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Le commandant de la Force de La MONUC, Général Babacar Gaye Gral.Gaye dit : «Nous attendons avec impatience l’arrivée des nouveaux Casques bleus» 20 Juin 2009

Kinshasa 20 Juin 2009- Le commandant de la Force de La MONUC, Général Babacar Gaye, réfléchit sur l’évolution des opérations militaires dans le cadre de la campagne Kimia II contre les FDLR, sur l’engagement de la MONUC dans la protection des civils, ainsi que sur les relations entre les FARDC et la MONUC.

Général, quel est le bilan de votre récente visite dans le Nord et le Sud Kivu?

C’est une visite qui fait suite à celle du Représentant spéciale du Ministre de la Défense à Bukavu et à Goma. Il s’agissait de faire le suivit sur les questions qui ont été posées et sur les décisions qui ont été prises. Où en sommes nous maintenant?

Le premier sujet de préoccupation est la dimension conjointe de l’opération Kimia II. Nous avons élaboré une grande quantité de documents qui fixent le cadre de cette opération conjointe. Il est essentiel que ces documents soient appliqués à la lettre parce que c’est ça qui nous permet de nous concentrer sur notre tâche qui est la protection des populations civiles. Il est important à souligner que les FARDC ont incorporé la protection des civils comme une de leurs priorités. Ils ont aussi posé avec franchise les problèmes de discipline qu’ils rencontrent.

Là, on a un deuxième sujet de préoccupation. Nous devons nous efforcer de minimiser tout dommage collatéral de l’opération Kimia II. La question est, quels sont les plans que nous allons élaborer pour poursuivre le bilan qui est déjà assez satisfaisante, et je vous dirai à titre de comparaison que depuis le déclenchement de Kimia II depuis 3 mois, nous avons rapatrié 1250 ex-combattants, ce qui fut le chiffre total de rapatriements durant l’année 2008, il s’agit donc de maintenir ce taux.

Ce dernier temps il y a eu des affrontements entre les FARDC et les forces de la MONUC, quelle est votre impression?

La semaine dernière il y a eu, ce que j’appellerai, des «mouvements d’humeur» des soldats, dû au retard dans la paie des salaires à Rutshuru et à Walikale, cela s’est traduit aussi par une confrontation entre nos éléments à Pinga et des éléments incontrôlés des FARDC. Le général Amuli, chef des opérations de Kimia II, est allé sur place, pour tenir une causerie morale avec les troupes et ramener de la cohésion et la discipline, mais il faut toujours que les salaires soient payés en temps.

Vous savez, quand les opérations durent si longtemps, quand les soldats sont loin de leurs familles pour une longue période, quand la logistique ne suit pas tout a fait, tout cela crée des problèmes de discipline. Cela est plus compliqué encore quand il y a eu beaucoup de nouveaux éléments intégrés sans avoir reçu l’instruction nécessaire qui devait créer la cohésion.

Est-ce que la MONUC est en charge ou bien surveille la paie de la solde des FARDC?

La MONUC assiste les FARDC dans plusieurs domaines mais en ce qui concerne le paiement de la solde des militaires c’est la communauté internationale qui appuie le gouvernement congolais à travers EUSEC. Ils ont réalisé un recensement biométrique des troupes pour avoir un meilleur contrôle des ressources et ils essaient aussi d’améliorer la chaîne de paiement des salaires, mais encore il faut que l’argent soit la.
L’intégration s’est passée rapidement, et tout le monde n’a pas pu être recensé ce qui fait qu’au moment du paiement il y a des soldats qui ne sont pas sur les listes, En somme, c’est une administration qui doit être améliorée pour être à la hauteur d’une armée qui est en opération.

Vu l’état des FARDC, les limites de la MONUC, notamment le soutien aérien, et les souffrances de la population, ne faut-il pas adopter une nouvelle stratégie pour éliminer la menace des FDLR?

C’est le moment d’évaluer les opérations de Kimia II et c’était le but de la dernière visite du Représentant spécial et du Ministre de la Défense à Bukavu et à Goma. Qu’est ce qui se passe sur le terrain?

Quand vous voyez les résultats de la lutte contre le LRA dans le Haut Uélé où la MONUC apporte son concours aux bataillons de la Garde Républicaine qui opèrent conjointement avec une armée bien réputée comme celle de l’Ouganda, les résultats sont là. C'est-à-dire, il y a des conditions minimales qu’il faut créer. Il faut d’abord que les FARDC aient un minimum d’équipement et que leur salaire soit régulièrement payé, c’est apparemment ce qu’on a avec la Garde Républicaine. Il faut bien évidemment que les FARDC soient bien dirigées, qu’aux postes importants il y ait des officiers qui soient des officiers de carrière, c’est ce que nous avons avec la Garde Républicaine. Voilà les conditions qu’il faut créer dans les Kivus si on veut avoir plus d’efficacité de la part des FARDC.

En ce qui concerne les moyens aériens, c’est une question fondamentale. Si l’on tient compte du manque d’un réseau routier acceptable dans les Kivus, il est clair que la couverture aérienne est une donnée essentielle. En ce sens, nous avons l’autorisation pour 18 hélicoptères et nous les attendons toujours pour mieux soutenir les FARDC, mais il aurait été souhaitable que les FARDC eux-mêmes aient quelques hélicoptères, ça leur permettrait de livrer de la nourriture à leurs hommes ce qui est excellent pour le morale, cela leur éviterait parfois de recourir à la population pour les aider a transporter leur alimentation et leurs bagages, ça permettrai aussi d’avoir plus de flexibilité dans leurs manœuvres, de surprendre les FDLR et de couper la retraite des celles-ci.

Dans ce sens là, quel est votre constat sur la protection des civils au stade actuel des opérations?

Pour nous c’est la question la plus importante, parce que le Conseil de sécurité a placé la protection des civils au cœur de notre mandat et c’est donc notre tâche prioritaire. Tout cela se fait dans le cadre de nos possibilités et la où nous sommes déployés. Le Conseil a accepté qu’il y a des limites à notre action. Aujourd’hui, quelle est la situation ?

La situation préoccupe tous les acteurs internationaux qui suivent cette crise et qui soutiennent cette population. Ils sont préoccupes d’abord parce que ces opérations, comme on pouvait le craindre, ont crée des nouveaux déplacements des populations, mais surtout parce que malheureusement ces opération s’accompagnent des dommages collatéraux qui sont le fait des soldats des FARDC, qui sont, sans doute, des soldats insuffisamment contrôlés et insuffisamment sanctionnés. C’est un problème dont les FARDC ont pris conscience et il faut aussi dire qu’il y a eu des efforts importants dans ce sens là. Je prends l’exemple de ce qui s’est passé à Pinga où des FARDC ont tiré sur une base de la MONUC, il faut savoir que 11 éléments, dont 2 officiers, ont été arrêtés. Donc, il y a une prise de conscience de la part de la hiérarchie des FARDC pour que ces actes d’indiscipline ne ternissent pas les efforts qui sont fait par la grande majorité des FARDC.

Il ne suffit pas de dénoncer le comportement des FARDC, il faut que tout le monde aide au règlement de ce problème. Pour la MONUC, la protection des civils n’est pas seulement entre les mains des militaires, toutes les sections substantives de la mission y participent. Nous avons mis en place des équipes conjointes de protection où l’on retrouve des humanitaires, de la protection de l’enfance, et autres sections, qui servent d’interphase entre les militaires et la population civile. Nous avons multiplié nos déploiements, dans la limite de nos possibilités. Nous sommes aussi prêts à soutenir les FARDC en tout ce qui concerne la Police Militaire et l’application de la justice, il faut à cet égard noter pour s’en féliciter que les FARDC ont mis en place une Cour Martiale opérationnelle, qui est sur le terrain pour tout de suite juger les cas qui se présentent.

Kimia II est une campagne militaire, est ce qu’il faut s’attendre a des actions étalées sur plusieurs semaines, voire des mois?

Tout dépendra du bilan. L’objectif qui a été fixé à l’opération Kimia II est de neutraliser les FDLR, c'est-à-dire d’arriver au rapatriement des quelques 2,500 FDLR qui sont dans le Nord Kivu et d’environ 3,500 dans le Sud Kivu, mais il est clair qu’il ne faut pas que l’opération s’enlise parce que d’abord cela a une conséquence dans les souffrances de la population et ensuite parce que l’option militaire doit être décisive même s’il faut bien se rendre compte que dans cette campagne il n’y a pas de bataille décisive. Partout où les opérations on été lancées, d’une manière générale les FDLR ont refusé la confrontation militaire, mais en lui rendant la vie de plus en plus difficile, en lui coupant leur sources des revenus, en essayant de désorganiser leur commandement on va très certainement créer des conditions pour qu’il y ait de plus en plus des volontaires au rapatriement et à la reddition.

Combien de temps cela va prendre ? C’est difficile à dire et c’était l’un des objectifs de cette évaluation dont je vous ai parlé. Nous avons prévu de faire dans le courant du mois de juillet une nouvelle appréciation de la situation.

Avez-vous des nouvelles sur l’arrivée des 3,000 nouveaux Casques bleus? 

C’est une question que nous suivons de très près. C’est une action sur laquelle notre siège à New York est très actif. La situation sur le terrain aujourd’hui est une situation qui nécessite absolument l’arrivée de ces renforts. Il y a énormément à faire pour protéger les populations et nous attendons avec impatience l’arrivée des nos camarades bangladeshi et égyptiens qui devront composer cette force.

RDC: l'UE s'inquiète mais n'est toujours pas prête à envoyer des soldats AFP - 10 nov. 08 - 12h23

 

BRUXELLES, 10 nov 2008 - L'UE s'inquiète de la dégradation de la situation en République démocratique du Congo (RDC), mais ne prévoit toujours pas l'envoi de troupes sur place, selon des déclarations lundi de ministres européens à Bruxelles.

"Pour le Congo, malheureusement, la situation se dégrade", a déclaré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner à son arrivée à une réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'UE dans la capitale belge.

"Il y a une situation humanitaire plus que désastreuse, difficile à tolérer", a-t-il ajouté.

"La situation humanitaire est insupportable", a aussi estimé le secrétaire d'Etat allemand aux Affaires européennes, Günter Gloser.

"Si nous ne faisons rien, nous risquons à nouveau d'être entraînés dans une catastrophe comme celle que nous avons connue en 1994", a continué le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn, en référence au génocide au Rwanda, essentiellement dirigé contre la minorité tutsie.

Rappelant que le sommet de Nairobi avait appelé vendredi à un "cessez-le-feu" dans la région, M. Kouchner a jugé cette réunion insuffisante.

"C'est une petite étape. Il faut une solution politique, une solution régionale", a-t-il dit.

"Est-ce que les forces des Nations unies seront capables de faire face? Je n'en sais rien", a-t-il ajouté.

La Monuc, mission de l'ONU en RDC qui dispose de 17.000 hommes, est régulièrement critiquée pour son inefficacité.

Concernant l'envoi éventuel de soldats supplémentaires pour renforcer la Monuc, M. Kouchner a indiqué que "toutes ces questions sont posées et il faudrait y répondre en urgence".

"Les Européens qui se manifesteraient peuvent y aller bien sûr", a-t-il assuré.

Si le Conseil de sécurité de l'ONU approuvait un renforcement de la Monuc, les membres de l'UE pourraient éventuellement répondre individuellement à cet appel.

"Ce sera à chaque pays dans le monde d'évaluer sa propre position", a noté le chef de la diplomatie britannique David Miliband.

Mais les 27 ministres devraient se contenter lundi d'appeler à une solution diplomatique et s'abstenir de se dire prêts collectivement à envoyer des forces.

Il n'est "pas question pour le moment" d'envoyer des troupes, a ainsi assuré lundi le ministre allemand de la Défense, Franz Joseph Jung.

L'organisation humanitaire Oxfam a pourtant pressé lundi les Européens à s'engager "clairement pour envoyer des troupes européennes" pour soutenir la Monuc.

"Nous entendons excuses après excuses de la part des pays européens sur pourquoi ils ne peuvent pas aider et ils refilent la responsabilité à un autre pays, un autre continent", a dénoncé Juliette Prodhan, responsable d'Oxfam en RDC.

"Combien d'autres doivent souffrir avant que l'Europe ne décide d'actions efficaces?", a-t-elle continué.

Les violents affrontements de ces deux derniers mois, qui ont fait au moins 100 morts civils selon Human Rights Watch (HRW), ont jeté sur les routes environ 250.000 personnes, qui vivent dans des conditions effroyables.

Combats dans l'est de la RDC: environ 1.700 personnes réfugiées en Ouganda AFP - 26 sep. 08 - 15h12

 

KAMPALA, 26 sept 2008 (AFP) - Environ 1.700 personnes ont fui les combats entre armée congolaise et rébellion de Laurent Nkunda dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et se sont réfugiées en Ouganda voisin, a annoncé vendredi le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR).

"La plupart de ces personnes passent la journée chez elles en RDC et traversent la frontière avec l'Ouganda pour y passer la nuit", a expliqué à l'AFP la porte-parole du HCR basée à Kampala, Roberta Russo.

Selon elles, ces réfugiés dorment pour la plupart chez des amis ou de la famille. Leur situation ne nécessite pas pour l'instant d'intervention des Nations unies.

"Nous sommes prêts et tout est en place", si nécessaire, a ajouté la porte-parole de l'agence onusienne.

Selon Bahane Niyibizi, député ougandais de Kisoro, frontalier de la RDC, la présence des réfugiés "exerce une forte pression sur la communauté et les ressources locales". L'élu s'est plaint notamment d'un manque de nourriture et de matériel médical devant l'afflux des réfugiés.

L'armée congolaise et la rébellion du général déchu congolais tutsi Laurent Nkunda s'affrontent depuis près d'un mois dans l'est de la RDC, région frontalière de l'Ouganda.

Les combats ont provoqué le déplacement de 100.000 personnes dans les provinces congolaises du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, selon les estimations de l'ONU, ce qui fait un total d'environ 1,3 million de personnes déplacées depuis le début de l'année dans la région.

RDC: nouveaux combats entre l'armée et le CNDP de Kunda au Nord-Kivu (est) AFP- 05 sep. 08 - 15h30

 

GOMA (RDCongo), 5 sept 2008 - Des combats à l'arme lourde ont repris vendredi entre l'armée de la République démocratique du Congo (RDC) et les éléments du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda au Nord-Kivu (est), a-t-on appris des autorités locales.

"Les positions de la 7e brigade de l'armée ont été attaquées ce matin vers 04H00 (06H00 GMT) à Katsiru", à une centaine de km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma, a affirmé à la presse le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku.

La reprise des combats a été confirmée par le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Nkunda qui accuse l'armée congolaise d'avoir lancé des attaques sur ses positions.

"Les FARDC (Forces armées de la RDC) nous ont attaqué tôt ce matin à Mweso et à Katsiru. C'était d'ailleurs prévisible car elles avaient depuis deux jours renforcé leurs positions" dans le secteur, a affirmé à l'AFP Bertrand Bisimwa, commissaire politique du CNDP contacté par téléphone.

Selon le président de la société civile du Nord-Kivu, Jason Luneno, le CNDP a repris quelques positions des FARDC, notamment à Katsiru et à Nyanzale. Les populations civiles ont fui les combats.

La mission des Nations unies en RDC (Monuc) a confirmé ces combats.

"Il y a des affrontements vers Katsiru. Nous avons envoyé des Casques bleus vers le lieu des accrochages mais des habitants ont jeté des pierres sur leurs véhicules", a indiqué à l'AFP à Kinshasa le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich.

Aucun bilan des affrontements n'était disponible vendredi à la mi-journée.

Des affrontements à l'arme lourde avaient déjà éclaté le 28 août entre CNDP et FARDC, à Rutshuru, à 50 km au nord de Goma, rompant ainsi la trêve observée depuis un accord de paix signé en janvier 2008.

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