Le
Général Nkundabatware « armé » par
le gouvernement et la Monuc pour un éclatement du pays.
Les nouvelles de l'Est
de la République ne sont pas encourageantes. La Monuc s'inquiète et accuse : « Un nombre croisant de soldats des
brigades mixées de l'ex-général Nkundabatware, au Nord-Kivu, portent des uniformes de l'armée rwandaise, en lieu et place
de la tenue des Forces armées de la RDC ».
Le porte-parole militaire
de la Mission onusienne, le lieutenant-colonel Gabriel De Brosses a, au cours du point de presse hebdomadaire de la Monuc,
précisé mercredi que ces uniformes rwandais sont dépourvus d'insignes de nationalité, alors qu'un lot d'uniformes des FARDC
est disponible.
Le très influent
Washington Post
Cette situation, constatée
dans les trois brigades mixées dans le Masisi, reste tendue mais sous contrôle, a-t-il ajouté.
Selon le général Babacar
Gaye, commandant de la force onusienne, il existe en projet une confrontation militaire qui fait que la Monuc a renforcé ses
troupes au Kivu, alors que les politiques s'activent en vue de l'organisation d'une table ronde pour la paix dans les provinces
de l'Est du pays.
L'inquiétude de la
Monuc est également partagée par le très influent quotidien américain, le Washington Post. Dans sa livraison du 15 juillet
2007, le journal dénonce, à travers la plume de son correspondant à Goma (Nord-Kivu), l'effet boomerang de l'opération « mixage »
que le gouvernement, conseillé selon diverses sources concordantes par la Monuc, a offerte au dissident Laurent Nkundabatware
comme prime à ses velléités belliqueuses.
Washington Post observe
qu'au lieu de réduire les prétentions de l'ex-général, le « mixage » a renforcé sa capacité de nuisance, et conduit
à plusieurs provocations dans lesquelles il s'illustre. Un rapport du Conseil de sécurité de l'ONU a même qualifié de désastreuse
la situation sécuritaire consécutive à l'après-mixage.
Le journal américain
déplore que les troupes loyales à Nkundabatware se soient aujourd'hui déployées sur un territoire plus vaste qu'avant le « mixage ».
Théoriquement, elles sont sous le commandement des FARDC qui les paient alors que, dans la pratique, selon les témoins, elles
demeurent loyales à leur chef tribal, Laurent Nkundabatware, dont les liens avec le Rwanda voisin ne sont ignorés de personne.
Admettre sa culpabilité
Pour les analystes
du quotidien américain, la force de Nkunda et sa passion de défier le gouvernement de Kinshasa ainsi que les Forces armées
de la République démocratique du Congo lui viennent d'un deal mal négocié.
Le gouvernement et
la Monuc ont commis une faute monumentale en créant, pour répondre aux exigences de Nkunda, le drôle de concept nommé « mixage ».
A titre de rappel,
aux termes du deal ici dénoncé, le gouvernement a permis aux milices de Nkunda de ne jamais travailler ailleurs que dans l'espace
de leur territoire d'origine après le mixage. Il leur avait même offert de prester sous un commandement conjoint piloté par
un officier de Nkunda et un officier des FARDC. Ceci est parfaitement contraire au brassage, première approche d'intégration
des forces armées éparses dans l'armée nationale et républicaine, qui élargit l'affectation des soldats à tous les coins de
la République.
La faute originelle,
insiste le Washington Post, c'est de n'avoir pas forcé les troupes du général dissident à intégrer le processus régulier de
brassage. Sous un commandement unique (FARDC).
Aujourd'hui que la
Monuc déploie davantage de troupes à l'Est, et que le gouvernement envisage d'y larguer plusieurs milliers de soldats, il
est opportun de se rappeler que sans la faute originelle, Nkundabatware et ses milices ne feraient pas longtemps trembler
l'Est.
Sans y avoir pensé
lors des négociations, le gouvernement et la Monuc ont, en fait, offert au général déchu la terrible arme qui lui faisait
défaut, celle
de commettre impunément ses forfaits sous l'uniforme officiel de cinq brigades mixées des FARDC. Il va sans dire que c'est
donc le gouvernement et la Monuc qui l'ont « armé ».
C'est cette déplorable
situation qu'ils doivent réparer au plus vite, afin de sécuriser, en particulier, la région.