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RDCongo: la justice belge ouvre la voie au transfèrement de Bemba à La Haye – AFP - 02 juil. 08 - 08h34

 

BRUXELLES, 1 juil 2008 - La justice belge a ouvert mardi la voie au transfèrement de l'opposant congolais Jean-Pierre Bemba devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui entend le juger pour des crimes commis par ses forces en Centrafrique il y a six ans.

La cour de cassation belge a rejeté en fin d'après-midi un recours des avocats de M. Bemba, qui estimaient irrégulière la procédure suivie depuis l'arrestation fin mai à Bruxelles du principal opposant au président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila.

Ce recours devant la plus haute juridiction belge, qui suspendait la procédure, ayant été rejeté, plus rien ne s'oppose à son transfèrement à La Haye. Celui-ci devrait se dérouler dans les prochains jours.

Une ultime procédure est bien encore ouverte devant la cour de cassation, mais, contrairement à celle tranchée mardi, elle n'est pas suspensive.

En outre, M. Bemba, qui pourtant à réclamé sa remise en liberté devant plusieurs juridictions belges, estime à présent qu'il ne "servirait à rien de mener un combat de procédure qui pourrait prolonger inutilement la détention préventive en Belgique", a indiqué à l'AFP un de ses avocats, Me Aimé Kilolo Musamba.

Plus tôt dans la journée, l'avocat avait indiqué que la défense de M. Bemba envisageait de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU, afin que celui-ci demande au procureur de la CPI de "suspendre" la procédure envers un homme "qui a beaucoup oeuvré pour la pacification" de la RDC.

"On attendra d'abord de voir un peu comment les choses se profilent", a-t-il toutefois nuancé en soirée.

Ex-chef rebelle et vice-président de la RDC durant la transition politique dans ce pays d'Afrique centrale, M. Bemba est poursuivi par la CPI pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, dont des viols et des meurtres, commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003.

"Jean-Pierre Bemba ne craint rien de la CPI, il est totalement sûr de son innocence", a également assuré Me Kilolo, selon qui le "lien de subordination" entre M. Bemba et les troupes responsables de ces crimes n'est pas établi, ces miliciens répondant à l'époque aux autorités centrafricaines.

Quant l’union européenne ferme ses portes aux demandeurs d’asile et immigrants, le Secrétaire général de l'ONU marque la  Journée mondiale des réfugiés par un message fort. 20 juin. 08 - 14h58

 

20 juin 2008 - L’intolérance, la débâcle politique et la guerre ont une longue et funeste histoire. Toutefois, la fragilité des régimes politiques et la plongée des sociétés dans la violence catastrophique ont également provoqué un élan d’humanité conduisant à la protection de ceux qui sont obligés de fuir leur pays face aux persécutions. L’octroi d’un asile remonte à des millénaires et est l’une des premières marques de civilisation.

Aujourd’hui, le principe est fermement entériné à l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont c’est le soixantième anniversaire cette année: «Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays».

La Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés de 1951 a défini le terme «réfugié» comme s’appliquant à toute personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle.

Depuis 1951, les déplacements de population sont devenus un problème beaucoup plus complexe. Il est souvent très difficile de faire la distinction entre un réfugié et quelqu’un que la faim pousse hors d’une frontière. Les courants migratoires sont maintenant impulsés par divers facteurs interdépendants et, en raison de l’élimination des obstacles à la mobilité des êtres humains, la protection des personnes déplacées est devenue plus problématique.

Les conflits et la pauvreté, qui sont les raisons les plus communes pour lesquelles les populations sont obligées de quitter leurs foyers, sont maintenant amplifiés par les effets des changements climatiques, la pénurie croissante de ressources et le manque de produits alimentaires – facteurs qui risquent à l’avenir de renforcer l’insécurité.

Toutes ces difficultés s’intensifient du fait que c’est actuellement sur les pays en développement que retombe de manière disproportionnée la responsabilité de l’asile. Contrairement à ce que croit le public dans de nombreux pays industrialisés, ce sont en fait les pays en développement qui, malgré leurs ressources limitées, doivent supporter le poids de l’accueil d’un nombre multiplié de réfugiés.

L’année passée, le nombre de réfugiés a dépassé 16 millions dans l’ensemble du monde. J’engage instamment la communauté internationale à redoubler d’efforts pour s’attaquer aussi bien aux causes qu’aux effets des déplacements forcés de population. Il est impératif de renforcer la solidarité internationale pour que le fardeau de la protection soit partagé de manière plus équitable.

Je remercie le Haut-Commissariat pour les réfugiés et les organismes des Nations Unies qui ont œuvré de concert pour protéger et aider à rapatrier les personnes déplacées. Nous ne saurions en aucun cas oublier les personnes qui fuient les persécutions, ni ce qu’elles ont à endurer chaque jour pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Notre objectif doit pour le moins consister à faire en sorte que les réfugiés soient un jour libres de retourner chez eux en toute sécurité et dans la dignité. Cependant, en cette journée mondiale des réfugiés, il importe avant tout de réaffirmer que tous les réfugiés ont le droit de trouver asile, et n’épargner aucun effort pour leur assurer toute la protection qui leur est due.

Violences au Bas-Congo (RDC): 100 morts, graves dérapages policiers (ONU) – AFP - 13 juin. 08 - 19h11

KINSHASA, 13 juin 2008  - Au moins cent personnes, dont de nombreux adeptes du mouvement Bundu dia Kongo (BDK), ont été tuées lors d'une opération de police en février-mars au Bas-Congo, en République démocratique du Congo (RDC), selon l'ONU, qui a dénoncé vendredi un "usage excessif de la force".

C'est la première fois depuis ces violences que l'ONU communique officiellement un bilan et liste une série de violations des droits de l'Homme perpétrées par la police nationale congolaise (PNC), mais aussi des violences attribuées au BDK, dans un rapport de 36 pages rédigé par une équipe multidisciplinaire du Bureau de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) pour les droits de l'Homme.

"Le bilan officiel des incidents était de 27 morts, y compris trois policiers. L'enquête a conclu qu'au moins 100 personnes, principalement des partisans du BDK, ont été tuées pendant les opérations de la PNC lancées le 28 février 2008 dans la province du Bas-Congo (ouest)", affirme le rapport.

"Ce lourd bilan (...) a été principalement causé par l'usage excessif ou illégitime de la force par la PNC, et, dans quelques cas, par des exécutions arbitraires", poursuit le texte, citant des "cas d'exécutions de détenus" et le fait que des témoins affirment avoir vu la PNC jeter des cadavres dans une rivière "pour chercher à dissimuler des preuves".

Le rapport liste aussi des actes de "torture", des "traitements dégradants", des pillages et des incendies d'habitations ou d'églises du BDK, dans différents localités de la province.

Les enquêteurs rappellent que l'opération de police, destinée à "restaurer l'autorité de l'Etat", avait été lancée après des mois de tension au Bas-Congo, où, en février, deux hommes avaient été "brûlés vifs par le BDK" qui les accusait de sorcellerie.

Cette secte politico-religieuse affirme lutter pour la défense des intérêts du peuple Kongo et certains de ses leaders prônent la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui s'étendait au XVe siècle sur l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon.

Le rapport de l'ONU rappelle que dans certains villages, le BDK s'était "arrogé les pouvoirs de l'Etat" et était qualifié d'"organisation terroriste" par certaines autorités locales.

Toutefois, les enquêteurs soulignent que l'emploi de mitrailleuses légères, la "destruction systématique des églises et maisons du BDK" et l'arrestation de plus de 150 adeptes pourraient indiquer que les autorités avaient "comme objectif de réduire considérablement la capacité opérationnelle du BDK", interdit fin mars par le gouvernement.

L'équipe de l'ONU a aussi visité plusieurs localités où se trouvaient des fosses communes. Elle a constaté dans certains cas, comme à Manterne (sud de la province), que "bien qu'aucun corps n'y ait été retrouvé, des preuves matérielles et physiques, ainsi que des témoignages, peuvent indiquer que des corps y ont été enterrés et ont ensuite été déplacés".

La Monuc recommande l'ouverture d'une enquête par la justice congolaise, appelle le gouvernement à "prendre des mesures" afin de mieux former et équiper sa police, et le BDK à "reconnaître la légitimité" des autorités congolaises

Kabila et sa bande des incompetents - Grève des enseignants – tendant vers une nouvelle année blanche, des étudiants manifestent sur le campus de Kinshasa – AFP - 09 mai. 08 - 14h14

KINSHASA, 9 mai 2008 - Des centaines d'étudiants ont manifesté leur colère vendredi sur le campus de Kinshasa, où ils ont caillassé des véhicules et des locaux pour protester contre la grève des enseignants, entraînant une intervention musclée de la police, a-t-on appris de sources universitaires.

Des policiers ont immédiatement été dépêchés sur le campus et ont "tiré en l'air" pour disperser les étudiants, ont rapporté à l'AFP des étudiants et des membres du rectorat de l'université de Kinshasa (Unikin).

"Les policiers sont entrés dans le campus. C'est la première fois qu'ils viennent jusqu'au Home (dortoirs). C'est calme maintenant, mais ils sont restés près des locaux administratifs", a déclaré à l'AFP Angy, un étudiant de 27 ans, joint sur le campus.

Tôt dans la matinée, des étudiants ont incendié un chapiteau publicitaire récemment installé par un opérateur de téléphonie mobile et ont empêché tout véhicule de pénétrer sur le campus, jetant des pierres contre les voitures de plusieurs enseignants, selon des sources policières et universitaires.

"C'est vrai, il y a eu des jets de pierre et l'incendie du chapiteau. C'est parce que nous sommes en colère. Nous n'avons pas eu de cours depuis la fin janvier. On va vers une nouvelle année blanche. Les enseignants disent qu'ils attendent toujours des réponses du gouvernement" concernant la revalorisation de leurs salaires, a expliqué Angy.

Procès Maheshe en RDC: avocats et observateurs "menacés de mort" (ONG) – AFP - 23 avr. 08 - 14h45

 

KINSHASA, 23 avr 2008 - Quatre ONG de défense des droits de l'homme dénoncent des "menaces de mort" à l'encontre des observateurs et avocats dans le procès en appel des assassins présumés d'un journaliste congolais abattu en juin 2007 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans un communiqué reçu mercredi, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat/France), Protection international et la Commission internationale des juristes (CIJ) "condamnent les menaces de mort reçues depuis le 17 avril par trois ONG congolaises, par l'ONG Protection international et par les avocats de la défense" du procès de Serge Maheshe.

Ces organisations, qui rappellent "l'absolue légitimité de l'observation des procès au regard du droit international ainsi que le droit d'exprimer publiquement des critiques sur un procès en cours", affirment que plusieurs observateurs (nationaux et internationaux) et avocats de la défense ont reçu, par téléphone, des messages anonymes les menaçant de mort.

"Ces menaces constituent de graves atteintes au droit de défendre les droits humains", soulignent ces organisations qui demandent à l'Etat congolais "d'assurer la sécurité des défenseurs" en vue de la tenue d'un procès juste.

"La présence d'observateurs indépendants ne peut que contribuer à aider la justice congolaise à corriger les dysfonctionnements enregistrés" en première instance pour "rendre enfin justice à la famille de Serge Maheshe", indiquent-elles encore.

Journaliste de la radio Okapi (parrainée par l'ONU), Serge Maheshe (31 ans), avait été tué le 13 juin 2007 à Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu (est de la RDC).

Le 28 août 2007, le tribunal militaire de garnison de Bukavu a condamné à mort pour assassinat Freddy Bisimwa et Masasile Rwezangabo, deux civils qui avaient reconnu avoir tué le journaliste.

Sur la base des dénonciations des tueurs présumés, le tribunal avait aussi condamné à la peine capitale Serge Mohima et Alain Mulumbi Shamavu, deux amis de la victime, accusés d'en être les commanditaires.

Mais en septembre, les tueurs présumés étaient revenus sur leurs déclarations, et avaient innocenté les deux amis de Maheshe et témoins oculaires du crime, affirmant avoir subi des pressions de magistrats militaires.

En mars, l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) avait déploré le refus des magistrats du tribunal militaire de Bukavu d'examiner certaines pistes et de prendre en compte "les aveux spontanés des tireurs présumés", qui ont innocenté les deux amis du journaliste, condamnés à mort en première instance.

Plusieurs observateurs congolais au procès ont affirmé à Protection international "avoir reçu de fortes pressions à la suite de la publication de leurs communiqués au terme des audiences successives".

Elles demandent aux autorités congolaises de "réagir fermement pour condamner" ces menaces et de "veiller à ce que toutes les garanties d'un procès juste et équitable soient respectées".

Parlementaire britannique Eric Joyce: je pense que beaucoup reste encore à faire - E. Young & N. Yacoubian / MONUC - 18 avr. 08 - 17h19

 

Le député britannique Eric Joyce, Président du groupe parlementaire multipartite du Parlement britannique pour la Région des Grands Lacs, visite la RD Congo avec deux de ses collègues du 14 au 19 avril 2008. Dans un entretien, il a donné ses impressions sur l’évolution du processus de paix pour les provinces de Kivu, expliquant le contenu des entretiens que sa délégation a eus avec ses confrères du Parlement de la RDC à Kinshasa.

ENTRETIEN


Quelles sont vos impressions sur l’avancement du processus de paix au Kivu?

La dimension démocratique est nouvelle, et je pense que nous pouvons peut-être aider dans une certaine mesure


Nous avons rencontré les représentants du CNDP, des PARECO et des Mai Mai. Ils ont très clairement et intelligemment expliqué leurs causes. Quoique l’on pense des différentes disputes qui ont marqué l’histoire du processus, le fait est qu’il semble que les choses vont maintenant dans la bonne direction, et nous commençons à voir des résultats, bien qu'il y ait beaucoup plus à faire dans l’avenir.

Alors, vous êtes satisfaits des résultats de l'exécution du processus?

Oui, mais on ne devrait jamais être satisfait; on devrait toujours demander plus, et je pense que beaucoup reste encore à faire. Il est évident que les choses sont toujours fragiles dans une certaine mesure, mais après avoir parlé à certains des principaux participants, je suis très encouragé.

Quels étaient les résultats de vos entretiens avec les parlementaires congolais?

Nous avons rencontré les présidents de l'Assemblée et du Sénat. Nous avons rencontré des comités et des commissions tels que ceux chargés des ressources naturelles et des questions sociales, et je pense que nous pouvons beaucoup faire pour apprendre les uns des autres. Il y a une grande capacité politique au Congo, mais la dimension démocratique est nouvelle, et je pense que nous pouvons peut-être aider dans une certaine mesure.

Vous avez dit que les parlementaires congolais doivent développer leurs propres capacités. Comment les parlementaires britanniques vont-ils les aider?

Nous avons remarqué qu'il est très difficile au Congo de communiquer avec ses électeurs


Nous avons remarqué qu’il est très difficile au Congo de communiquer avec ses électeurs. En Grande-Bretagne, les députés communiquent à la télévision ou par lettres ou courriers électroniques, mais ceci devient plus difficile au Congo.

Nous pensons qu'il pourrait y avoir beaucoup plus de possibilité de communiquer avec les électeurs par les messages SMS grâce au téléphone portable, et par une utilisation créative de la radio. Et cela donnera aux gens une idée de ce qu’est leur représentant au parlement, et les parlementaires à leur tour auront une idée de ce que leurs électeurs veulent qu'ils fassent à Kinshasa.

Dans quel domaine les parlementaires congolais doivent-ils améliorer leur expertise?

Les parlementaires au Congo ont autant d’expertise que ceux du Royaume Uni. Ce qui est difficile pour le Congo, c’est l'élément démocratique. Ils sont très doués en politique, mais il y a des domaines pratiques où nous avons travaillé à travers les années pour être réélus comme députés, je pense que ce sont ces secteurs que nous pourrions utilement explorer avec les Congolais.

Mais nous avons également des choses à apprendre sur le Congo, par exemple comment le système politique fonctionne ici. Toutes ces choses sont importantes.

Quels sont les plus grands défis pour le Groupe parlementaire multipartite sur les Grands Lacs?

Je préside ce groupe, qui est le plus grand groupe du parlement à Londres, et cela montre l’intérêt britannique pour la région des Grands Lacs. Le premier défi pour nous est de comprendre le Congo, et de communiquer cela à nos électeurs, afin qu’ils voient combien il est important d’améliorer la qualité de vie de tous les Congolais.

Nous formons un seul monde, et plus nous rendons visite aux hommes et femmes politiques congolais et qu’ils nous rendent visite, meilleure sera la vie pour nous tous. C'est pour cela que nous annonçons ce soir la création d'une amitié parlementaire Congo-Royaume Uni.

Pourquoi le Groupe a-t-il été créé?

Le premier défi est de comprendre le Congo et de communiquer cela à nos électeurs


Il a été créé en 1998 après que l’un de mes collègues ait visité la région des Grands Lacs dans les années 90. Là, il a vu les grandes difficultés en terme de sécurité, et la pauvreté qui en résulte.

Nous pensons que si on peut commencer à renforcer la sécurité, alors la santé, l’éducation et les infrastructures dont le peuple congolais a tant besoin pourront être mis en place.

Mais on doit commencer sur plusieurs plans par renforcer la capacité sécuritaire pour sécuriser la population. En toute franchise, la MONUC fait un travail vraiment bon autant qu’elle peut, mais elle ne peut pas tout faire.

Tirs nourris devant le siège de l'ONU à Bunia (RDC) après un accidentUne maison habitée par un personnel de la Monuc à Bunia a été incendiée -  AFP - 01 avr. 08 - 08h51

 

KINSHASA, 31 mars 2008 - Des tirs nourris ont éclaté lundi devant le siège de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) à Bunia (nord-est), où la police a dispersé des manifestants en colère après un accident impliquant un véhicule onusien, a-t-on appris auprès de l'ONU.

Le calme est revenu dans la soirée à Bunia, chef-lieu du district troublé d'Ituri, après l'intervention de la police congolaise qui a abondamment tiré en l'air pour disperser les manifestants, a-t-on appris de sources sécuritaires internationales.

La Monuc a "profondément regretté" l'accident de circulation impliquant un de ses véhicules et qui a coûté la vie à la passagère d'un taxi-moto dans l'après-midi, selon son porte-parole à Kinshasa Michel Bonnardeaux, qui n'a fait aucun commentaire quant aux violences de la journée.

Selon la radio Okapi, parrainée par l'ONU, et des sources sécuritaires jointes par l'AFP, plusieurs manifestants ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du quartier général de la Monuc, protégé par des sacs de sable et des barbelés.

Plusieurs véhicules de l'ONU ont été endommagés par des jets de pierre et une maison habitée par un personnel de la Monuc à Bunia a été incendiée.

La police nationale congolaise est parvenue à disperser les manifestants, essentiellement des étudiants, et le calme était revenu dans la ville vers 17H00 GMT.

Signalons en passant que certains members du personnel de la Monuc ont été impliqué dans des graves violations des droits de l’homme comme viols and abus sexuels. Cela pourra expliquer la colére de la population.

Aucun bilan officiel de ces violences n'était disponible en fin de journée.

 

Kabila rentre à Kinshasa après un séjour dans la région troublée du Bas-Congo - le gouvernement interdit une secte politico-religieuse AFP - 25 mar. 08 - 16h54

KINSHASA, 25 mars 2008 - Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, est revenu mardi à Kinshasa, après une visite de cinq jours au Bas-Congo, province de l'ouest marquée par des violences meurtrières, a-t-on appris de source officielle.

"Le président est rentré ce matin (mardi) à Kinshasa, où il a inauguré des travaux de réfection d'une route" dans un quartier du centre de la capitale, a-t-on appris auprès d'un conseiller du chef de l'Etat.

A Matadi, capitale du Bas-Congo, M. Kabila a présidé vendredi un conseil des ministres qui a décidé de l'interdiction du mouvement politico-religieux local Bundu dia Kongo (BDK), impliqué dans des violences meurtrières avec les forces de l'ordre.

Le conseil, qui a été presque entièrement consacré à la situation sécuritaire dans la province, a annoncé "le retrait de l'agrément accordé par le ministère des Affaires sociales à l'ASBL (Association sans but lucratif) BDK", notamment accusée par le pouvoir de réclamer "l'auto-détermination du peuple Kongo" et d'encourager les troubles.

Depuis fin février, les affrontements et la répression brutale de la police, qui a systématiquement détruit des lieux de réunion et de culte du BDK, ont fait une trentaine de morts dans la province, selon des sources officielles, mais plus d'une centaine selon des sources de l'ONU et de la société civile.

Groupe d'opposition religieux sécessionniste très implanté dans le Bas-Congo, le BDK prône la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui s'étendait au XVe siècle sur l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon.

La décision gouvernementale a été vivement critiquée par le député de l'opposition Ne Kongo (originaire du Bas-Congo) Jean-Claude Vuemba, qui a affirmé que "la manière forte" n'avait "jamais résolu" les problèmes et estimé qu'une "religion n'est jamais aussi forte que quand elle est dans la clandestinité".

De leur côté, des défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé une décision illégale du gouvernement. L'Asadho, une ONG locale basée au Katanga (sud-est), a notamment estimé qu'il revenait à la justice et non à l'exécutif de retirer l'agrément d'une ASBL, "même s'il s'agit du rétablissement de l'ordre public".

A Matadi, M. Kabila a notamment reçu les représentants de la société civile, des confessions religieuses et des opérateurs économiques, avant de se rendre à Boma, ville portuaire située à environ 40 km de Matadi.

Selon son entourage, le président voulait se rendre compte de l'état des routes, des besoins des populations. "Toutes les provinces ont des revendications urgentes, car toutes ont les mêmes problèmes d'accès à l'eau, à l'électricité, aux richesses. Nous travaillons, mais cela prend du temps dans un pays qu'il faut reconstruire", a souligné un proche du chef de l'Etat.

Rattrapé par la Cour pénale internationale,  Mathieu Ngudjolo est accusé de crimes de guerre AFP - 08 fév. 08 - 08h45

 

KINSHASA, 7 fév 2008 - Caporal, déserteur puis infirmier: Mathieu Ngudjolo avait trouvé sa voie comme chef de guerre au sein des milices d'Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), avant d'être rattrapé par la Cour pénale internationale (CPI) en dépit d'une brève réhabilitation dans l'armée.

Arrêté mercredi à Kinshasa, le colonel Ngudjolo, 37 ans, a été transféré dans la nuit à la CPI dont le procureur l'accuse de crimes de guerre et contre l'humanité commis en 2003 dans le district aurifère de l'Ituri (nord-est).

Il était à l'époque un des chefs du Front nationaliste et intégrationniste (FNI), une milice créée fin 2002 avec un soutien ougandais, dont de nombreux membres, de la communauté lendu, sont soupçonnés d'avoir participé à des massacres à caractère ethnique dirigés contre les Hema.

Cet homme au visage rond piqué d'un bouc travaillé, à la charpente alourdie par des années de bonne chère venues compenser le temps des maquis, a rejoint jeudi dans les geôles de La Haye son ancien allié Germain Katanga des Forces de résistance patriotiques en Ituri (FRPI, groupe lendu) et son ennemi hema Thomas Lubanga, chef de l'Union des patriotes congolais (UPC).

Né le 8 octobre 1970 à Bunia, chef-lieu d'Ituri, Mathieu Ngudjolo Chui est issu d'une modeste famille lendu. Il embrasse rapidement la carrière militaire et devient caporal dans les Forces armées zaïroises (FAZ) de l'ex-dictateur Mobutu Sese Seko.

Quand la guerre éclate en 1996, il déserte des FAZ, qui sont balayées en huit mois par une rébellion congolaise soutenue par le Rwanda.

Pendant quatre ans, il se fait oublier et suit avec succès une formation d'infirmier à Bunia. En 1998 éclate une deuxième guerre en RDC. Il continue à soigner ses congénères.
Mais le conflit le rattrape en 2002. Il échappe de justesse à un assassinat dirigé par des membres de l'UPC, qui prenait alors le contrôle de Bunia. Il rejoint des combattants lendu.

Sa formation militaire et son charisme en font rapidement un des principaux commandants du FNI, alors allié des FRPI, selon des témoignages recueillis par une ONG locale de défense des droits de l'Homme.

En 2003, Ngudjolo "a lui-même pris part et dirigé les combattants du FNI lors de plusieurs massacres, notamment à Bogoro, Tchomia, Mandro et Bunia", selon des informations collectées par l'ONG internationale Human Rights Watch.

Le procureur de la CPI le poursuit notamment pour l'attaque de Bogoro, le 24 février 2003, qui a provoqué le "meurtre d'environ 200 civils", des "arrestations", l'"enfermement de civils dans une pièce remplie de cadavres", des "pillages" et la "réduction en esclavage sexuel de plusieurs femmes et filles".

Fin 2003, il est arrêté par l'ONU pour le meurtre d'un chauffeur de taxi-moto à Bunia, fait appel et est transféré à la prison de Kinshasa. Libéré en 2004 faute de preuve, il disparaît pendant des mois avant de ressurgir en Ouganda, où il fédère des miliciens issus de plusieurs groupes.

Il co-fonde et prend la tête du Mouvement révolutionnaire congolais (MRC), créé à Kampala en juin 2005, une milice qui continuera à semer la terreur en Ituri.

En juillet 2006, alors que près de 20.000 miliciens ont rendu les armes en Ituri, il signe un accord de paix avec Kinshasa, promettant de faire démobiliser ses hommes contre la promesse d'une amnistie générale.

Il obtient pour lui-même un grade de colonel et quitte l'Ituri en novembre 2007 pour un centre de formation militaire pour officiers dans la capitale, où il est arrêté moins de trois mois plus tard.

Le chef de la diplomatie belge dénonce un "génocide sexuel" – AFP - 18 jan. 08 - 10h56

 

BRUXELLES, (AFP) - Le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht a qualifié jeudi de "génocide sexuel" les pratiques systématiques de viols commis par les belligérants dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC).

"La situation est comparable au Darfour" - où le conflit opposant les forces soudanaises et des milices arabes à différents mouvements rebelles a fait 200.000 morts selon des organisations internationales - mais en RDC "c'est un génocide sexuel", a déclaré M. De Gucht lors de ses voeux à la presse.

Dénoncée par les ONG, la situation dans l'Est de la RDC, une ancienne colonie belge, fait l'objet d'une prise de conscience croissante de la part de la communauté internationale.

Selon la branche belge d'Amnesty International, le viol de femmes et d'enfants est devenu une "arme de guerre" destinée notamment à terroriser les combattants adverses. La pratique serait le fait des forces insurgées, mais aussi de l'armée régulière congolaise, selon l'ONG.

M. De Gucht a annoncé jeudi l'intention de la Belgique d'intensifier son action humanitaire en RDC, sans fournir davantage de précisions.

L'est de la RDC, et plus spécifiquement le Nord-Kivu, est depuis plusieurs mois le théâtre de violents affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et des soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi Laurent Nkunda.

 

De quoi Joseph Kabila est-il capable? Un malaise règne au sein des Forces armées congolaises, à la suite de l’humiliante défaite subie à Mushake: UN LOURD BILAN, humain et matériel. Que va apporter la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les Kivu.

Le soir, Colette Braeckman, jeudi 27 décembre 2007

 

Sur les six mille éléments des FARDC engagés dans la bataille de Mushake, la moitié a été mise hors de combat : 2.600 militaires ont été tués dont 2.000 policiers en tenue militaire et 600 éléments de la garde républicaine. S’y ajoutent 600 blessés pour lesquels une compagnie médicale a été dépêchée d’urgence à Goma. En plus des pertes en vies humaines, un important matériel militaire a été saisi par les hommes de Nkunda, qui leur permettra de guerroyer pendant des années encore : 6 tonnes de munitions, y compris des munitions d’hélicoptères, 45 blindés, 20 lance-roquettes, 15.000 caisses de grenades, 6000 caisses d’armes type Fall et semble-t-il meme de 15 missiles sol air.

 

Les travaux préparatoires de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les Kivu ont été officiellement ouverts, ce jeudi 27 décembre 2007, à Goma, au cours d’une cérémonie inaugurale présidée par l’Abbé Malu Malu, Président de la Commission électorale indépendante (CEI), également coordonnateur des travaux préparatoires de la Conférence. Ces travaux marque le début d’une campagne de sensibilisation à la base sur les objectifs et les résultats attendus de cette conférence prévue du 6 au 14 janvier 2008

 

Rappelons que depuis début septembre, le président Joseph Kabila avait choisi l’option militaire pour réduire la rébellion du général Laurent Nkunda, qui avait pris les armes pour défendre les Tutsis congolais qu’il assurait être menacés. Désireux de rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et de mettre en œuvre ses prérogatives constitutionnelles, le président Kabila était alors l à argement soutenu par son opinion publique, en particulier au Kivu, où il avait été élu à plus de 90 % sur sa promesse de rétablir la paix.

Cette initiative militaire était cependant désavouée par les Occidentaux : prônant une solution politique qui aurait répondu en partie aux exigences de Nkunda, ils avançaient les risques sur le plan humanitaire et mettaient en doute la probabilité d’une victoire. En septembre, afin de conjurer le président de stopper une offensive qui avait enregistré de premiers succès, les ambassadeurs occidentaux et le représentant de l’ONU, William Swing, se déplacèrent même à Goma. En novembre, les mises en garde se succédèrent et la reprise des hostilités – dont le déclenchement fut attribué à Nkunda lui-même – fut marquée par un impressionnant déploiement militaire congolais : plus de 20.000 hommes, payés et dotés de matériel neuf, encerclèrent alors les quelque 4000 rebelles de Nkunda.

 

Cependant, comme pour donner raison aux objurgations diplomatiques, les premiers succès furent rapidement enrayés : d’après des observateurs militaires, l’armée congolaise s’avéra en effet incapable de consolider des positions conquises trop rapidement, elle n’obtint pas le soutien de la Monuc – la Mission de l’ONU sur place – sur lequel elle comptait pour assurer ses arrières – les hélicoptères indiens refusèrent de prendre l’air et de fournir des compléments de munitions. Les Casques bleus se contentèrent finalement d’empêcher la chute de Sake et de Goma.

Mais surtout, il se confirme aujourd’hui que les Fardc furent victimes de trahison au plus haut niveau : à Mushake, où avait été dépêché le commandant en chef des forces terrestres, le général Gabriel Amisi dit « Tango Fort », des ordres contradictoires furent donnés, qui entraînèrent le repli des meilleurs éléments. On devait comprendre plus tard que les commandants de la plupart des brigades censées assiéger Nkunda étaient des officiers qui, comme Amisi, avaient naguère combattu à ses côtés dans les rangs de la rébellion et avaient été brassés ensuite, mais sans réellement rompre avec leur ancien compagnon d’armes !

Une Cour militaire qui vient d’être instituée au Nord-Kivu devrait pouvoir circonscrire ces trahisons mais déjà le général Amisi a regagné Kinshasa en état d’arrestation et a été placé en résidence surveillée en attendant le résultat des enquêtes.

Un autre officier de haut rang, le général katangais John Numbi, actuellement en charge de la police de Kinshasa, serait « en disgrâce ». Ces mesures suffiront-elles toutefois à apaiser la grogne au sein de l’armée ? Le bilan des pertes, qui commence à être connu, est en effet catastrophique. Sur les six mille éléments des FARDC engagés dans la bataille de Mushake, la moitié a été mise hors de combat : 2.600 militaires ont été tués dont 2.000 policiers en tenue militaire et 600 éléments de la garde républicaine. S’y ajoutent 600 blessés pour lesquels une compagnie médicale a été dépêchée d’urgence à Goma.

 

En plus des pertes en vies humaines, un important matériel militaire a été saisi par les hommes de Nkunda, qui leur permettra de guerroyer pendant des années encore : 6 tonnes de munitions, y compris des munitions d’hélicoptères, 45 blindés, 20 lance-roquettes, 15.000 caisses de grenades, 6000 caisses d’armes type Fall. Le bilan fait même état de 15 missiles sol air, mais on se demande pourquoi de telles armes auraient été envoyées au Kivu contre un adversaire qui pratique la guérilla et ne dispose ni d’armement lourd ni de moyens aériens…

L’ampleur de la débâcle et la saisie par l’adversaire d’un lot important de matériel neuf fait penser à une autre catastrophe militaire qui, en son temps, avait marqué le début de la fin pour Laurent Désiré Kabila, assassiné quelques semaines plus tard : la bataille de Pweto au Katanga, en novembre 2000. Joseph Kabila et le général Numbi avaient alors dû fuir en hélicoptère…

Le poison du soupçon ronge actuellement la très fragile armée congolaise dont bon nombre d’officiers sont issus des anciens groupes rebelles, les Katangais et les anciens militaires mobutistes déplorent avoir subi le gros des pertes et sur le front, les désertions sont massives tandis que des remous agitent les camps militaires de Kinshasa…

 

La conférence de paix de Goma va-t-elle apporté à cette population meurtrie le minimum vital?; parce que la moindre concession accordée à Nkunda et aux siens alimenterait le soupçon de trahison au plus haut niveau et provoquerait des remous au sein d’une population humiliée par la défaite son armée et privée des dividendes de la démocratie.

Trop c’est Trop! La persistance de violations des droits de l’homme en RDC

La MONUC préoccupée face aux conséquences humanitaires au Nord-Kivu –

MONUC - 26 déc. 07 - 17h07

 

Lors de la conférence de presse hebdomadaire du 26 décembre 2007, la MONUC a exprimé sa profonde préoccupation face aux conséquences humanitaires des récents combats entre forces dissidentes et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au Nord-Kivu. Elle a aussi déploré la persistance de violations des droits de l’homme en RDC, et a demandé au Gouvernement congolais de «impérativement» mettre fin à ces violences et traduire en justice les auteurs de ces crimes.

«La MONUC continue de déplorer la persistance de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire en RDC, en particulier celles commises par les FDLR et les dissidents de Laurent Nkunda ainsi que d’autres milices et groupes armés et des éléments des FARDC, de la Police nationale congolaise (PNC) et d’autres services de sécurité et de renseignement», a dit le Porte-parole de la mission, Kemal Saïki.

La MONUC a, également, rappelé qu`elle condamne fermement les violences sexuelles commises par ces groupes de même qu’elle condamne le recrutement d`enfants au sein de tout groupe armé.

Bien que les tensions soient progressivement contenues au Nord Kivu, et que les FARDC poursuivent leurs efforts de réorganisation ainsi que leurs actions d’endiguement des forces dissidentes de Nkunda, «des actions sporadiques opposent régulièrement les patrouilles des belligérants aux environs de Kalengera et de Rugari, dans le district de Rutshuru», a fait savoir la MONUC. «Parallèlement, dans le Masisi, des accrochages violents ont été notés entre des groupes Mayi-Mayi et les rebelles de Laurent Nkunda au nord-ouest de Mushake, à l’ouest de Kitchanga et aux alentours de Mweso».

La MONUC continue à apporter son assistance aux populations déplacées. Il s’agit de déplacements de populations de faible amplitude que les ONG et les agences humanitaires des Nations unies soutiennent au mieux au niveau des postes de secours et de regroupement que constituent les nouvelles bases opérationnelles de la MONUC, déployées cette semaine dans le nord et l’est ainsi que dans la partie septentrionale du Sud-Kivu.

La MONUC a encore une fois rappelé que le recrutement d’enfants dans les troupes armées est un crime de guerre et un crime contre l’humanité. Elle continue à relever le recrutement forcé d'enfants par les troupes du CNDP (Congrès national de la défense du peuple), mouvement politico-militaire de Nkunda.

«Les dernières informations font état de 200 élèves de l'école secondaire de Tongo, dans le Territoire de Rutshuru, qui auraient été recrutés de force, le 17 décembre 2007, après que leurs matériels scolaires et leur carte d'identité aient été brûlés », a indiqué la MONUC.

En ce qui concerne l’organisation prochaine de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement des Kivu qui aura lieu du 6 au 14 janvier 2008 à Goma, la MONUC a intensifié ses patrouilles aériennes et terrestres, de jour comme de nuit.

Nord-Kivu (RDC): tirs au nord de Goma (armée) – AFP - 19 nov. 07 - 17h27

 

GOMA (RDCongo), 19 nov 2007  - La tension restait vive lundi au Nord-Kivu, province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où la situation était "globalement calme" en dépit de tirs sporadiques signalés au nord de la capitale provinciale Goma, a-t-on appris de source militaire.

"Il y a eu des tirs sporadiques du côté de Rugari (environ 30 km au nord de Goma), mais la situation est calme maintenant", a déclaré à l'AFP le colonel Joseph Tokolonga, chef d'état-major de la 9e brigade des Forces armées congolaises (FARDC), déployée dans cette zone.

"Les insurgés (ralliés à l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda) ont tiré pour forcer les FARDC à réagir. Nous n'avons pas ouvert le feu", a-t-il ajouté, expliquant que les soldats dissidents avaient tenté d'identifier les positions de ses hommes dans le secteur de Rugari, en essayant vainement de les inciter à réagir aux tirs insurgés.

Fin octobre, des combats avaient opposé les FARDC et des troupes insurgées à Rugari et dans les collines de ce secteur, en territoire de Rutshuru. Les soldats ralliés à Nkunda sont positionnés non loin de Rugari et plus au nord-est, vers les localités de Runyoni et Bunagana, frontalières du Rwanda et de l'Ouganda.

Depuis la fin août, les FARDC, qui ont massé environ 20.000 hommes au Nord-Kivu, combattent quelque 4.000 soldats insurgés ralliés à Nkunda sur plusieurs fronts, dans les territoires de Rutshuru et de Masisi (nord-ouest de Goma), où l'ex-général a établi ses bastions.

R. Mountain: Grande déception dans la poursuite des auteurs des violences sexuelles - Nina Yacoubian / MONUC - 07 nov. 07 - 09h15

Avec la continuelle situation tendue à l’Est du pays et qui suscite davantage de violences sexuelles contre les femmes, nous avons évoqué la question avec le Représentant Spécial Adjoint du Secrétaire Général de l’ONU, Ross Mountain, ainsi que les efforts que la communauté internationale et le gouvernement de la RDC déploient pour résoudre ce problème.


ENTRETIEN

La violence sexuelle est-elle un vieux problème de la société congolaise ou juste une conséquence de la guerre?

La dimension tragique de ce problème est que, pendant que le conflit est quasi fini, cette pratique continue.


La tradition, d'après ce que je sais, veut que l'on s'occupe des femmes et qu'on les protège dans la société. Par conséquent, c'est en grande le résultat d'un long conflit dans ce pays.

Cependant, la dimension tragique de ce problème est que, pendant que le conflit est quasi fini, cette pratique continue, et franchement, étant donné le nombre élevé de cas, elle continue à toucher les femmes partout dans le pays.

Avez-vous des statistiques sur le nombre de victimes de violences sexuelles?

Obtenir des statistiques précises, c’est assez difficile. En général, je regrette de dire que nous avons affaire à des centaines de milliers de victimes ces deux dernières années. Par exemple, une étude menée l’année passée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sur environ la moitié des centres de santé, a fait état de 50.000 cas signalés. Si un nombre si élevé de cas ont été signalés, on peut se demander combien il y en a en réalité.

Au Sud-Kivu seul, en 2006, nous avions près de 25.000 cas. C'est un problème incroyablement grand. Ce n'est pas seulement un problème anecdotique mais un problème massif qui nécessite que, tous ensemble, nous essayions et nous nous assurions que non seulement les femmes victimes de viol et d’abus soient traitées, mais aussi que cette violence sexuelle s’arrête.

Qui sont les auteurs des la violences sexuelles?

Dans le temps, c’était des hommes en uniforme et, effectivement, ils demeurent les plus grands auteurs. Aujourd'hui, cela inclut visiblement les milices et les forces armées nationales ainsi que—là, je suis désolé de le dire—la police. Cela reste le principal groupe d'auteurs.

Cependant, la proportion des cas actuellement commis par les civils, qui ne sont pas des militaires et des hommes en uniforme, augmente en même temps. C'est un signe très inquiétant.

Le gouvernement a-t-il un programme spécial pour remédier à la situation?

La proportion des cas actuellement commis par les civils augmente. C'est un signe très inquiétant.


Le gouvernement s’est impliqué avec la communauté internationale dans ce qui est appelé l’«initiative conjointe», laquelle réunit plusieurs agences de l’ONU, la société civile tant nationale et qu’internationale ainsi que plusieurs ministres.

Ils traitent premièrement la question du traitement des victimes, tels leurs soins médicaux et la prise en charge psychosociale, et ensuite leur réinsertion dans leur propre communauté ou dans une autre à cause de la stigmatisation qui, malheureusement, persiste.

Le gouvernement est également préoccupé par la question de traduire les auteurs des violences sexuelles en justice. Je suis désolé de dire que c’est la partie la plus faible du processus. Quoique des progrès ont été réalisés du côté du traitement, et nous en avons des exemples remarquables tels que l’Hôpital Panzi et l’Hôpital MSF à Bunia, du côté de la traduction de ces auteurs en justice, les efforts ont eu des résultats très décevants.

Il y a eu des cas, dans l’Equateur par exemple, où environ soixante-dix-huit éléments du bataillon militaire ont été accusés du viol de près de 120 femmes. Avec l’appui de la communauté internationale et de la section des Droits de l'Homme de la MONUC, nous avons réussi à faire comparaître devant les tribunaux militaires près de 12 d’entre eux, dont six ont été condamnés.

Malheureusement, avec l'état actuel des prisons dans ce pays, après un ou deux mois personne n'est plus en cellule. Je donne cela comme exemple du défi auquel on doit faire face et c'est pourquoi nous travaillons avec nos partenaires du gouvernement pour voir dans quelle mesure nous concentrer spécialement sur le problème de la justice et de l’impunité. Sans cela, nous craignons que la dissuasion qui est nécessaire pour ceux qui continuent à répéter de telles pratiques n'ait pas d’effet.

Que fait la MONUC exactement?

La MONUC est très impliquée, avec la communauté humanitaire, dans la protection des civils. Nos forces militaires sont déployées autour des camps et des regroupements des déplacés internes pour assurer la protection et décourager la violence contre les civils.

Malheureusement, avec l'état actuel des prisons dans ce pays, après un ou deux mois personne n'est plus en cellule.


La MONUC s’est associée avec l’équipe des Nations Unies ici au pays, qui, dans ce domaine, est dirigée principalement par le Fonds des Nations Unies pour la Population, (UNFPA) afin d'établir un programme intégré qui traite de tous les aspects de ce problème.

Nous travaillons activement avec nos partenaires du gouvernement pour s'assurer que cela soit dénoncé à tous les niveaux et que de telles violations soient signalées. Nous faisons ce que nous pouvons, ensemble, pour nous assurer que ceux qui sont identifiés puissent être amenés devant la justice. C'est un long chemin, mais un chemin sur lequel nous nous sommes certainement engagés et nous sommes déterminés à faire des progrès.

Que font les agences humanitaires pour les victimes des violences sexuelles?

En ma qualité de coordinateur humanitaire, je dispose des fonds pour l’œuvre humanitaire. C'est l’un des domaines auxquels nous avons donné priorité pour assurer, d’abord la protection des civils et pour éviter davantage de violence, et ensuite que les victimes des violences sexuelles reçoivent le genre de réconfort et de soutien qui sont évidemment très importants.

Actuellement, nous nous occupons du conflit au Nord-Kivu où, depuis septembre, il y a à peu près 150.000 déplacés internes, y compris les femmes et les enfants. En effet, il y avait près de 350.000 déplacés depuis décembre dernier. Cela veut dire, qu'au total, nous avons près de 800.000 personnes déplacées actuellement dans cette province.

Malheureusement, nous avons vu en même temps encore une augmentation des cas de violences sexuelles dans la province, des actes perpétrés par des hommes en uniforme. C'est quelque chose à propos de laquelle les agences de l’ONU, nos partenaires des ONG, aussi bien que les forces de la MONUC, sont nettement sensibles et si inquiets qu’ils font tout ce qui est possible pour, d’une part, arrêter la violence et protéger la population, et, d’autre part, essayer d'apporter soulagement, réconfort et soins aux victimes.

 

MONUC: Notre principal souci est de trouver une solution rapide au conflit - Eoin Young / MONUC - 11 oct. 07 - 17h01

 

La situation sécuritaire dans le Nord Kivu a été marquée, ces derniers jours, par des affrontements entre les FARDC et les troupes de l'ex Général Laurent Nkunda. Général Babacar Gaye, commandant des forces de la MONUC nous explique la situation actuelle sur le terrain, et les mesures prise par la MONUC pour protéger les populations civiles.

Entretien
Quelle est la situation actuelle à Nord Kivu?
C’est une situation caractérisée par un drame humanitaire, dont on ne parlera jamais assez, bientôt 700.000 déplacés dans cette province. Une situation caractérisée par des affrontements, qui c’est vrai, à certains endroits sont des simples escarmouches, mais plus particulièrement dans la zone de Karuba et Mushake ce sont des affrontements sérieux.

On annonce une centaine de morts, et ces affrontements se sont traduits par quelques gains territoriaux par les FARDC, donc par une légère restauration de l’autorité de l’état. Et enfin c’est une situation caractérise par l’appel que Laurent Nkunda a fait hier à un cessez-le-feu, un appel que nous espérons sera suivi par l’envoi au brassage de ses éléments.

Quest ce que la MONUC fait pour protéger les populations et pour maintenir la paix?
La MONUC est très consciente dans cette situation de ce qu’elle représente pour la population. C’est ainsi que nous nous organisons avec les humanitaires, nous apportons notre soutien pour toutes les escorts ainsi que pour la sécurité des zones des personnes déplacés, mais nous sommes également très attentif a ceux que les FARDC font sur le terrain.

Nous avons pu leur apporter un certain soutien notamment en terme d’évacuation sanitaire de leurs blessés, de transport de renforts et de transport des munitions. Mais notre souci numéro un, reste vraiment qu’une solution rapide soit trouvé à une situation qui devient un drame au niveau mondiale.

Est-ce que les FARDC a fait un appel à la MONUC d’engager dans une opération conjointe?
Il est clair que les FARDC sont dans l’attente d’un soutien très importante de la MONUC. J’ai déjà dit lors de la précédente crise que ce soutien était conditionné à une planification conjointe. Une planification conjointe signifie dans notre esprit que toute les voies non agressif de régler cette crise doivent être initialement explorer avant d’en arriver à une situation extrême.

Cette planification conjointe signifie que nous apportons un soutien aux FARDC, parce que c’est notre mandat de soutenir également le processus qui est en cours. Mais je peux vous assurer nous restons une force de maintien la paix, très attentive au souffrance de la population et à la recherche permanente d’une solution pacifique aux problèmes.

Si le dissident Laurent Nkunda est prêt à faire brasser une partie de ses hommes, est ce que la MONUC est prêt?
Nous avons déployé un Base Operationelle Mobile à Mushake pour cela. Dé que l’appel été fait pour l’envoi au brassage de 500 militaires loyaux à Laurent Nkunda, malheureusement cela n’a pas pu se réaliser sur le terrain. Nous sommes prêts à nous engager pleinement dans cet envoi au brassage.

Nous sommes prêts à nous engager dans la surveillance de toutes les troupes déployées, par rapport a la sécurité des minorités dans tous ces domaines là nous sommes tout a fait disposer à appliquer notre mandat.

 

Nord-Kivu: L’existence de fosses communes - au moins neuf cadavres ont été trouvés à Rubare - Nina Yacoubian / MONUC - 19 sep. 07 - 17h28

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire du 19 septembre 2007, la MONUC a confirmé la présence d’au moins neuf cadavres visibles à Rubare, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. C’était suite aux allégations relatives à l’existence de fosses communes, qu’une équipe mixte composée de la Division des Droits de l’Homme de la MONUC et de l’Auditorat Militaire a vérifié sur place dans le cadre d’une enquête préliminaire.

L’équipe d’enquête de la MONUC a pu vérifier, le 10 septembre 2007, l’existence de trois fosses communes à Rubare, dans le camp de l’ancien état-major du 2ème Bataillon de la Brigade Bravo que les troupes ralliés à l’ex-général Laurent Nkunda ont quitté le 2 septembre 2007, a indiqué Michel Bonnardeaux, Porte-parole ad interim de la Mission.

Selon des sources locales, a-t-il ajouté, «une semaine avant le retrait du 2ème Bataillon, trente civils auraient été détenus dans ce camp, dont trois auraient réussi à s’enfuir».

La Division des Droits de l’Homme a ainsi informé, le 11 septembre 2007, l’Auditeur Militaire Supérieur et l’Auditeur Militaire de Garnison de l’existence de ces trois fosses communes. Elle leur a également remis des photos prises sur place, ainsi que des informations détaillées sur leur localisation et dimension, a déclaré le Porte-parole.

Ce n’est pas la première fois que le 2ème Bataillon de la Brigade Bravo est pointé du doigt. Selon les résultats de l’enquête conjointe de la MONUC et de l’Auditorat militaire Général sur le massacre de Buramba, toujours dans le territoire du Rutshuru, commis les 9 et 10 mars 2007, et où au moins 15 civils avaient été trouvés morts, les militaires de ce bataillon seraient les responsables de ce massacre.

Par ailleurs, la Division des Droits de l’Homme poursuit la vérification des allégations selon lesquelles ces militaires auraient, à plusieurs reprises, procédé à des exécutions arbitraires de prisonniers avant de se retirer de leurs positions militaires, a conclu M. Bonnardeaux.

Pour rappel, la province du Nord-Kivu a été le théâtre d’affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les soldats d’ex-général Nkunda, du 27 août jusqu’au 6 septembre dernier, date à laquelle une cessation des hostilités a été impose.

Nord-Kivu: plus d'une centaine de morts en une semaine, selon l'armée AFP - 03 sep. 07 - 14h38

 

GOMA (RDC), 2 sept 2007  - Les combats entre soldats loyalistes et insurgés ralliés au général déchu Laurent Nkunda ont fait plus d'une centaine de morts depuis une semaine au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un bilan communiqué dimanche par l'armée.

A Katale, localité située à plus de 50 km au nord-ouest de Goma (capitale du Nord-Kivu), "les insurgés ont perdu 97 hommes" jeudi, tandis que "trois morts et 33 blessés", dont trois "très gravement touchés", ont été enregistrés du côté des loyalistes, a déclaré à l'AFP le colonel Delphin Kahimbi, commandant en second des Forces armées congolaises (FARDC) au Nord-Kivu.

Des combats à l'arme lourde avaient duré plus de quatre heures dans cette localité du territoire de Masisi où quelque 1.500 insurgés avaient tenté en vain de s'emparer du quartier général d'une brigade gardé par moins d'un millier de loyalistes.

Des Casques bleus envoyés en patrouille dans le secteur après les hostilités, notamment pour évacuer les blessés, ont fait état de "pertes importantes" du côté des insurgés, sans pouvoir établir un bilan précis, a indiqué à l'AFP Sylvie van den Wildenberg, porte-parole de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) à Goma.

Les combats les plus intenses ont eu lieu à Katale, mais d'autres accrochages ont fait au moins une dizaine de morts, dont des civils, depuis le 27 août dans différentes localités du Masisi, selon des sources militaires congolaises et des témoignages d'habitants.

Une trêve fragile s'est installée jeudi après-midi et était respectée dimanche, en dépit d'accrochages en fin de semaine à Ngungu (sud du Masisi), d'où des combattants "nkundistes" ont été chassés par des éléments de la 14e brigade "intégrée" venus du Sud-Kivu voisin, selon le colonel Kahimbi.

"Il y a encore eu de petits affrontements ce matin (dimanche) entre Ngungu et Karuba, mais ils (les insurgés) se sont retirés rapidement, après quelques échanges de tirs", a-t-il ajouté.

Le colonel Kahimbi a par ailleurs confirmé l'arrivée progressive de renforts de l'armée au Nord-Kivu, annoncés jeudi par le ministre de la Défense, Diemu Chikez.

Ces troupes doivent prendre "la relève" de toutes les troupes non encore passées par le "brassage", processus national de réforme de l'armée visant la formation et l'intégration de tous les combattants de la dernière guerre en RDC (1998-2003) au sein de brigades dites "intégrées".

Avec sa majorité, Joseph Kabila est toujours incapable d’apporter la paix: la Situation toujours tendue dans l'Est du pays déclare la MONUC - 25 juil. 07 - 18h26

 

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire de ce mercredi 25 juillet 2007, la MONUC a souligné la préoccupation des Nations Unies sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, particulièrement dans les Kivu, où il y a des graves conséquences humanitaires à cause du conflit, dont le déplacement interne de quelques 700.000 personnes dans la région.

Dans une déclaration faite à New York, le vendredi 20 juillet 2007, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, s`est dit profondément préoccupé par la détérioration de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord et du Sud Kivu. C’est ce qu’a rapporté le Porte-parole de la MONUC, Kemal Saïki.

Ban Ki-Moon a également exhorté le Gouvernement de la République démocratique du Congo et toutes les parties concernées à poursuivre un dialogue inclusif dans les Kivu. Il a appelé les partenaires régionaux et internationaux à soutenir les efforts visant à atténuer ces tensions dans la région, a indiqué M. Saïki.

Par ailleurs, au cours d'une patrouille effectuée dans la matinée de ce mardi 24 juillet, sur l'axe Rutshuru-Nyamilima, plus précisément dans la localité de Katweguru, les Casques bleus de la brigade du Nord Kivu ont découvert cinq corps sans vie dans une bananeraie, a dit le Porte-parole.

«Toutes les victimes étaient des hommes adultes, en vêtements civils, dont les mains avaient été ligotées. La mort de ces personnes remonterait à quelques jours. Pour l'instant, ni l'identité des victimes ni celle des auteurs de ces meurtres ne sont connues. La MONUC fera tout ce qui est en son pouvoir, en collaboration avec la justice congolaise, pour faire la lumière sur l'assassinat de ces cinq personnes», a expliqué Kemal Saïki.

En outre, le 21 juillet dernier, un médecin et un conducteur de motocyclette ont été assassinés à Muranga dans le territoire de Masisi, par des hommes armés non identifiés. Les assaillants ont emporté argent et téléphones après leur forfait.

Au Sud Kivu, l’actualité a été marquée, selon le Porte-parole militaire, le major Gabriel de Brosses, par des opérations contre les dissidents banyamulenge menées par les FARDC. Le bataillon spécial des FARDC s’est emparé, le 21 juillet, de la ville de Moramvia qui était le poste de contrôle des dissidents Banyamulenge du Major Rukumba.

Le bilan des combats est de quatre morts au sein des FARDC et d’une dizaine de blessés. Les pertes des dissidents Banyamulenge ne sont pas connues, et les miliciens se sont enfuis dans la direction de la forêt d’Itumbwe et de Rubanga.

La MONUC condamne fermement tous ces meurtres, demande à ce que cessent les actes de violence qui continuent d’affecter les provinces du Sud et Nord Kivu et exige qu’il soit surtout mis fin à l’impunité qui rend de tels actes possibles.

Selon des informations compilées par la section des Affaires civiles de la MONUC (CAS), le nombre des expulsés congolais d’Angola dépasserait désormais les 26.500, soit une très nette augmentation par rapport aux dernières données diffusées la semaine passée.

Ces retours ont lieu dans des conditions très difficiles. De nombreux cas de viols, de tortures et de racket, commis aussi bien par les forces de sécurité angolaises que congolaises, notamment aux postes frontières.

A Kananga, la CAS a facilité ce mardi 24 juillet, une réunion sur les conséquences humanitaires de cette crise avec les autorités locales, les agences de l’ONU et les acteurs humanitaires. Il a été notamment recommandé aux forces de sécurité de respecter et d’appliquer les principes du droit humanitaire et de faciliter l’accès des denrées alimentaires à la zone et des réfugiés aux terres environnantes.

Dans la même province, des distributions de médicaments et de biens non alimentaires sont en cours et une mission d’évaluation d’experts de l’Organisation internationale pour la migration (OIM) doit avoir lieu prochainement.

A la fin de la conférence, il a été aussi annoncé que le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, William Swing, recevra ce samedi 28 juillet 2007, à l`Université de Lubumbashi, un diplôme de Docteur Honoris Causa en Science Politiques
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Nord-Kivu (RDC): l'ONU dénonce l'"insécurité grandissante" et l'impunitéAFP - 11 juil. 07 - 17h49

 

KINSHASA, 11 juil 2007 (AFP) - La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) a dénoncé mercredi l'"insécurité grandissante" dans la province du Nord-Kivu (est), où se sont récemment multipliés les enlèvements, meurtres ciblés et attaques contre les populations civiles.

"Les populations du Nord-Kivu ont le légitime sentiment d'une insécurité grandissante", a déclaré Kemal Saïki, porte-parole de la Monuc au cours d'un point presse à Kinshasa.

Les cas de "harcèlements, pillages et autres exactions telles que des déplacements forcés de civils" commis "dans leur grande majorité par les FDLR (rebelles hutus rwandais), les forces de sécurité congolaises (...) et des groupes armés irréguliers" sont "en augmentation ces dernières semaines", a-t-il indiqué.

"Il faut que cessent les actes de violence, aveugle ou ciblée, qui affectent depuis trop longtemps cette partie du pays et qu'il soit mis fin à l'impunité qui rend de tels actes possibles", a déclaré M. Saïki, réitérant la ferme condamnation de la Monuc des derniers assassinats de notables dans la région.

La Monuc a à nouveau exigé qu'une enquête sérieuse soit menée pour arrêter et condamner les assassins du chef de l'ex-rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) au Nord-Kivu, visiblement "battu à mort" et dont le corps a été retrouvé lundi à Goma, la capitale de la province.

La Mission s'est par ailleurs déclarée "fortement préoccupée du sort du président du Parti national Maï-Maï (Panam), Célestin Kambale Milonga, arrêté à sa résidence de Goma le 24 juin dernier par des militaires (...) et dont on est sans nouvelle à ce jour".

Elle a lancé "un appel urgent aux autorités militaires pour qu'elle respectent les procédures judiciaires existantes s'agissant de la détention des personnes".

Peu avant son arrestation, M. Kambale avait vivement critiqué des nominations - par le président Joseph Kabila - au sein de la hiérarchie militaire, estimant que les officiers Maï-Maï avaient été injustement écartés des postes importants.

Selon ses proches contactés par l'AFP, M. Kambale aurait été transféré dans un cachot de l'agence de renseignements militaires à Kinshasa, ce qu'aucune autorité militaire n'a confirmé.

Le porte-parole militaire de la Monuc, le major Gabriel de Brosse, a par ailleurs indiqué que des combats étaient régulièrement signalés dans la province entre rebelles hutus des FDLR et militaires congolais des brigades "mixées" - constituées pour moitié d'ex-insurgés fidèles au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda et déployées depuis fin janvier.

Des affrontements sporadiques opposent toujours des factions Maï-Maï rivales dans le nord de la province, a-t-il ajouté.

La Monuc a renforcé sa présence dans la région, où elle a déployé "six bases opérationnelles mobiles" dans des localités situées dans des zones de conflit, et effectue "600 patrouilles par semaine", a-t-il précisé.

Toutefois, M. Saïki a souligné "le paradoxe de la Monuc", qui est à la fois la plus importante opération de maintien de la paix de l'ONU avec 17.600 hommes, et la plus petite au regard de l'immensité du territoire de la RDC, avec "un Casque bleu pour 130 km2".

Bukavu : 10è personne tuée par les hommes armés depuis début juin - 28 Juin 2007 à 12:19:05

Une personne a été tuée la nuit de mercredi à jeudi par balle à son domicile à Bukavu dans un quartier populaire de la commune de kadutu. Tôt ce matin, la population en colère a mis la main sur un présumé assassin et l’a par la suite lynché L’autorité urbaine invite les habitants à éviter de se rendre justice.
Rapporte radiookapi.net

Ce sont des hommes en armes qui ont attaqué tard dans la nuit une habitation dans la commune de Kadutu.
Selon Enoch Katando, bourgmestre de cette commune, les assaillants ont ensuite tiré à bout portant sur le propriétaire de la maison. La même source précise qu’ils ont également emporté une somme importante d’argent ainsi que plusieurs effets de la maison.
Peu après le crépitement des balles autour de l’habitation de la victime, les jeunes du quartier ont suivi les traces des assaillants. Ces derniers se seraient cachés dans une boite de nuit de la place.
Le bar a été quadrillé tôt ce matin par la population et une personne supposée avoir participé à l’attaque a été retrouvée dans le plafond. La population s’est ensuite saisi d’elle et l’a tabassé à mort. C’est le 2e cas de justice populaire est enregistré à Bukavu en l’espace d’un mois.
La police a, par la suite arrêté une femme supposée propriétaire du bar pour raison d’enquête.
Depuis le début de ce mois de juin près de 10 personnes ont été tuées par balles et à chaque fois les hommes en armes et en tenue militaire ou civile ont été indexés par la population.
Noter aussi qu’un conseil de sécurité au sujet des cas d’assassinat à répétition a été vite convoqué ce matin à la mairie de bukavu.

Par Radio Okapi