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RDC: peine de mort contre trois adeptes d'un mouvement politico-religieux AFP-23
mai. 08 - 08h51 KINSHASA, 22 mai 2008
(AFP) - Trois Congolais membres d'un mouvement politico-religieux en République démocratique du Congo (RDC)
ont été condamnés jeudi à la peine de mort, aux termes d'un procès de plus d'un
mois au Bas-Congo (ouest), a-t-on appris de source judiciaire.
Le tribunal de Grande instance de Mbanza-Ngungu, cité
rurale du Bas-Congo, a également prononcé des peines allant de 2 mois à 20 ans de prison ferme contre
quinze autres adeptes de Bundu dia Kongo (BDK) et en a acquitté quatre, "faute de preuves", a affirmé
à l'AFP son président, Aimé Mayengo.
Vingt-deux sympathisants
de BDK étaient poursuivis devant cette juridiction notamment pour "association de malfaiteurs", "atteinte
à la sûreté de l'Etat" et "atteinte à la liberté
de culte".
Ils avaient été arrêtés début
mars dans plusieurs villages des territoires de Luozi et de Songololo, après des violents affrontements entre les membres
de la secte tribale du député Ne Muanda Nsemi et des éléments de la police, dépêchés
dans la région pour rétablir l'autorité de l'Etat.
Ces
incidents avaient fait au moins 27 morts, selon des sources officielles et une centaine, selon des sources onusiennes et de
la société civile. Bundu dia Kongo ("Royaume du Kongo") est un groupe d'opposition religieux sécessionniste
très implanté dans le Bas-Congo.
Il prône la restauration de
l'ex-royaume Kongo, qui comprenait l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon.
Les adeptes de BDK sont accusés par le pouvoir de ne pas reconnaître l'autorité
de l'Etat, de s'attaquer régulièrement à ses agents et d'appeler à chasser les "non-originaires"
de la province. En janvier, ils avaient été accusés d'avoir tué et brûlé vif
un habitant de Luozi.
La partie civile a critiqué le verdict du tribunal,
estimant qu'il n'a pas pris en compte le réquisitoire du ministre public demandant la peine capitale contre
les vingt-deux prévenus.
Elle a promis de faire appel de ce jugement.
Nouveaux combats au Nord-Kivu: le HCR suspend ses opérations –
AFP - 25 avr. 08 - 19h53
GENÈVE,
25 avr 2008 -
Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a dû suspendre ses distributions dans le Nord-Kivu, dans l'est
de la République démocratique du Congo (RDC), en raison de nouveaux combats, a annoncé l'institution onusienne vendredi.
"Les
combats ont repris entre les forces gouvernementales et les rebelles du Front démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR)
dans la région de Rutshuru", a précisé vendredi le porte-parole du HCR, Ron Redmond.
Ces
affrontements ont eu lieu jeudi près du site d'accueil des personnes déplacées de Kinyandoni, selon la même source.
Jeudi, la distribution de l'aide à la population déplacée a été suspendue.
Le
HCR a également suspendu l'enregistrement des nouveaux arrivants dans les camps de la région de Rutshuru, à 70 km au nord
de Goma.
Des centaines de civils supplémentaires ont dû prendre la fuite et sont venus
s'ajouter aux 860.000 personnes déjà déplacées dans le Nord-Kivu, a précisé M. Redmond.
Les
mouvements de déplacés ont été constatés après qu'une faction dissidente du FDLR eut attaqué samedi des villages situés près
de la ville de Kiwanja, dans la région de Rutshuru, causant la mort d'une femme, a indiqué Ron Redmond selon qui des combats
opposant l'armée et le FDLR ont également été signalés dimanche.
Les témoignages des rescapés,
la plupart des femmes et des enfants, sont "déchirants", a affirmé Ron Redmond. Leurs maisons ont été détruites et leurs biens
volés.
Beaucoup de parents ont perdu le contact avec leurs enfants, a-t-il ajouté.
Depuis début 2008, les accrochages se poursuivent au Nord-Kivu, en violation des "actes d'engagement" (dont
un cessez-le-feu immédiat) signés le 23 janvier à Goma par tous les belligérants congolais des Nord et Sud-Kivu, dont les
Pareco (Patriotes résistants congolais) et le CNDP.
Les actes d'engagement - le même pour
chacune des provinces - prévoient un retrait progressif de tous les belligérants des lignes de front (soit plus de 4.000 éléments
du CNDP et plusieurs milliers de combattants issus de différents groupes Maï Maï au Nord-Kivu) et leur démobilisation.
Les rebelles du FDLR, des combattants hutus rwandais, sont considérés comme la principale menace contre la
stabilité dans la région des Grands Lacs africains.
Accusés par Kigali d'avoir participé
au génocide de 1994 au Rwanda, essentiellement dirigé contre la minorité tutsie, ils sont actuellement estimés à environ 6.000
en RDC par l'ONU, répartis entre le Nord et le Sud-Kivu (est).
RDCongo:
le recrutement des enfants soldats a repris au Kivu (Unicef) – AFP
- 01 avr. 08 - 08h28
GENEVE, 31 mars 2008 -
L'enrôlement des mineurs par les groupes armés a repris après une accalmie dans l'est de la République démocratique du Congo
(RDC), s'est inquiété lundi l'Unicef.
"Juste
après la signature des accords (le 23 janvier entre les groupes armés congolais et le gouvernement), on a vu une baisse du
recrutement d'enfants soldats dans le Nord-Kivu, mais ce n'est plus le cas depuis un ou deux mois", a indiqué à la presse
Julien Harneis, représentant du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) en RDC.
"Depuis
janvier, environ 100 enfants ont été recrutés par les différents groupes armés", a relevé Julien Harneis.
Dans la même période, l'Unicef a libéré entre 280 et 300 enfants enrôlés, sans réussir à les ramener systématiquement
à leurs familles.
"Certaines régions d'où ils viennent sont soumises aux violences, et
il existe toujours le risque qu'ils soient à nouveau recrutés", selon le représentant de l'Unicef.
A
Bukavu, capitale du Sud-Kivu, dans le centre de transit de l'Unicef prévu pour de courts séjours, les situations se prolongent:
"il y a des enfants qui sont là depuis neuf mois alors qu'ils ne devaient rester que six semaines en transit", note M. Harneis.
2.000 à 3.000 enfants de 12 à 18 ans sont enrôlés dans les groupes armés dans l'est de
la RDC, a-t-il indiqué.
Dans les Nord et Sud-Kivu, le processus de paix engagé en janvier
patine et le cessez-le-feu - pourtant signé par tous les groupes armés congolais sévissant dans ces régions - est violé presque
quotidiennement, selon l'ONU.
Pourtant, au cours de la 7e session du Conseil des droits
de l'homme de l'ONU à Genève, ses Etats membres ont décidé à l'unanimité la suppression du mandat du rapporteur spécial sur
la situation en RDC.
Tirs
nourris devant le siège de l'ONU à Bunia (RDC) après un accident – Une maison habitée par un personnel de la Monuc à Bunia a été incendiée
- AFP
- 01 avr. 08 - 08h51
KINSHASA,
31 mars 2008 - Des tirs nourris
ont éclaté lundi devant le siège de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) à Bunia (nord-est), où
la police a dispersé des manifestants en colère après un accident impliquant un véhicule onusien, a-t-on appris auprès de
l'ONU.
Le calme est revenu dans la soirée à Bunia, chef-lieu du district troublé d'Ituri, après l'intervention de
la police congolaise qui a abondamment tiré en l'air pour disperser les manifestants, a-t-on appris de sources sécuritaires
internationales.
La Monuc a "profondément regretté" l'accident de circulation impliquant un de ses véhicules et qui
a coûté la vie à la passagère d'un taxi-moto dans l'après-midi, selon son porte-parole à Kinshasa Michel Bonnardeaux, qui
n'a fait aucun commentaire quant aux violences de la journée.
Selon la radio Okapi, parrainée par l'ONU, et des sources
sécuritaires jointes par l'AFP, plusieurs manifestants ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du quartier général de la Monuc,
protégé par des sacs de sable et des barbelés.
Plusieurs véhicules de l'ONU ont été endommagés par des jets de pierre
et une maison habitée par un personnel de la Monuc à Bunia a été incendiée.
La police nationale congolaise est parvenue
à disperser les manifestants, essentiellement des étudiants, et le calme était revenu dans la ville vers 17H00 GMT.
Signalons
en passant que certains members du personnel de la Monuc ont été impliqué dans des graves violations des droits de l’homme
comme viols and abus sexuels. Cela pourra expliquer la colére de la population.
Aucun
bilan officiel de ces violences n'était disponible en fin de journée.
Adsad salut la libération d'un militant des droits de l'Homme brièvement arrêté –
AFP - 22 mar. 08 - 14h01
KINSHASA, 21 mars 2008 - Un militant congolais des droits de l'Homme, arrêté vendredi matin
par l'Agence nationale de renseignements (ANR) à Lubumbashi, dans le sud-est de République démocratique du Congo, a été libéré
dans la soirée, a-t-il annoncé à l'AFP.
Hubert Tshiswaka a été arrêté dans la matinée à son hôtel
à Lubumbashi par des agents de l'ANR, qui l'ont emmené, sans mandat, à la direction provinciale de ce service où il a été
retenu et interrogé toute la journée.
"Ils m'ont libéré en me disant qu'ils n'avaient
rien contre moi", a-t-il déclaré à l'AFP, joint par téléphone à Lubumbashi.
M. Tshiswaka,
militant des droits de l'Homme très connu au Katanga, est actuellement membre de Osisa, une ONG basée en Afrique du Sud qui
lutte pour les droits humains et en faveur du développement dans une dizaine de pays africains.
"Ils
voulaient m'interroger sur des feuillets que j'ai distribué à Lubumbashi et qui portent sur la restitution d'un atelier organisé
à Pretoria, soutenu par Osisa, sur la situation dans le secteur minier et les viols massifs dans l'est (du pays)", a-t-il
raconté.
"J'ai expliqué que je soutenais cette initiative, d'ailleurs aussi soutenue par
l'ambassade de RDC en Afrique du Sud. (...) Ils ont alors protesté parce que le feuillet représentait le drapeau congolais
sans autorisation", indiquant que cela constituait un "outrage au drapeau", a-t-il poursuivi.
De
nombreuses ONG de défense des droits de l'Homme se sont mobilisées dans la journée pour obtenir la libération de M. Tshiswaka.
Elles sont notamment intervenues auprès du gouverneur de province, qui a joint les services de sécurité pour exiger des explications
et demander la remise en liberté du militant, selon ces ONG.
Meurtre d'Aimée "Kabila": aucun lien familial avec
le chef de l'Etat (présidence) – AFP - 18 jan. 08 - 10h48
KINSHASA,
(AFP) - La Maison civile du président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a démenti jeudi tout lien
familial entre le chef de l'Etat et Aimée Mulengela, abattue mercredi à Kinshasa et présentée par plusieurs sources comme
sa demi-soeur.
La Maison civile, en charge de l'administration des biens privés du chef de l'Etat, "renseigne, que
contrairement aux rumeurs répandues (...), madame Aimée Mulengela Koko, faussement présentée sous le nom de Aimée Kabila,
n'est pas de la famille de Mzee Laurent-Désiré Kabila", selon un communiqué transmis à l'AFP.
Laurent-Désiré
Kabila, père et prédécesseur de Joseph Kabila à la tête de l'Etat congolais, a été assassiné le 16 janvier 2001 par un de
ses gardes du corps à Kinshasa.
Rapportant des "informations recueillies auprès de son
premier époux, le commissaire (de police) Jules Mazangala", le communiqué affirme qu'Aimée Mulengela est issue de la tribu
Bahunde (Nord-Kivu, est) par son père et de la tribu Mbuza (Equateur, nord-ouest) par sa mère.
La
maison civile dément un "quelconque conflit d'héritage" au sein de la famille présidentielle.
Elle
déplore néanmoins "la perte tragique d'une vie humaine" et présente ses condoléances à la famille de la victime.
Selon l'organisation locale de défense des droits de l'Homme la Voix des sans voix (VSV) et une source policière
congolaise, cette jeune femme d'une trentaine d'année était une des filles de Laurent-Désiré Kabila.
Elle a été tuée d'une balle tirée "à bout portant dans la poitrine" à son domicile de Kinshasa dans la nuit
de mardi à mercredi par des hommes armés, qui se sont emparés "de téléphones portables (...), d'un ordinateur et d'une caméra"
avant de prendre la fuite, selon la VSV.
La victime, qui se faisait appeler Aimée Kabila
Mulengela, se disait "menacée" et avait à plusieurs reprises alerté la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) à Kinshasa.
La Monuc a confirmé que la victime avait fait part de craintes pour sa sécurité et que sa section des droits
de l'Homme était intervenue il y a environ deux ans lorsqu'elle avait été interpellée sans motif officiel par les Services
spéciaux de la police de Kinshasa et détenue pendant plusieurs semaines.
Selon des sources
sécuritaires et selon la VSV, la victime revendiquait une part de l'héritage de Laurent-Désiré Kabila et était en conflit
avec certains membres de la famille présidentielle.
"Mais au stade actuel, rien ne permet
de dire s'il s'agit d'un règlement de compte ou d'un crime crapuleux, comme il en arrive toutes les nuits à Kinshasa dans
ces circonstances similaires", a indiqué à l'AFP une source sécuritaire congolaise, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Violations des Droits de l’homme - Rapport Mensuel sur les Droits
de l'Homme en RDC- Octobre 2007 – MONUC - 28 nov. 07 - 15h19
Le 26 octobre 2007, l’Expert Indépendant sur la situation
des droits de l’Homme en RDC a présenté son rapport devant la Troisième Commission de l’Assemblée Générale des
Nations Unies, chargée des questions sociales, humanitaires et sociales. Il a noté que la situation des droits de l’homme
en RDC demeurait très préoccupante et caractérisée par des exécutions arbitraires, viols, des actes de torture et autres formes
de traitements cruels, inhumains et dégradants commis par les FARDC et la PNC, mais aussi par d’autres groupes armés,
dans un climat d’impunité totale.
Germain Katanga, leader de la Force de Résistance Patriotique en
Ituri (FRPI), a été transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI); A Kisangani, Province Orientale, deux magistrats militaires
ont été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par des soldats FARDC agissant sous les ordres du Commandant
de la 9ème Région Militaire;
Par ailleurs, au Katanga, une tentative d’évasion s’est
soldée par la mort de cinq personnes; Le procès «Gédéon» a continué devant le Tribunal Militaire de Kipushi, Province du Katanga;
La MONUC et des autorités de la justice militaire congolaise ont mené une seconde mission d’enquête concernant le viol
massif commis à Lieke Lesole, territoire d’Opala, Province Orientale, entre le 21 juillet et le 3 août 2007; Des soldats
FARDC et des éléments de la PNC se sont rendus responsables d’un grand nombre de violations du droit à la vie et à l’intégrité
physique, y compris le viol.
Développements principaux
1. Le 30 septembre
2007, deux magistrats militaires en service à l’Auditorat Militaire de Kisangani, Province Orientale, ont été soumis
à des traitements cruels, inhumains et dégradants par des soldats FARDC agissant sous les ordres du Commandant de la 9ème
Région Militaire. Les victimes ont été arrêtées dans leurs résidences, dans la Commune de Makiso, aux alentours de 17:00 heures,
par le Général Kifwa en personne, accompagné de vingt membres de sa garde rapprochée.
Elles ont été déshabillées,
sérieusement battues en présence des membres de leurs familles respectives, et ensuite emmenées, presque nues et avec leurs
mains ligotées derrière leurs dos, au camp militaire de
Katele, où elles ont de nouveau été sérieusement battues. Dans la matinée du 1er octobre 2007, les victimes ont encore été
publiquement humiliées au cours du défilé militaire hebdomadaire présidée par le Général Kifwa. Les victimes ont été admises
dans un centre médical local dans un état grave.
2. En réaction,
tous les magistrats civils et militaires travaillant dans la ville de Kisangani
se sont mis en grève. Le 2 octobre 2007, ils ont signé un mémorandum adressé au Président de la République, dans lequel ils
ont condamné les ingérences récurrentes des hauts gradés dans l’administration de la justice, en violation de la Constitution
congolaise et des normes et standards internationaux. Ils ont aussi condamné le recours à la torture, à des traitements cruels,
inhumains et dégradants par le Commandant de la 9ème Région Militaire.
Les signataires dudit mémorandum ont exigé
que l’auteur de ces actes soit suspendu, remplacé et traduit en justice, condition sine qua non pour la fin de la grève.
Ils ont aussi recommandé la clarification du type de relation qui devrait exister entre le commandement militaire et la justice
ainsi que la fin de l’ingérence d’officiers haut placés dans l’administration de la justice.
Tout
en appuyant les demandes exprimées dans le mémorandum du 2 octobre 2007, la MONUC a recommandé que le Commandant de la 9ème
Région Militaire et ses subordonnés soient immédiatement suspendus et traduits en justice, et a exhorté les autorités compétentes
à prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire en RDC.
3. Germain Katanga, le leader de la Force de Résistance Patriotique en Ituri (FRPI),
a été transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI) dans la nuit du 16-17 octobre 2007 avec l’assistance des autorités
Congolaises. Il est accusé d’avoir commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre en Ituri en 2002
et 2003.
Selon des témoins interviewés par la MONUC, Germain Katanga
a été impliqué dans beaucoup de massacres sérieux commis en Ituri, y compris à Nyakunde en septembre 2002, lorsqu’au
moins 1200 civils ont été massacrés suite à ses ordres. Germain Katanga
aurait aussi orchestré beaucoup d’autres massacres, dont ceux de Bunia, Komanda et Bogoro, ou des milliers de civiles
ont été torturés, soumis à l’esclavage et assassinés. Germain Katanga a été promu au rang de Général dans les FARDC
le 10 janvier 2005, en même temps que cinq autres anciens chefs de milice de l’Ituri, tous accusés de crimes similaires.
Il a été arrêté le 11 mars 2005, suite à la pression de la communauté internationale, et en même temps que Thomas Lubanga
et trois autres leaders des milices Lendu/Ngiti (Floribert Ndjabu, Goda Sukpa, Pitshou Iribi).
4. Le 26 octobre 2007, l’Expert Indépendant sur la situation des droits de l’Homme en RDC
a présenté son rapport devant la Troisième Commission de l’Assemblée Générale des Nations Unies, chargée des questions
sociales, humanitaires et sociales. Il a noté que la situation des droits de l’homme en RDC demeurait très préoccupante
et caractérisée par des exécutions arbitraires, viols, des actes de torture et autres formes de traitements cruels, inhumains
et dégradants commis par les FARDC et la PNC, mais aussi par d’autres groupes armés, dans un climat d’impunité
totale.
Il a déploré le fait que dans le Nord-Kivu, les affrontements en cours, impliquant les soldats pro-Nkunda,
étaient accompagnés de violations graves des droits de l’homme. Il a dénoncé le phénomène répandu des violences sexuelles,
particulièrement dans les Provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et d’Equateur. Il a exhorté les autorités à accorder une
priorité spéciale à la prévention et à la lutte contre l’impunité. A cette fin, il a préconisé la création d’un
Tribunal Spécial pour la RDC ou de Chambres Mixtes Spéciales pour connaître des crimes commis en RDC et a exhorté le Gouvernement
à adopter une politique de «tolérance zéro» concernant les auteurs de graves violations des droits de l’Homme.
5. Le 3 octobre 2007, une équipe mixte composée du BNUDH/Kisangani, d‘officiers
de la Justice Militaire Congolaise, de l’Administrateur du territoire d’Opala, de la UNPOL(Police de l’ONU)
et de MILOBS (Equipe des observateurs Militaires de l’ONU) ont conduit une seconde mission d’investigation concernant
le viol massif qui aurait été perpétré à Lieke Lesole, territoire d’Opala, Province Orientale, du 21 juillet au 3 août
2007, par un groupe de combattants Mayi Mayi sous le commandement du Colonel Thomas. L’équipe a interviewé 29 victimes
de viol, y compris 8 mineurs et 24 victimes de mauvais traitements et d’extorsion.
6. Dans la Province du Katanga, une tentative d’évasion à la prison de Buluwo (120 km au nord
de Lubumbashi) le 15 octobre 2007 s’est soldée par cinq morts, dont trois prisonniers et deux policiers, et onze blessés
parmi les prisonniers, des soldats FARDC et des policiers. Il convient de rappeler que la prison Buluwo est une prison dite
de haute sécurité, ou on transfère les prisonniers condamnés à mort et à perpétuité ainsi que des détenus politiques pour
qu’ils y purgent leurs peines. La mutinerie a été provoquée à la suite d’une requête du Directeur adjoint intérimaire
de la prison, demandant aux prisonniers de donner une partie de leurs provisions aux gardes de prison, puisque ces derniers
n’avaient plus de nourriture.
Des soldats FARDC ont été responsables
d’au moins 10 cas d’exécutions arbitraires ainsi que d’autres violations des droits de l’homme, particulièrement
des violations du droit à l’intégrité physique, du droit à la liberté et à la sécurité, à travers le pays.
7. Le Bureau des Nations Unies aux Droits de l’Homme en RDC (BNUDH) a
été informé de l’exécution arbitraire de deux civils le 30 septembre 2007 par deux soldats FARDC de la 24ème Brigade
Intégrée, près du parking du marché (49 km au nord-est de Beni, Nord-Kivu). D’après des sources crédibles, les auteurs
présumés ont contraint les victimes à porter leurs effets personnels. Ils auraient ensuite tiré à bout portant sur les victimes,
qui étaient extenuées par le voyage. Les mêmes sources ont indiqué qu’afin de couvrir leurs actes criminels, les deux
soldats FARDC ont prétendu que les deux civils ont été tués au cours d’une attaque par un groupe de ADF/NALU (rebelles
ougandais). L’Auditorat Militaire a déjà identifié les auteurs présumés.
8.
Le 27 octobre 2007, une mère et ses quatre enfants ont été abattus par un soldat FARDC à Gbado, Commune de Maluku, Kinshasa. Le présumé auteur s’est ensuite suicidé. De sources
policières, il a fréquemment usurpé le titre de policier, avec la complicité de son frère, qui est le Commandant du commissariat
de police locale. Avant l’incident, au courant de la même journée, il aurait eu une altercation avec un bandit. Apparemment,
en signe de représailles, il se serait rendu plus tard au domicile du présumé bandit et aurait abattu sa femme ainsi que ses
quatre enfants.
9. Le 9 octobre 2007, à Cagala, territoire de Walungu,
Province du Sud-Kivu, un civil aurait été tué par balle dans sa résidence privée par des soldats FARDC. La femme de la victime
a été blessée au cours de cette attaque.
10. A Butembo, dans la Province
du Nord-Kivu, des hommes armés en uniforme militaire, vraisemblablement des soldats FARDC, se seraient rendus responsables
de deux cas d’exécution arbitraire. Dans la nuit du 20-21 octobre 2007, une femme a été tuée par balle par un homme
armé en uniforme militaire et dans la nuit du 24-25 octobre 2007, un homme d’affaires a été tué dans des circonstances
similaires. Les auteurs présumés de ces crimes sont toujours en fuite.
11.
Dans la nuit du 13-14 octobre 2007, le chauffeur de l’ancien Gouverneur de la Province du Nord-Kivu aurait été abattu
à Goma, par un homme armé, vraisemblablement un soldat de la 14ème Brigade Intégrée. L’épouse de la victime, qui était
enceinte de six mois, a aussi été sérieusement blessée au cours de cette attaque. Elle a été admise dans un hôpital local
dans un état critique.
12. Le 29 octobre 2007, treize civils ont
été menacés de mort, et l’un d’entre eux a été blessé à la jambe droite, par un sergent FARDC dans un bar situé
à Gwoknyeri (27 km à l’ouest de Mahagi, Ituri). L’auteur présumé les soupçonnait d’avoir volé son journal.
Il a été par la suite neutralisé par les clients du bar.
13. Le 12
octobre 2007, une mineure aurait été violée par un soldat FARDC de la 1ère Brigade Intégrée, à Ayforo (45 km au nord de Aru).
L’auteur présumé est toujours en liberté.
14. Au Sud-Kivu,
le 29 septembre 2007, entre les villages de Kasagi II et Mankulu, une femme aurait été menacée de mort et ensuite violée par
un soldat de la 11ème Brigade des FARDC, basée à Shabunda
15. Au
Nord-Katanga, le 9 octobre 2007, quatre-vingt douze civils, y compris des femmes, résidents du village de Kahese (80 km au
sud-est de Manono, dans la collectivité de Kyofwe, groupement de Mbayo) ont été soumis à des traitements cruels, inhumains
et dégradants, ainsi qu’à des actes d’extorsion, par 25 soldats FARDC de la 67ème Brigade. Les présumés auteurs
étaient en mission officielle dans la localité pour arrêter un certain nombre de personnes suspectées d’être des combattants
Mayi-Mayi. Les victimes ont déposé une plainte auprès de l’Auditorat Militaire à Kalemie.
16. Le 27 septembre 2007, un civil a été arbitrairement arrêté, illégalement détenu pendant une période
de 12 jours, et battu par six soldats FARDC, à Makangba – 48 km de Isiro-
17.
Le 9 octobre 2007, un chauffeur de camion aurait été arrêté, extorqué et soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants
par un groupe de soldats FARDC sous le commandement d’un Lieutenant, à Ngote – 32 km à l’ouest de Mahagi-,
Ituri. La victime avait refusé de transporter la femme de l’un des présumés auteurs.
18. Au Kasaï Oriental, le 6 octobre 2007, un civil aurait été extorqué et soumis à des traitements
cruels, inhumains et dégradants par cinq soldats FARDC, dans la Commune de La Muya, Mbuji Mayi. La victime a été admise dans
un hôpital local
19. Au Nord-Katanga, dans la nuit du 23 octobre
2007, une femme aurait été arbitrairement arrêtée et illégalement détenue avec son bébé âgé de deux mois, en lieu et place
de son mari, par des soldats FARDC du 671ème Bataillon à Kafumbe – 90 km au sud-est de Manono-.
Des agents de la PNC ont été impliqués dans de graves violations des droits de l’homme au cours du mois
d’août 2007.
20. A Butembo, Province du Nord-Kivu, le
27 octobre 2007, un conducteur de moto-taxi a été abattu par un policier au cours d’un clash entre des conducteurs de
mototaxi et la police. Plus tôt au courant de la même journée, la découverte du cadavre d’un conducteur de moto-taxi
dans la Commune de Bulengera avait provoqué une manifestation des autres conducteurs de mototaxis. Cette manifestation avait
été dispersée par la PNC aux alentours de 11:00 heures. En réaction à l’exécution arbitraire de leur collègue, les conducteurs
de mototaxis ont mis le feu au véhicule de la PNC. Ils ont ensuite érigé des barrages sur les rues principales de la ville
et ont également mis le feu à la maison du policier qui avait tué leur collègue, mais aussi au commissariat de la PNC, situé
dans la Commune de Mususa.
21. Le 21 octobre 2007, deux civils ont
été tués par balle par un officier de la PNC à Mwene Ditu, Province du Kasaï Oriental. Le présumé auteur et trois autres officiers
de la PNC ont été confrontés à la résistance des résidents locaux lorsqu’ils sont allés arrêter un suspect. L’officier
de la PNC a ensuite tiré sur la foule, tuant deux civils. Le présumé auteur est toujours en fuite, mais ses collègues ont
été arrêtés et déférés devant l’Auditorat Militaire.
22. En
Ituri, un homme âgé de 90 ans, suspecté d’incendie volontaire, aurait été torturé à mort par deux policiers le 2 octobre
2007, dans la localité de Djupuyaka, collectivité de Mokambo (sud- est de Mahagi). Selon des sources locales, la victime avait
été suspectée à tort d’incendie volontaire. Elle a été gravement battue lors de son arrestation et de son transfert
à Apala. Le 12 octobre 2007, la victime a succombé de ses blessures.
23.
Au Kasaï Oriental, dans la nuit du 6-7 octobre 2007, deux civils, y compris un civil suspecté d’avoir commis un vol
et un collaborateur de la PNC, auraient été tués par balle par un officier de la PNC, dans le village de Muhemba Nzewu, district
de Kabinda (80km au sud-est de Mbuji Mayi). D’après des sources locales, une des victimes avait résisté à son arrestation,
invoquant des raisons légales, puisqu’il était 23:00 heures du soir, tandis que la seconde victime, un collaborateur
de la PNC, a été tuée accidentellement, lorsqu’elle essayait de neutraliser le présumé voleur. La PNC a ouvert une investigation
concernant le cas.
24. Dans la Province du Katanga, un prisonnier
condamné à la réclusion à perpétuité pour diffamation contre le Chef de l’Etat, faux et usage de faux et association
de malfaiteurs aurait été enlevé et sommairement exécuté par le Groupe Mobile d’Intervention (GMI) le 16 octobre 2007,
en relation avec la mutinerie de la prison de Buluwo du 15-16 octobre 2007. Des sources locales révèlent que la victime est
décédée à la suite de traitements cruels, inhumains et dégradants. Le corps a été transféré à la morgue de l’hôpital
général de Likasi, Province du Katanga.
25. Dans la Province de l’Equateur,
dans la nuit du 30 septembre 2007, deux mineures auraient été violées par un soldat FARDC et un élément de la PNC, dans la
localité de Yandongi, district de Mongala (540 km au nord-est de Mbandaka). Selon les parents des victimes, les deux mineures
auraient été interceptées, emmenées dans la forêt, menacées de mort et ensuite violées.
26. Dans la Province du Maniema, une mineure, qui était détenue dans une cellule locale de la PNC,
aurait été violée par le Commandant de la PNC à Punia (230 km au nord-est de Kindu) le 6 août 2007. Le Commandant a transféré
la victime dans sa résidence privée, soi-disant pour des raisons de sécurité. La victime aurait été menacée et ensuite violée
par le Commandant de la PNC. L’auteur présumé a été arrêté et détenu à la prison locale.
27. En Ituri, le 22 octobre 2007, une mineure aurait été violée par un officier de police en service
au Groupe Mobile d’Intervention (GMI). L’auteur présumé a été arrêté et déféré devant l’Auditorat Militaire.
28. Au Kasaï Occidental, dans la nuit du 23-24 octobre 2007, une
mineure aurait été violée par deux policiers à la gare ferroviaire de Kananga.
La victime a ensuite été admise à la clinique locale. Un des présumés auteurs a été arrêté et détenu au cachot de la PIC (Police
d’Investigation Criminelle).
29. Toujours au Kasai Occidental,
le 22 septembre 2007, une mineure aurait été violée par deux policiers en service au sous commissariat de police de Katoka
II, Kananga. La victime a été interceptée, emmenée dans un des cachots et violée, tour à tour, par les deux policiers. Ces
derniers sont toujours en liberté.
30. Au Kasaï Oriental, au quartier
Bubanji, Commune de Diulu, Mbuji Mayi, une mineure aurait été violée à plusieurs reprises par un officier de la PNC en service
au Bureau des Mines, avec la complicité de ses sœurs, pendant 72 jours (depuis le 4 août 2007). L’auteur présumé
et ses complices ont été arrêtés et détenus le 12 octobre 2007.
31.
Au Kasaï Occidental, le 24 octobre 2007, une femme aurait été violée par quatre policiers à Mashala, territoire de Dibengue.
Les auteurs présumés ont été arrêtés.
32. Dans la province du Bandundu,
le 29 octobre 2007, une mineure aurait été interceptée par un policier et ensuite violé par celui-ci à Bandundu Ville. Le
présumé auteur a été pris en flagrant délit par la mère de la victime. Il a ensuite été arrêté et déférédevant l’Auditorat
Militaire. Dans un autre cas, le 28 octobre 2007, une mineure aurait été victime d’une tentative de viol par un policier
dans la localité de Bulungu, district de Kwilu – 200 km au nord de Kikwit, Province du Bandundu - Le présumé auteur
a été arrêté et transféré à l’Etat-major de la PNC locale.
33.
Au Katanga, le 24 octobre 2007, un pêcheur aurait été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par deux éléments
de la police navale, dans la localité de Kapolowe (120 km au nord-est de Kipushi). La victime aurait été battue et ensuite
détenue au sous commissariat de police de Kapolowe. Elle a ensuite été admise à l’hôpital local dans une condition critique.
Un des deux auteurs présumés a été arrêté et détenu.
34. A Kinshasa,
onze journalistes auraient été brièvement arrêtés, détenus et battus par des officiers de la PNC en service au commissariat
de police de Funa, dans la Commune de Kalamu, le 30 octobre 2007. Les victimes étaient sur le point de couvrir un meeting
organisé par des membres de l’opposition extraparlementaire prévu plus tard au cours de la même journée. D’après
la PNC locale, la rencontre «n’avait pas été autorisée». Les officiers de police auraient confisqué les effets personnels
des journalistes lors de leur arrestation.
Implication d’autres services
de sécurité dans des violations des droits de l’homme
35.
Dans la nuit du 22-23 septembre 2007, au quartier Mikonga, Commune de Nsele, Kinshasa,
une femme aurait été abattue et son mari blessé par deux hommes en uniforme de la Garde Républicaine. Les deux assaillants
avaient tenté d’extorquer le couple. La victime est morte sur-le-champ. Son mari a été admis dans un hôpital local.
36. Dans la nuit du 4-5 octobre 2007, un civil aurait été extorqué
et tué par balle, en présence de sa femme, dans sa voiture, par deux soldats de la Garde Républicaine, dans les environs de
Binza, commune de Ngaliema, à Kinshasa
37. Le 2 octobre 2007, dans le village de Bishile (45 km de Kongolo, Province du Katanga), un civil
aurait été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par deux agents de l’ANR. La victime était accusée
de «faciliter la prostitution». La victime a été admise à l’hôpital local dans une condition de santé grave.
38. Au Nord-Katanga, le 19 octobre 2007, un journaliste aurait été arbitrairement
arrêté, illégalement détenu et soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par 12 agents de l’ANR à Kongolo
- 350 km au nord-est de Kalemie-. La victime était allé s’enquérir d’un rapport dans les locaux de l’ANR.
La victime a été admise à l‘hôpital local.
39. Dans la province
du Kasaï Oriental, un civil aurait été arbitrairement arrêté et illégalement détenu pendant quatre jours, par l’ANR
locale, le 12 octobre 2007. La victime aurait été arrêtée et détenue en lieu et place de son fils, qui était suspecté de détournement
de fonds dans une compagnie locale.
Des membres des groupes armés ont continué
de commettre des abus des droits de l’homme dans les deux Kivus
40.
Au Nord-Kivu, dans la nuit du 28-29 octobre 2007, un civil aurait été tué, trois autres auraient été blessés au moyen d’une
machette et une mineure aurait été enlevée par des combattants Mayi-Mayi, communément appelés «Groupe Baraka», dans le groupement
de Mwenye, territoire de Lubero.
41. Le 15 octobre 2007, deux vendeurs
de diamant auraient été extorqués et tués par balle par deux combattants Mayi-Mayi dans la localité de Kikonde, territoire
de Fizi – 141 km au sud de Uvira – Province du Sud-Kivu.
42.
Toujours au Sud-Kivu, dans la nuit du 31 octobre – 1 novembre 2007, trois civils auraient été enlevés et emmenés dans
un endroit inconnu, et une clinique locale aurait été pillée au cours d’une attaque menée par des FDLR dans le village
de Kabushwa/Katana – 42 km au nord de Bukavu-.
Administration de la
justice/ Lutte contre l’impunité
43. Au cours du mois
d’octobre 2007, le procès de l’ancien leader Mayi Mayi Kyungu Mutanga, alias «Gédéon» a continué devant le Tribunal
Militaire de Kipushi, Province du Katanga. Plusieurs témoins ont fait des dépositions sur l’implication des combattants
Mayi Mayi, sous le commandement de «Gédéon», dans des attaques armées, des exécutions arbitraires, des actes de cannibalisme,
mutilation, viol et esclavage sexuel dans le territoire de Mitwaba en 2004.
Tout au long des audiences, Gédéon a catégoriquement
nié toute implication dans la commission de ces crimes. Il a déclaré n’avoir appris ces incidents, pour la première
fois, que devant le Tribunal. Le 30 octobre 2007, le Procureur a informé le Tribunal que 11 nouvelles personnes, y compris
l’épouse de «Gédéon», deux enfants et des agents de sa garde rapprochée, ont été officiellement sommées de se présenter
devant le Tribunal.
44. Le 6 octobre 2007, un ancien membre de la
milice du Front Nationaliste Intégrationniste (FNI), qui figurait parmi les accusés dans le procès du meurtre des deux Milobs
(observateurs militaires de l’ONU) à Mongbwalu, et qui s’était échappé de la prison avant la fin du procès, prévue
pour le 13 janvier 2007, a été capturé par la PNC à Mongbwalu. Il avait été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité
pour crimes de guerre par le Tribunal Militaire de Bunia le 19 février 2007.
Le 10 octobre 2007, sa condamnation lui
avait été dûment notifiée par l’Auditorat Militaire de Bunia. Suite à cette notification, son avocat avait immédiatement
attaqué la décision tout en demandant et obtenant la tenue d’un nouveau procès. Celui-ci a démarré le 23 octobre 2007
devant le Tribunal Militaire de Bunia, en Ituri.
45. Dans la Province
du Sud-Kivu, le 27 octobre 2007, cinquante sept civils, y compris 20 femmes, accusés de sorcellerie à Luvungi – 58 km
au nord de Uvira – ont été arbitrairement arrêtés, illégalement détenus, soumis à des traitements cruels, inhumains
et dégradants et ensuite transférés à Lemera – 80 km au nord de Uvira – par des éléments de la 12ème Brigade Intégrée
des FARDC avec la complicité de chefs traditionnels locaux.
Des sources locales ont indiqué que les 57 civils ont
été détenus dans des conditions inhumaines, à la résidence du chef traditionnel (Mwami) de la tribu des Bafulero, en attendant
d’y subir des tests visant à déterminer s’ils étaient effectivement impliqués dans des pratiques de sorcellerie.
Les 57 détenus ont été relâchés suite à l’intervention du BNUDH le 31 octobre2007. La plupart de ces détenus ont reconduits
à Luvingi. Il est important de souligner que conformément à la loi Congolaise, la sorcellerie n’est pas une infraction
reconnue. L’arrestation de ces 57 civils était donc arbitraire. L’acte du Mwami (chef traditionnel local) est
illégal et répréhensible en vertu de l’article 57 du Code Pénal.
46.
Au Sud-Kivu, deux cas de justice populaire ont été rapportés, respectivement à Bukavu et à Burhale, territoire de Walungu.
A Bukavu, dans la nuit du 29-30 octobre 2007, un civil, suspecté d’avoir commis un vol, a été lynché par la population
locale. A Burhale, un autre présumé voleur à été battu à mort par la population locale.
Prisons et autres Centres de détention
47.
Le 1 octobre 2007, les prisonniers de la Prison Centrale de Kindu, Province du Maniema, ont organisé une manifestation violente
contre les mauvaises conditions de détention. Ils ont empêché les travaux de réhabilitation d’une partie de la prison
et ont saccagé le bureau du directeur. Cette manifestation avait été provoquée par une bagarre entre deux prisonniers militaires
et un civil, tous les trois ayant été blessés au cours de cette altercation. La situation a pu être maîtrisée au courant de
l’après-midi à la suite de l’intervention conjointe de l’Inspecteur Provincial de la PNC, du Procureur de
la République et de l’Auditeur Militaire. Les trois blessés et un autre prisonnier, qui avait été malade pendant plus
de deux semaines, ont été transférés à l’Hôpital Général de Kindu, afin d’y être traités.
48. Dans la Province du Kasaï Oriental, un homme âgé de 64 ans est décédé le 16 octobre 2007, durant
sa détention au cachot de l’Auditorat Militaire de Lodja. La victime aurait été arbitrairement arrêtée et illégalement
détenue pendant 14 jours pour recel. En dépit de son état de santé dégradant, la victime n’a pas pu bénéficier d’une
libération sous caution afin de pouvoir se rendre dans une clinique locale. En réaction à sa mort, la population locale a
organisé une manifestation violente, qui a ensuite été dispersée par la PNC. Le Parque a ouvert une enquête sur ce cas
49. De nombreux cas d’évasions massives des prisons et des cachots ont été
enregistrés dans la Province de l’Equateur et en Ituri. A Gemena, dix prisonniers se sont évadés de la prison centrale
dans la nuit du 17-18 octobre 2007. Dans la nuit du 16-17 octobre 2007, un groupe de 14 prisonniers condamnés pour des crimes
graves, y compris pour viol, meurtre et vol à main armée, se seraient évadés de la Prison Centrale de Mahagi. Dans la nuit
du 21-22 octobre 2007, dix suspects se seraient évadés du cachot de la PNC à Thedeja – 21 km au sud-est de Mahagi –
Ituri. Dans la Province de l’Equateur, entre le 16 et le 22 octobre 2007, cinq prisonniers se seraient évadés de la
Prison Centrale de Gbadolite – 950 km au nord de Mbandaka-.
50.
Dans la nuit du 22-23, un prisonnier s’est échappé de la prison Centrale de Kalemie, dans la Province du Nord Katanga. Toujours dans le Nord-Katanga, le 13 octobre 2007,
deux officiers de la PNC accusés de viol se sont évadés du cachot des FARDC (Inspection Judiciaire Militaire) à Kongolo. Le
gardien de service a été arrêté et détenu.
51. Dans la Province Orientale,
suite à la visite des Ministres de la Justice et des Droits de l’Homme, neuf prisonniers de la Prison Centrale de Kisangani
ont obtenu la libération conditionnelle pour avoir purgé le quart de leurs peines et pour bonne conduite, en application des
Articles 35 et 38 du Code Pénal.
52. Pendant la nuit du 3-4 octobre
2007, un prévenu militaire de l’Auditorat s’est évadé du cachot de la PNC à Aru, Ituri. Selon des sources locales,
les deux militaires de garde étaient en état d’ébriété. Ils se sont enfuis après l’évasion. Dans le Nord-Katanga,
pendant la nuit du 4-5 octobre 2007, trois prisonniers se sont évadés de la Prison Centrale de Kalemie.
Les journalists sont toujours en danger - Nord-Kivu (RDC) : le matériel de journalistes
saisi par des militaires – AFP -
17 sep. 07 - 09h01
KINSHASA, 15 sept 2007 (AFP) - Des journalistes
de médias internationaux ont été interrogés par des militaires qui leur ont confisqué leur matériel et enregistrements samedi
à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris auprès de ces journalistes.
Un journaliste américain travaillant pour Christian Science Monitor, deux Congolais respectivement employés
par les radios Voice of America et Canal Afrique, et un Rwandais du quotidien de Kigali New Times ont été une première fois
conduits vendredi dans un poste de police de Sake (à 30 km au nord-ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu).
Ils revenaient de reportages effectués dans le territoire de Masisi, théâtre du 27 août au 6 septembre de violents
combats entre les Forces armées de RDC (FARDC) et des soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.
Après un premier interrogatoire et une vérification de leurs identités, ils ont été autorisés à regagner Goma,
avec un officier des FARDC dans leurs véhicules respectifs.
Leurs matériels ont été confisqués
et ils ont été convoqués samedi matin dans un bureau des renseignements militaires de Goma, où le commandant en second de
l'armée au Nord-Kivu, le colonel Delphin Kahimbi, est lui-même venu conduire l'entretien.
"Il
a accusé la presse de faire de la propagande pour Laurent Nkunda et a dit qu'aucun média n'était autorisé à donner la parole
à cet individu. On lui a expliqué que nous donnions la parole à tout le monde et lui avons proposé de réagir, (ce qu'il) a
refusé", a déclaré à l'AFP un des journalistes.
Les journalistes sont sortis librement
de cet "entretien", sans avoir toutefois pu récupérer leurs enregistrements et matériels. Ils ont dénoncé des tentatives d'intimidation
et une entrave au libre exercice de leur métier.
L'état-major des FARDC au Nord-Kivu n'était
pas joignable samedi après-midi.

Qui a tué Hermas Mupolo? les Audiences révèle.
Le procès a bel et bien commencé ce Mardi le 27 février 2007 à Kinshasa dans l'enceinte de la Commune de Bandalungwa
où le Tribunal Militaire de Garnison de Ngaliema siège.
L'audience a été essentiellement consacrée à l'identification des prévenus et à la constitution
des parties civiles.
Plusieurs personnes doivent être interrogées.
Mais nous nous posons la question après voir suivi la première audience.
- Pourquoi Celtel Congo avait bouché deux jours
avant son assassinat le téléphone portable de Hermas Mupolo.
- Pourquoi le Président et le Directeur du personnel
de la CONADER avaient demandé à Hermas Mupolo de travailler ce jour là qui était
un jour férié.
- Les agents de Mamba sécurité, le personnel
de la station de service cette soirée là pour épingler le fait selon lequel sous leurs yeux, les assaillants avaient poursuivi
Hermas Mupolo jusqu'à s'assurer qu'il était mort
- Le médecin légiste pour dégager l'intention
délibérée de tuer à partir des parties du corps criblées des balles par les assaillants.
Nous demandons à toutes les personnes travaillant pour la justice d'être honnête et présenter les responsables de ce decès
qui a couté la vie de ce cadre universitaire et homme de Dieu.
Par cette mort, ses enfants et son épouse sont désormais devenus orphelins et veuve.
Cette mort a causé et continue à causer les blessures internes à la famille de Hermas Mupolo.
Nous rappelons que Hermas Mupolo a été assassiné le 8 Avril 2005
aux environs de 19h à la station d’essence de Delvaux dans la ville de Kinshasa. Il était cadre à la Conader et Pasteur
à l’Eglise de la Restauration.
Qui a tué Hermas Mupolo? N'hésitez pas de nous contacter.
Le
proces sur l'assassinat de Hermas Mupolo aura lieu ce Mardi matin 27 févrrier 2007 à Kinshasa dans l'enceinte de la Commune de Bandalungwa où le Tribunal Militaire de Garnison
de Ngaliema siège. Nous demandons à toutes les personnes travaillant pour la justice d'être honnête et présenter les responsables
de ce decès qui a couté la vie de ce cadre universitaire et homme de Dieu. Par cette mort, ses enfants et son épouse sont
désormais devenus orphelins et veuve.
Cette
mort a causé et continue à causer les blessures internes à la famille de Hermas Mupolo.
Nous rappelons que Hermas Mupolo a été assassiné le 8 Avril 2005 aux environs de 19h à la station d’essence
de Delvaux dans la ville de Kinshasa. Il était cadre dans Conader.
Enquête sur les 137 morts dans le Bas-Congo - Question de la Nationalité: Apaisement
dans le bras de fer au Parlement – LaLibre - 17 fév. 07 - 14h29
Un compromis a été trouvé sur la difficile et dangereuse question de
la nationalité.
Les
deux sujets, sur lesquels l'opposition bembiste demandait l'ouverture de débats, avaient paralysé l'assemblée nationale congolaise,
à peine élue : la violente répression, au Bas-Congo, de manifestations stigmatisant la corruption lors des élections indirectes
des sénateurs et des gouverneurs de province; la tentative d'écarter des candidats gouverneurs bembistes sous le prétexte
qu'ils avaient deux nationalités, ce qu'interdit la loi congolaise. Les élus congolais ont finalement trouvé la voie de l'apaisement.
Ainsi, après l'envoi au Bas-Congo, samedi dernier, de députés de cette province pour enquêter sur les sanglants événements
du début février (137 morts), le débat a été renvoyé lundi à la prochaine plénière, après le retour de cette mission.
Démission exigée
Un député du Bas-Congo, Gilbert Kiakwama
Kia Kiziki, a cependant d'ores et déjà réclamé la démission du ministre de l'Intérieur, le général Denis Kalume, confirmé
à ce poste dans le gouvernement Gizenga, et des autorités provinciales impliquées dans la réplique disproportionnée à l'appel
à la journée "ville morte" lancé par la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo. Le général Kalume, de son côté, affirme
que les violences ont été planifiées à Kinshasa afin de disqualifier les nouvelles institutions démocratiquement élues - ce
qui semble une attaque contre l'opposition bembiste. Il affirme que personne ne vient identifier les morts dans les morgues
du Bas-Congo et y voit la preuve que les responsables des violences sont venus "d'ailleurs".
Trois mois
de délai
L'autre question qui avait empêché la plénière de se réunir à deux reprises était
celle de la nationalité des élus. La loi congolaise interdit d'avoir deux nationalités. La majorité présidentielle a tenté
d'écarter deux candidats gouverneur bembistes dans les deux Kasaï en les accusant faussement d'être belges. L'opposition bembiste
avait répliqué en réclamant une enquête sur la nationalité de tous les députés de l'assemblée - et faisait savoir qu'elle
possédait des dossiers sur 66 députés de la majorité ayant une autre nationalité que la congolaise.
Lundi,
les députés se sont accordés pour donner un délai supplémentaire de trois mois à tous les élus concernés par la double nationalité,
afin qu'ils se mettent en ordre avec la loi congolaise.
VIOLATIONS FLAGRANTES DES DROITS DE L’HOMME EN RD CONGO: Rapport mensuel
sur les droits de l'homme - Décembre 2006 - Division des Droits de l'Homme /
MONUC - 11 jan. 07 - 16h18
Résumé : Six nouveaux militaires des FARDC ont été arrêtés en relation avec le massacre
de Bavi ; Le procès du massacre de Kilwa a commencé à Lubumbashi ; Des civils continuent à être tués au cours des opérations
militaires ou sont exécutées sommairement par des militaires des FARDC dans l’Est du pays ; Les tensions ethniques s’aggravent
au Nord- Kivu ; De nombreux viols continuent à être commis à travers le pays ; Les militaires des FARDC continuent à violer
le droit à la vie et à l’intégrité physique des civils ; De nouveaux cas de violations commis par des Hutu rwandais
et des combattants des FRPI sont rapportés ; trois détenus sont morts dans la prison centrale de Bunia et trois évasions des
prisons ont été enregistrées dans les provinces du Maniema et du Katanga.
Développements principaux
1. Dix militaires des FARDC sont
désormais arrêtés en relation avec les massacres de Bavi avec l’arrestation de 6 nouveaux militaires dont quatre Capitaines,
un Sous-lieutenant et un Caporal. Cependant, deux autres principaux suspects (un agent ingénieur et l’Adjoint S2) se
sont échappés. Par ailleurs, le commandant adjoint de Bavi, le Capitaine Gédéon, a nié toute participation autant aux tueries
qu’au déplacement des corps de leurs tombes originales. Entre temps, l’enquête a permis de localiser deux autres
fosses communes qui auraient contenu respectivement cinq et six corps, dont deux enfants. Le procès a commencé à Bunia le
27 décembre 2006.
2. Le procès de Kilwa a commencé le 12 décembre devant la Cour Militaire du Katanga
à Lubumbashi. Les sept militaires des FARDC de la 62ème Brigade accusés ont été assistés par six avocats et étaient présents
lors des audiences. Les victimes ont été représentées par quatre avocats des ONG locales. Les trois employés étrangers d’une
société minière qui sont poursuivis dans la même affaire ne se sont pas présentés bien que la loi pénale militaire exige leur
présence. Le 27 décembre, la Cour Militaire a repris les audiences, pour la première fois en présence d’un des employés
de la société minière. Cependant, les deux autres étaient toujours absents. Après un débat concernant la légalité des citations
en justice des accusés, la Cour a ajourné l’audience au 18 janvier 2007.
3. Des sources proches
de Laurent Nkunda rapportent que certains civils de la communauté Tutsi au Nord- Kivu et/ou des partisans de Nkunda ont été
arbitrairement arrêtés par des forces de sécurité congolaises2 basées au Nord- Kivu. Bien que plusieurs cas d’arrestations
arbitraires des Tutsi au Nord- Kivu ont été documentés, il n’y a pas de preuves solides d’une campagne systématique,
planifiée et commandée consistant à procéder à l’arrestation de civils de la communauté Tutsi et/ou des partisans de
Nkunda. D’autre part, un grand nombre de violations des droits de l’homme commises par des militaires de la 81ème
et la 83ème Brigade des FARDC ont été enregistrées et plusieurs proches collaborateurs de Nkunda seraient en possession d’éléments
de preuve relatifs à des violations massives des droits de l’homme.
4. Le Commandant de la 8ème
Région militaire (RM), le Colonel Delphin Kahimbi, aurait arrêté et détenu illégalement des personnes dans sa résidence privée
à Goma. Une des victimes affirme avoir été arrêtée par le Col. Delphin Kahimbi et ses gardes du corps dans la rue à Goma et
avoir été emmenée à la maison du Colonel le 18 décembre 2006. La victime a été accusée de complot visant à tuer le Colonel.
Elle aurait été frappée au bras avec la ceinture d’un militaire et aurait été torturée avec des électrochocs. Selon
la victime, sept autres personnes, dont deux civils, ont été détenues simultanément dans la maison du Colonel et au moins
quatre d’entre elles auraient quitté la résidence du Colonel pour une destination inconnue le 20 décembre. Elles auraient
été accusées par le Col. Kahimbi d’être des militaires de Nkunda bien qu’il est possible qu’il se soit agit
de civils.
Les militaires des FARDC continuent à tuer et à violer des civils,
particulièrement dans la province du Nord- Kivu et dans le district de l’Ituri
5. Les civils continuent
à être victimes des opérations militaires des FARDC contre des groupes Mayi-Mayi au Nord- Kivu quand les FARDC recourent à
l’usage disproportionné de la force Quatorze civils, dont des femmes et des enfants, et deux combattants Mayi-Mayi,
auraient été tués lors d’une attaque initiée par les FARDC à Busamba, à 75 km au sud-ouest de Beni, afin de capturer
les deux combattants Mayi-Mayi le 2 décembre 2006. Quatre jours après les tueries, les FARDC auraient enterré les cadavres
dans deux fosses communes près des maisons.
6. En Ituri, un civil aurait été tué par des militaires des
FARDC près de Kagaba – 30 km au sud de Bunia- le 11 novembre 2006. Selon des témoins, ils ont entendu trois coups de
feu au moment où la victime passait par là probablement en route pour Geti. Le motif et les circonstances de sa mort restent
inconnus. La famille de la victime a trouvé son corps dans la brousse, à 50 mètres de la rue et à 1,5 km du camp des FARDC
à Kagaba le 24 novembre. Le commandant des FARDC à Kagaba s’est personnellement rendu sur le lieu du crime.
7.
Une large concentration des troupes des FARDC au Nord- Kivu et le manque de ravitaillement en nourriture a souvent pour conséquence
la mort de civils lorsque des militaires des FARDC essaient de leur extorquer de l’argent et de la nourriture. Le 10
décembre 2006, un enfant de 14 ans a été tué par deux militaires de la 116ème Brigade militaire des FARDC dans le village
de Kirotshe, à environ 30 km de Goma. Les auteurs sont venus à la maison de la victime pour demander de l’argent. Comme
les résidents ont refusé d’ouvrir la porte, les militaires ont tiré à plusieurs reprises en direction de la maison,
tuant le garçon sur place.
8. Selon plusieurs sources indépendantes, un civil a été tué par un militaire
du 1102ème Bataillon des FARDC près de Kamanyola, à 68 km au nord d’Uvira, le 4 décembre 2006. Le Bataillon fait partie
de la 110ème Brigade sous le commandement du Lt. Col. Mosala, basée à Luvungi. Le civil était en train de rentrer des champs.
La raison de cet acte de tuerie reste inconnue.
9. Un soldat de la 14ème Brigade intégrée des FARDC serait
responsable de la mort d’un civil dans le village de Rutobogo en proximité de Sake, à 30 km au nord-ouest de Goma, le
14 décembre 2006. L’incident aurait eu lieu après que l’auteur ait forcé la porte d’une résidence privée
et tiré sur la victime, la tuant sur place, quand cette dernière aurait refusé d’ouvrir la porte volontairement. L’auteur
a été arrêté et son cas a été transféré à l’Auditeur militaire.
10. Deux civils auraient été tués
et un autre blessé après qu’un groupe de deux militaires des FARDC et dix personnes en civil aient cambriolé une résidence
privée dans le voisinage de Ndosho à Goma le 23 décembre 2006. Les auteurs seraient entrés de force dans la maison d’une
famille de huit enfants en tirant sur la porte et en tuant une jeune fille de 13 ans sur place. Ils auraient ensuite pillé
la maison pendant qu’ils tiraient sans cesse en l’air en blessant ainsi un autre enfant. Les auteurs auraient
quitté la maison après avoir trouvé le chef de famille et après l’avoir tué en tirant cinq fois sur son corps. Ce cas
constitue un seul exemple parmi de nombreux cas similaires enregistrés à Goma.
11. Le 21 décembre 2006,
trois civils auraient été blessés, plusieurs autres battus et six arrêtés arbitrairement par un groupe d’environ 50
soldats de la 8ème Brigade intégrée de la 10ème Région militaire des FARDC dans le village de Kalanga-Mukungwe, à 62 km au
sud-ouest de Bukavu. Les auteurs seraient arrivés dans le village pour prendre une mine d’or de propriété privée selon
les ordres du Commandant de la 10ème Région militaire. La population locale, qui survit grâce à la mine, aurait protesté contre
cet ordre et les soldats les auraient alors battus et arrêtés. Selon des sources locales, les officiers de la 10ème Région
militaire des FARDC sont impliqués dans l’exploitation de la mine d’or puisqu’ils envoient des soldats afin
de creuser de l’or pour leur profit personnel.
12. Des soldats de la 8ème Brigade intégrée des
FARDC continueraient à harceler des civils et à voler de la nourriture dans les environs de Kanyola, à environ 55 km au sud-ouest
de Bukavu. Selon une source locale, deux incidents graves, impliquant des tirs, ont été enregistrés dans les environs pendant
les derniers jours de l’an 2006. Ainsi, dans la nuit du 27 décembre, un groupe de militaires des FARDC serait entré
par effraction dans une maison privée à Cisaza blessant une femme et volant de l’argent et du bétail, à 54 km au sud-ouest
de Bukavul. Le 31 décembre, trois militaires des FARDC auraient blessé un civil et volé sa vache à Mudurhi, à 56 km au sud-ouest
de Bukavu. La DDH/ Bukavu essaiera de rencontrer et d’interviewer les victimes, dont tous les deux sont à présent à
l’hôpital.
13. Une jeune fille de 13 ans aurait été violée par un militaire des FARDC à Mtoa, à
30 km à l’est de Kalemie, le 14 décembre 2006. Selon la mère de la victime, l’incident aurait eu lieu dans le
village alors que la victime se rendait à une rivière à proximité. L’Auditeur militaire est au courant de cet incident
et a promis d’ouvrir une enquête.
14. Deux militaires des FARDC seraient responsables du viol d’une
femme enceinte de 3 mois le 14 décembre à Gemena, à 520 km au nord-est de Mbandaka. Selon des sources locales, la victime
aurait été arrêtée par les auteurs quand elle rentrait des champs. Elle aurait été battue, emmenée à un endroit calme non
loin du centre-ville, et ensuite violée.
15. Le 20 décembre 2006, un soldat de la 3ème Brigade intégrée
des FARDC aurait été responsable du viol d’une femme à Birava, à 40 km au nord de Bukavu. L’auteur présumé a été
arrêté et est à présent détenu dans le Bureau du Procureur militaire à Bukavu. Une enquête est en cours.
16.
Le 17 novembre, une femme aurait été violée par des militaires des FARDC près de Kazoko, à environ 40 km au sud de Bunia.
La victime était en route pour Kazoko avec une autre femme et un garçon quand elle aurait été interceptée par les auteurs.
Alors que l’autre femme a réussi à s’enfuir, la victime aurait été frappée à la tête, aurait perdu connaissance
et aurait ensuite été violée.
17. Le 21 Novembre 2006, deux femmes auraient été violées par deux militaires
des FARDC à Sala, à environ 50 km au nord-est de Bunia, quand elles travaillaient dans les champs. Le commandant militaire
basé à Mandro a été informé de l’incident et a arrêté les auteurs, mais les a relâché plus tard. Après que le commandant
militaire ait été contacté de nouveau par les victimes, il a suggéré de résoudre le problème en obligeant les auteurs à payer
80 dollars américains à leurs victimes. Les victimes ont refusé cette offre et ont décidé de porter plainte officiellement
auprès de l’Auditeur militaire.
18. Le 22 novembre 2006, une jeune fille de six ans aurait été
violée par un militaire des forces navales des FARDC à Kalemie. Selon des sources locales, l’auteur a demandé à la victime
de venir dans sa chambre parce qu’il voulait lui donner de l’argent pour faire quelques courses pour lui. Une
fois la fille entrée, le militaire l’aurait attrapée, lui aurait mis un bout de tissu dans sa bouche pour l’empêcher
de crier et l’aurait violée. L’auteur aurait fui après que la police judiciaire militaire ait ouvert une enquête.
19. Le 26 novembre 2006, un soldat de la 6ème Brigade intégrée des FARDC aurait été responsable du viol
d’une femme dans la localité de Tala, près de Geti, à 40 km au sud de Bunia.
20. Le 28 novembre,
une femme aurait été violée par un militaire des FARDC dans le village de Sinika, près de Geti, à 40 km au sud de Bunia. L’auteur
aurait intercepté la victime, l’aurait forcée à porter ses bagages et lui aurait demandé de montrer sa carte d’électeur.
Il l’accusait de faire partie d’un groupe de miliciens. Ensuite, la victime aurait été giflée et violée à plusieurs
reprises.
21. Une femme affirme avoir été violée par deux militaires de la 109ème Brigade militaire des
FARDC sous le commandement du Lt. Col. Mutupeke à Kagunga, à 10 km au nord d’Uvira, le 24 décembre 2006. La victime
rentrait des champs quand les auteurs l’auraient arrêtée et l’auraient violée à tour de rôle.
22.
Selon une source locale, un groupe d’hommes armés en uniforme des FARDC ont attaqué et pillé le village de Kakundu,
à 19 km au nord de Bukavu, pendant la nuit du 5 au 6 novembre 2006. Les auteurs auraient pris des vêtements, de l’équipement
de la cuisine et du bétail. Ils auraient également pillé le centre médical local, prenant tous les médicaments et d’autres
biens.
23. Des militaires des FARDC continuent à harceler des civils et à leur extorquer de l’argent
et de la nourriture d’une façon régulière sur tout le territoire de la RDC. Par exemple, le 11 novembre, deux civils
ont été battus et un autre arbitrairement arrêté dans la localité de Budodo, à 53 km au sud-ouest de Bukavu, pour ne pas avoir
donné de l’argent afin que les militaires puissent payer leur nourriture.
Des agents de la PNC continuent à tuer des civils au cours de vols à
main armée
24. Dans la commune
de Bipemba à Mbuji Mayi pendant la nuit du 17 au 18 décembre 2006, un autre vol à main armée a été commis par deux agents
de la PNC au cours duquel un civil est mort et un autre a été gravement blessé. Selon des témoins, un groupe de neuf policiers
armés aurait cambriolé une maison privée et un magasin adjacent appartenant aux victimes. Les auteurs ont tué sur place une
femme qui habitait la maison et ont blessé gravement son mari, dont les deux jambes ont été blessées. Les auteurs ont ensuite
pillé le magasin.
25. Un agent de la PNC aurait essayé de violer une femme à Murhima-Bulonge, à 60 km
au sud-ouest de Bukavu, le 28 décembre 2006. L’auteur aurait forcé la femme à s’allonger par terre et, au cours
de l’affrontement qui aurait suivi, la femme aurait été blessée à l’œil avec son propre parapluie. Elle aurait
été sauvée par deux passants qui l’auraient entendu crier. La victime suit à présent un traitement médical. Selon des
sources locales, en dépit de la plainte qui a été déposée auprès de la police à Burhale, à 57 km au sud-ouest de Bukavu, aucune
action n’a été menée jusqu’à aujourd’hui contre l’auteur.
D’autres services de sécurité sont impliqués dans des violations de droits de l’Homme
26.
Selon une source locale, le Secrétaire général d’une association des jeunes a été enlevé par des militaires de la Garde
Républicaine à Kinshasa le 9 décembre. L’incident aurait eu lieu lorsque la victime est arrivée à la gare centrale qui
était le point de départ pour une manifestation organisée afin de féliciter l’ancien Vice-président Jean-Pierre Bemba
pour avoir accepté les résultats des élections présidentielles.
27. Une femme aurait été violée le 11
décembre par le chef du bureau de l’ANR à Butuza, à 53 km au sud-ouest de Bukavu. L’auteur aurait également menacé
la famille de la victime pour les décourager de porter plainte.
28. Le 14 décembre, deux civils auraient
été arrêtés arbitrairement et soumis à un traitement cruel, inhumain et dégradant par des agents de l’ANR à Miabi, à
environ 30 km au sud-ouest de Mbuji-Mayi. Ils auraient été arrêtés pour « ne pas respecter les autorités » et auraient été
battus gravement pendant leur détention et leurs interrogatoires. Les victimes auraient été relâchées le jour suivant suite
à une décision du Gouverneur de la province.
Des civils continuent à être enlevés et violés par des groupes
armés dans le Sud-Kivu et en Ituri
29. Un groupe de Hutu rwandais armés aurait attaqué et pillé les villages
de Fumia, Mutoyi, Mulonge et Kaundju, à 80, 83 et 87 km respectivement au nord-ouest de Bukavu, pendant la nuit du 30 novembre
au premier décembre 2006. Ils auraient enlevé huit civils et les auraient forcés à transporter le butin. Toutes les personnes
enlevées ont été libérées le jour suivant.
30. Le 23 novembre 2006, une femme aurait été violée par des
combattants du FRPI près de la colline de Arukiye, à 7 km de Geti et à 40 km au sud de Bunia. La victime aurait été interceptée,
battue et ensuite violée.
Les centres de détention
31. Trois détenus sont morts
dans la prison centrale de Bunia pour cause d’insuffisance de nourriture et de soins médicaux. Au moins 11 détenus sont
actuellement sérieusement malades et souffrent de malnutrition.
32. Deux militaires condamnés à prison
à perpétuité dans le procès de Songo Mboyo et quatre autres détenus se sont évadés d’un cachot militaire à Mbandaka
pendant la nuit du 3 au 4 décembre 2006. Les deux hommes ont été capturés par la suite.
33. A Kindu,
84 des 90 détenus de la prison centrale ont réussi à s’enfuir le 24 décembre 2006. Dix des évadés ont été repris par
la police plus tard. Cinq gardiens de la prison ont été arrêtés pour avoir collaboré, selon les allégations, avec les prisonniers
et sont à présent détenus dans le Bureau de l’Auditeur militaire.
34. Deux évasions ont été enregistrées
à Kalemie. Pendant la nuit du 24 au 25 décembre, 14 détenus se sont évadés de la prison centrale de Kalemie. Les détails de
cette évasion ne sont pas clairs. Sept autres détenus se sont évadés des cachots du Bureau de l’Auditeur militaire à
Kalemie le même jour en profitant du fait que le gardien des cachots était sous l’influence de l’alcool.


ENCORE DES VICTIMES – POURQUOI CONTINUER A MENACER DE MORT LES PASTEURS.
Au moment oû nous sommes inquiets, et sans information sure à
propos de la famille du Dr Romuald KUSONIKA Kalala, pasteur chargé de la coordination des écoles bibliques et
de la formation au sein de Soni Restoration Ministries International, en sigle SRMI, nous voici concernés par la situation
du Pasteur Timothée MOSHI SOMBO, un autre coordinateur de SRMI, qui actuellement est sensé diriger les activités au sein de
SRMI, en ''absence du Dr SONI MUKWENZE Emmanuel, présentement aux USA, et de son coordinateur des écoles et formation, le
Pasteur Romuald KUSONIKA Kalala, absent également du pays.
En effet, depuis environ un mois et demi, des hommes en uniforme
ne cessent de traquer le Pasteur Timothée Moshi, coordinateur des églises au sein de SRMI, le menaçant de mort, à l'église tout comme à son domicile, et cela même aux heures très tardives. Selon les informations
à notre possession, ce dernier serait sorti du pays pour sa sécurité, après avoir échappé miraculeusement au pire.
Nous avons constaté que depuis l’assassinat du Pasteur
Hermas MUPOLO, lequel était aussi cadre à la CONADER, mort survenu le 08 avril 2005, à la station ELF de Binza Delvaux,
le Dr SONI MUKWENZE Emmanuel, ainsi que ses collaborateurs en vue sont sujets de tracasseries policières et de services de
sécurité. Comment les dignes fils du pays seraient-ils à mesure de promouvoir les activités, si de telles situations continuent
à se reproduire, n'est-ce pas la une façon de freiner le développement du pays?
A cela nous devons ajouter que certains pasteurs qui refuser
de se ralier à un quelconque camp et de soutenir la candidature de Joseph Kabila sont toujours malvus. N'est-pas un droit
du citoyen et surtout quant on est homme de Dieu, il fallait être neutre pour ne pas influencer les membres de l'église?
ADSAD ne saurait accepter de tels comportements de la part de
ceux qui sont sensés garantir la sécurité des biens et personnes.
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