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Tueries de Beni: une marche de l’opposition réprimée à Goma. Le président fédéral de l’UDPS au Nord-Kivu,  Rubens Mikindo, arrêtés en pleine manifestation. Radio Okapi, 25/10/2014

 

La police nationale a réprimé une marche pacifique de l’opposition, organisée samedi 25 octobre, tôt le matin, à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Cette manifestation a été organisée par la Coalition de l’opposition pour dénoncer les massacres de Beni. Plus de 80 personnes ont été tuées, en l’espace d’un mois, par les rebelles ougandais des ADF, affirme la société civile de Beni.

Le président fédéral de l’UDPS au Nord-Kivu, Rubens Mikindo, ainsi que quelques manifestants ont été arrêtés en pleine manifestation et acheminés au cachot de la police à la mairie de Goma.

Plusieurs blessés sont également enregistrés. Parmi eux, deux motards et au moins 7 élèves de l’école secondaire Maendeleo, située non loin du rond-point Signers de Goma. 

Tout a commencé vers 8 heures 30 locale, au niveau du rond point Signers , lorsque une centaine de manifestants responsables et militants des différents partis politique de l’opposition, brandissant leurs  drapeaux  , ont  débuté  une marche pacifique  pour compatir avec la population de Beni.

Lire aussi: Tueries de Beni: journée ville-morte à Goma et Lubero

Un grand nombre d’éléments de la police déployés  en avance sur le lieu a fait usage des bombes lacrymogènes et des tirs des coups de feu en l’air pour disperser les manifestants.

Les organisateurs de cette marche qualifient cette méthode d’antidémocratique.

«La sécurité n’est pas seulement de se charger des crimes économiques alors qu’en réalité les gens périssent partout là bas. Pour ce faire, vous voyez les militants en train de manifester. On vient de nous disperser de manière ignoble et antidémocratique. Nous dénonçons cela et nous allons revenir à charge», a dénoncé Christiant Badose, membre du parti politique, Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé).

Le calme est revenu et les activités ont repris, affirment des sources concordantes.

Du coté  de la mairie, les militants de l’opposition attendent la libération de leurs collègues ainsi que du président fédéral de l’UDPS au Nord-Kivu,  Rubens Mikindo, arrêtés en pleine manifestation.

Nord-Kivu: pas d’amnistie pour les M23 accusés de crimes graves, réclame la société civile. 18/03/2014

La société civile du Nord-Kivu demande à l’envoyée spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les Grands-Lacs, Mary Robinson, de veiller à ce que les rebelles du M23 accusés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité ne bénéficient pas de l’amnistie et soient jugés. Elle a formulé cette demande mardi 18 mars à Goma au cours d’une rencontre consacrée à la mise en œuvre de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. « Nous avons dit qu’il y a des personnes qui doivent être traduites en justice. Elles sont connues », a déclaré, Thomas d’Aquin Mwiti, président de la société civile du Nord-Kivu.

Il a indiqué que les noms de ces personnes sont repris sur la liste de rebelles du M23 pour lesquelles le gouvernement avait exclu toute amnistie et toute réintégration dans l’armée pendant les pourparlers de Kampala.

Thomas d’Aquin Mwiti veut que les Etats qui hébergent ces rebelles les renvoient en RDC pour y être jugés.

Mary Robinson s’est dite préoccupée pour ce dossier et a promis de s’assurer que tous les criminels présumés ne soient pas amnistiés.

« C’est évident que ces gens ne doivent pas bénéficier de l’amnistie », a-t-elle affirmé, réclamant que justice soit faite.

Le chef de l’Etat congolais a promulgué en février dernier la loi sur l’amnistie pour faits insurrectionnels, faits de guerre et infractions politiques. Cette amnistie couvrira la période du 18 fvrier 2006 au 20 décembre 2013. Le gouvernement s’était engagé à promulguer cette loi dans la déclaration signée pour clôturer les pourparlers de Kampala avec le M23.

Au sujet de l’application de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, l’ancienne présidente irlandaise s’est félicitée des avancées  enregistrées, une année après sa signature par onze pays africains sous l’égide de l’Onu pour restaurer la paix dans l’Est de la RDC.

Mais elle a estimé que certains défis devaient encore être relevés, citant notamment la traque contre les groupes armés, la lutte contre les violences sexuelles ainsi que la restauration de la justice.

La lutte contre les violences sexuelles en RDC – 20 Avril 2010

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations pour la violence sexuelle, Margot Wallström a souligné qu’il était indispensable de mettre fin à l’impunité.


La lutte contre les violences sexuelles et le règne de l’impunité préoccupent davantage les Nations unies. Au cours de sa visite officielle effectuée en République Démocratique du Congo (RDC), du 12 au 18 avril 2010, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations pour la violence sexuelle dans les conflits, Margot Wallström, a exprimé à nouveau l’attachement du Conseil de sécurité à la poursuite de l’application de toutes ses résolutions sur cette question.


Kinshasa April 20, 2010- Dans une conférence de presse tenue lundi 19 avril à Kinshasa, Margot Wallström a souligné qu’il était indispensable de mettre fin à l’impunité et aux conflits armés si la RDC veut combattre efficacement les violences sexuelles. «La lutte contre l’impunité est d’une importance fondamentale pour arrêter les violences sexuelles ; et l’assistance aux victimes doit demeurer une priorité», a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général.

Pendant son séjour, Mme Wallström s’est suffisamment informée de l’évolution de la situation des violences sexuelles sur le terrain. «Ce voyage a été pour moi un exercice d’écoute, pour mieux connaître les actions entreprises dans le cadre de la lutte contre les violences sexuelles, pour écouter les victimes et les acteurs de cette lutte au niveau local et offrir mes services aux autorités de la RDC», a-t-elle résumé.

Au cours de son séjour, Mme Wallström a eu des rencontres avec les ministres congolais de la Justice et des droits humains, du Genre, Famille et Enfant, le vice-premier en charge de l’Intérieur, l’inspecteur général de la police nationale, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que des femmes parlementaires. Avec eux, elle a discuté de plusieurs questions d’intérêt commun tels que l’ampleur de la violence sexuelle et leurs causes, les moyens de lutte contre l’impunité, l’application de la loi sur la violence sexuelle, le rôle de la police et du système juridique, la sensibilisation ; la formation de la police et de l’armée ; l’assistance des victimes des violences sexuelles, la stratégie nationale de lutte contre la violence sexuelle, le rôle du système des Nations unies et des partenaires gouvernementaux.

Progrès et préoccupations

Sans donner des détails sur ces principaux points de discussion, Mme Wallström a cité, néanmoins, quelques progrès réalisés dans la lutte contre les violences sexuelles en RDC, à savoir le vote par le parlement de la loi sur les violences sexuelles et l’identification des auteurs des viols.

Elle s’est préoccupée, par ailleurs, de nombreuses difficultés auxquelles fait encore face le processus de réforme du secteur de la sécurité, de la justice et du système judiciaire. « En parlant avec les cliniques juridiques, la force spéciale de la police, la société civile, j’ai appris qu’il existe un nombre insuffisant des femmes dans la magistrature. J’ai noté une corruption généralisée dans l’accès à justice ; des défis logistiques pour atteindre les communautés éloignées dans le cadre des campagnes de sensibilisation », a-t-elle souligné.

Espoir

Cependant, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies pour la violence sexuelle a remarqué avec satisfaction « l’engagement exprimé par la police et les experts judiciaires, le personnel hospitalier et les ONGs spécialisées, dans l’assistance aux femmes victimes des violences sexuelles. » Elle a constaté la même détermination lors de son plaidoyer auprès du gouverneur de la province du Nord Kivu et du vice-gouverneur du Sud Kivu. «J’ai noté l’importance du leadership de ces autorités provinciales dans le traitement de la question des violences sexuelles, notamment l’assistance des victimes», a-t-elle précisé.

Mme Wallström a défini à ses différents interlocuteurs sa mission - la première qu’elle vient de consacrer à la République Démocratique du Congo- qui n’est pas exclusivement destinée à ce pays mais plutôt à tous les pays du monde qui connaissent des conflits armés.

Elle a confirmé que c’est au Conseil de sécurité qu’incombe la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale et qu’il est, à cet égard, fermement résolu à continuer de traiter de l’impact étendu des conflits armés sur les populations civiles, notamment en ce qui concerne la violence sexuelle.

Equateur : les Nations Unies appellent à une aide d’urgence dans le district du Sud Ubangi, Province de l’Equateur – 28/01/2010


La persistance de besoins humanitaires urgents dans le district du Sud-Ubangi au nord-ouest du pays, théâtre d’affrontements armés depuis la fin de 2009, préoccupe fortement les Nations unies et leurs partenaires humanitaires.

Le 24 janvier dernier, une mission d’évaluation humanitaire des Nations unies était à Libenge et Zongo, localités situées respectivement à 190 et 263 km au nord de Gemena, où elle a constaté que la situation sécuritaire était calme, avec la présence des forces de sécurité nationales. L’équipe a noté la présence de plus de 4.000 civils déplacés, en majorité des femmes et des enfants, à Zongo, et environ 3.000 à Libenge, vivant dans des conditions difficiles.

Selon Abdou Dieng, Coordonnateur de l’action humanitaire par intérim, «après des semaines d’insécurité dans le district du Sud
Ubangi, la zone est maintenant suffisamment sécurisée pour le déroulement d’activités humanitaires, ce qui nous permet de les intensifier». La primauté du droit et l’ordre ont été rétablis progressivement à la suite d’affrontements armés importants à l’encontre d’éléments armés non-gouvernementaux, par l’armée nationale avec l’appui de la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo
(MONUC).

Les acteurs humanitaires indiquent que la province accueille au moins 60.000 personnes déplacées à l’heure actuelle, mais bien d’autres pourraient se trouver dans des endroits inaccessibles. Par ailleurs, 109.000 autres personnes déplacées ont cherché refuge en République du Congo, pays voisin, et 18.000 personnes se sont déplacées en République centrafricaine (RCA). Une grande majorité d’entre elles ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, indique le Bureau des Nations unies chargé des Affaires humanitaires (OCHA).

En raison de préoccupations sécuritaires, de l’absence d’infrastructures en état de fonctionner et d’approvisionnements dans les zones potentielles de retour, OCHA s’attend à ce que, dans un futur proche, la plupart des personnes déplacées restent là où elles se sont déplacées.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déjà distribué un total de 48 tonnes métriques en aide alimentaire pour une période de 30 jours à 5.739 personnes se trouvant à Boyazala et Bozene. Quelque 200 tonnes de rations alimentaires supplémentaires couvrant 30 jours devraient être distribuées à 22.393 personnes déplacées supplémentaires à Bokonzi dès que la situation sécuritaire le permettra. Un convoi du PAM pourra se rendre à Libenge et Zongo cette semaine.

Le 26 janvier dernier, un autre convoi de 6 camions de l’ONG MEMISA/Belgique a transporté 18 tonnes de vivres et 22,5 tonnes de non-vivres au profit des déplacés, environ 32 000 personnes, dans la zone de Bokondji.

Les taux élevés de mortalité et de morbidité parmi les personnes déplacées constituent une source de préoccupation importante. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) planifie une campagne de vaccination contre la rougeole pour tous les enfants âgés de moins de 5 ans. L’UNICEF compte également fournir des médicaments essentiels et intervenir auprès de 10.000 enfants souffrant de malnutrition. Il est également prévu de distribuer des articles non alimentaires ainsi que de l’eau potable, de remettre en état les écoles et de distribuer du matériel scolaire.

«Les activités de reconstruction restent une priorité et devraient permettre un retour graduel à la normale. Le but des activités humanitaires est non seulement d’alléger les souffrances mais également de faciliter le retour des populations dans leurs lieux d’origine quand les conditions de sécurité le permettent», a indiqué Frederick Sizaret, Chef des programmes d’urgence de l’UNICEF dans ce pays ravagé par la guerre.

Le district du Sud-Ubangi est situé au nord-ouest de la Province de l’Equateur, elle-même se trouvant au sud de la RCA. Au cours des dernières décennies, la région a été à maintes reprises le théâtre de violences inter-communautaires sporadiques liées à l’accès aux ressources qui sont limitées.

Des affrontements importants ont vu le jour en octobre 2009 dans la zone de Dongo en raison de différends relatifs au droit de pêche, le poisson étant essentiel à la survie des populations locales pauvres. Ces violence initiales se sont propagées et ont pris la forme d’affrontements armés généralisés

RDC: la Monuc condamne violations du cessez-le-feu et pillages – AFP - 26 nov. 08 - 10h39

 

KINSHASA, 26 nov 2008 - La Mission de de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) a accusé mercredi la rébellion de Laurent Nkunda d'avoir violé le fragile cessez-le-feu en vigueur dans l'est du pays, dénonçant également les actes de pillages perpétrés par l'armée régulière.

"Sous couvert d'opérations de police et de pacification", la rébellion "a lancé de nouvelles opérations militaires sur l'axe Kiwanja-Ishasa, aggravant la situation humanitaire et sécuritaire au Nord-Kivu", accuse ce communiqué de la Monuc.

Les combats opposent combattants du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, rébellion) et miliciens Maï-Maï (pro-gouvernementaux). Ils se déroulent autour de Kinyandoni et Nkwenda, à l'est de Kiwanja, à 80 km au nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, selon la Monuc.

Mardi, la rébellion avait indiqué être en train de mener depuis trois jours des "opérations de sécurisation" dans ce secteur contre des miliciens Maï-Maï et FDLR (rebelles hutus rwandais).

Ces combats "ont semé la panique au sein des populations civiles qui sont jetées encore une fois sur les routes à la recherche de la sécurité, fuyant vers Nyamilima ou la frontière ougandaise", précise la Monuc.

La force onusienne "condamne sans réserve ces actions initiées par le CNDP", estimant qu'il s'agit d'une "violation du cessez-le-feu", et "demande instamment (à la rébellion) de se conformer, sans condition, au cessez-le-feu et ne plus aggraver davantage le niveau de souffrance des populations".

La force de l'ONU dénonce également des actes de pillages perpétrés cette semaine par des éléments de l'armée régulière dans le territoire de Lubero (120 km au nord de Goma).

Le village de Bulotwa a été ainsi le théâtre de pillages orchestrés par des membres de certaines unités des FARDC (Forces armées de RDC), indique le communiqué de la Monuc qui "condamne aussi ces actes".

La mission de paix "attend des autorités militaires compétentes qu'elles fassent subir les rigueurs de la loi à tous les coupables de ces actes conformément aux promesses faites" par le gouvernement.

Au cours des deux dernières semaines, des éléments de l'armée congolaise se sont livrés à de nombreux pillages et exactions à grande échelle dans toute cette région de Lubero et Kanyabayonga.

La Monuc "appelle instamment les parties à respecter strictement le cessez-le-feu en revenant sur leurs positions du 29 octobre et à respecter également les zones de séparation".

Aucun cessez-le-feu n'a encore été conclu entre armée et rebelles depuis la reprise des hostilités fin août. Le 29 octobre, le CNDP a décrété un cessez-le-feu unilatéral, mais les affrontements se poursuivent à intervalles réguliers, les deux camps se rejetant la responsabilité de ces violences.

Une fragile accalmie est cependant observée depuis six jours.

En signe de bonne volonté après une rencontre le 16 novembre entre l'émissaire de l'ONU Olusegun Obasanjo et le chef rebelle Laurent Nkunda, le CNDP avait retiré ses troupes de près de 40 km sur un front au nord de la province.

Les Casques bleus de la Monuc "continuent à patrouiller les zones de séparation mais le maintien de ces zones demandera la bonne foi et la coopération de tous", conclut le communiqué.

 

RDC: Une ONG se retire après une attaque contre ses employés IRIN - 26 sep. 08 - 19h02

 

BUNIA, 26 septembre 2008 - Une organisation internationale (ONG) a suspendu ses activités à la suite d'attaques contre ses employés dans l'Ituri, une région de la province Orientale, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un haut responsable.

« Un de nos employés a été tué et deux autres ont été blessés », a déclaré à IRIN Arnaud Havet, responsable de projet de l'ONG allemande Agro Action Allemande (AAA). « Un expatrié qui travaillait avec nous a été blessé par balle et a dû être évacué vers l'étranger ».

Le personnel a été attaqué par un groupe armé alors qu'il réparait une route située le long de l'autoroute entre Bunia, Iga et Nioka, sur le territoire de Djugu, le 15 septembre. Les assaillants ont également fait main basse sur 10 000 dollars, selon les autorités locales.

« Cet incident nous attriste ; nous avons cessé nos activités jusqu'à nouvel ordre », a déclaré M. Havet. L'armée congolaise a déployé du personnel militaire le long de l'autoroute, a-t-il ajouté.

« Nous avons arrêté quelques suspects pour les interroger », a indiqué Germain Ukumu, commissaire de l'Ituri, ajoutant que les assaillants ne faisaient pas partie d'un groupe organisé. « Il s'agissait juste de bandits. Une attaque comme celle-ci peut avoir lieu partout, même aux Etats-Unis ».

Au moins 400 employés d'AAA sont d'anciens combattants. Depuis le début du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion en 2004, au moins 25 000 anciens combattants ont été désarmés, et plus de 10 000 enfants ont été démobilisés en Ituri.

Un groupe de 83 organisations humanitaires et associations de défense des droits humains ont appelé à prendre des mesures urgentes pour mieux assurer la protection des civils et à apporter une aide accrue aux populations vulnérables de l'est de la RDC.

La Congo Advocacy Coalition a déclaré dans un communiqué que la reprise des combats dans l'est de la RDC avait entraîné une aggravation considérable de la situation humanitaire et causé d'immenses souffrances aux populations civiles. Quelque 100 000 civils, a ajouté la coalition, ont été forcés de fuir à la suite des dernières violences.

« La situation des populations civiles est désespérée et menace de se dégrader davantage si les affrontements se poursuivent », a expliqué Rebecca Feeley, du projet ENOUGH. « Toutes les parties qui ont signé l'accord de paix de Goma devraient adhérer strictement à leurs obligations, notamment à celles de protéger les civils et de respecter le droit humanitaire international et les droits humains ».

Selon la Coalition, les affrontements violents qui ont éclaté à Rutshuru, un territoire de la province du Nord-Kivu, ont ensuite gagné Masisi et Kalehe, dans le Sud-Kivu.

« Toutes les parties doivent se montrer à la hauteur de leurs engagements et cesser ces attaques immédiatement », a déclaré Juliette Prodhan, directrice pays d'Oxfam GB en RDC.

Meurtre d'un élu député du MLC à Kinshasa : le tribunal exige la comparution du gouverneur AFP - 23 juil. 08 - 08h38

 

KINSHASA, 22 juil 2008 (AFP) - Le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, mis en cause par un des présumés meurtriers d'un élu de l'opposition, a été appelé mardi à comparaître par un tribunal militaire de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a constaté un journaliste de l'AFP.

La décision de faire comparaître le lundi 28 juillet M. Kimbuta, issu du camp politique du président Joseph Kabila, a été annoncée par le président du tribunal militaire de Kinshasa/Ngaliema, le capitaine Pathy Sangwa.

Le gouverneur Kimbuta avait été désigné le 18 juillet par le soldat Patrick Mwewa comme étant le "commanditaire" de l'assassinat du député Daniel Boteti, également vice-président de l'assemblée provinciale de Kinshasa et membre du Mouvement de libération de Kinshasa (MLC, principal parti d'opposition).

Membre de la Garde républicaine (GR, garde présidentielle), le soldat Patrick Mwewa avait affirmé qu'une somme de 1.200 dollars (760 euros) lui avait été versée comme "prime" par trois personnes se faisant passer pour des proches du gouverneur Kimbuta. Selon Mwewa, blessé grièvement au cours d'échange de tirs avec le garde du corps de la victime, quatre membres de son groupe seraient en cavale.

Le gouverneur de Kinshasa a depuis porté plainte contre son accusateur. Sa formation politique, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir) a "réaffirmé sa confiance en la justice du pays".

A la demande du parquet, le tribunal a également demandé la comparution du président de l'assemblée provinciale de Kinshasa, Roger Nsingi (issu du MLC), du ministre provincial de la Sécurité, Godard Motemona (camp présidentiel), d'un policier ainsi que de six détenus de la prison centrale de Kinshasa auxquels Patrick Mwewa, incarcéré dans la même prison, aurait fait des confidences.

Daniel Boteti a été tué le 6 juillet par des hommes armés dans le quartier Macampagne (nord-ouest), un secteur contrôlé par la Garde républicaine, alors qu'il revenait d'un mariage.

Quatre soldats de la GR, un soldat déserteur et un civil comparaissent depuis le 7 juillet pour "meurtre", "association des malfaiteurs" et "vente des effets militaires".

La prochaine audience est prévue lundi prochain.

RDC: peine de mort contre trois adeptes d'un mouvement politico-religieux AFP-23 mai. 08 - 08h51

 

KINSHASA, 22 mai 2008 (AFP) - Trois Congolais membres d'un mouvement politico-religieux en République démocratique du Congo (RDC) ont été condamnés jeudi à la peine de mort, aux termes d'un procès de plus d'un mois au Bas-Congo (ouest), a-t-on appris de source judiciaire.

Le tribunal de Grande instance de Mbanza-Ngungu, cité rurale du Bas-Congo, a également prononcé des peines allant de 2 mois à 20 ans de prison ferme contre quinze autres adeptes de Bundu dia Kongo (BDK) et en a acquitté quatre, "faute de preuves", a affirmé à l'AFP son président, Aimé Mayengo.

Vingt-deux sympathisants de BDK étaient poursuivis devant cette juridiction notamment pour "association de malfaiteurs", "atteinte à la sûreté de l'Etat"
et "atteinte à la liberté de culte".

Ils avaient été arrêtés début mars dans plusieurs villages des territoires de Luozi et de Songololo, après des violents affrontements entre les membres de la secte tribale du député Ne Muanda Nsemi et des éléments de la police, dépêchés dans la région pour rétablir l'autorité de l'Etat.

Ces incidents avaient fait au moins 27 morts, selon des sources officielles et une centaine, selon des sources onusiennes et de la société civile. Bundu dia Kongo ("Royaume du Kongo") est un groupe d'opposition religieux sécessionniste très implanté dans le Bas-Congo.

Il prône la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui comprenait l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon.

Les adeptes de BDK sont accusés par le pouvoir de ne pas reconnaître l'autorité de l'Etat, de s'attaquer régulièrement à ses agents et d'appeler à chasser les "non-originaires" de la province. En janvier, ils avaient été accusés d'avoir tué et brûlé vif un habitant de Luozi.

La partie civile a critiqué le verdict du tribunal, estimant qu'il n'a pas pris en compte le réquisitoire du ministre public demandant la peine capitale contre les vingt-deux prévenus.

Elle a promis de faire appel de ce jugement.

Nouveaux combats au Nord-Kivu: le HCR suspend ses opérationsAFP - 25 avr. 08 - 19h53

 

GENÈVE, 25 avr 2008 - Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a dû suspendre ses distributions dans le Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), en raison de nouveaux combats, a annoncé l'institution onusienne vendredi.

"Les combats ont repris entre les forces gouvernementales et les rebelles du Front démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR) dans la région de Rutshuru", a précisé vendredi le porte-parole du HCR, Ron Redmond.

Ces affrontements ont eu lieu jeudi près du site d'accueil des personnes déplacées de Kinyandoni, selon la même source.

Jeudi, la distribution de l'aide à la population déplacée a été suspendue.

Le HCR a également suspendu l'enregistrement des nouveaux arrivants dans les camps de la région de Rutshuru, à 70 km au nord de Goma.

Des centaines de civils supplémentaires ont dû prendre la fuite et sont venus s'ajouter aux 860.000 personnes déjà déplacées dans le Nord-Kivu, a précisé M. Redmond.

Les mouvements de déplacés ont été constatés après qu'une faction dissidente du FDLR eut attaqué samedi des villages situés près de la ville de Kiwanja, dans la région de Rutshuru, causant la mort d'une femme, a indiqué Ron Redmond selon qui des combats opposant l'armée et le FDLR ont également été signalés dimanche.

Les témoignages des rescapés, la plupart des femmes et des enfants, sont "déchirants", a affirmé Ron Redmond. Leurs maisons ont été détruites et leurs biens volés.

Beaucoup de parents ont perdu le contact avec leurs enfants, a-t-il ajouté.

Depuis début 2008, les accrochages se poursuivent au Nord-Kivu, en violation des "actes d'engagement" (dont un cessez-le-feu immédiat) signés le 23 janvier à Goma par tous les belligérants congolais des Nord et Sud-Kivu, dont les Pareco (Patriotes résistants congolais) et le CNDP.

Les actes d'engagement - le même pour chacune des provinces - prévoient un retrait progressif de tous les belligérants des lignes de front (soit plus de 4.000 éléments du CNDP et plusieurs milliers de combattants issus de différents groupes Maï Maï au Nord-Kivu) et leur démobilisation.

Les rebelles du FDLR, des combattants hutus rwandais, sont considérés comme la principale menace contre la stabilité dans la région des Grands Lacs africains.

Accusés par Kigali d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda, essentiellement dirigé contre la minorité tutsie, ils sont actuellement estimés à environ 6.000 en RDC par l'ONU, répartis entre le Nord et le Sud-Kivu (est).

RDCongo: le recrutement des enfants soldats a repris au Kivu (Unicef) – AFP - 01 avr. 08 - 08h28

 

GENEVE, 31 mars 2008 - L'enrôlement des mineurs par les groupes armés a repris après une accalmie dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), s'est inquiété lundi l'Unicef.

"Juste après la signature des accords (le 23 janvier entre les groupes armés congolais et le gouvernement), on a vu une baisse du recrutement d'enfants soldats dans le Nord-Kivu, mais ce n'est plus le cas depuis un ou deux mois", a indiqué à la presse Julien Harneis, représentant du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) en RDC.

"Depuis janvier, environ 100 enfants ont été recrutés par les différents groupes armés", a relevé Julien Harneis.

Dans la même période, l'Unicef a libéré entre 280 et 300 enfants enrôlés, sans réussir à les ramener systématiquement à leurs familles.

"Certaines régions d'où ils viennent sont soumises aux violences, et il existe toujours le risque qu'ils soient à nouveau recrutés", selon le représentant de l'Unicef.

A Bukavu, capitale du Sud-Kivu, dans le centre de transit de l'Unicef prévu pour de courts séjours, les situations se prolongent: "il y a des enfants qui sont là depuis neuf mois alors qu'ils ne devaient rester que six semaines en transit", note M. Harneis.

2.000 à 3.000 enfants de 12 à 18 ans sont enrôlés dans les groupes armés dans l'est de la RDC, a-t-il indiqué.

Dans les Nord et Sud-Kivu, le processus de paix engagé en janvier patine et le cessez-le-feu - pourtant signé par tous les groupes armés congolais sévissant dans ces régions - est violé presque quotidiennement, selon l'ONU.

Pourtant, au cours de la 7e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, ses Etats membres ont décidé à l'unanimité la suppression du mandat du rapporteur spécial sur la situation en RDC.

 

Tirs nourris devant le siège de l'ONU à Bunia (RDC) après un accidentUne maison habitée par un personnel de la Monuc à Bunia a été incendiée -  AFP - 01 avr. 08 - 08h51

 

KINSHASA, 31 mars 2008 - Des tirs nourris ont éclaté lundi devant le siège de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) à Bunia (nord-est), où la police a dispersé des manifestants en colère après un accident impliquant un véhicule onusien, a-t-on appris auprès de l'ONU.

Le calme est revenu dans la soirée à Bunia, chef-lieu du district troublé d'Ituri, après l'intervention de la police congolaise qui a abondamment tiré en l'air pour disperser les manifestants, a-t-on appris de sources sécuritaires internationales.

La Monuc a "profondément regretté" l'accident de circulation impliquant un de ses véhicules et qui a coûté la vie à la passagère d'un taxi-moto dans l'après-midi, selon son porte-parole à Kinshasa Michel Bonnardeaux, qui n'a fait aucun commentaire quant aux violences de la journée.

Selon la radio Okapi, parrainée par l'ONU, et des sources sécuritaires jointes par l'AFP, plusieurs manifestants ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du quartier général de la Monuc, protégé par des sacs de sable et des barbelés.

Plusieurs véhicules de l'ONU ont été endommagés par des jets de pierre et une maison habitée par un personnel de la Monuc à Bunia a été incendiée.

La police nationale congolaise est parvenue à disperser les manifestants, essentiellement des étudiants, et le calme était revenu dans la ville vers 17H00 GMT.

Signalons en passant que certains members du personnel de la Monuc ont été impliqué dans des graves violations des droits de l’homme comme viols and abus sexuels. Cela pourra expliquer la colére de la population.

Aucun bilan officiel de ces violences n'était disponible en fin de journée.

 

Adsad salut la libération d'un militant des droits de l'Homme brièvement arrêté – AFP - 22 mar. 08 - 14h01

 

KINSHASA, 21 mars 2008 - Un militant congolais des droits de l'Homme, arrêté vendredi matin par l'Agence nationale de renseignements (ANR) à Lubumbashi, dans le sud-est de République démocratique du Congo, a été libéré dans la soirée, a-t-il annoncé à l'AFP.

Hubert Tshiswaka a été arrêté dans la matinée à son hôtel à Lubumbashi par des agents de l'ANR, qui l'ont emmené, sans mandat, à la direction provinciale de ce service où il a été retenu et interrogé toute la journée.

"Ils m'ont libéré en me disant qu'ils n'avaient rien contre moi", a-t-il déclaré à l'AFP, joint par téléphone à Lubumbashi.

M. Tshiswaka, militant des droits de l'Homme très connu au Katanga, est actuellement membre de Osisa, une ONG basée en Afrique du Sud qui lutte pour les droits humains et en faveur du développement dans une dizaine de pays africains.

"Ils voulaient m'interroger sur des feuillets que j'ai distribué à Lubumbashi et qui portent sur la restitution d'un atelier organisé à Pretoria, soutenu par Osisa, sur la situation dans le secteur minier et les viols massifs dans l'est (du pays)", a-t-il raconté.

"J'ai expliqué que je soutenais cette initiative, d'ailleurs aussi soutenue par l'ambassade de RDC en Afrique du Sud. (...) Ils ont alors protesté parce que le feuillet représentait le drapeau congolais sans autorisation", indiquant que cela constituait un "outrage au drapeau", a-t-il poursuivi.

De nombreuses ONG de défense des droits de l'Homme se sont mobilisées dans la journée pour obtenir la libération de M. Tshiswaka. Elles sont notamment intervenues auprès du gouverneur de province, qui a joint les services de sécurité pour exiger des explications et demander la remise en liberté du militant, selon ces ONG.

 

Meurtre d'Aimée "Kabila": aucun lien familial avec le chef de l'Etat (présidence) AFP - 18 jan. 08 - 10h48

 

KINSHASA, (AFP) - La Maison civile du président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a démenti jeudi tout lien familial entre le chef de l'Etat et Aimée Mulengela, abattue mercredi à Kinshasa et présentée par plusieurs sources comme sa demi-soeur.

La Maison civile, en charge de l'administration des biens privés du chef de l'Etat, "renseigne, que contrairement aux rumeurs répandues (...), madame Aimée Mulengela Koko, faussement présentée sous le nom de Aimée Kabila, n'est pas de la famille de Mzee Laurent-Désiré Kabila", selon un communiqué transmis à l'AFP.


Laurent-Désiré Kabila, père et prédécesseur de Joseph Kabila à la tête de l'Etat congolais, a été assassiné le 16 janvier 2001 par un de ses gardes du corps à Kinshasa.

Rapportant des "informations recueillies auprès de son premier époux, le commissaire (de police) Jules Mazangala", le communiqué affirme qu'Aimée Mulengela est issue de la tribu Bahunde (Nord-Kivu, est) par son père et de la tribu Mbuza (Equateur, nord-ouest) par sa mère.

La maison civile dément un "quelconque conflit d'héritage" au sein de la famille présidentielle.

Elle déplore néanmoins "la perte tragique d'une vie humaine" et présente ses condoléances à la famille de la victime.

Selon l'organisation locale de défense des droits de l'Homme la Voix des sans voix (VSV) et une source policière congolaise, cette jeune femme d'une trentaine d'année était une des filles de Laurent-Désiré Kabila.

Elle a été tuée d'une balle tirée "à bout portant dans la poitrine" à son domicile de Kinshasa dans la nuit de mardi à mercredi par des hommes armés, qui se sont emparés "de téléphones portables (...), d'un ordinateur et d'une caméra" avant de prendre la fuite, selon la VSV.

La victime, qui se faisait appeler Aimée Kabila Mulengela, se disait "menacée" et avait à plusieurs reprises alerté la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) à Kinshasa.

La Monuc a confirmé que la victime avait fait part de craintes pour sa sécurité et que sa section des droits de l'Homme était intervenue il y a environ deux ans lorsqu'elle avait été interpellée sans motif officiel par les Services spéciaux de la police de Kinshasa et détenue pendant plusieurs semaines.

Selon des sources sécuritaires et selon la VSV, la victime revendiquait une part de l'héritage de Laurent-Désiré Kabila et était en conflit avec certains membres de la famille présidentielle.

"Mais au stade actuel, rien ne permet de dire s'il s'agit d'un règlement de compte ou d'un crime crapuleux, comme il en arrive toutes les nuits à Kinshasa dans ces circonstances similaires", a indiqué à l'AFP une source sécuritaire congolaise, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Violations des Droits de l’homme - Rapport Mensuel sur les  Droits de l'Homme en RDC- Octobre 2007 – MONUC - 28 nov. 07 - 15h19

Le 26 octobre 2007, l’Expert Indépendant sur la situation des droits de l’Homme en RDC a présenté son rapport devant la Troisième Commission de l’Assemblée Générale des Nations Unies, chargée des questions sociales, humanitaires et sociales. Il a noté que la situation des droits de l’homme en RDC demeurait très préoccupante et caractérisée par des exécutions arbitraires, viols, des actes de torture et autres formes de traitements cruels, inhumains et dégradants commis par les FARDC et la PNC, mais aussi par d’autres groupes armés, dans un climat d’impunité totale.

Germain Katanga, leader de la Force de Résistance Patriotique en Ituri (FRPI), a été transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI); A Kisangani, Province Orientale, deux magistrats militaires ont été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par des soldats FARDC agissant sous les ordres du Commandant de la 9ème Région Militaire;

Par ailleurs, au Katanga, une tentative d’évasion s’est soldée par la mort de cinq personnes; Le procès «Gédéon» a continué devant le Tribunal Militaire de Kipushi, Province du Katanga; La MONUC et des autorités de la justice militaire congolaise ont mené une seconde mission d’enquête concernant le viol massif commis à Lieke Lesole, territoire d’Opala, Province Orientale, entre le 21 juillet et le 3 août 2007; Des soldats FARDC et des éléments de la PNC se sont rendus responsables d’un grand nombre de violations du droit à la vie et à l’intégrité physique, y compris le viol. 

Développements principaux

1. Le 30 septembre 2007, deux magistrats militaires en service à l’Auditorat Militaire de Kisangani, Province Orientale, ont été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par des soldats FARDC agissant sous les ordres du Commandant de la 9ème Région Militaire. Les victimes ont été arrêtées dans leurs résidences, dans la Commune de Makiso, aux alentours de 17:00 heures, par le Général Kifwa en personne, accompagné de vingt membres de sa garde rapprochée.

Elles ont été déshabillées, sérieusement battues en présence des membres de leurs familles respectives, et ensuite emmenées, presque nues et avec leurs mains ligotées derrière leurs dos, au camp militaire de Katele, où elles ont de nouveau été sérieusement battues. Dans la matinée du 1er octobre 2007, les victimes ont encore été publiquement humiliées au cours du défilé militaire hebdomadaire présidée par le Général Kifwa. Les victimes ont été admises dans un centre médical local dans un état grave.

2. En réaction, tous les magistrats civils et militaires travaillant dans la ville de Kisangani se sont mis en grève. Le 2 octobre 2007, ils ont signé un mémorandum adressé au Président de la République, dans lequel ils ont condamné les ingérences récurrentes des hauts gradés dans l’administration de la justice, en violation de la Constitution congolaise et des normes et standards internationaux. Ils ont aussi condamné le recours à la torture, à des traitements cruels, inhumains et dégradants par le Commandant de la 9ème Région Militaire.

Les signataires dudit mémorandum ont exigé que l’auteur de ces actes soit suspendu, remplacé et traduit en justice, condition sine qua non pour la fin de la grève. Ils ont aussi recommandé la clarification du type de relation qui devrait exister entre le commandement militaire et la justice ainsi que la fin de l’ingérence d’officiers haut placés dans l’administration de la justice.

Tout en appuyant les demandes exprimées dans le mémorandum du 2 octobre 2007, la MONUC a recommandé que le Commandant de la 9ème Région Militaire et ses subordonnés soient immédiatement suspendus et traduits en justice, et a exhorté les autorités compétentes à prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire en RDC.

3. Germain Katanga, le leader de la Force de Résistance Patriotique en Ituri (FRPI), a été transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI) dans la nuit du 16-17 octobre 2007 avec l’assistance des autorités Congolaises. Il est accusé d’avoir commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre en Ituri en 2002 et 2003.

Selon des témoins interviewés par la MONUC, Germain Katanga a été impliqué dans beaucoup de massacres sérieux commis en Ituri, y compris à Nyakunde en septembre 2002, lorsqu’au moins 1200 civils ont été massacrés suite à ses ordres. Germain Katanga aurait aussi orchestré beaucoup d’autres massacres, dont ceux de Bunia, Komanda et Bogoro, ou des milliers de civiles ont été torturés, soumis à l’esclavage et assassinés. Germain Katanga a été promu au rang de Général dans les FARDC le 10 janvier 2005, en même temps que cinq autres anciens chefs de milice de l’Ituri, tous accusés de crimes similaires. Il a été arrêté le 11 mars 2005, suite à la pression de la communauté internationale, et en même temps que Thomas Lubanga et trois autres leaders des milices Lendu/Ngiti (Floribert Ndjabu, Goda Sukpa, Pitshou Iribi).

4. Le 26 octobre 2007, l’Expert Indépendant sur la situation des droits de l’Homme en RDC a présenté son rapport devant la Troisième Commission de l’Assemblée Générale des Nations Unies, chargée des questions sociales, humanitaires et sociales. Il a noté que la situation des droits de l’homme en RDC demeurait très préoccupante et caractérisée par des exécutions arbitraires, viols, des actes de torture et autres formes de traitements cruels, inhumains et dégradants commis par les FARDC et la PNC, mais aussi par d’autres groupes armés, dans un climat d’impunité totale.

Il a déploré le fait que dans le Nord-Kivu, les affrontements en cours, impliquant les soldats pro-Nkunda, étaient accompagnés de violations graves des droits de l’homme. Il a dénoncé le phénomène répandu des violences sexuelles, particulièrement dans les Provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et d’Equateur. Il a exhorté les autorités à accorder une priorité spéciale à la prévention et à la lutte contre l’impunité. A cette fin, il a préconisé la création d’un Tribunal Spécial pour la RDC ou de Chambres Mixtes Spéciales pour connaître des crimes commis en RDC et a exhorté le Gouvernement à adopter une politique de «tolérance zéro» concernant les auteurs de graves violations des droits de l’Homme.

5. Le 3 octobre 2007, une équipe mixte composée du BNUDH/Kisangani, d‘officiers de la Justice Militaire Congolaise, de l’Administrateur du territoire d’Opala, de la UNPOL(Police de l’ONU) et de MILOBS (Equipe des observateurs Militaires de l’ONU) ont conduit une seconde mission d’investigation concernant le viol massif qui aurait été perpétré à Lieke Lesole, territoire d’Opala, Province Orientale, du 21 juillet au 3 août 2007, par un groupe de combattants Mayi Mayi sous le commandement du Colonel Thomas. L’équipe a interviewé 29 victimes de viol, y compris 8 mineurs et 24 victimes de mauvais traitements et d’extorsion.

6. Dans la Province du Katanga, une tentative d’évasion à la prison de Buluwo (120 km au nord de Lubumbashi) le 15 octobre 2007 s’est soldée par cinq morts, dont trois prisonniers et deux policiers, et onze blessés parmi les prisonniers, des soldats FARDC et des policiers. Il convient de rappeler que la prison Buluwo est une prison dite de haute sécurité, ou on transfère les prisonniers condamnés à mort et à perpétuité ainsi que des détenus politiques pour qu’ils y purgent leurs peines. La mutinerie a été provoquée à la suite d’une requête du Directeur adjoint intérimaire de la prison, demandant aux prisonniers de donner une partie de leurs provisions aux gardes de prison, puisque ces derniers n’avaient plus de nourriture.

Des soldats FARDC ont été responsables d’au moins 10 cas d’exécutions arbitraires ainsi que d’autres violations des droits de l’homme, particulièrement des violations du droit à l’intégrité physique, du droit à la liberté et à la sécurité, à travers le pays.

7. Le Bureau des Nations Unies aux Droits de l’Homme en RDC (BNUDH) a été informé de l’exécution arbitraire de deux civils le 30 septembre 2007 par deux soldats FARDC de la 24ème Brigade Intégrée, près du parking du marché (49 km au nord-est de Beni, Nord-Kivu). D’après des sources crédibles, les auteurs présumés ont contraint les victimes à porter leurs effets personnels. Ils auraient ensuite tiré à bout portant sur les victimes, qui étaient extenuées par le voyage. Les mêmes sources ont indiqué qu’afin de couvrir leurs actes criminels, les deux soldats FARDC ont prétendu que les deux civils ont été tués au cours d’une attaque par un groupe de ADF/NALU (rebelles ougandais). L’Auditorat Militaire a déjà identifié les auteurs présumés.

8. Le 27 octobre 2007, une mère et ses quatre enfants ont été abattus par un soldat FARDC à Gbado, Commune de Maluku, Kinshasa. Le présumé auteur s’est ensuite suicidé. De sources policières, il a fréquemment usurpé le titre de policier, avec la complicité de son frère, qui est le Commandant du commissariat de police locale. Avant l’incident, au courant de la même journée, il aurait eu une altercation avec un bandit. Apparemment, en signe de représailles, il se serait rendu plus tard au domicile du présumé bandit et aurait abattu sa femme ainsi que ses quatre enfants.

9. Le 9 octobre 2007, à Cagala, territoire de Walungu, Province du Sud-Kivu, un civil aurait été tué par balle dans sa résidence privée par des soldats FARDC. La femme de la victime a été blessée au cours de cette attaque.

10. A Butembo, dans la Province du Nord-Kivu, des hommes armés en uniforme militaire, vraisemblablement des soldats FARDC, se seraient rendus responsables de deux cas d’exécution arbitraire. Dans la nuit du 20-21 octobre 2007, une femme a été tuée par balle par un homme armé en uniforme militaire et dans la nuit du 24-25 octobre 2007, un homme d’affaires a été tué dans des circonstances similaires. Les auteurs présumés de ces crimes sont toujours en fuite.

11. Dans la nuit du 13-14 octobre 2007, le chauffeur de l’ancien Gouverneur de la Province du Nord-Kivu aurait été abattu à Goma, par un homme armé, vraisemblablement un soldat de la 14ème Brigade Intégrée. L’épouse de la victime, qui était enceinte de six mois, a aussi été sérieusement blessée au cours de cette attaque. Elle a été admise dans un hôpital local dans un état critique.

12. Le 29 octobre 2007, treize civils ont été menacés de mort, et l’un d’entre eux a été blessé à la jambe droite, par un sergent FARDC dans un bar situé à Gwoknyeri (27 km à l’ouest de Mahagi, Ituri). L’auteur présumé les soupçonnait d’avoir volé son journal. Il a été par la suite neutralisé par les clients du bar.

13. Le 12 octobre 2007, une mineure aurait été violée par un soldat FARDC de la 1ère Brigade Intégrée, à Ayforo (45 km au nord de Aru). L’auteur présumé est toujours en liberté.

14. Au Sud-Kivu, le 29 septembre 2007, entre les villages de Kasagi II et Mankulu, une femme aurait été menacée de mort et ensuite violée par un soldat de la 11ème Brigade des FARDC, basée à Shabunda

15. Au Nord-Katanga, le 9 octobre 2007, quatre-vingt douze civils, y compris des femmes, résidents du village de Kahese (80 km au sud-est de Manono, dans la collectivité de Kyofwe, groupement de Mbayo) ont été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants, ainsi qu’à des actes d’extorsion, par 25 soldats FARDC de la 67ème Brigade. Les présumés auteurs étaient en mission officielle dans la localité pour arrêter un certain nombre de personnes suspectées d’être des combattants Mayi-Mayi. Les victimes ont déposé une plainte auprès de l’Auditorat Militaire à Kalemie.

16. Le 27 septembre 2007, un civil a été arbitrairement arrêté, illégalement détenu pendant une période de 12 jours, et battu par six soldats FARDC, à Makangba – 48 km de Isiro-

17. Le 9 octobre 2007, un chauffeur de camion aurait été arrêté, extorqué et soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par un groupe de soldats FARDC sous le commandement d’un Lieutenant, à Ngote – 32 km à l’ouest de Mahagi-, Ituri. La victime avait refusé de transporter la femme de l’un des présumés auteurs.

18. Au Kasaï Oriental, le 6 octobre 2007, un civil aurait été extorqué et soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par cinq soldats FARDC, dans la Commune de La Muya, Mbuji Mayi. La victime a été admise dans un hôpital local

19. Au Nord-Katanga, dans la nuit du 23 octobre 2007, une femme aurait été arbitrairement arrêtée et illégalement détenue avec son bébé âgé de deux mois, en lieu et place de son mari, par des soldats FARDC du 671ème Bataillon à Kafumbe – 90 km au sud-est de Manono-.

Des agents de la PNC ont été impliqués dans de graves violations des droits de l’homme au cours du mois d’août 2007.

20. A Butembo, Province du Nord-Kivu, le 27 octobre 2007, un conducteur de moto-taxi a été abattu par un policier au cours d’un clash entre des conducteurs de mototaxi et la police. Plus tôt au courant de la même journée, la découverte du cadavre d’un conducteur de moto-taxi dans la Commune de Bulengera avait provoqué une manifestation des autres conducteurs de mototaxis. Cette manifestation avait été dispersée par la PNC aux alentours de 11:00 heures. En réaction à l’exécution arbitraire de leur collègue, les conducteurs de mototaxis ont mis le feu au véhicule de la PNC. Ils ont ensuite érigé des barrages sur les rues principales de la ville et ont également mis le feu à la maison du policier qui avait tué leur collègue, mais aussi au commissariat de la PNC, situé dans la Commune de Mususa.

21. Le 21 octobre 2007, deux civils ont été tués par balle par un officier de la PNC à Mwene Ditu, Province du Kasaï Oriental. Le présumé auteur et trois autres officiers de la PNC ont été confrontés à la résistance des résidents locaux lorsqu’ils sont allés arrêter un suspect. L’officier de la PNC a ensuite tiré sur la foule, tuant deux civils. Le présumé auteur est toujours en fuite, mais ses collègues ont été arrêtés et déférés devant l’Auditorat Militaire.

22. En Ituri, un homme âgé de 90 ans, suspecté d’incendie volontaire, aurait été torturé à mort par deux policiers le 2 octobre 2007, dans la localité de Djupuyaka, collectivité de Mokambo (sud- est de Mahagi). Selon des sources locales, la victime avait été suspectée à tort d’incendie volontaire. Elle a été gravement battue lors de son arrestation et de son transfert à Apala. Le 12 octobre 2007, la victime a succombé de ses blessures.

23. Au Kasaï Oriental, dans la nuit du 6-7 octobre 2007, deux civils, y compris un civil suspecté d’avoir commis un vol et un collaborateur de la PNC, auraient été tués par balle par un officier de la PNC, dans le village de Muhemba Nzewu, district de Kabinda (80km au sud-est de Mbuji Mayi). D’après des sources locales, une des victimes avait résisté à son arrestation, invoquant des raisons légales, puisqu’il était 23:00 heures du soir, tandis que la seconde victime, un collaborateur de la PNC, a été tuée accidentellement, lorsqu’elle essayait de neutraliser le présumé voleur. La PNC a ouvert une investigation concernant le cas.

24. Dans la Province du Katanga, un prisonnier condamné à la réclusion à perpétuité pour diffamation contre le Chef de l’Etat, faux et usage de faux et association de malfaiteurs aurait été enlevé et sommairement exécuté par le Groupe Mobile d’Intervention (GMI) le 16 octobre 2007, en relation avec la mutinerie de la prison de Buluwo du 15-16 octobre 2007. Des sources locales révèlent que la victime est décédée à la suite de traitements cruels, inhumains et dégradants. Le corps a été transféré à la morgue de l’hôpital général de Likasi, Province du Katanga.

25. Dans la Province de l’Equateur, dans la nuit du 30 septembre 2007, deux mineures auraient été violées par un soldat FARDC et un élément de la PNC, dans la localité de Yandongi, district de Mongala (540 km au nord-est de Mbandaka). Selon les parents des victimes, les deux mineures auraient été interceptées, emmenées dans la forêt, menacées de mort et ensuite violées.

26. Dans la Province du Maniema, une mineure, qui était détenue dans une cellule locale de la PNC, aurait été violée par le Commandant de la PNC à Punia (230 km au nord-est de Kindu) le 6 août 2007. Le Commandant a transféré la victime dans sa résidence privée, soi-disant pour des raisons de sécurité. La victime aurait été menacée et ensuite violée par le Commandant de la PNC. L’auteur présumé a été arrêté et détenu à la prison locale.

27. En Ituri, le 22 octobre 2007, une mineure aurait été violée par un officier de police en service au Groupe Mobile d’Intervention (GMI). L’auteur présumé a été arrêté et déféré devant l’Auditorat Militaire.

28. Au Kasaï Occidental, dans la nuit du 23-24 octobre 2007, une mineure aurait été violée par deux policiers à la gare ferroviaire de Kananga. La victime a ensuite été admise à la clinique locale. Un des présumés auteurs a été arrêté et détenu au cachot de la PIC (Police d’Investigation Criminelle).

29. Toujours au Kasai Occidental, le 22 septembre 2007, une mineure aurait été violée par deux policiers en service au sous commissariat de police de Katoka II, Kananga. La victime a été interceptée, emmenée dans un des cachots et violée, tour à tour, par les deux policiers. Ces derniers sont toujours en liberté.

30. Au Kasaï Oriental, au quartier Bubanji, Commune de Diulu, Mbuji Mayi, une mineure aurait été violée à plusieurs reprises par un officier de la PNC en service au Bureau des Mines, avec la complicité de ses sœurs, pendant 72 jours (depuis le 4 août 2007). L’auteur présumé et ses complices ont été arrêtés et détenus le 12 octobre 2007.

31. Au Kasaï Occidental, le 24 octobre 2007, une femme aurait été violée par quatre policiers à Mashala, territoire de Dibengue. Les auteurs présumés ont été arrêtés.

32. Dans la province du Bandundu, le 29 octobre 2007, une mineure aurait été interceptée par un policier et ensuite violé par celui-ci à Bandundu Ville. Le présumé auteur a été pris en flagrant délit par la mère de la victime. Il a ensuite été arrêté et déférédevant l’Auditorat Militaire. Dans un autre cas, le 28 octobre 2007, une mineure aurait été victime d’une tentative de viol par un policier dans la localité de Bulungu, district de Kwilu – 200 km au nord de Kikwit, Province du Bandundu - Le présumé auteur a été arrêté et transféré à l’Etat-major de la PNC locale.

33. Au Katanga, le 24 octobre 2007, un pêcheur aurait été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par deux éléments de la police navale, dans la localité de Kapolowe (120 km au nord-est de Kipushi). La victime aurait été battue et ensuite détenue au sous commissariat de police de Kapolowe. Elle a ensuite été admise à l’hôpital local dans une condition critique. Un des deux auteurs présumés a été arrêté et détenu.

34. A Kinshasa, onze journalistes auraient été brièvement arrêtés, détenus et battus par des officiers de la PNC en service au commissariat de police de Funa, dans la Commune de Kalamu, le 30 octobre 2007. Les victimes étaient sur le point de couvrir un meeting organisé par des membres de l’opposition extraparlementaire prévu plus tard au cours de la même journée. D’après la PNC locale, la rencontre «n’avait pas été autorisée». Les officiers de police auraient confisqué les effets personnels des journalistes lors de leur arrestation.

Implication d’autres services de sécurité dans des violations des droits de l’homme

35. Dans la nuit du 22-23 septembre 2007, au quartier Mikonga, Commune de Nsele, Kinshasa, une femme aurait été abattue et son mari blessé par deux hommes en uniforme de la Garde Républicaine. Les deux assaillants avaient tenté d’extorquer le couple. La victime est morte sur-le-champ. Son mari a été admis dans un hôpital local.

36. Dans la nuit du 4-5 octobre 2007, un civil aurait été extorqué et tué par balle, en présence de sa femme, dans sa voiture, par deux soldats de la Garde Républicaine, dans les environs de Binza, commune de Ngaliema, à Kinshasa

37. Le 2 octobre 2007, dans le village de Bishile (45 km de Kongolo, Province du Katanga), un civil aurait été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par deux agents de l’ANR. La victime était accusée de «faciliter la prostitution». La victime a été admise à l’hôpital local dans une condition de santé grave.

38. Au Nord-Katanga, le 19 octobre 2007, un journaliste aurait été arbitrairement arrêté, illégalement détenu et soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants par 12 agents de l’ANR à Kongolo - 350 km au nord-est de Kalemie-. La victime était allé s’enquérir d’un rapport dans les locaux de l’ANR. La victime a été admise à l‘hôpital local.

39. Dans la province du Kasaï Oriental, un civil aurait été arbitrairement arrêté et illégalement détenu pendant quatre jours, par l’ANR locale, le 12 octobre 2007. La victime aurait été arrêtée et détenue en lieu et place de son fils, qui était suspecté de détournement de fonds dans une compagnie locale.

Des membres des groupes armés ont continué de commettre des abus des droits de l’homme dans les deux Kivus

40. Au Nord-Kivu, dans la nuit du 28-29 octobre 2007, un civil aurait été tué, trois autres auraient été blessés au moyen d’une machette et une mineure aurait été enlevée par des combattants Mayi-Mayi, communément appelés «Groupe Baraka», dans le groupement de Mwenye, territoire de Lubero.

41. Le 15 octobre 2007, deux vendeurs de diamant auraient été extorqués et tués par balle par deux combattants Mayi-Mayi dans la localité de Kikonde, territoire de Fizi – 141 km au sud de Uvira – Province du Sud-Kivu.

42. Toujours au Sud-Kivu, dans la nuit du 31 octobre – 1 novembre 2007, trois civils auraient été enlevés et emmenés dans un endroit inconnu, et une clinique locale aurait été pillée au cours d’une attaque menée par des FDLR dans le village de Kabushwa/Katana – 42 km au nord de Bukavu-.

Administration de la justice/ Lutte contre l’impunité

43. Au cours du mois d’octobre 2007, le procès de l’ancien leader Mayi Mayi Kyungu Mutanga, alias «Gédéon» a continué devant le Tribunal Militaire de Kipushi, Province du Katanga. Plusieurs témoins ont fait des dépositions sur l’implication des combattants Mayi Mayi, sous le commandement de «Gédéon», dans des attaques armées, des exécutions arbitraires, des actes de cannibalisme, mutilation, viol et esclavage sexuel dans le territoire de Mitwaba en 2004.

Tout au long des audiences, Gédéon a catégoriquement nié toute implication dans la commission de ces crimes. Il a déclaré n’avoir appris ces incidents, pour la première fois, que devant le Tribunal. Le 30 octobre 2007, le Procureur a informé le Tribunal que 11 nouvelles personnes, y compris l’épouse de «Gédéon», deux enfants et des agents de sa garde rapprochée, ont été officiellement sommées de se présenter devant le Tribunal.

44. Le 6 octobre 2007, un ancien membre de la milice du Front Nationaliste Intégrationniste (FNI), qui figurait parmi les accusés dans le procès du meurtre des deux Milobs (observateurs militaires de l’ONU) à Mongbwalu, et qui s’était échappé de la prison avant la fin du procès, prévue pour le 13 janvier 2007, a été capturé par la PNC à Mongbwalu. Il avait été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité pour crimes de guerre par le Tribunal Militaire de Bunia le 19 février 2007.

Le 10 octobre 2007, sa condamnation lui avait été dûment notifiée par l’Auditorat Militaire de Bunia. Suite à cette notification, son avocat avait immédiatement attaqué la décision tout en demandant et obtenant la tenue d’un nouveau procès. Celui-ci a démarré le 23 octobre 2007 devant le Tribunal Militaire de Bunia, en Ituri.

45. Dans la Province du Sud-Kivu, le 27 octobre 2007, cinquante sept civils, y compris 20 femmes, accusés de sorcellerie à Luvungi – 58 km au nord de Uvira – ont été arbitrairement arrêtés, illégalement détenus, soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants et ensuite transférés à Lemera – 80 km au nord de Uvira – par des éléments de la 12ème Brigade Intégrée des FARDC avec la complicité de chefs traditionnels locaux.

Des sources locales ont indiqué que les 57 civils ont été détenus dans des conditions inhumaines, à la résidence du chef traditionnel (Mwami) de la tribu des Bafulero, en attendant d’y subir des tests visant à déterminer s’ils étaient effectivement impliqués dans des pratiques de sorcellerie. Les 57 détenus ont été relâchés suite à l’intervention du BNUDH le 31 octobre2007. La plupart de ces détenus ont reconduits à Luvingi. Il est important de souligner que conformément à la loi Congolaise, la sorcellerie n’est pas une infraction reconnue. L’arrestation de ces 57 civils était donc arbitraire. L’acte du Mwami (chef traditionnel local) est illégal et répréhensible en vertu de l’article 57 du Code Pénal.

46. Au Sud-Kivu, deux cas de justice populaire ont été rapportés, respectivement à Bukavu et à Burhale, territoire de Walungu. A Bukavu, dans la nuit du 29-30 octobre 2007, un civil, suspecté d’avoir commis un vol, a été lynché par la population locale. A Burhale, un autre présumé voleur à été battu à mort par la population locale.

Prisons et autres Centres de détention

47. Le 1 octobre 2007, les prisonniers de la Prison Centrale de Kindu, Province du Maniema, ont organisé une manifestation violente contre les mauvaises conditions de détention. Ils ont empêché les travaux de réhabilitation d’une partie de la prison et ont saccagé le bureau du directeur. Cette manifestation avait été provoquée par une bagarre entre deux prisonniers militaires et un civil, tous les trois ayant été blessés au cours de cette altercation. La situation a pu être maîtrisée au courant de l’après-midi à la suite de l’intervention conjointe de l’Inspecteur Provincial de la PNC, du Procureur de la République et de l’Auditeur Militaire. Les trois blessés et un autre prisonnier, qui avait été malade pendant plus de deux semaines, ont été transférés à l’Hôpital Général de Kindu, afin d’y être traités.

48. Dans la Province du Kasaï Oriental, un homme âgé de 64 ans est décédé le 16 octobre 2007, durant sa détention au cachot de l’Auditorat Militaire de Lodja. La victime aurait été arbitrairement arrêtée et illégalement détenue pendant 14 jours pour recel. En dépit de son état de santé dégradant, la victime n’a pas pu bénéficier d’une libération sous caution afin de pouvoir se rendre dans une clinique locale. En réaction à sa mort, la population locale a organisé une manifestation violente, qui a ensuite été dispersée par la PNC. Le Parque a ouvert une enquête sur ce cas

49. De nombreux cas d’évasions massives des prisons et des cachots ont été enregistrés dans la Province de l’Equateur et en Ituri. A Gemena, dix prisonniers se sont évadés de la prison centrale dans la nuit du 17-18 octobre 2007. Dans la nuit du 16-17 octobre 2007, un groupe de 14 prisonniers condamnés pour des crimes graves, y compris pour viol, meurtre et vol à main armée, se seraient évadés de la Prison Centrale de Mahagi. Dans la nuit du 21-22 octobre 2007, dix suspects se seraient évadés du cachot de la PNC à Thedeja – 21 km au sud-est de Mahagi – Ituri. Dans la Province de l’Equateur, entre le 16 et le 22 octobre 2007, cinq prisonniers se seraient évadés de la Prison Centrale de Gbadolite – 950 km au nord de Mbandaka-.

50. Dans la nuit du 22-23, un prisonnier s’est échappé de la prison Centrale de Kalemie, dans la Province du Nord Katanga. Toujours dans le Nord-Katanga, le 13 octobre 2007, deux officiers de la PNC accusés de viol se sont évadés du cachot des FARDC (Inspection Judiciaire Militaire) à Kongolo. Le gardien de service a été arrêté et détenu.

51. Dans la Province Orientale, suite à la visite des Ministres de la Justice et des Droits de l’Homme, neuf prisonniers de la Prison Centrale de Kisangani ont obtenu la libération conditionnelle pour avoir purgé le quart de leurs peines et pour bonne conduite, en application des Articles 35 et 38 du Code Pénal.

52. Pendant la nuit du 3-4 octobre 2007, un prévenu militaire de l’Auditorat s’est évadé du cachot de la PNC à Aru, Ituri. Selon des sources locales, les deux militaires de garde étaient en état d’ébriété. Ils se sont enfuis après l’évasion. Dans le Nord-Katanga, pendant la nuit du 4-5 octobre 2007, trois prisonniers se sont évadés de la Prison Centrale de Kalemie.

Les journalists sont toujours en danger - Nord-Kivu (RDC) : le matériel de journalistes saisi par des militaires AFP - 17 sep. 07 - 09h01

 

KINSHASA, 15 sept 2007 (AFP) - Des journalistes de médias internationaux ont été interrogés par des militaires qui leur ont confisqué leur matériel et enregistrements samedi à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris auprès de ces journalistes.

Un journaliste américain travaillant pour Christian Science Monitor, deux Congolais respectivement employés par les radios Voice of America et Canal Afrique, et un Rwandais du quotidien de Kigali New Times ont été une première fois conduits vendredi dans un poste de police de Sake (à 30 km au nord-ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu).

Ils revenaient de reportages effectués dans le territoire de Masisi, théâtre du 27 août au 6 septembre de violents combats entre les Forces armées de RDC (FARDC) et des soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.

Après un premier interrogatoire et une vérification de leurs identités, ils ont été autorisés à regagner Goma, avec un officier des FARDC dans leurs véhicules respectifs.

Leurs matériels ont été confisqués et ils ont été convoqués samedi matin dans un bureau des renseignements militaires de Goma, où le commandant en second de l'armée au Nord-Kivu, le colonel Delphin Kahimbi, est lui-même venu conduire l'entretien.

"Il a accusé la presse de faire de la propagande pour Laurent Nkunda et a dit qu'aucun média n'était autorisé à donner la parole à cet individu. On lui a expliqué que nous donnions la parole à tout le monde et lui avons proposé de réagir, (ce qu'il) a refusé", a déclaré à l'AFP un des journalistes.

Les journalistes sont sortis librement de cet "entretien", sans avoir toutefois pu récupérer leurs enregistrements et matériels. Ils ont dénoncé des tentatives d'intimidation et une entrave au libre exercice de leur métier.

L'état-major des FARDC au Nord-Kivu n'était pas joignable samedi après-midi.

hermas mupolo

Qui a tué Hermas Mupolo? les Audiences révèle.  

 

Le procès a bel et bien commencé ce Mardi le 27 février 2007 à Kinshasa dans l'enceinte de la Commune de Bandalungwa où le Tribunal Militaire de Garnison de Ngaliema siège.

L'audience  a été essentiellement consacrée à l'identification des prévenus et à la constitution des parties civiles.

Plusieurs personnes doivent être interrogées.

Mais nous nous posons la question après voir suivi la première audience.

  1. Pourquoi Celtel Congo avait bouché deux jours avant son assassinat le téléphone portable de Hermas Mupolo.
  2. Pourquoi le Président et le Directeur du personnel de la CONADER avaient  demandé à Hermas Mupolo de travailler ce jour là qui était un jour férié.
  3. Les agents de Mamba sécurité, le personnel de la station de service cette soirée là pour épingler le fait selon lequel sous leurs yeux, les assaillants avaient poursuivi Hermas Mupolo jusqu'à s'assurer qu'il était mort
  4. Le médecin légiste pour dégager l'intention délibérée de tuer à partir des parties du corps criblées des balles par les assaillants.

 

Nous demandons à toutes les personnes travaillant pour la justice d'être honnête et présenter les responsables de ce decès qui a couté la vie de ce cadre universitaire et homme de Dieu.

Par cette mort, ses enfants et son épouse sont désormais devenus orphelins et veuve.

Cette mort a causé et continue à causer les blessures internes à la famille de Hermas Mupolo.

 

Nous rappelons que Hermas Mupolo a été assassiné le 8 Avril 2005 aux environs de 19h à la station d’essence de Delvaux dans la ville de Kinshasa. Il était cadre à la Conader et Pasteur à l’Eglise de la Restauration.

Qui a tué Hermas Mupolo? N'hésitez pas de nous contacter.
 

Le proces sur l'assassinat de Hermas Mupolo aura lieu ce Mardi matin 27 févrrier 2007 à Kinshasa dans l'enceinte de la Commune de Bandalungwa où le Tribunal Militaire de Garnison de Ngaliema siège. Nous demandons à toutes les personnes travaillant pour la justice d'être honnête et présenter les responsables de ce decès qui a couté la vie de ce cadre universitaire et homme de Dieu. Par cette mort, ses enfants et son épouse sont désormais devenus orphelins et veuve.

Cette mort a causé et continue à causer les blessures internes à la famille de Hermas Mupolo.

 

Nous rappelons que Hermas Mupolo a été assassiné le 8 Avril 2005 aux environs de 19h à la station d’essence de Delvaux dans la ville de Kinshasa. Il était cadre dans Conader.

Enquête sur les 137 morts dans le Bas-Congo - Question de la Nationalité: Apaisement dans le bras de fer au Parlement LaLibre - 17 fév. 07 - 14h29

 

Un compromis a été trouvé sur la difficile et dangereuse question de la nationalité.

Les deux sujets, sur lesquels l'opposition bembiste demandait l'ouverture de débats, avaient paralysé l'assemblée nationale congolaise, à peine élue : la violente répression, au Bas-Congo, de manifestations stigmatisant la corruption lors des élections indirectes des sénateurs et des gouverneurs de province; la tentative d'écarter des candidats gouverneurs bembistes sous le prétexte qu'ils avaient deux nationalités, ce qu'interdit la loi congolaise. Les élus congolais ont finalement trouvé la voie de l'apaisement. Ainsi, après l'envoi au Bas-Congo, samedi dernier, de députés de cette province pour enquêter sur les sanglants événements du début février (137 morts), le débat a été renvoyé lundi à la prochaine plénière, après le retour de cette mission.

Démission exigée

Un député du Bas-Congo, Gilbert Kiakwama Kia Kiziki, a cependant d'ores et déjà réclamé la démission du ministre de l'Intérieur, le général Denis Kalume, confirmé à ce poste dans le gouvernement Gizenga, et des autorités provinciales impliquées dans la réplique disproportionnée à l'appel à la journée "ville morte" lancé par la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo. Le général Kalume, de son côté, affirme que les violences ont été planifiées à Kinshasa afin de disqualifier les nouvelles institutions démocratiquement élues - ce qui semble une attaque contre l'opposition bembiste. Il affirme que personne ne vient identifier les morts dans les morgues du Bas-Congo et y voit la preuve que les responsables des violences sont venus "d'ailleurs".

Trois mois de délai

L'autre question qui avait empêché la plénière de se réunir à deux reprises était celle de la nationalité des élus. La loi congolaise interdit d'avoir deux nationalités. La majorité présidentielle a tenté d'écarter deux candidats gouverneur bembistes dans les deux Kasaï en les accusant faussement d'être belges. L'opposition bembiste avait répliqué en réclamant une enquête sur la nationalité de tous les députés de l'assemblée - et faisait savoir qu'elle possédait des dossiers sur 66 députés de la majorité ayant une autre nationalité que la congolaise.

Lundi, les députés se sont accordés pour donner un délai supplémentaire de trois mois à tous les élus concernés par la double nationalité, afin qu'ils se mettent en ordre avec la loi congolaise.

VIOLATIONS FLAGRANTES DES DROITS DE L’HOMME EN RD CONGO: Rapport mensuel sur les droits de l'homme - Décembre 2006 - Division des Droits de l'Homme / MONUC - 11 jan. 07 - 16h18

 

 

Résumé : Six nouveaux militaires des FARDC ont été arrêtés en relation avec le massacre de Bavi ; Le procès du massacre de Kilwa a commencé à Lubumbashi ; Des civils continuent à être tués au cours des opérations militaires ou sont exécutées sommairement par des militaires des FARDC dans l’Est du pays ; Les tensions ethniques s’aggravent au Nord- Kivu ; De nombreux viols continuent à être commis à travers le pays ; Les militaires des FARDC continuent à violer le droit à la vie et à l’intégrité physique des civils ; De nouveaux cas de violations commis par des Hutu rwandais et des combattants des FRPI sont rapportés ; trois détenus sont morts dans la prison centrale de Bunia et trois évasions des prisons ont été enregistrées dans les provinces du Maniema et du Katanga.

Développements principaux

1. Dix militaires des FARDC sont désormais arrêtés en relation avec les massacres de Bavi avec l’arrestation de 6 nouveaux militaires dont quatre Capitaines, un Sous-lieutenant et un Caporal. Cependant, deux autres principaux suspects (un agent ingénieur et l’Adjoint S2) se sont échappés. Par ailleurs, le commandant adjoint de Bavi, le Capitaine Gédéon, a nié toute participation autant aux tueries qu’au déplacement des corps de leurs tombes originales. Entre temps, l’enquête a permis de localiser deux autres fosses communes qui auraient contenu respectivement cinq et six corps, dont deux enfants. Le procès a commencé à Bunia le 27 décembre 2006.

2. Le procès de Kilwa a commencé le 12 décembre devant la Cour Militaire du Katanga à Lubumbashi. Les sept militaires des FARDC de la 62ème Brigade accusés ont été assistés par six avocats et étaient présents lors des audiences. Les victimes ont été représentées par quatre avocats des ONG locales. Les trois employés étrangers d’une société minière qui sont poursuivis dans la même affaire ne se sont pas présentés bien que la loi pénale militaire exige leur présence. Le 27 décembre, la Cour Militaire a repris les audiences, pour la première fois en présence d’un des employés de la société minière. Cependant, les deux autres étaient toujours absents. Après un débat concernant la légalité des citations en justice des accusés, la Cour a ajourné l’audience au 18 janvier 2007.

3. Des sources proches de Laurent Nkunda rapportent que certains civils de la communauté Tutsi au Nord- Kivu et/ou des partisans de Nkunda ont été arbitrairement arrêtés par des forces de sécurité congolaises2 basées au Nord- Kivu. Bien que plusieurs cas d’arrestations arbitraires des Tutsi au Nord- Kivu ont été documentés, il n’y a pas de preuves solides d’une campagne systématique, planifiée et commandée consistant à procéder à l’arrestation de civils de la communauté Tutsi et/ou des partisans de Nkunda. D’autre part, un grand nombre de violations des droits de l’homme commises par des militaires de la 81ème et la 83ème Brigade des FARDC ont été enregistrées et plusieurs proches collaborateurs de Nkunda seraient en possession d’éléments de preuve relatifs à des violations massives des droits de l’homme.

4. Le Commandant de la 8ème Région militaire (RM), le Colonel Delphin Kahimbi, aurait arrêté et détenu illégalement des personnes dans sa résidence privée à Goma. Une des victimes affirme avoir été arrêtée par le Col. Delphin Kahimbi et ses gardes du corps dans la rue à Goma et avoir été emmenée à la maison du Colonel le 18 décembre 2006. La victime a été accusée de complot visant à tuer le Colonel. Elle aurait été frappée au bras avec la ceinture d’un militaire et aurait été torturée avec des électrochocs. Selon la victime, sept autres personnes, dont deux civils, ont été détenues simultanément dans la maison du Colonel et au moins quatre d’entre elles auraient quitté la résidence du Colonel pour une destination inconnue le 20 décembre. Elles auraient été accusées par le Col. Kahimbi d’être des militaires de Nkunda bien qu’il est possible qu’il se soit agit de civils.

Les militaires des FARDC continuent à tuer et à violer des civils, particulièrement dans la province du Nord- Kivu et dans le district de l’Ituri

5. Les civils continuent à être victimes des opérations militaires des FARDC contre des groupes Mayi-Mayi au Nord- Kivu quand les FARDC recourent à l’usage disproportionné de la force Quatorze civils, dont des femmes et des enfants, et deux combattants Mayi-Mayi, auraient été tués lors d’une attaque initiée par les FARDC à Busamba, à 75 km au sud-ouest de Beni, afin de capturer les deux combattants Mayi-Mayi le 2 décembre 2006. Quatre jours après les tueries, les FARDC auraient enterré les cadavres dans deux fosses communes près des maisons.

6. En Ituri, un civil aurait été tué par des militaires des FARDC près de Kagaba – 30 km au sud de Bunia- le 11 novembre 2006. Selon des témoins, ils ont entendu trois coups de feu au moment où la victime passait par là probablement en route pour Geti. Le motif et les circonstances de sa mort restent inconnus. La famille de la victime a trouvé son corps dans la brousse, à 50 mètres de la rue et à 1,5 km du camp des FARDC à Kagaba le 24 novembre. Le commandant des FARDC à Kagaba s’est personnellement rendu sur le lieu du crime.

7. Une large concentration des troupes des FARDC au Nord- Kivu et le manque de ravitaillement en nourriture a souvent pour conséquence la mort de civils lorsque des militaires des FARDC essaient de leur extorquer de l’argent et de la nourriture. Le 10 décembre 2006, un enfant de 14 ans a été tué par deux militaires de la 116ème Brigade militaire des FARDC dans le village de Kirotshe, à environ 30 km de Goma. Les auteurs sont venus à la maison de la victime pour demander de l’argent. Comme les résidents ont refusé d’ouvrir la porte, les militaires ont tiré à plusieurs reprises en direction de la maison, tuant le garçon sur place.

8. Selon plusieurs sources indépendantes, un civil a été tué par un militaire du 1102ème Bataillon des FARDC près de Kamanyola, à 68 km au nord d’Uvira, le 4 décembre 2006. Le Bataillon fait partie de la 110ème Brigade sous le commandement du Lt. Col. Mosala, basée à Luvungi. Le civil était en train de rentrer des champs. La raison de cet acte de tuerie reste inconnue.

9. Un soldat de la 14ème Brigade intégrée des FARDC serait responsable de la mort d’un civil dans le village de Rutobogo en proximité de Sake, à 30 km au nord-ouest de Goma, le 14 décembre 2006. L’incident aurait eu lieu après que l’auteur ait forcé la porte d’une résidence privée et tiré sur la victime, la tuant sur place, quand cette dernière aurait refusé d’ouvrir la porte volontairement. L’auteur a été arrêté et son cas a été transféré à l’Auditeur militaire.

10. Deux civils auraient été tués et un autre blessé après qu’un groupe de deux militaires des FARDC et dix personnes en civil aient cambriolé une résidence privée dans le voisinage de Ndosho à Goma le 23 décembre 2006. Les auteurs seraient entrés de force dans la maison d’une famille de huit enfants en tirant sur la porte et en tuant une jeune fille de 13 ans sur place. Ils auraient ensuite pillé la maison pendant qu’ils tiraient sans cesse en l’air en blessant ainsi un autre enfant. Les auteurs auraient quitté la maison après avoir trouvé le chef de famille et après l’avoir tué en tirant cinq fois sur son corps. Ce cas constitue un seul exemple parmi de nombreux cas similaires enregistrés à Goma.

11. Le 21 décembre 2006, trois civils auraient été blessés, plusieurs autres battus et six arrêtés arbitrairement par un groupe d’environ 50 soldats de la 8ème Brigade intégrée de la 10ème Région militaire des FARDC dans le village de Kalanga-Mukungwe, à 62 km au sud-ouest de Bukavu. Les auteurs seraient arrivés dans le village pour prendre une mine d’or de propriété privée selon les ordres du Commandant de la 10ème Région militaire. La population locale, qui survit grâce à la mine, aurait protesté contre cet ordre et les soldats les auraient alors battus et arrêtés. Selon des sources locales, les officiers de la 10ème Région militaire des FARDC sont impliqués dans l’exploitation de la mine d’or puisqu’ils envoient des soldats afin de creuser de l’or pour leur profit personnel.

12. Des soldats de la 8ème Brigade intégrée des FARDC continueraient à harceler des civils et à voler de la nourriture dans les environs de Kanyola, à environ 55 km au sud-ouest de Bukavu. Selon une source locale, deux incidents graves, impliquant des tirs, ont été enregistrés dans les environs pendant les derniers jours de l’an 2006. Ainsi, dans la nuit du 27 décembre, un groupe de militaires des FARDC serait entré par effraction dans une maison privée à Cisaza blessant une femme et volant de l’argent et du bétail, à 54 km au sud-ouest de Bukavul. Le 31 décembre, trois militaires des FARDC auraient blessé un civil et volé sa vache à Mudurhi, à 56 km au sud-ouest de Bukavu. La DDH/ Bukavu essaiera de rencontrer et d’interviewer les victimes, dont tous les deux sont à présent à l’hôpital.

13. Une jeune fille de 13 ans aurait été violée par un militaire des FARDC à Mtoa, à 30 km à l’est de Kalemie, le 14 décembre 2006. Selon la mère de la victime, l’incident aurait eu lieu dans le village alors que la victime se rendait à une rivière à proximité. L’Auditeur militaire est au courant de cet incident et a promis d’ouvrir une enquête.

14. Deux militaires des FARDC seraient responsables du viol d’une femme enceinte de 3 mois le 14 décembre à Gemena, à 520 km au nord-est de Mbandaka. Selon des sources locales, la victime aurait été arrêtée par les auteurs quand elle rentrait des champs. Elle aurait été battue, emmenée à un endroit calme non loin du centre-ville, et ensuite violée.

15. Le 20 décembre 2006, un soldat de la 3ème Brigade intégrée des FARDC aurait été responsable du viol d’une femme à Birava, à 40 km au nord de Bukavu. L’auteur présumé a été arrêté et est à présent détenu dans le Bureau du Procureur militaire à Bukavu. Une enquête est en cours.

16. Le 17 novembre, une femme aurait été violée par des militaires des FARDC près de Kazoko, à environ 40 km au sud de Bunia. La victime était en route pour Kazoko avec une autre femme et un garçon quand elle aurait été interceptée par les auteurs. Alors que l’autre femme a réussi à s’enfuir, la victime aurait été frappée à la tête, aurait perdu connaissance et aurait ensuite été violée.

17. Le 21 Novembre 2006, deux femmes auraient été violées par deux militaires des FARDC à Sala, à environ 50 km au nord-est de Bunia, quand elles travaillaient dans les champs. Le commandant militaire basé à Mandro a été informé de l’incident et a arrêté les auteurs, mais les a relâché plus tard. Après que le commandant militaire ait été contacté de nouveau par les victimes, il a suggéré de résoudre le problème en obligeant les auteurs à payer 80 dollars américains à leurs victimes. Les victimes ont refusé cette offre et ont décidé de porter plainte officiellement auprès de l’Auditeur militaire.

18. Le 22 novembre 2006, une jeune fille de six ans aurait été violée par un militaire des forces navales des FARDC à Kalemie. Selon des sources locales, l’auteur a demandé à la victime de venir dans sa chambre parce qu’il voulait lui donner de l’argent pour faire quelques courses pour lui. Une fois la fille entrée, le militaire l’aurait attrapée, lui aurait mis un bout de tissu dans sa bouche pour l’empêcher de crier et l’aurait violée. L’auteur aurait fui après que la police judiciaire militaire ait ouvert une enquête.

19. Le 26 novembre 2006, un soldat de la 6ème Brigade intégrée des FARDC aurait été responsable du viol d’une femme dans la localité de Tala, près de Geti, à 40 km au sud de Bunia.

20. Le 28 novembre, une femme aurait été violée par un militaire des FARDC dans le village de Sinika, près de Geti, à 40 km au sud de Bunia. L’auteur aurait intercepté la victime, l’aurait forcée à porter ses bagages et lui aurait demandé de montrer sa carte d’électeur. Il l’accusait de faire partie d’un groupe de miliciens. Ensuite, la victime aurait été giflée et violée à plusieurs reprises.

21. Une femme affirme avoir été violée par deux militaires de la 109ème Brigade militaire des FARDC sous le commandement du Lt. Col. Mutupeke à Kagunga, à 10 km au nord d’Uvira, le 24 décembre 2006. La victime rentrait des champs quand les auteurs l’auraient arrêtée et l’auraient violée à tour de rôle.

22. Selon une source locale, un groupe d’hommes armés en uniforme des FARDC ont attaqué et pillé le village de Kakundu, à 19 km au nord de Bukavu, pendant la nuit du 5 au 6 novembre 2006. Les auteurs auraient pris des vêtements, de l’équipement de la cuisine et du bétail. Ils auraient également pillé le centre médical local, prenant tous les médicaments et d’autres biens.

23. Des militaires des FARDC continuent à harceler des civils et à leur extorquer de l’argent et de la nourriture d’une façon régulière sur tout le territoire de la RDC. Par exemple, le 11 novembre, deux civils ont été battus et un autre arbitrairement arrêté dans la localité de Budodo, à 53 km au sud-ouest de Bukavu, pour ne pas avoir donné de l’argent afin que les militaires puissent payer leur nourriture.

Des agents de la PNC continuent à tuer des civils au cours de vols à main armée

24. Dans la commune de Bipemba à Mbuji Mayi pendant la nuit du 17 au 18 décembre 2006, un autre vol à main armée a été commis par deux agents de la PNC au cours duquel un civil est mort et un autre a été gravement blessé. Selon des témoins, un groupe de neuf policiers armés aurait cambriolé une maison privée et un magasin adjacent appartenant aux victimes. Les auteurs ont tué sur place une femme qui habitait la maison et ont blessé gravement son mari, dont les deux jambes ont été blessées. Les auteurs ont ensuite pillé le magasin.

25. Un agent de la PNC aurait essayé de violer une femme à Murhima-Bulonge, à 60 km au sud-ouest de Bukavu, le 28 décembre 2006. L’auteur aurait forcé la femme à s’allonger par terre et, au cours de l’affrontement qui aurait suivi, la femme aurait été blessée à l’œil avec son propre parapluie. Elle aurait été sauvée par deux passants qui l’auraient entendu crier. La victime suit à présent un traitement médical. Selon des sources locales, en dépit de la plainte qui a été déposée auprès de la police à Burhale, à 57 km au sud-ouest de Bukavu, aucune action n’a été menée jusqu’à aujourd’hui contre l’auteur.

D’autres services de sécurité sont impliqués dans des violations de droits de l’Homme

26. Selon une source locale, le Secrétaire général d’une association des jeunes a été enlevé par des militaires de la Garde Républicaine à Kinshasa le 9 décembre. L’incident aurait eu lieu lorsque la victime est arrivée à la gare centrale qui était le point de départ pour une manifestation organisée afin de féliciter l’ancien Vice-président Jean-Pierre Bemba pour avoir accepté les résultats des élections présidentielles.

27. Une femme aurait été violée le 11 décembre par le chef du bureau de l’ANR à Butuza, à 53 km au sud-ouest de Bukavu. L’auteur aurait également menacé la famille de la victime pour les décourager de porter plainte.

28. Le 14 décembre, deux civils auraient été arrêtés arbitrairement et soumis à un traitement cruel, inhumain et dégradant par des agents de l’ANR à Miabi, à environ 30 km au sud-ouest de Mbuji-Mayi. Ils auraient été arrêtés pour « ne pas respecter les autorités » et auraient été battus gravement pendant leur détention et leurs interrogatoires. Les victimes auraient été relâchées le jour suivant suite à une décision du Gouverneur de la province.

Des civils continuent à être enlevés et violés par des groupes armés dans le Sud-Kivu et en Ituri

29. Un groupe de Hutu rwandais armés aurait attaqué et pillé les villages de Fumia, Mutoyi, Mulonge et Kaundju, à 80, 83 et 87 km respectivement au nord-ouest de Bukavu, pendant la nuit du 30 novembre au premier décembre 2006. Ils auraient enlevé huit civils et les auraient forcés à transporter le butin. Toutes les personnes enlevées ont été libérées le jour suivant.

30. Le 23 novembre 2006, une femme aurait été violée par des combattants du FRPI près de la colline de Arukiye, à 7 km de Geti et à 40 km au sud de Bunia. La victime aurait été interceptée, battue et ensuite violée.

Les centres de détention

31. Trois détenus sont morts dans la prison centrale de Bunia pour cause d’insuffisance de nourriture et de soins médicaux. Au moins 11 détenus sont actuellement sérieusement malades et souffrent de malnutrition.

32. Deux militaires condamnés à prison à perpétuité dans le procès de Songo Mboyo et quatre autres détenus se sont évadés d’un cachot militaire à Mbandaka pendant la nuit du 3 au 4 décembre 2006. Les deux hommes ont été capturés par la suite.

33. A Kindu, 84 des 90 détenus de la prison centrale ont réussi à s’enfuir le 24 décembre 2006. Dix des évadés ont été repris par la police plus tard. Cinq gardiens de la prison ont été arrêtés pour avoir collaboré, selon les allégations, avec les prisonniers et sont à présent détenus dans le Bureau de l’Auditeur militaire.

34. Deux évasions ont été enregistrées à Kalemie. Pendant la nuit du 24 au 25 décembre, 14 détenus se sont évadés de la prison centrale de Kalemie. Les détails de cette évasion ne sont pas clairs. Sept autres détenus se sont évadés des cachots du Bureau de l’Auditeur militaire à Kalemie le même jour en profitant du fait que le gardien des cachots était sous l’influence de l’alcool.

morts après élections - Kabila contre Bemba

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ENCORE DES VICTIMES – POURQUOI CONTINUER A MENACER DE MORT LES PASTEURS.

 

Au moment oû nous sommes inquiets, et sans information sure à propos de la famille du Dr Romuald KUSONIKA Kalala, pasteur  chargé de la coordination des écoles bibliques et de la formation au sein de Soni Restoration Ministries International, en sigle SRMI, nous voici  concernés par la situation du Pasteur Timothée MOSHI SOMBO, un autre coordinateur de SRMI, qui actuellement est sensé diriger les activités au sein de SRMI, en ''absence du Dr SONI MUKWENZE Emmanuel, présentement aux USA, et de son coordinateur des écoles et formation, le Pasteur Romuald KUSONIKA Kalala, absent également du pays.

 

En effet, depuis environ un mois et demi, des hommes en uniforme ne cessent de traquer le Pasteur Timothée Moshi, coordinateur des églises au sein de SRMI, le menaçant de mort, à  l'église tout comme à son domicile, et cela  même aux heures très tardives. Selon les informations à notre possession, ce dernier serait sorti du pays pour sa sécurité, après avoir échappé miraculeusement au pire.

Nous avons constaté que depuis l’assassinat du Pasteur Hermas MUPOLO, lequel était aussi cadre à la CONADER, mort survenu le 08 avril 2005, à la station ELF de Binza Delvaux, le Dr SONI MUKWENZE Emmanuel, ainsi que ses collaborateurs en vue sont sujets de tracasseries policières et de services de sécurité. Comment les dignes fils du pays seraient-ils à mesure de promouvoir les activités, si de telles situations continuent à se reproduire, n'est-ce pas la  une façon de freiner le développement du pays?

A cela nous devons ajouter que certains pasteurs qui refuser de se ralier à un quelconque camp et de soutenir la candidature de Joseph Kabila sont toujours malvus. N'est-pas un droit du citoyen et surtout quant on est homme de Dieu, il fallait être neutre pour ne pas influencer les membres de l'église?

ADSAD ne saurait accepter de tels comportements de la part de ceux  qui sont sensés garantir la sécurité des biens et personnes.

 

Nous attendons toujours la libération de Pasteur KUTINO FERNANDO.

 

ADSAD TEAM

 

Rapport mensuel des droits de l'Homme: septembre 2006 - Violations flagrantes - Division de Droits de l'Homme / MONUC - 10 oct. 06 - 15h39

 

Résumé: Plus de 800 personnes arrêtées par la PNC à Kinshasa; des nouveaux cas de violations des droits de l’Homme commises par les services de sécurité, y compris la garde républicaine, rapportés à travers la RDC; environ quarante maisons brûlées et trois civils arrêtés par les FARDC à Mbandaka; la police est accusée d’avoir commis de nombreux cas de viols à Mbuji Mayi et au Nord Kivu; un soldat des FARDC condamné pour viol et tentative de meurtre; la LRA active en Ituri.


Incidents principaux

1. A Kinshasa, plus de 800 personnes vivant dans la rue, dont 181 enfants, communément appelés «Shégués», ont été arrêtées par la police au cours d’une rafle tôt le matin du 21 septembre. Elles ont été conduites à et détenues à l’IPKIN. Ces arrestations sont intervenues suite aux manifestations organisées le 19 septembre par les militants du MLC aidés en cela par «des personnes vivant dans la rue» en raison de la destruction des chaînes de télévision et de radio appartenant au vice-président Bemba.

Le 22 septembre, suite à l’intervention d’institutions internationales et organisations humanitaires, les détenus mineurs ont été libérés, puis transférés dans des centres ouverts dans l’attente d’une éventuelle réunification familiale. Jusqu’au 29 septembre, 250 adultes restaient encore en détention. Ces personnes sont considérées comme de vraies “Shégués”, puisqu’elles n’auraient aucun domicile fixe.

2. Environ 40 maisons ont été incendiées et trois civils arrêtés par une trentaine de PM des FARDC de la 3ème région militaire suivant les ordres de leur commandant près de Bontuku à Mbandaka, le 14 septembre. Ces civils, tous membres de la même famille, ont été arrêtés au motif qu’ils se sont opposés à la destruction de leurs maisons.

Les victimes affirment avoir été régulièrement soumises à des traitements cruels, inhumains et dégradants et ont vu leurs maisons pillées par les militaires. Le commandant de la 3ème région militaire a confirmé avoir ordonné la destruction des maisons aux alentours, car les civils ont refusé de déguerpir cette zone considérée comme zone militaire. La DDH/Mbandaka va suivre le cas.


Violations liées aux élections

3. A Kinshasa, un membre de l’UDPS aurait été kidnappé par un groupe de quatre hommes armés. Ses ravisseurs lui auraient dit que le soutien apporté par l’UDPS à Jean Pierre Bemba lors du premier tour des élections présidentielles a coûté des voix à «leur président», et qu’il devrait «disparaître» pour cette raison. La victime affirme avoir été interrogée dans une résidence privée à l’UPN, dans la banlieue de Kinshasa, relativement aux activités et projets politiques de l’UDPS.

La victime a été par la suite sévèrement battue, puis abandonnée sur l’Avenue des Huileries le lendemain à 11 heures. La victime prétend que ses habits ont été déchirés par ses agresseurs qui lui ont également volé son téléphone portable. Il les soupçonne d’être des membres de la garde républicaine.

4. Le 28 août, des soldats de la garde républicaine auraient kidnappé quatre membres d’une même famille dans les environs de Ngaliema, à Kinshasa. Les quatre personnes auraient été conduites manu militari au Palais de Marbre où elles auraient été déshabillées et battues à l’aide de crosses de fusils, de chicottes, de ceintures et de branches d’arbres.

L’une des quatre personnes soutient être l’époux d’une femme qui aurait été tuée par un élément de la garde républicaine lors des récents évènements de Kinshasa. Cette famille a indiqué que les soldats les ont accusés de receler des soldats de Bemba et de planifier des troubles à l’hôtel Okapi.

5. A Kananga, un candidat du PANU aux élections législatives (nationales) a reçu des menaces anonymes et des visites suspectes en raison de son appartenance politique. La victime affirme que Evariste Boshab du PPRD, qui a déjà été accusé de menaces envers ses adversaires politiques dans la région, est à l’origine de coups de téléphone menaçants et de visites suspectes à sa résidence de la part de personnes proches de ce dernier.

Boshab le considérerait comme l’un des instigateurs des troubles survenus à Mweka le 30 juillet 2006 et comme celui qui a fait pression sur le Procureur afin que ce dernier décerne des mandats contre trois candidats locaux.

6. A Mbandaka, un candidat indépendant (députation provinciale) a été arrêté par des agents de la PNC dans la nuit du 2 septembre, après qu’il a affirmé sur une radio locale que le Chef de l’Etat aurait planifié d’envoyer de la nourriture empoisonnée à Mbandaka. Il était libéré le jour suivant.

7. Le 19 septembre, un adjudant des FARDC, membre de la garde rapprochée du vice-président Bemba, aurait été arrêté arbitrairement par des agents des services spéciaux et gardé à vue à Kin-Mazière. Selon la victime, elle a subi des traitements cruels, inhumains et dégradants avant son transfert à la prison centrale de Kinshasa (CPRK), le jour suivant.

8. Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2006, deux femmes auraient été violées et un homme kidnappé et torturé à Kinshasa par sept agents de la garde républicaine. Cet homme et ces deux filles âgées d’une vingtaine d’années auraient été enlevés et transportés en voiture par ce groupe de militaires, aux alentours de 23 heures. La victime a déclaré que ses ravisseurs ont cherché à découvrir le lieu de résidence du pasteur de son église, qui aurait soutenu le MLC après que sa candidature aux présidentielles a été invalidée.

Selon la victime, ils ont été transportés en dehors de Kisangani (sur la route de l’aéroport) où ses deux filles ont été violées. Suite au refus de la victime d’indiquer le domicile de son pasteur, celle-ci aurait été battue à l’aide de crosses de fusil jusqu'à 5 heures du matin, moment auquel les soldats quittaient les lieux emmenant avec eux les deux filles. Les soldats l’auraient averti que révéler son histoire à la télévision pourrait lui coûter la vie. La victime porte des contusions et des marques attestant ses allégations.

9. Dix civils, dont 6 femmes, ont été arrêtés par la PNC au cours d’une manifestation pacifique dispersée par la police, faisant usage en la circonstance de grenade lacrymogène, à Tshikapa, à 300 km à l’ouest de Kananga, le 11 septembre 2006. La manifestation avait été organisée par le parti politique "Solidarité pour le Développement National" pour protester contre les résultats provisoires du scrutin parlementaire annoncés par la CEI, le 7 septembre.

Selon le maire, il a donné l’ordre de mettre fin à cette manifestation non seulement parce qu’il n’avait pas été informé préalablement; mais également, parce que le comportement des manifestants présentait des risques de troubles graves à l’ordre public. Les organisateurs soutiennent en revanche avoir dûment informé l’administration locale 48 heures avant la tenue de la manifestation, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. Les victimes ont été gardées à vue pendant 24 heures, avant d’être libérées.

10. Le 3 septembre, des soldats armés des FARDC auraient extorqué des cartes d’électeurs à au moins 15 civils à Bugobe, dans le territoire de Kabare, à 10 km au nord de Bukavu.

11. Fin septembre 2006, des soldats des FARDC auraient retiré des cartes d’électeurs appartenant à des habitants des villages de Cirogole, Mwendo et Bushale (à 24 km au nord-ouest de Bukavu), argument tiré de ce que ceux-ci voulaient savoir le nombre de personnes enrôlées. Ces cartes ont été par la suite restituées à leurs propriétaires.

Les soldats des FARDC continuent d’être les auteurs principaux des violations des droits de l’Homme dans les deux Kivu, en Ituri et au Katanga

12. Dans la nuit du 26 au 27 août, un civil a été tué par un officier PM de la 11ème brigade des FARDC à Keshero (Goma). Les circonstances du meurtre demeurent inconnues. Le S2 en charge de l’enquête a conclut à un homicide involontaire.

13. Au cours d’un échange de coups de feu intervenu le 5 septembre entre les soldats de la 91ème brigade intégrée et ceux de la 83ème non intégrée, un garçon de 9 ans (en sus d’un soldat) a été tué et trois autres civils ont été blessés par armes à feu près de Kelengera, dans le territoire de Rutshuru, environ à 58 km au nord de Goma.

14. Le 21 septembre, dans le village de Kazuza, dans le territoire de Mwenga, au sud-est de Bukavu, un civil serait décédé des suites de ses blessures après avoir été sérieusement battu par un soldat de la 122ème brigade des FARDC, aidé en cela par un soldat démobilisé.

15. Le 3 septembre, un agent de l’ANR serait mort des suites de traitements cruels, inhumains et dégradants dont il a été l’objet de la part de 3 soldats des FARDC à Mutara, à 60 km au nord-est de Beni. La victime était en mission avec l’un de ses collègues, lorsqu’ils ont été interceptés par ces militaires qui les ont forcés à transporter des objets très lourds. L’une des victimes est morte trois heures après avoir perdu connaissance. Les présumés auteurs, le Lieutenant Almoa et ses 2 gardes du corps appartiennent au 21ème bataillon de la 2ème brigade des FARDC.

16. Dans la nuit du 11 au 12 septembre, un civil aurait été blessé et un autre aurait été battu par un groupe de soldats armés qui ont attaqué et pillé le village de Losa près de Mbau, à environ 10 km au nord de Beni. Les présumés auteurs appartiendraient à la 89ème brigade (ex-APC) en attente de brassage sur le site temporaire de Ngite, près de Mavivi, à 8 km au nord de Beni.

17. Dans la nuit du 4 au 5 septembre, deux civils ont été blessés par un groupe de soldats armés entrés par effraction dans leur domicile à Chirogole, à 24 km au nord de Bukavu. Les auteurs se sont enfuis après avoir pillé ledit domicile.

18. Le 26 septembre, deux civils, dont un enfant de 10 ans, ont été sérieusement battus et blessés par arme blanche (machette) par un soldat de la 100ème brigade des FARDC près de Kibirizi, à environ 62 km au nord-est d’Uvira. Selon les victimes, elles auraient été blessées quand elles se sont opposées au vol de leur machette.

19. L’administrateur local de Ndrele, à 30 km au sud de Mahagi (en Ituri), affirme avoir été victime d’une tentative d’exécution sommaire commise par le garde du corps d’un commandant local des FARDC, Bolasege, le 20 août 2006. La victime indique avoir été attaquée à son domicile par l’auteur des faits qui a tiré 6 coups de feu dans sa direction. Les raisons de l’attaque demeurent inconnues

20. Le 12 septembre, le directeur adjoint de l’ANR d’Uvira a été arrêté arbitrairement et torturé sur les ordres du commandant de le 109ème brigade, le Lt. Colonel Mutupeke. La victime aurait reçu 47 coups de fouet dans le but de la contraindre à avouer avoir incité à la haine tribale. La victime, membre du groupe ethnique Bafuliru, a été libérée le 14 septembre.

Le Lt. Colonel Mutupeke ordonne régulièrement l’arrestation aussi bien des civils que des membres des forces de l’ordre sur une base ethnique. Le Lt. Colonel Mutupeke et l’adjoint S2 de la 109ème brigade, le lieutenant Modeste Kitunda, sont tous deux de l’ethnie Bembé.

21. Un civil soutient avoir été arbitrairement arrêté, illégalement détenu et torturé sur les ordres du commandant de la 109ème brigade des FARDC, le Lt. Colonel Mutupeke. La victime aurait reçu plusieurs coups de fouet à maintes occasions afin de lui soutirer des informations.

22. Un civil (âgé de 18 ans) affirme avoir été arrêté, battu et torturé par des soldats du 109ème BM à Kahorohoro, à 7 km à l’est d’Uvira, dans la nuit du 1er septembre. La victime aurait reçu 60 coups de chicottes dans le but de lui extorquer des aveux.

23. Le 24 septembre à Goma, quatre civils, dont un chef de cellule, auraient été arbitrairement arrêtés et sérieusement battus par des soldats de la 11ème brigade intégrée des FARDC. Les trois civils auraient été arrêtés à un barrage militaire, puis détenus dans une cellule où ils auraient été fouettés. Le chef de cellule aurait été maltraité et blessé lorsqu’il il a tenté d’intercéder en faveur des trois autres victimes. Ils ont tous été libérés suite à l’intervention de la population.

24. En Ituri, de nombreux cas de violations du droit à l’intégrité physique commises par des soldats des FARDC ont été enregistrés. Le 3 septembre, un civil suspecté d’être un milicien a été arrêté par des militaires à Joo, à 50 km au nord-est de Bunia, puis transféré à Kafe, à 65 km au nord-est de Bunia (sur les rives du lac Albert), où il a été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants (des soldats ont appliqué du plastic sur sa main, puis y ont mis le feu). Il a été détenu illégalement pendant 11 jours.

Un autre civil qui était détenu dans la même cellule que la victime aurait réussi à s’échapper. Le présumé auteur est le commandant Eddy Kasabia des FARDC qui a été immédiatement redéployé de Kafe à Bunia suite à cet incident. Le 16 septembre, le sous-lieutenant Masumbuku, commandant de compagnie du Mont Zeu, à 100 km au nord-est de Mahagi, a ordonné à un caporal de battre l’épouse d’un autre militaire.

25. Le 14 septembre, trois civils, deux femmes et un homme, auraient été arrêtés par des soldats suite à une dispute à Torges, près du lac Albert, dans le territoire de Djugu, à 85 km au nord-est de Bunia. L’homme a été libéré après avoir payé US$ 10. Cependant, les femmes seraient restées plus longtemps en détention et auraient été violées par deux soldats.

Le 19 septembre, une autre femme aurait été violée à Nyakunde, dans la collectivité de Andisoma, dans le territoire de Irumu, par un soldat des FARDC. Le présumé auteur appartient à la 811ème brigade basée à Marabo et placée sous le commandement de Sadam.

26. Le 11 août 2006, un groupe de 21 civils aurait été enlevés dans la localité d’Avegi, près de Tchei, par des soldats des FARDC qui les ont contraints à transporter leurs bagages. L’une des victimes aurait été abattue tandis qu’une autre réussissait à s’échapper. Le 8 septembre, les soldats ont fait mouvement avec les autres victimes en direction de Rwampara, base de la 4ème brigade intégrée.

27. Le 16 septembre, une famille de 9 déplacés aurait été enlevée dans le village de Sorodo par des soldats (vraisemblablement de la 1ère brigade intégrée) qui les ont ensuite conduits à Olongba, à 75 km de Bunia, dans la collectivité de Walendu Bindi. Nul ne sait où les victimes se trouvent.

28. Le 10 septembre, deux mineures (sœurs jumelles) auraient été enlevées, puis violées par des soldats de la 62ème brigade des FARDC à Pweto, à 300 km au sud de Kalemie. Les victimes auraient été retenues captives par un capitaine des FARDC durant 2 jours, puis libérées. Cet enlèvement suivi de viol pourrait être lié à des pratiques fétichistes.

29. Une jeune fille de 13 ans aurait été violée par un soldat des FARDC à Kyavisogho, à 65 km au sud-ouest de Beni, le 30 août 2006. La victime se rendait chez ses parents lorsqu’elle a été interceptée, puis conduite dans une maison voisine où elle aurait été violée.

30. Deux civils ont affirmé avoir été arrêtés et sérieusement battus (jusqu’à perdre conscience) par des éléments de la 2ème brigade des FARDC, respectivement les 11 et 13 septembre dans le village de Kikuvo, près de Butembo. Le motif de cette arrestation arbitraire, suivie de traitements inhumains, cruels et dégradants demeure inconnu.

31. Trois civils ont déclaré avoir été sérieusement battus et détenus illégalement le 2 septembre à Nindja, à 75 km au nord-ouest de Bukavu, suite à leur refus de transporter les bagages appartenant à des soldats du 14ème bataillon des FARDC. Ces personnes ont soutenu avoir payé US$ 150 pour être libérées.

32. Une femme affirme avoir été intimidée et menacée de mort par des éléments du général Dunia à Baraka, à 91 km au sud d’Uvira, le 21 septembre. Les présumés auteurs seraient entrés par effraction dans son domicile, auraient jeté ses biens et sérieusement blessé son époux pour des raisons inconnues. L’incident serait lié à un conflit foncier.

33. Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2006, plusieurs civils auraient été enlevés par un groupe d’hommes en uniforme -vraisemblablement des soldats des FARDC- dans la localité de Lushebere, dans le territoire de Kalehe au nord de Bukavu. Ces hommes en uniforme ont attaqué le village qu’ils ont pillé, puis ont obligé des villageois à transporter leur butin. Les victimes ont été par la suite libérées.

34. Le 3 septembre à Beni, un employé de maison (travaillant pour des agents de la MONUC) arrêté à la suite d’un accident de la circulation, aurait été ligoté, forcé à se coucher par terre, puis flagellé. La victime aurait été interrogée sur le fait de savoir si ses employés détiennent des armes chez eux. Son téléphone portable, des numéraires et d’autres biens lui appartenant auraient été emportés.

35. Le 12 septembre, le coordonnateur d’un comité local d’assistance aux déplacés à Eringeti, à 65 km au nord-est de Beni, aurait été arrêté arbitrairement par des soldats des FARDC. La victime procédait à un recensement dans le village de Chuchubo, à 15 km à l’est d’Eringeti- lorsqu’elle a été arrêtée et conduite au poste de l’ANR d’Eringeti. Elle a été accusée d’avoir pris des photos d’un camp militaire et d’avoir interviewé des épouses de militaires.

36. Mi-septembre 2006, environ 100 civils ont fui les villages de Mbua et Ngadi (territoire de Beni, Nord Kivu) suite au harcèlement persistant de soldats de la 89ème brigade (ex-APC) en attente de brassage.


La majorité des violations des droits de l’Homme commises par la PNC durant le mois en revue constituent des violences sexuelles envers des femmes et des filles, notamment en Equateur, au Kasaï Oriental et au Nord Kivu

37. Un civil aurait été tué par un agent de la police d’investigation criminelle à Tubondo, dans la commune de Kanshi à Mbuji Mayi, le 4 septembre. La victime aurait été tuée à bout pourtant après qu’elle a refusé de donner de l’argent à ce policier. Ce dernier est en fuite.

38. Trois membres d’une ONG locale de lutte contre les violences sexuelles auraient été arrêtés par des agents de la PNC à Bongandanga, à environ 530 km au nord-est de Mbandaka. Ils ont été arrêtés sur ordre du commandant du district de Mongala et emmenés à Lisala, à 100 km au nord-est de Bongandanga.

Les victimes ont été arrêtées pour avoir dénoncé des violations des droits de l’Homme (viols massifs) commises par des agents de la PNC dans la localité de Bolongo, dans le territoire de Bongandanga les 5 et 6 août 2006. Les ont été relâchées le 12 septembre.

39. À Mbuji Mayi, une jeune fille de 15 ans aurait été violée par un officier de la PNC le 9 septembre 2006. La victime se rendait à son lieu de travail lorsqu’un policier en poste à l’office de contrôle congolais (OCC) a pointé son arme et menacé de la tuer si elle se mettait à crier. L’auteur présumé lui a demandé de l’argent, mais comme elle n’en avait pas, il l’a violée.

40. Le 13 septembre à Mbuji Mayi, une femme gardée à vue aurait été violée par un groupe de policiers. Elle a été arrêtée le jour où la police intervenant pour rétablir l’ordre suite à une bagarre dans un bar local, a procédé à l’arrestation de toutes les parties impliquées. La victime a été menottée et ligotée. Quatre agents de police ont ensuite déchiré ses vêtements et l’ont violée. La victime aurait déposé une plainte et suit actuellement des soins médicaux.

41. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, une jeune fille de 14 ans aurait été violée par un agent de la PNC alors qu’elle était en garde à vue dans l’amigo de la police de Béni. L’auteur présumé du viol a été arrêté, mais, nie les faits.

42. Deux cas de viols commis le 1er septembre par des officiers de la PNC ont été rapportés au Nord Kivu. Une jeune fille de 13 ans aurait été violée par un adjudant chef dans le village de Nyabiondo, dans le territoire de Masisi, à environ 100km au nord-ouest de Goma. Dans des circonstances similaires, une autre jeune fille âgée de 11 ans aurait été violée par un capitaine de police dans une résidence privée, située entre les villages de Kaandja et Burange, dans le territoire de Masisi, à environ 107 km au nord-ouest de Goma.

43. Deux cas de vols à mains armées qui auraient été commis par des officiers de la PNC ont été enregistrés à Mbuji Mayi. Trois policiers seraient les auteurs de traitements cruels, inhumains et dégradants à l’encontre d’un civil et d’un vol à mains armées commis à Kabwatshia, près de Mbuji Mayi, le 3 septembre 2006. Ils seraient entrés par effraction au domicile de la victime pour lui soustraire des numéraires. Ils l’auraient menacée et sérieusement battue à laide d’une barre en métal.

La victime a affirmé que les auteurs ont également violé sa femme. Dans un incident similaire, à Bipemba, près de Mbuji Mayi, trois policiers armés ont cambriolé la résidence privée d’un imam, le 8 septembre 2006.

44. Quatre civils ont fait l’objet de traitements cruels, inhumains et dégradants et d’extorsion de la part de policiers dans la localité de Luvua-Kiyambi, à 95 km de Manono, le 6 août. Les victimes ont été arrêtées dans le cadre de l’exécution d’un mandat de comparution (jugé illégal), ligotées, fouettées puis exposées au soleil pendant 4 jours dans l’enceinte de la résidence privée du chef de la police. Des numéraires et des objets de valeur leur appartenant auraient été emportés.

45. Un civil a déclaré avoir été arrêté arbitrairement et battu à plusieurs reprises avec un bâton, le 4 septembre, et ce, suivant les ordres du commandant de la PNC locale à Luberizi, à 47 km au nord d’Uvira. La victime aurait été arrêtée pour n’avoir pas acheté de vêtements pour sa prétendue épouse. Elle a ensuite été libérée après le versement d’une certaine somme d’argent.


Des éléments de la garde républicaine ont commis des atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique au Katanga

46. Le 30 août 2006, un soldat du 683ème bataillon des FARDC de Nyunzi, à 180 km à l’ouest de Kalemie, a été exécuté sommairement par la Garde Républicaine et au moins 9 personnes, y compris 7 civils, ont été enlevées et ont fait l’objet de traitements cruels, inhumains et dégradants par des soldats de la GR alors qu’elles se rendaient en train à Lubumbashi. Trois des victimes, dont une jeune fille de 14 ans qui a été violée pendant sa captivité, ont été jetées du train. Quatre personnes sont toujours portées disparues.


Une autorité administrative impliquée dans un cas de violation des droits de l’Homme

47. Le 13 septembre, une jeune fille de 13 ans a été violée par l’administrateur du territoire de Demba dans sa résidence privée située à Demba, à 60 km au nord de Kananga. L’auteur présumé a invité la victime chez lui, a bouclé la porte, puis l’a violée. Après l’incident, l’auteur du viol a proposé un règlement à l’amiable en offrant à la famille US$ 100, une chèvre et une maison.


Des civils continuent d’être tués et à être l’objet de violences sexuelles de la part des groupes armés

48. Dans la nuit du 6 au 7 septembre, des combattants des FDLR auraient mené plusieurs attaques contre des civils. Un civil aurait été tué et deux autres enlevés lors d’une attaque lancée par 4 combattants FDLR dans le village de Bitale, situé à 65 km au nord-ouest de Bukavu.

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, deux femmes et une fille auraient été enlevées et emmenées dans une forêt avoisinante lors d’une attaque des FDLR sur les villages de Nlunga, Kahia et Nzibira, à environ 85 km au sud de Bukavu. Un troupeau de vaches a aussi été emporté par les assaillants, malgré l’intervention des soldats des FARDC.

49. Des cas d’attaques, d’exécutions sommaires et de traitements cruels, inhumains et dégradants commis par des combattants de la LRA (l’Armée de Résistance du Seigneur) ont été rapportés dans la zone de Ameri à 30 km d’Aru, en Ituri. Le 30 août, des habitants du village d’Aluru, à 37 km au sud-est d’Aru, ont été attaqués par un groupe de 51 hommes armés de la LRA.

Pendant l’attaque, une femme a été sérieusement battue par 2 soldats. Le 2 septembre, le meurtre d’un civil par un groupe d’hommes armés identifiés comme étant des membres de la LRA à Ovosuni, à 23 km au sud d’Aru, a été également rapporté.

50. Le 1er septembre, la population civile de Lomena, à environ 277 km de Kindu, ont été contraintes d’abandonner leurs maisons suite à l’attaque et au pillage de leur village par la milice Rahiya Mutumboki. L’attaque aurait apparemment été lancée en représailles contre l’accident ayant causé la mort de 2 femmes. Aucune victime civile n’est à déplorer.

51. Des cas d’attaques, d’atteinte à la vie et de pillages ont été commis par des commandants Hutus Rwandais dans le Sud Kivu. Les assaillants ont attaqué et pillé le village de Bitale, situé à 65 km au nord-ouest de Bukavu, les 14, 15 et 16 septembre. Au cours de l’une de ces attaques, les auteurs présumés sont entrés par effraction et ont tué un enfant par balles.

52. En août 2006, plusieurs cas de viols ont été commis par les combattants Hutus rwandais dans le village de Nindja, situé à 85 km au sud-ouest de Bukavu. Dans la nuit du 7 août, une femme aurait été violée par un groupe de 10 combattants, tandis que son époux a été blessé par machette. Les assaillants sont entrés par effraction dans le domicile des victimes, ont attaché et frappé le mari à plusieurs reprises, le blessant au bras gauche.

La femme a été violée en présence de sa famille, puis emmenée de force dans la forêt pour servir d’ «épouse» à l’un des assaillants. Elle a réussi à s’échapper le 28 août. Une autre femme du même village aurait été violée par 3 Hutus rwandais le 17 août et a vu sa maison pillée. Le 24 août, une femme (âgée de 20 ans) a été attaquée et violée par des Hutus rwandais, alors qu’elle travaillait dans un champ près de Nindja. Les auteurs ont immédiatement disparu dans la forêt après l’incident.

53. Dans la nuit du 12 au 13 août, quinze civils (4 femmes et 11 hommes) auraient été enlevés et auraient subi des traitements cruels, inhumains et dégradants de la part d’un groupe de 20 Hutu Rwandais, connus sous le pseudonyme de «Rastas», dans le village de Nyamuziba/Irhegabarhonyi, à 82 km au sud-ouest de Bukavu.

Les 4 femmes enlevées, dont 2 mineures, affirment avoir été utilisées comme esclaves sexuelles. Les mineures ont été libérées suite au paiement par leurs parents d’une rançon de US$ 100. Les deux autres femmes étaient également libérées. Personne ne sait ou se trouvent les hommes.

54. Le 16 septembre, trois civils et deux soldats démobilisés ont été enlevés lors de l’attaque et du pillage du village de Tsumb dans le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, par 200 miliciens du MRC. Cet incident a entraîné le déplacement de la population. Les personnes enlevées auraient été libérées.


Administration de la Justice/lutte contre l’impunité

55. Le 11 septembre, le sergent Kipande Kasokota des FARDC a été condamné à 20 ans de servitude pénale principale par le tribunal militaire de Kalemie pour des faits de viol, agression et tentative de meurtre sur une mineure. Il a en outre été condamné à payer la somme de US$5000 à titre de dommages-intérêts et 10000 FC de frais de justice. Le condamné sera écarté des effectifs des FARDC.

Crash d’un drone de l’Eufor, une dame et son fils tués - 3/10/06

*Ce crash est le deuxième des avions sans pilote de l’Eufor. *Lors du premier crash à Kingabwa, la thèse d’une attaque par balle avait justifié ce crash. *Aucune décision n’a été prise et aucun coupable dénoncé. *L’impunité serait-il à la base de ce deuxième crash ? *Dans l’opinion, faute d’information vraie et en attendant les résultats de l’enquête, la rumeur a pris le dessus. *L’Eufor qui avait amélioré son image auprès de la population, doit encore mettre les bouchées doubles pour justifier ce deuxième accident avec mort d’homme.

Emotion et larmes hier sur le Boulevard Triomphal à proximité du stade des Martyrs de la Pentecôte. Un drone, avion sans pilote de la Force européenne en Rd Congo a fait un crash. Une dame qui revenait du marché, portant un enfant au dos, a été tuée sur le champ. L’enfant a subi le même sort que sa mère. Ils ont été fauchés par une hélice. Deux autres garçons de passage sur le boulevard ont été blessés. Il était 14 heures lorsque l’accident est survenu.

A cette heure, le boulevard Triomphal n’est pas très fréquenté. Dans le cas contraire, on aurait connu pire. Il sied de préciser que ce petit avion de reconnaissance militaire qui vole sans pilote à bord est télécommandé à partir du quartier général sis à l’aéroport de Ndolo. Selon les témoins de ce drame, le petit appareil a failli tomber sur les habitations. Il a frôlé les arbres qui longent l’avenue Kasa-Vubu au niveau de Pont Cabu avant d’achever sa course sur le Boulevard Triomphal, non loin de l’entrée principale du stade des Martyrs de la Pentecôte.

Aussitôt après, une foule compacte envahit le lieu de l’accident. Première attraction, le corps de la dame et de son bébé. A côté, son sachet de la ménagère qui baignait dans son sang. Piment, aubergine et autre légume, voilà ce que la dame est allée chercher au marché sur la route duquel la mort l’a surprise. Le regard des badauds s’arrêtait également sur les babouches de l’infortunée. Une mère d’une famille modeste pour ne pas dire pauvre qui doit laisser une nombreuse progéniture.

Plus loin, en feu les débris de l’appareil accidenté. Les flammes ont vite eu raison de ces débris qui brûlaient comme des feuilles sèches. Aucun secours en terme de véhicule anti-incendie. Même si on le pouvait, serait-il arrivé à temps compte tenu du feu que l’avion était petit et ne pouvait longtemps résister aux flammes en attendant du secours ?

Les éléments de la Police nationale congolaise que nous avons rencontrés sur le lieu du crash se sont refusés de tout commentaire. Aussitôt informé du crash de ce drone, le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Kimbembe Mazunga, s’est rendu immédiatement sur le lieu du drame où il a constaté les dégâts matériels et humains causés. « Nous avons été alerté par la police routière en poste au Pont Cabu et au Stade des Martyrs de la Pentecôte. C’est pour la deuxième fois qu’un drone s’écrase à Kinshasa, la première fois c’était à Kingabwa à Limete », a rappelé le gouverneur tout en indiquant que le bilan sera connu lorsque les éléments de l’enquête qui a été immédiatement ouverte seront constitués.

Le service d’incendie s’était toutefois rendu sur les lieux. Le colonel commis à cette tâche a indiqué qu’il a fait trois minutes pour atteindre le lieu du crash et il a trouvé le drone qui brûlait. « Nous avons éteint le feu pendant que le drone était presque entièrement consumé par le feu. Nous avons fait notre travail. Souvent, on nous accuse d’arriver toujours en retard sur les lieux du sinistre. Ce n’est pas de notre faute. Si on nous appelle à temps, nous arrivons à temps. Si on nous appelle en retard, c’est normal que nous arrivions en retard. Il faut également tenir compte de l’état des infrastructures routières avec des embouteillages qui rendent la circulation difficile dans la ville », s’est-il plaint.

Les deux blessés ont été acheminés dans le centre de santé le plus proche alors que le corps de la femme décédée a été transféré à la morgue de l’Hôpital général de Kinshasa. L’Eufor a décidé de prendre en charge et les funérailles et les soins des blessés. Mais, à notre avis, l’Eufor doit prendre en charge la gestion de l’opinion en rapport avec ce crash. Kinshasa est une ville où le rationnel prend la forme de mensonge au profit de la rumeur fantaisiste récupérée politiquement, sinon fomentée par les politiques.

Une fois, un incendie s’était déclaré dans le bivouac des soldats des JP Bemba. On a cherché le coupable du côté de l’Eufor. On a même inventé la version selon laquelle l’incendie se serait déclaré au moment où un avion de l’Eufor, un drone venait de survoler ce bivouac. Avec le deuxième crash, la rumeur a pris le dessus pour politiser l’accident. On raconte que l’avion était destiné à aller bombarder le siège du Mlc situé en face du stade des Martyrs de la Pentecôte, de l’autre côté du boulevard Triomphal. Mais, poursuit la rumeur, Dieu a déjoué la manœuvre pour écraser l’avion sur la chaussée du boulevard. Aucun politicien n’a osé démentir cette rumeur fantaisiste. Bien au contraire, on s’en sert pour se faire la gueule de mal aimé. On ramène l’opinion nationale à la thèse sans fondement selon laquelle la communauté internationale ne voudrait pas d’un « Mwana mboka » au pouvoir. Ainsi le tour est joué pour expliquer la débâcle électorale. A quelques jours des élections du deuxième tour, ce crash va servir de prétexte pour doper l’opinion kinoise. Il revient à l’Eufor, à la Monuc et pourquoi pas à l’autorité nationale d’étouffer la manoeuvre par tous les moyens. Il se pose cependant un vrai problème. Ces drones ne sont pas des sauterelles pour ne pas s’inquiéter lorsqu’ils tombent à ce rythme sur les rues de Kinshasa. On doit élucider ce problème. Ailleurs, on retirerait carrément ces avions de la circulation. Mais s’il y a une main criminelle, on ne gagne rien en la taisant.

L’Avenir

Le Pasteur Kutino Fernando est en danger de mort en prison, pourtant il a droit aux soins de santé. 21/09/2006

Kinshasa s'est réveillé dans la fièvre avec la rumeur faisant état de la mort du responsable de l’église de réveil "Armée de la Victoire", l’Archbishop Kutino Fernando. Et bien, c'est FAUX. L'homme de Dieu est Bel et bien vivant. Il est plutôt en danger de mort au centre pénitentiaire de Kinshasa (CPRK). La santé de Kutino se détériore de jour au jour. Malgré tous les SOS lancés par la population et certaines ONG de défense et de promotion des doits de l’homme, un silence inquiétant est observé de la part du pouvoir public.

 

Selon certaines indiscrétions, la justice refuse tout simplement à Kutino de se faire soigner au moment où son état de santé devient de plus en plus critique. Ceci, alors que l’article 60 du code de justice militaire autorise tout détenu, après recommandation de son médecin traitant de voir son droit aux soins médicaux être respecté.

Curieusement, pour l’Archbishop Kutino ce droit n’est pas d’application. Pour mémoire, Kutino souffre des séquelles des coups reçus lors de son arrestation à Kin mazière. Troubles cardiovasculaire hypertension artérielle et ulcère hémorragique sont les principaux maux dont souffre l’Archbishop Fernando.

A en croire nos sources, la justice militaire invoquerait « le manque d’élément d’escorte » pour justifier la lenteur du transfert de Kutino dans un centre hospitalier approprié. Paradoxalement, chaque jour au CPRK, on voit des détenus sous escorte militaire ou policière convoyés vers des centres hospitaliers pour des soins appropriés.

La désolation est à son paroxysme surtout que Kutino a droit à la santé et aux soins médicaux. Pour les bonnes consciences, Il est inconvenable que le pouvoir public puisse rester insensible jusqu’à ce niveau. Et pourtant des voix autorisées ont eu à intervenir à ce sujet notamment le représentant du secrétaire général de l’ONU William Swing, l’Amnesty Internationl et tant d’autres ONG de défense des droits de l’homme.

Pour avoir invité les congolais à sauver le Congo dans une opération fort et prisée par la population, Fernando Kutino a vu ses biens détruits notamment son église, sa chaîne de télévision, ses bureaux etc... Actuellement le vœu populaire est de voir Kutino Fernando recouvrer sa liberté et surtout recevoir des soins appropriés.

Certains observateurs avertis sont unanimes pour reconnaître que dans cette affaire, il y a des personnes qui tirent des ficelles dans l’ombre afin que Kutino continue à croupir dans les geôles. Il faut sauver Kutino. Il est temps d’apaiser la colère de Kinoises et des kinois. Car chaque jour qui passe fait monter la tension auprès de la population. La non-compassion observée dans l’affaire Kutino est très mal perçue par la population. Surtout qu’il est connu que ses collègues pasteurs ont reçu des sommes faramineuses pour soutenir tel ou tel autre candidat. En lançant « sauvons le Congo », Kutino a vu très loin pourquoi alors cet acharnement à le voir clouer indéfiniment au CRPK ? Cette question mérite d’ère posée surtout que l’injustice apparaît au grand jour. L’endurcissement ne paie pas. Il est temps que le pouvoir public puisse écouter la voix de la raison. Mieux vaut avoir des problèmes avec des hommes ordinaires qu’à un homme de Dieu.

Ceci devrait interpeller les autorités compétentes. Quoi qu’il en soit, l’affaire kutino tient à cœur la population congolaise. Pour le moment celle-ci se mobilise comme un seul homme pour obtenir la libération de Kutino. Comment peut on comprendre que des bandits de grand chemin continuent à sillonner librement les artères du pays au moment où les innocents croupissent dans les geôles.

En un mot comme en mille, la justice sera faite lorsque la libération de Kutino sera effective.
Qu’on se le tienne pour dit.

RDC: Violations des droits de l’homme - Non à l'impunité dont jouissent les auteurs de violences sexuelles.

BUKAVU, le 12 septembre (IRIN) - Jan Egeland, le Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des Affaires humanitaires, a réaffirmé vendredi sa volonté de lutter contre l’impunité dont bénéficient les auteurs de violences sexuelles en République démocratique du Congo (RDC).

Dans le cadre d’une tournée d’une semaine en Afrique centrale et dans les pays de la région des Grands Lacs, M. Egeland s’est rendu dans les provinces du Katanga et du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC. Profondément touché par les souffrances endurées par les victimes de viols et violences sexuelles, dont vingt pour cent ont été infectées au VIH, selon les autorités, M. Egeland a promis de «porter [leur] histoire au monde entier», a rapporté un communiqué du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA).

«Je suis et resterai personnellement engagé à combattre la violence qui est commise contre vous et d’autres civils innocents et à combattre la culture de l’impunité qui a trop longtemps prévalu dans ce pays», a dit M. Egeland, en s’adressant à des victimes rencontrées à l’hôpital Panzi de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu. «Justice doit être faite pour les torts qu’on vous a fait. Ces coupables doivent être punis.»

Et la toute dernière victime des violences sexuelles accueillie à l’hôpital était âgée de 16 ans. Arrivée lundi dernier du district de Ninja, à 45 Kms au nord-est de district de Bukavu, elle a raconté avoir subi un viol collectif commis par des miliciens d’origine rwandaise qui ont également violer sa mère.

Selon des organisations de défense des droits de l’homme, des dizaines de milliers de femmes et fillettes ont été violées durant la décennie de conflits qui a ravagé la RDC. En dépit d’un relatif retour au calme depuis la signature d’accords de paix en 2003, les violences se poursuivent dans l’est du pays et leurs auteurs - entre autres des militaires ou des groupes armés - sont rarement poursuivis et punis.

Au cours de son périple africain de huit jours, qui l’a mené successivement en RDC, au Sud Soudan et au Kenya, M. Egeland a indiqué qu’il a eu l’occasion d’aborder le problème des violences sexuelles avec le président Joseph Kabila et d’autres dignitaires de la RDC.

Le Sud Kivu a été le théâtre de très violents combats entre les différentes factions et groupes armés depuis le milieu des années 1990 lorsque quelque deux millions Rwandais on trouvé refuge en RDC – appelé autrefois Zaïre. Et bien souvent, les combats ont donné lieu à des exactions et des viols systématiques.

Accalmie après Affrontements à Kinshasa : des négociations entamées pour mettre fin aux hostilités, par Frederic Renoux et Oscar Mercado / MONUC, 22 aoû. 06

 

Le calme est revenu dans la ville de Kinshasa ce mardi 22 août 2006, après deux jours de violence. Un "groupe de travail" est créé pour mettre fin aux affrontements qui ont opposé les troupes du vice-président Jean-Pierre Bemba et des éléments de la garde présidentielle de Joseph Kabila, les deux adversaires du second tour de l’élection présidentielle.

Le calme est revenu mardi après-midi à Kinshasa, où les militaires fidèles au président congolais Joseph Kabila et au vice-président Jean-Pierre Bemba ont commencé à se retirer des rues du centre-ville, pour regagner leurs bases.

La Police Nationale Congolaise devait reprendre ses patrouilles ce mardi soir, aux côtés de la MONUC, de l'EUFOR et de l'EUPOL, selon un communiqué du "groupe de travail" constitué à l'initiative du CIAT, en accord avec les deux protagonistes de la crise, pour "normaliser la situation".

Il rassemble les autorités des forces de sécurité congolaises (Ministère de la Défense, FARDC, Police Nationale et Garde Républicaine), des représentants du président et du vice-président, ainsi que des forces internationales.

Le groupe a également décidé le renvoi à leurs bases de toutes les unités des Forces Armées (FARDC) déployées dans la capitale et appelé la population de la capitale "à vaquer à ses occupations habituelles dès demain".

Les troupes de la MONUC contrôlaient cet après-midi le boulevard du 30 juin (la principale artère de Kinshasa) et les principaux carrefours. Le calme règne également dans les quartiers populaires de l’est de la ville, restés pour l’essentiel à l’écart des troubles.

Ces négociations devraient être suivies d’une rencontre entre Joseph Kabila et Jean Pierre Bemba, demain mercredi 23 août, suite à une médiation initiée par la MONUC, mission des Nations Unies au Congo. Le chef de la mission, William Swing, a appelé plutôt ce mardi les belligérants à cesser « immédiatement les affrontements » et les deux candidats à la présidentielle à se rencontrer « de toute urgence pour le bien du processus démocratique et surtout de la population congolaise ».

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, a rencontré ce mardi le président Kabila, en compagnie des ambassadeurs du CIAT (Comité International d’Accompagnement de la Transition). A l’issue de la discussion, Joseph Kabila s’est prononcé pour le « cantonnement immédiat » des troupes des deux camps.

Les mêmes diplomates ont rencontré hier Jean-Pierre Bemba pour examiner la situation tendue qui prévaut dans la capitale depuis dimanche soir et l’annonce des résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

Des tirs à l’arme lourde visant cette résidence ont contraint à leur évacuation par des troupes de la MONUC soutenues par une unité de l’EUFOR, qui entrait en action pour la première fois depuis son arrivée en République Démocratique du Congo.

Des éléments de la garde présidentielle avaient conduit cette attaque contre la villa du vice-président, les deux camps se rejetant la responsabilité de l’escalade dans la violence.

Les troubles avaient commencé dimanche en fin d’après-midi, suite à des affrontements opposant la Police Nationale Congolaise et la garde chargée de la protection de Jean Pierre Bemba.

Selon des témoins, une confusion serait à l’origine des troubles. Des soldats de la garde du vice-président, qui protégeaient le siège de Canal Kin TV, auraient tiré des coups de semonce après avoir observé un individu suspect près du bâtiment.

La panique s’était alors emparée de piétons et de la Police Nationale, qui ripostait, la confusion tournant à l’affrontement, en particulier dans le quartier de la Gombe au centre ville de Kinshasa puis autour de la résidence du vice-président Jean-Pierre Bemba.

Les affrontements ont fait plusieurs victimes depuis dimanche, dont au moins seize morts; mais le bilan demeure incertain. Depuis deux jours, le centre-ville de Kinshasa est déserté, bureaux et magasins fermés. Les corps de victimes des affrontements étaient encore visibles dans les rues de la ville ce mardi en fin d'après-midi.

Violences à Kinshasa: au moins 16 morts depuis dimanche (bilan), AFP, 23 aoû. 06 - 12h32

KINSHASA, 23 août 2006 (AFP) - Au moins 16 personnes ont été tuées depuis dimanche à Kinshasa lors d'affrontements opposant notamment les partisans du
président congolais Joseph Kabila et du vice-président Jean-Pierre Bemba, selon un bilan communiqué mercredi par la police congolaise.

"Nous avons dénombré pour les journées de lundi et mardi onze morts, pour la plupart des policiers dont certains ne sont pas identifiables", a déclaré à
l'AFP un officier de l'Inspection générale de la police, sous couvert d'anonymat.

Ces affrontements ont fait "au moins six blessés par balles", a-t-il ajouté.

Dimanche, au moins cinq personnes ont été tuées et une dizaine blessées par balles, selon un bilan provisoire établi par la Mission de l'Onu en République
démocratique du Congo (Monuc).

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