nations européennes, dont la France et l'Espagne.

L’Eglise catholique ne soutient ni Kabila ni Bemba - Par  Le Potentiel - 6/10/2006

La conférence des évêques invite le peuple congolais à un vote massif et responsable

Réunis du 2 au 5 octobre en Assemblée plénière ordinaire à Kinshasa, les Archevêques et Evêques, membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo, Cenco, viennent de rendre officielle leur position en prévision du deuxième tour de la présidentielle. L’Eglise catholique a tenu d’abord à lancer un appel au peuple congolais « à un vote massif et responsable ». Ensuite, l’Eglise catholique s’est prononcée sans ambigüité pour réaffirmer une fois de plus « sa neutralité vis-à-vis des personnes et des partis politiques en tant que tels. Elle ne soutient ni candidat ni parti, ni regroupement politiques ». Par contre, le grand souhait de l’Eglise catholique est que le double scrutin du 29 octobre prochain se déroule dans l’ordre, la discipline, le calme et la sérénité. Auparavant, la Cenco, en rapport avec cette dernière étape du processus électoral, « invite la communauté nationale et internationale, pendant qu’il est encore temps, à conjurer le mal pour que les élections augurent des lendemains meilleurs, car le Congo est en danger ». Aussi, les Evêques ont-ils tenu d’abord à rappeler le comportement exemplaire du peuple congolais lors du vote du 30 juillet 2006 qui a fait « preuve de dignité et de maturité politique en allant voter massivement dans le calme et la discipline ». Partant, ils condamnent toute violence, d’où qu’elle vienne pour se maintenir ou accéder au pouvoir, ainsi que tout discours appelant à la haine, à la division et à l’exclusion. Les Evêques dénoncent le prétendu « clivage entre l’Est et l’Ouest du pays », qualifiant cette idéologie savamment entretenue dans certains milieux pour la balkanisation du Congo en vue de le fragiliser et de l’exploiter à souhait. Ils appellent par conséquent à une campagne électorale apaisée et des élections transparentes avant d’insister sur l’acceptation du verdict des urnes. Les Evêques rappellent également à la Communauté internationale que le Congo n’est pas sous tutelle et qu’elle a l’obligation de « soutenir la jeune démocratie et son programme de reconstruction nationale ». Ils clôturent sur une note d’espoir en demeurant convaincus que la IIIè République sera fondée sur des valeurs républicaines et que l’Etat congolais doit sauvegarder à tout prix les valeurs morales de la vie sociale, les valeurs évangéliques, piliers de la paix et de la concorde nationale, à savoir la vérité, la justice, l’amour et la liberté. Et de paraphraser leur déclaration en ces termes hautement significatifs : « La crise éthique est profonde et multiforme dans notre société. Il est temps de s’attaquer à la racine du mal pour sauver le Congo ».

Déclaration des évêques catholiques

RDC: l'Assemblée a validé les mandats des premiers députés élus en juillet – AFP - 04 oct. 06 - 09h40

 

KINSHASA, 3 oct 2006 (AFP) - L'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC), issue des premiers scrutins libres en 41 ans dans le pays, a procédé mardi à la validation des mandats de 498 députés sur les 500 que compte cette chambre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Onze commissions, chargées de la vérification des mandats des députés, avaient été créées le 22 septembre, dès l'ouverture de la première session extraordinaire de cette chambre.

"Deux cas litigieux ont été signalés parmi les députés de la province du Nord-Kivu" (est), a indiqué le président du bureau provisoire de l'Assemblée, Joseph Mbenza Thubi, le doyen d'âge des députés, au cours d'une session.

"Il s'agit du cas d'un député élu alors qu'il est décédé avant les élections et d'un autre qui est poursuivi par la justice", a-t-il ajouté, sans préciser les charges retenues contre Gilbert Paluku, élu sous l'étiquette "indépendant".

Une commission devra examiner le cas de M. Paluku et pourrait invalider son mandat, soit au profit de son suppléant, soit au profit du premier candidat recalé du scrutin.

Le siège du député décédé, Joseph Ndalifite, candidat du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, qui soutient le président Joseph Kabila) devrait être attribué à son suppléant.

M. Mbenza a rappelé à tous les députés concernés par les cas "d'incompatibilité", notamment ceux qui occupent encore des fonctions au gouvernement, qu'ils disposaient de huit jours à partir de ce mardi soir pour choisir de siéger ou de conserver leurs ministères.

Vingt-trois ministres et vice-ministres, ainsi que plus d'une vingtaine de mandataires d'entreprises publiques, de conseillers à la présidence, de gouverneurs et vice-gouverneurs et de sénateurs, ont été élus députés le 30 juillet et sont visés par cette disposition.

Cette Assemblée, dominée par le camp du président Kabila, est la première institution élue de la IIIe République. La prochaine séance est convoquée pour jeudi. Elle sera consacrée à l'élaboration du règlement intérieur de l'Assemblée.

 

Le Conseil de Sécurité proroge le mandat de la MONUC - DPI - 02 oct. 06 - 17h37

Le Vendredi 29 septembre 2006, le Conseil de sécurité de l’ONU, par la résolution 1711, a étendu le mandat de MONUC jusqu'au 15 février 2007.

Le Conseil de sécurité a aussi décidé de reconduire l’augmentation des effectifs militaires et de police de la mission pour soutenir le deuxième tour de la présidentielle et les élections provinciales, prévus pour le 29 octobre 2006.

Une autorisation a aussi été donnée pour reconduire, au maximum, le redéploiement temporaire d’un bataillon de l'infanterie, un hôpital militaire et jusqu’à 50 observateurs militaires de l'ONUB - l'Opération de Nations Unie au Burundi – au profit de la MONUC, jusqu'au 31 décembre 2006.

Prenant note de la recommandation du Secrétaire général tendant à maintenir temporairement cette capacité jusqu'au 15 février 2007, le Conseil a exprimé son intention d'examiner de nouveau la question avant le 31 décembre 2006 en vue de s’assurer que la MONUC dispose des capacités adéquates pour exécuter complètement son mandat jusqu'à 15 février.

Il a aussi demandé le Secrétaire général de prendre les mesures nécessaires, en vue réduire ou de rapatrier ces effectifs supplémentaires d’ici le 15 février 2007, dès lors que leur présence en République Démocratique du Congo ne serait plus indispensable au bon achèvement du processus électoral.

Le Conseil a demandé aux institutions de transition et à toutes les parties congolaises de veiller à ce que des élections libres, transparentes et pacifiques aient lieu, et d’assurer que les forces de sécurité fassent preuve de retenue et restent impartiales.

Il a aussi fait appel aux deux derniers candidats en lice pour la présidentielle pour réitérer leur engagement pour le processus démocratique.

Il a appelé toutes les parties congolaises à s'abstenir de toute incitation à haine et à la violence ainsi qu’à toute menace ou à l’emploi de la force pour empêcher les élections, contester leurs résultats ou mettre en péril le processus de la paix.

Accueillant favorablement l'intention du Secrétaire général de consulter les nouvelles autorités congolaises sur les ajustements à apporter au mandat et aux capacités de la MONUC après l'achèvement du processus électoral, le Conseil prie le Secrétaire général de lui soumettre des recommandations à cet égard avant la fin du mois de janvier 2007.

RDC: l'incendie des médias de Bemba pourrait être "criminel" selon son parti - AFP - 20 sep. 06 - 10h18

 

KINSHASA, 19 sept 2006 (AFP) - Le Mouvement de libération du Congo (MLC) du vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, a affirmé mardi soir après
l'incendie la veille d'un immeuble de Kinshasa abritant des médias de M. Bemba que des "informations à sa disposition" le poussaient "à croire qu'il s'agit
d'un acte criminel".

Le MLC "a appris, avec consternation, le drame qui vient, une fois de plus, de frapper le monde des médias avec l'incendie qui a ravagé le lundi 18
septembre les installations des chaînes de télévision CKTV (Canal Kin télévision), CCTV (Canal Congo télévision), la Ralik (Radio liberté Kinshasa)", dans un communiqué signé de son secrétaire général par intérim, Thomas Luhaka.

"Les premières informations à sa disposition le poussent à croire qu'il s'agit d'un acte criminel perpétré par des personnes qui n'acceptent pas la
contradiction politique et la libre expression des opinions", poursuit le texte.

Le MLC "attend avec impatience les résultats de l'enquête approfondie, en cours, pour tirer toutes les conséquences, tant sur le plan politique que
juridique, car la patience observée jusqu'ici face à des attaques et à des provocations de toutes sortes ne doit pas être interprétée comme une caution à
la restauration insidieuse d'un régime fondé sur l'arbitraire (...)".

M. Bemba et le président Joseph Kabila se retrouveront le 29 octobre pour le second tour de la présidentielle.

Du 20 au 22 août, leurs troupes respectives s'étaient violemment affrontées à Kinshasa, faisant au moins 23 morts.

Se disant convaincu que des "ennemis de la paix et de démocratie" veulent empêcher les Congolais d'élire le candidat de leur choix, le MLC a affirmé
qu'il "combattra tout obstacle, d'où qu'il vienne, qui pourrait empêcher la tenue du deuxième tour" de la présidentielle.

L'ex-rébellion du MLC a enfin réaffirmé "son engagement à contribuer, dans la mesure de ses moyens, à la tenue d'une campagne électorale responsable et
apaisée, et au bon déroulement du scrutin".

Il prévient toutefois qu'il "ne portera jamais atteinte à l'ordre public mais préservera son droit naturel de légitime défense".

La Commission Electorale Indépendante a publié les résultats des élections legislatives - Kabila 111 sièges et Bemba 64 sièges – Pas de majorité au Parlement - Oscar Mercado/ MONUC - 08 sep. 06 - 13h07

Le jeudi 7 septembre 2006, la CEI a publié les résultats des élections législatives du 30 juillet dernier. Le PPRD, parti du président Kabila, arrive en tête avec 111 sièges, suivi du MLC du vice-président Bemba avec 64. Les deux hommes sont aussi candidats au deuxième tour de l’élection présidentielle, prévue pour le 29 octobre prochain.

La troisième représentation parlementaire revient au PALU d' Antoine Gizenga avec 34 élus, tandis que le RCD, parti du vice-président Azarias Ruberwa, ex-candidat à la présidence, obtient 15 sièges sur les 500 députés qui vont siéger à la nouvelle Assemblée Nationale.

Aucune alliance politique n’obtient la majorité. Les deux principales plates-formes, l'AMP (Alliance pour la Majorité Présidentielle) du président Kabila et le RENACO (Regroupement des Nationalistes Congolais) du vice-président Bemba, sont en dessous des 251 députés nécessaires pour avoir la majorité à l’Assemblée.

En dehors des partis politiques, il y a 63 candidats indépendants dans la nouvelle Assemblée qui doit s’installer dans 15 jours, selon la constitution et la loi électorale.

Le nombre des femmes élues n’est pas très significatif, elles sont 42, ce qui représente moins de 10% du nombre de députés.

Quant aux sénateurs, ils seront élus par les Assemblées provinciales dont les membres, appelés députés provinciaux, seront élus en même temps que le deuxième tour de l'élection présidentielle, le 29 octobre prochain.

La Cour Suprême de Justice doit valider ses résultats au plus tard dans deux mois. Elle doit aussi se prononcer sur les résultats officiels du premier tour de la présidentielle dans les prochains jours.

RDC: appel à la grève des enseignants du public pour la rentrée scolaire (67 dollars par mois)– AFP - 04 sep. 06 - 09h22

KINSHASA, 3 sept 2006 (AFP) - Les deux principaux syndicats d'enseignants du public en République démocratique du Congo (RDC) ont appelé à la grève pour
la rentrée scolaire lundi pour obtenir le respect des engagements du gouvernement en matière salariale, a-t-on appris dimanche de source syndicale.

"Si le gouvernement n'arrive pas à répondre à nos besoins, la rentrée n'aura pas lieu le 4 septembre", a déclaré à l'AFP André Malasi, président du
Syndicat national des enseignants des écoles conventionnées catholiques (Synecat).

Le Synecat et le Syndicat des enseignants du Congo (Syeco) ont appelé à boycotter la rentrée, comme l'année dernière. En 2005, les cours n'avaient
repris que près de six semaines après la rentré scolaire officielle.

"C'est le même appel que l'an dernier. Les engagements pris par le gouvernement n'ont pas été respectés", a affirmé M. Malasi.

Les syndicats réclament notamment l'augmentation des salaires prévue dans un accord passé entre le gouvernement et les syndicats de l'administration
publique en février 2004, et "un salaire décent et équitable" pour tous les enseignants.

Selon cet accord, les salaires devraient être compris dans une fourchette allant de 208 à 2.080 dollars par mois. Un enseignant congolais touche
actuellement l'équivalent de 67 dollars par mois, selon M. Malasi.

Il y a par ailleurs "trois zones salariales" dans le pays, qui font que les enseignants ne reçoivent pas le même salaire selon la zone dans laquelle ils
exercent. Les syndicats réclament "le même salaire sur toute l'étendue du territoire".

De son côté, le ministre de l'Education primaire et secondaire, Paul Musafiri, a affirmé que le dialogue n'avait "pas été rompu" entre le
gouvernement et les enseignants.

"L'impact financier de l'accord (de 2004) était supérieur au budget 2006", a-t-il expliqué à l'AFP pour justifier le fait que l'accord n'ait pas été
respecté.

"On élabore actuellement le budget 2007", a-t-il ajouté.

Mais le ministre se demande cependant si "le nouveau budget permettra" de prendre en compte les augmentations de salaires prévues dans le texte.

UE: On a prévu le financement de toutes les élections - Radio Okapi / MONUC - 01 sep. 06 - 15h20

 

Aldo Ajello envoyé spéciale de l’Union Européenne pour la région des Grands Lacs était cette semaine à Kinshasa où il a rencontré des personnalités politiques congolaises et des représentants de la communauté internationale, y compris le chef de la MONUC, William Swing.


INTERVIEW

Monsieur Ajello, est-ce que vous pourriez faire un bilan de votre séjour à Kinshasa?
L’objectif du séjour à Kinshasa était de faire le point sur les événements du 21 et du 22 août qui ont représenté peut-être la crise la plus grave qu’on a eu pendant la période de transition.
Le but de la mission est de donner un coup de main à la MONUC pour remettre le processus sur les rails, de créer des conditions de confiance, de nouveau, entre les différents partenaires, surtout les deux protagonistes du deuxième tour des élections présidentielles. Le but est aussi de s’assurer que les institutions fonctionnent pendant toute la période nécessaire pour arriver à la date du deuxième tour de la présidentielle, qui a été établie pour le 29 du mois d’octobre.


Vous avez eu à rencontrer le président Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba. Dans quelles dispositions vous les avez trouvés tous les deux?
Les deux se rendent compte qu’il faut remettre le processus sur les rails, ils se rendent compte qu’il faut arriver au deuxième tour des présidentielles dans les meilleures conditions. On a alors une base pour pouvoir travailler ensemble. Evidemment, le problème qu’on a est la profonde méfiance qui existe entre les deux, et surtout de la part du vice-président Bemba qui s’est cru agressé pendant les événements du 21 et du 22 août.

Donc le problème de rétablir la confiance est la première étape . La deuxième étape est de faire fonctionner les institutions et la troisième est d’arriver au deuxième tour des élections. On travaille sur ces trois bases et les conditions nous paraissent suffisantes pour pouvoir considérer qu’on va réussir à faire avancer le processus.


Etes-vous optimiste par rapport à la tenue et aussi à l’issue de ce deuxième tour de l’élection présidentielle?
Je crois qu’on a fait déjà beaucoup de travail et beaucoup d’investissements dans ce processus, on ne peut pas se permettre d’être pessimiste.


Comment définissez-vous le rôle de l’Union Européenne dans cette période électorale?
C’est un rôle de soutien, de support. L’Union Européenne a donné un support politique à la transition, a donné un support financier à toute la phase de transition, y compris la phase électorale, dont nous avons soutenu presque les 80% des dépenses. Nous sommes énormément engagés dans cette affaire et nous voulons le voir aboutir dans la meilleure des manières avec des organes élus par le peuple congolais.


Est-ce que l’Union Européenne a prévu de financer aussi le deuxième tour?
On a toute une histoire qui est complètement débile au sujet du financement du deuxième tour comme si nous avions prévu seulement un tour des élections. On a prévu le financement de toutes les élections.

Même si le président était élu au premier tour, on devait faire, de toute façon, les provinciales. Donc, on devait passer à un autre tour et le coup du deuxième tour des présidentielles avec les provinciales est identique au coup des élections provinciales toutes seules. Le deuxième tour ne change rien.

Il y a eu un gap, parce que les frais de ce processus électoral ont été plus importants qu’on l’avait prévu. Alors maintenant on essaye de trouver l’argent pour compléter ce gap et je peux vous annoncer déjà que l’Union Européenne va faire d’ici quelques jours, peut-être quelques heures, une annonce de contribution assez importante pour compléter ce gap. Pas entièrement, mais pour donner une contribution importante pour combler le vide qui existe encore.

Représentant spécial des Nations Unies: « Pas de solution militaire aux problèmes politiques », Frederic Renoux / MONUC- 23/06/2006

Le représentant spécial du Secrétaire général des l'ONU en RDC, William Swing, a dénoncé la violence des derniers jours à Kinshasa et appelé « les dirigeants politiques à la prudence » lors d’une conférence de presse, ce Mercredi 02 août 2006. Il s’est cependant déclaré « satisfait de la mise en place de l’accord de retrait des troupes ».


William Swing a salué l’accord entre les belligérants, appelant les dirigeants politiques à la prudence et soulignant qu’il n’y avait « pas de solution militaire aux problèmes politiques ».

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies a estimé « impératif que les deux parties établissent des mesures d’accompagnement aux accords » conclus hier après une médiation de la MONUC.

Ces mesures doivent inclure selon lui la création d’une « commission mixte » pour résoudre les différents et « l’acceptation de règles du jeu pour que le processus électoral se déroule dans les meilleurs conditions ». Il a également souhaité « une rencontre entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba ».

Cette commission mixte devrait traiter notamment de la question du « brassage » des troupes en charge de la sécurité du président et du vice-président, et de la définition précise de leur rôle selon la loi.

Les affrontements des derniers jours ont en particulier opposé la garde présidentielle, en charge de la protection du président Joseph Kabila, et l’unité de protection du vice-président Jean-Pierre Bemba. Ces unités font selon la loi partie des Forces Armées de la RDC, mais elles n’ont pas encore été intégrées dans le processus de brassage, qui doit assurer l’uniformisation des FARDC.

William Swing a dénoncé une nouvelle fois les violences, et présenté les condoléances de la MONUC aux familles des victimes. Il a regretté la « cruelle ironie » de ces affrontements survenus après des élections pacifiques. Il s’est cependant affirmé optimiste face à la volonté du peuple congolais, « malgré les obstacles » d’ouvrir un nouveau chapitre de son histoire, volonté déjà démontrée par leur participation massive au scrutin, lors du premier tour des élections.

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies a souligné que la MONUC continuerait à « faire tout ce qui est dans ses moyens pour aider le peuple congolais à aller aux urnes» le 29 octobre prochain.

Questionné sur le rôle de la MONUC dans le rétablissement de l’ordre public, le général Babacar Gaye, commandant des troupes de la mission des Nations Unies, a rappelé qu’elle ne pouvait se substituer aux forces de police: « nous créons les conditions et le cadre pour aider les Congolais à régler les problèmes ».

« Je suis personnellement allé sur le terrain pour intervenir auprès des protagonistes, nos troupes se sont interposées et nous avons amenés les protagonistes autour d’une table », a précisé le général, soulignant que, ce qui importait désormais, c’était « la volonté des acteurs de dialoguer ».

Un calme précaire est revenu à Kinshasa depuis mardi soir. Le bilan provisoire des affrontements, donné par la Police Nationale Congolaise ce mercredi, fait état d’au moins 16 morts et 11 blessés.

Accalmie après affrontements à Kinshasa : des négociations entamées pour mettre fin aux hostilités - Par Frederic Renoux et Oscar Mercado / MONUC - 22/08/2006

Le calme est revenu dans la ville de Kinshasa ce mardi 22 août 2006, après deux jours de violence. Un "groupe de travail" est créé pour mettre fin aux affrontements qui ont opposé les troupes du vice-président Jean-Pierre Bemba et des éléments de la garde présidentielle de Joseph Kabila, les deux adversaires du second tour de l’élection présidentielle.

Le calme est revenu mardi après-midi à Kinshasa, où les militaires fidèles au président congolais Joseph Kabila et au vice-président Jean-Pierre Bemba ont commencé à se retirer des rues du centre-ville, pour regagner leurs bases.

La Police Nationale Congolaise devait reprendre ses patrouilles ce mardi soir, aux côtés de la MONUC, de l'EUFOR et de l'EUPOL, selon un communiqué du "groupe de travail" constitué à l'initiative du CIAT, en accord avec les deux protagonistes de la crise, pour "normaliser la situation".

Il rassemble les autorités forces de sécurité congolaises (Ministère de la Défense, FARDC, Police Nationale et Garde Républicaine), des représentants du président et du vice-président, ainsi que des forces internationales.

Le groupe a également décidé le renvoi à leurs bases de toutes les unités des Forces Armées (FARDC) déployées dans la capitale et appelé la population de la capitale "à vaquer à ses occupations habituelles dès demain".

Les troupes de la MONUC contrôlaient cet après-midi le boulevard du 30 juin (la principale artère de Kinshasa) et les principaux carrefours. Le calme règne également dans les quartiers populaires de l’est de la ville, restés pour l’essentiel à l’écart des troubles.

Ces négociations devraient être suivies d’une rencontre entre Joseph Kabila et Jean Pierre Bemba, demain mercredi 23 août, suite à une médiation initiée par la MONUC, mission des Nations Unies au Congo. Le chef de la mission, William Swing, a appelé plutôt ce mardi les belligérants à cesser « immédiatement les affrontements » et les deux candidats à la présidentielle à se rencontrer « de toute urgence pour le bien du processus démocratique et surtout de la population congolaise ».

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, a rencontré ce mardi le président Kabila, en compagnie des ambassadeurs du CIAT (Comité International d’Accompagnement de la Transition). A l’issue de la discussion, Joseph Kabila s’est prononcé pour le « cantonnement immédiat » des troupes des deux camps.

Les mêmes diplomates ont rencontré hier Jean-Pierre Bemba pour examiner la situation tendue qui prévaut dans la capitale depuis dimanche soir et l’annonce des résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

Des tirs à l’arme lourde visant cette résidence ont contraint à leur évacuation par des troupes de la MONUC soutenues par une unité de l’EUFOR, qui entrait en action pour la première fois depuis son arrivée en République Démocratique du Congo.

Des éléments de la garde présidentielle avaient conduit cette attaque contre la villa du vice-président, les deux camps se rejetant la responsabilité de l’escalade dans la violence.

Les troubles avaient commencé dimanche en fin d’après-midi, suite à des affrontements opposant la Police Nationale Congolaise et la garde chargée de la protection de Jean Pierre Bemba.

Selon des témoins, une confusion serait à l’origine des troubles. Des soldats de la garde du vice-président, qui protégeaient le siège de Canal Kin TV, auraient tiré des coups de semonce après avoir observé un individu suspect près du bâtiment.

La panique s’était alors emparée de piétons et de la Police Nationale, qui ripostait, la confusion tournant à l’affrontement, en particulier dans le quartier de la Gombe au centre ville de Kinshasa puis autour de la résidence du vice-président Jean-Pierre Bemba.

Les affrontements ont fait plusieurs victimes depuis dimanche, dont au moins quatre morts ; mais le bilan demeure incertain. Depuis deux jours, le centre-ville de Kinshasa est déserté, bureaux et magasins fermés. Les corps de victimes des affrontements étaient encore visibles dans les rues de la ville ce mardi en fin d'après-midi.

Election présidentielle: Deuxième tour entre Joseph Kabila (44,81% ) et Jean Pierre Bemba (20,03%)  - Oscar Mercado - 21/08/2006

Joseph Kabila, le chef de l'Etat, obtient 44,81% des voix contre 20,03% pour Jean Pierre Bemba, vice-président, selon les résultats provisoires annoncés par la CEI ce dimanche 20 août 2006 dans la soirée. Il y aura donc un deuxième tour le 29 octobre prochain.

"Sont admis à se présenter au second tour de l'élection présidentielle MM. Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba, les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages exprimés, dès que les résultats auront été publiés et transmis à la Cour suprême de justice", conformément à la loi électorale, a déclaré le président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), l'abbé Apollinaire Malu Malu.

 

Le leader du PALU (Parti Lumumbiste) et opposant historique Antoine Gizenga arrive en troisième position avec 13,06% des voix, suivi de Nzanga Mobutu (4,77%), fils de l’ex-dictateur Mobutu Sese Seko, et de Oscar Kashala (3,46%), un médecin récemment revenu des Etats-Unis.

 

Le vice-président Azarias Ruberwa, candidat du RCD, obtient 1,69% des voix, tandis que l’autre vice-président en compétition, Arthur Zaidi N’Goma, recueille 0.34 % des suffrages.

 

Selon les chiffres donnés par l’abbé Apollinaire Mau Malu, président de la CEI, le taux de participation à ce premier scrutin libre et pluraliste depuis plus de 40 ans a été de 70,54% des inscrits.

 

L'abbé Malu Malu, entouré de l'ensemble des membres du bureau de la Commission, a annoncé ces résultats en direct à la télévision nationale congolaise.

 

Ces résultats de la CEI doivent être validés par la Cour suprême de justice (CSJ), en charge du contentieux électoral. Les candidats ont trois jours à compter de lundi pour déposer un éventuel recours qui doit être examiné dans les sept jours par la CSJ.

 

Les résultats définitifs seront proclamés par la Cour Suprême au plus tard le 31 août prochain. Le second tour de la présidentielle a été fixé au 29 octobre par la CEI.

 

Par ailleurs, la CEI doit annoncer les résultats provisoires des élections législatives, par circonscription, à partir de cette semaine.

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